Ingénieur du roi, 18e siècle.
- enquête thématique régionale, Les ports de Bretagne
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- (c) Archives départementales d'Ille-et-Vilaine
Dossier non géolocalisé
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Dénominationsquai, mur de soutènement, chemin de halage
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Aires d'étudesBretagne
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Adresse
- Commune : Saint-Brieuc
La construction des quais, cales et perrés du port du Légué a contribué à créer un paysage portuaire et urbain qui n'a cessé d'évoluer sur quatre siècles.
Pour qu'un port demeure un outil économique en activité, il convient d'adapter ses ouvrages et infrastructures aux conditions de navigation (chemins de halage pour la navigation à voile), à la hausse des tirants d'eau et des tonnages ainsi qu'à la forme des coques des navires (hauteurs des quais ; appontement). Le lien terre-mer, compris comme l'accessibilité à la terre depuis la mer ou à la mer depuis la terre, est différent selon qu'il s'agisse de navires de commerce, de bateaux de plaisance ou de bateaux de pêche : cales, escaliers et pontons répondent à cet enjeu. Quant aux perrés, non seulement ils soutiennent le chemin de halage mais il permettent surtout et avant tout de soutenir des berges dont l’effondrement entraverait l'accès au port. Ces ouvrages s'inscrivent dans des usages et une chronologie.
Avant 1750, "on n’y voyait ni quai, ni cale, ni chemin commode pour s’y rendre. Une vase infecte et bourbeuse couvrait le sentier qui y conduisait. Et la mer dans les grandes marées inondait les maisons et les magasins. » (mémoire de la communauté de ville de Saint-Brieuc, signé du greffier Le Normand, 9 juillet 1787, archives municipales de Saint-Brieuc). La canalisation du Gouët et l'aménagement portuaire vont de pair. Entre 1752 et 1762, 53 000 livres sont accordées par les Etats de Bretagne pour les travaux de désenvasement et la construction d'un quai.
Le quai d'Aiguillon et ses deux cales (actuellement Quai Péri) :
Premiers ouvrages portuaires du port de Saint-Brieuc, leurs constructions sont projetées sur le plan de l'ingénieur Daniel Chocat de Grandmaison en 1756. Situé devant le lieu-dit Le Légué, face au grenier à sel et autres lieux d'échanges commerciaux, le quai est implanté en limite nord du chenal à marée basse. En limite est, il s'implante pour partie sur une souille naturelle formée du ruisseau du bois de la violette. Une aire de carénage et une cale de construction s'y implantent par la suite. Ce premier quai permet de protéger les maisons des conséquences des grandes marées mais aussi de créer un espace dédié aux chargements, déchargements et stockage de marchandises (toiles ; blé) et de pêches. Pensé aussi comme de l'aménagement urbain, deux reposoirs (bancs) sont implantés de part et d'autre du quai. Celui situé en aval a été détruit lors du comblement de l'aire de carénage.
La première pierre est posée en 1758 par le duc d'Aiguillon et l'évêque de Saint-Brieuc. Alors que le chantier a commencé, l'ingénieur Magin estime que la pente des cales doit être modifiée (délibération du 12 juillet 1758). Les travaux se terminent en 1767.
L'inondation de 1773 endommage le quai et les cales. Des réparations sont apportées en 1778. L'accès au quai est facilité depuis 1774 grâce à l'ouverture de la partie aval du chenal. Le conseil d'Etat du roi estime que "les commodités augmentent tous les jours, par les travaux que la ville y a fait faire" (14 mars 1776, De Sartine), faisant ainsi du port du Légué "un des plus sûr de la province". En 1780, des travaux sont de nouveau jugés nécessaires par l'ingénieur Perroud. La même année, la communauté de ville de Saint-Brieuc indique "l’accroissement du commerce et la multiplicité des bâtiments ont rendu le quai et les cales absolument insuffisants, les navires qui y abordent se trouvent souvent à triple rang ; ils sont obligés ou de décharger leur cargaison les uns sur les autres ou d’attendre leur rang pour décharger. On sait combien les retardements ou la moindre station sont dispendieux et préjudiciable au commerce ".
