130 000 dossiers d’Inventaire à explorer
« L’arme parfaite contre les déprédations de tous genres est l’intérêt que les usagers, les habitants des petites villes prennent à « leurs » édifices, même modestes […] » André Malraux, André Chastel 1964

Depuis la création de l’Inventaire en 1964 en Bretagne, plus de 130 000 dossiers d’études réunissent textes, photographies, plans, cartes, reproductions de documents anciens,

La méthodologie et les outils d’investigation ont varié au cours de ces 60 années d’exploration : les dossiers restituent aussi l’épaisseur historique et le contexte dans lequel chaque étude a été conduite. La photothèque permet de consulter et de commander les photographies liées aux enquêtes. Plusieurs milliers d’autres clichés, les « dossiers papier » réalisés lors des premières études et un fonds important d’ouvrages et revues sont consultables à notre centre de documentation.

La Région Bretagne s’attache à co-construire la connaissance des patrimoines bretons en invitant tous ceux qui le souhaitent à s’associer à ces explorations du territoire en utilisant l’application GLAD.

Image du jour
Le chenal d'entrée du port du Légué, entre phare et jetée de Cesson
Lumière sur

"Le port du Légué fut très florissant sous le règne de Louis XVI. [...] Le Légué était renommé comme port de construction, et l'on voyait sortir de ses chantiers de nombreux et solides navires, jaugeant depuis 200 jusqu'au 500 tonneaux. Son commerce s'étendait jusqu'en Amérique et dans l'Inde, et 15 à 20 navires étaient chaque année armés pour la pêche de Terre-Neuve." (Atlas des ports maritimes de France, notice de M. Pelaud, port du Légué-Saint-Brieuc, 1878).

Sur le plan de l'ingénieur Perroud de 1784 trois sites de construction sont indiqués :

-port Favigo, à proximité du manoir,

-au lit-dit Le Légué, à proximité du quai d'Aiguillon,

-à Rohanay, à proximité du manoir.

L'ingénieur Piou dresse en 1796, un plan des cales et maisons à construire pour former le nouveau port. Il y projette 4 cales de construction et un gril de carénage à l'amont du pont du port Favigo qui est alors en projet. Il prévoit aussi deux cales de construction où se situe actuellement l'ancienne aire d'évitage. L’implantation des sites de carénage et de réparation est sujet à discussion au cours du dernier quart du 18e siècle. Ingénieurs et édiles établissent des comparaisons entre ports, ce qui leur permet de ne pas développer cette activité en amont de la rivière puisque présentant trop de contraintes (accessibilité difficile/tirant d’eau ; sol peu adapté pour le carénage et le calfatage ; proximité du pont et des voies de circulation entrainant des conflits de partage d’usage).

Le plan de 1853, indique l'aire de construction au lieu-dit le Légué et l'aire carénage au sud, dénommée aussi l'aire d'évitage, sur la commune de Saint-Brieuc.

L'aire de carénage et de construction, côté Légué, devient inutilisable lors de la mise en place d'une passerelle permettant le passage de la ligne de chemin de fer de Saint-Brieuc vers le phare. Cet espace est comblé dès lors que la construction du pont-déversoir est actée. L'offre de carénage est déplacée, au début du 20e siècle, au nord du site d'écluse, sur la pointe de l'île sèche, par la construction d'un gril de carénage.

L'ancienne aire d'évitage, composée de cales, devenue une partie du port de plaisance, a gardé sa fonction initiale en lien avec la réparation navale. Seule aire de carénage sur le périmètre du port de plaisance, elle est dotée d'une potence de levage.

Jusqu'à la création du quai à sable (1976) à la Ville-Gilette se trouvait un chantier de réparation navale ; chantier naval dont l'activité est filmée en 1951 par Louis Le Meur (film Le Mannick, conservé à la cinémathèque de Bretagne).

L'activité de réparation navale est devenue majeure au port de Saint-Brieuc depuis le début du 21e siècle grâce à de nombreux équipements : un élévateur à sangles d'une capacité de 350 tonnes, une darse et une cabine de peinture pouvant accueillir des bateaux de 29 m de long et 8,8 m de large. Une aire de carénage y est associée. L'ensemble permet de recevoir des bateaux de tous types. La capacité d’accueil de la partie réparation navale est de 20 places à flot, et de 5 à 6 postes à terre.

Le Légué, aire de carénage et chantier naval, vers 1895