Le fort du Mengant appartient au ministère des Armées : il n’est pas accessible, mais demeure visible depuis le sentier côtier et la mer.
Imaginé en 1683 par Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), alors Commissaire général des fortifications, pour la défense du goulet de Brest, le fort du Mengant est construit de 1684 à 1687 sous la direction de l’ingénieur Paul-Louis Mollart (1649-1713).
Le goulet, bras de mer long de 6 km et large a minima de 2 km, est le seul accès maritime de la rade de Brest. Deux passes permettent de naviguer sans encombre dans le goulet : "la passe des vaisseaux du côté de Léon" (nord du goulet) ou "côté de Cornouaille" (sud du goulet) pour éviter les roches (d’ouest en est : Mengant, la Basse Goudron et les Fillettes) qui "divisent la passe des navires et les obligent à ranger la côte d’un côté ou d’autre et par conséquent s’approcher de l’une de ces batteries" (Vauban, Projet général pour la défense de Brest, mai 1683).
Nommé à l’origine "batterie de Léon", en référence au diocèse de Léon sur la côte duquel il est situé, le fort se compose d’une batterie d’artillerie basse et d’une batterie haute reliées par des branches tombantes et défendues par une tour en cas d'attaque terrestre (détruite après la Seconde Guerre mondiale). Il est ensuite nommé "fort du Mengant" en référence à la roche Mengam située au milieu du goulet de Brest. De l'autre côté du goulet se trouve la batterie de Cornouaille en référence au diocèse de Cornouaille (à lire en annexe : Vauban dans le goulet de Brest ou "comment faire du goulet une véritable barrière de feu").
En raison de son emplacement stratégique, l'armement du fort du Mengant ne cesse d'évoluer de la fin du 17e siècle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Deux nouvelles batteries d'artillerie sont également aménagées ex nihilo dans le ravin du Mengant et à Quillihouarn dans le dernier quart du 19e siècle.
A partir de 1964, le fort sert de lieu d’expérimentation dans le domaine de la radiodétection : une rampe-funiculaire est construite pour transporter les équipements de la mer au bâtiment d’essai implanté sur la hauteur (déconstruit). Ce centre d'essai fonctionnait en relation avec un pylône, puis une tour élevée à Kerdalaez à l'est.
En raison de son exemplarité en termes d'adaptation aux évolutions dans l'art militaire, de l'exceptionnelle qualité de sa conception et de sa mise en œuvre, le fort du Mengant est classé au titre des Monuments historiques depuis le 21 janvier 2014. Cette protection comprend la totalité du fort : batteries d’artillerie haute et basse, branches tombantes, poste expérimental lance-torpilles, môle pour les torpilleurs, batterie d’artillerie du ravin du Mengant, rampe du funiculaire et digue (voir l’arrêté de protection).
Créé en 2002, ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été mis à jour en 2026 dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires porté par la Région Bretagne. Il a notamment bénéficié de l’expertise de Patrick Jadé, président de l’association "1846, la fortification du 19e siècle, connaître et partager" et des connaissances des membres de l'association Les Vigies du Minou. Ces contenus ont fait l’objet en 2011 d'une publication intitulée "Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal".
Le site du fort du Mengant est géré par le commandant en chef pour l'Atlantique (CECLANT). Le fort a fait l’objet d'une couverture photographique sous le contrôle du ministère de la Défense. La dernière ouverture au public du fort du Mengant remonte à 2009 dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Des travaux de consolidation ont été réalisés en 2015 sur la batterie basse ; des travaux similaires sont en cours en 2026 sous la direction de Charles Poujade-Baltazard, architecte en chef des monuments historiques.