L'ingénieur Piou fils, constate que "les murs et quais du port du Légué se dégradent journalement, des voies d'eau altèrent la solidité des ouvrages, on peut craindre la destruction totale sous peu alors qu'ils exigent des sommes exorbitantes à cause des assignats" (3 floréal III).
Quai Chanoine Guinard :
L'assèchement du lit du Gouët, pour la création d'un nouveau chenal, entraîne la constitution de terre-plein, ce qui induit une modification des axes de circulation entre Saint-Brieuc et le Légué ; l'objectif étant de permettre un accès terrestre direct au quai d'Aiguillon. Ce point était prévu par Chocat de Grandmaison en 1756, les remblais issus des travaux du chemin neuf (1755-1756) ayant permis de créer un terre-plein (identifié comme levée de terre sur le plan). Le quai est construit en 1824 (ou entre 1821 et 1829) dans le cadre de nouveaux travaux réalisés par l'ingénieur Lecor.
Quai de Nemours :
Situé à en aval du quai d'Aiguillon, il est construit en 1840 (100 m) puis allongé de 200 m en 1844 selon le projet de l'ingénieur Lalanne (1837). Le comblement du bassin de carénage a lieu en 1911 formant l'actuelle place de la Résistance.
Quais du pont-tournant (rive droite et gauche) : La construction du bassin à flot justifie l'implantation d'un pont pour traverser le Gouët sans avoir à aller jusqu'au pont de pierre. L'emplacement choisi nécessite de créer des culées, puis des quais, pour accueillir le pont-tournant construit en 1893.
Quai Lambert, puis quai de Saint-Brieuc, puis quai Armez :
Le projet d'un quai rive droite avec cale-débarcadère est approuvé le 7 juin 1786. Financé par la communauté de ville de Saint-Brieuc, par les Etats de Bretagne et par une souscription auprès des briochins, la première pierre du quai est posée par le contrôleur général des finances, M. Lambert, à qui on donne le nom au nouveau quai. Une allée d'arbres, expression de l'urbanisme des 18e et 19e siècle, est plantée le long du quai dont les travaux ne sont terminés qu'en l'An III. Cette promenade disparait en 1864. L'ingénieur Jacques Piou établit un projet de développement de la zone par la création de cales de déchargement, de construction et de carénage. Sur un plan daté du 18 thermidor An IV, on y voit différentes parcelles qui doivent être loties par le négociant Sébert. On peut noter les noms de rues et quais propre à la période révolutionnaire : rue de la Fraternité, de la Convention, de la Révolution.
En 1821, un nouveau projet, proposé par l'ingénieur Lecor, complète le système de quais jugé alors comme ébauché et peu satisfaisant. Le quai actuel est construit en 1824 (ou entre 1821 et 1829) en maçonnerie pierre de taille et pierre sèche, et est bétonné pour partie en 1970. Il accueille une zone de carénage, qui par marée haute permet au navire de manœuvrer entre les deux rives depuis le bassin de carénage situé au lieu-dit Le Légué ; le nom d'évitage est toujours utilisé. La section du quai Armez, qui un temps fut dénommée quai de Rohannec'h, a été construite en 1846, soutenant ainsi un espace acquis par polderisation suite à la canalisation de la rivière.
Le quai Surcourf (1847) est un élément structurel et fonctionnel du bassin à flot. Une partie du quai est actuellement dédiée au commerce, une autre à la réparation navale. Le nom "quai Surcouf" a été attribué à la route qui mène au port de Commerce du 21e siècle.
Quai ville-Gilette :
Construit en 1974, il est dédié à l'activité des sabliers qui était très importante au Légué jusqu'aux années 1990 avec, entre autres, l'entreprise CARBO-CENTRE et le Ferlas, sablier emblématique de cette activité. Durant plusieurs décennies l'activité était concentrée sur le quai Armez. On pouvait voir aussi des tas de sable et de maërl sur les quais côté Plérin.
Les quais, cale et jetée de Cesson ont été construits au début du 21e siècle.
Les chemins de halage, essentiels pour permettre aux navires d'arriver ou de partir du port, sont créés et améliorés dès le 18e siècle jusqu'en 1844.
