Photographe à l'Inventaire
- enquête thématique régionale, Inventaire des ouvrages littoraux en pierre sèche de Plougrescant
Dossier non géolocalisé
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Précisions
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Aires d'étudesLannion Trégor communauté
Le littoral des communes de Penvénan, Plougrescant et Plouguiel, dans le Trégor (Côtes-d’Armor), concentre un ensemble remarquable de constructions en pierre sèche. Leur ampleur et leur diversité ont motivé une étude d’Inventaire, qui a permis d’identifier plus de 8 kilomètres de linéaires sur environ 30 kilomètres de côtes. Cette densité témoigne d’une histoire longue d’occupation, d’usage et d’adaptation de cette technique constructive aux espaces d’interface terre-mer.
Un patrimoine littoral discret mais structurant
Les 111 ouvrages recensés se répartissent de manière relativement homogène sur les trois communes littorales : environ 3,3 km à Penvénan, 2,5 km à Plouguiel et un peu plus de 2 km à Plougrescant. Leur implantation suit étroitement la diversité des milieux côtiers et illustre une capacité d’adaptation aux contextes géomorphologiques locaux : plages sableuses, estrans rocheux, zones humides, estuaires ou anses abritées, notamment celle de Pellinec à Penvénan.
Bien que difficile à dater avec précision, cet ensemble s’inscrit dans une dynamique ancienne de valorisation et d’exploitation du littoral. L’examen des cadastres du début du 19ᵉ siècle permet d’associer une grande partie de ces constructions au parcellaire ancien, parfois hérité de périodes antérieures. Certains ouvrages sont en relation avec des éléments bâtis mieux documentés (digues du moulin à marée de Buguéles) et renvoient clairement à des usages littoraux liés à l’agriculture ou aux activités halieutiques.
Les morphologies et les fonctions se révèlent variées : murs de soutènement à simple parement assurant la stabilisation des terres littorales, murets de clôture à double parement en limite parcellaire, jetées ou digues en pierre sèche mobilisées pour des activités maritimes. Les longueurs observées oscillent entre quelques mètres et près de 300 mètres pour les ouvrages les plus développés.
Ces constructions mobilisent quasi systématiquement des moellons de granite, auxquels s’ajoutent parfois des galets ou d’autres pierres disponibles localement. Leur mise en œuvre se fonde sur le choix et l’ajustement précis de pierres issues en grande partie d’épierrement de champs ou provenant d’anciennes carrières proches.
Des ouvrages fragilisés par les dynamiques côtières
Malgré leur nombre et leur importance fonctionnelle, les murets littoraux se trouvent dans un état de conservation préoccupant. À peine plus de 10 % des ouvrages observés demeurent en bon état. Les autres affichent des signes de dégradation plus ou moins avancés : brèches, déversement, dislocation, effondrements partiels ou totaux. L’érosion marine, la répétition des submersions, l’absence d’entretien, la surcharge végétale ou certaines interventions humaines inadaptées concourent à cette fragilisation.
Sur le littoral particulièrement exposé de la commune de Plougrescant, la pression de la houle et le recul du trait de côte entraînent la disparition progressive de plusieurs murs de soutènement. Ces phénomènes compromettent non seulement la stabilité des ouvrages, mais également les fonctions écologiques et paysagères qu’ils assurent.
Une interface écologique singulière
Au-delà de leur fonction structurante dans le paysage, les ouvrages littoraux en pierre sèche jouent un rôle écologique de premier plan. Situés à l’interface entre terre et mer, ils constituent des supports et des relais de biodiversité. Les habitats qui les entourent (pelouses aérohalines, prés salés, prairies littorales) hébergent une flore spécialisée capable de résister aux embruns, aux vents ou aux phases de submersion : armérie (Arméria maritima), fétuque pruineuse (Festuca rubra subsp. Pruinosa), obione faux-pourpier (Halimione portulacoide), salicorne (Salicornia europaea), soude maritime (Suaeda maritima), plantain corne-de-cerf (Plantago coronopus), voire des espèces rares et protégées comme le chou marin (Crambe maritima).
Cette végétation se développe parfois directement sur les murs, colonisant les interstices entre les pierres, selon une stratification verticale liée aux gradients d’humidité et de salinité : flore terrestre opportuniste en partie haute, végétation halophile à mi-hauteur, et, dans les zones les plus basses, espèces algales opportunistes.
Ainsi, une cinquantaine d’espèces végétale a été recensée sur ou aux abords directs des ouvrages littoraux en pierre sèche, dont une vingtaine de manière récurrente. Certaines, comme le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris) ou le lierre (Hedera helix), sont communes ; d’autres, comme la griffe de sorcière (Carpobrotus edulis), plante ornementale invasive, posent des problèmes de colonisation rapide et de déséquilibre écologique. Les murets constituent aussi des habitats pour la petite faune, en particulier des invertébrés, exploitant ces structures en pierre sèche comme niches écologiques ou zones refuges.
Un enjeu de conservation croisé
Loin de constituer de simples vestiges agricoles ou paysagers, les murets littoraux contribuent encore à la stabilisation des sols littoraux, notamment des loess riches en sédiments limoneux, et à la protection de milieux sensibles tels que les prés salés, vulnérables à l’envasement ou aux coulées de terre. Leur dégradation entraîne une perte d’habitats pour de nombreuses espèces, modifie les dynamiques écosystémiques locales et accentue les effets du recul du trait de côte.
Dans un contexte d’intensification des phénomènes d’érosion et de submersion marine, la conservation de ces ouvrages s’impose comme un enjeu majeur croisant les dimensions écologiques, patrimoniales et paysagères. Elle requiert des actions coordonnées : approfondissement des études d’Inventaire, cartographie fine des ouvrages, interventions de restauration adaptées aux contraintes de l’interface littorale, gestion raisonnée de la végétation, mobilisation des savoir-faire traditionnels et sensibilisation des acteurs locaux.
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Période(s)
- Principale : Temps modernes
- Principale : Epoque contemporaine
- (c) Région Bretagne
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Stagiaire patrimoine des transitions
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