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Période(s)
- Principale : 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle
Description de l'amont vers l'aval du port à flot :
Rive gauche :
Quai Péri ou Chanoine Guinard : mur poids en maçonnerie ; 397 m de long
Quai d'Aiguillon, actuellement pour partie nommé Gabriel Péri : mur poids en maçonnerie en pierre de taille et moellons ; bollards et organeaux ; 100 m de long et 7 m de large ; revêtement bitume.
--Cales amont et aval du quai : massif poids en maçonnerie ; cale pavée ; reprise de maçonnerie cale amont ; mise en œuvre des maçonneries différentes entre les deux cales ; 5, 90 m de large.
Quai de Nemours : mur poids maçonné et pierres sèches ; maçonneries différentes ; 220 m.
Quai du pont-tournant (rive droite et gauche) : mur poids, quai maçonné, pierre sèche et pierre de taille ; escalier ; 90 m de long. A usage de quai et culée du pont ; côté Saint-Brieuc, effondrement en 1934 : travaux reprise du profil du perré par mise en œuvre d'une carapace en béton cyclopéen au-dessus du perré en pierre sèche.
Quai à bestiaux : mur poids en maçonnerie ; pierre sèche et couronnement en pierre de taille ; 100 m.
Perré Alphonse Le Bail : soutènement de la route ; mur poids en maçonnerie, pierre sèche ; mur écran en béton armé ; 220 m (ancienne bitte d’amarrage en contre bas)
Rive droite :
Quai Armez : maçonné puis bétonné, couronné de pierres de taille ; 337 m.
Quai de l’évitage et cale : mur poids en maçonnerie, pierre sèche, pierre de taille, béton ; 100 m.
Quai et perrés de Saint-Brieuc : quai poids en maçonnerie pierre sèche et pierre de taille, perré maçonné (pierre sèche), talus ; 230 m de long
Quai de Rohannec’h : mur poids en maçonnerie pierre sèche, complément en béton armé, couronnement en pierre de taille et béton armé localement ; 118 m de long
(béton en 1924)
Quais du pont tournant, sur les deux rives : culée du pont ; 90 m
Avant-port :
A l'exception du quai de la Ville-Gilette (béton sur pieux ; 120 m de long ; 18 m de large), les berges de l'avant-port depuis la passerelle-déversoir vers la pointe de l'Aigle sont constituées de perrés en pierre sèche, parfois de moellons jointoyés ou de cordon d'enrochement. Ces ouvrages permettent le soutènement des berges, des terre-plein et des routes. Certains sont dotés d'escaliers pour accéder à l'estran. Rive droite, essentiellement des perrés constitués de pierre sèche soutenant berges, routes et ancien chemin de halage. Une cale en béton entre les enrochements permet d’accéder à la grève.
Les quai, cale et jetée dites de Cesson (béton armé) sont les ouvrages portuaires du port de commerce implanté sur un polder situé à l'Ouest de l'embouchure.
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Typologies
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Toits
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Murs
- granite moellon
- granite pierre de taille
- béton
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Décompte des œuvres
- étudiées 14
- (c) Archives départementales d'Ille-et-Vilaine
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- (c) Archives départementales des Côtes-d'Armor
- (c) Musée de Bretagne
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- (c) Région Bretagne
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Documents d'archives
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M. Pelaud, ingénieur des Ponts et Chaussées. Notice Port du Légué-Saint-Brieuc, in Ports maritimes de la France, tome 3, imprimerie nationale, Paris, 1878
Documents figurés
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Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C_FI_2396_01_02
Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C_FI_2396_01_02_01, Plan du Legué à mer basse près de Saint-Brieuc. Projet d'aménagement d'un chenal et du port de Legué et d'une route entre Saint-Brieuc et Legué, ingénieur Daniel Chocat de Grandmaison, 1756
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Archives municipales de Saint-Brieuc : 5 Fi 199
Plan des cales et maisons à construire pour former le nouveau port, ingénieur Piou, 18 thermidor An 4.
Chargée d'études d'Inventaire au Conseil Régional de Bretagne.
Chargée d'études d'Inventaire au Conseil Régional de Bretagne.