Dossier d’œuvre architecture IA22133765 | Réalisé par
L'Haridon Erwana (Contributeur)
L'Haridon Erwana

Chargée d'études d'Inventaire au Conseil Régional de Bretagne.

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  • enquête thématique régionale, Les ports de Bretagne
Bassin à flot dit bassin de Guales de Mézaubran et ses quais Surcouf, de travers, presqu'île, anciennement bassin à flot n°1 (Saint-Brieuc) TRAVAIL EN COURS
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne - Saint-Brieuc
  • Commune Saint-Brieuc
  • Lieu-dit port du Légué

Le bassin à flot : un ouvrage stratégique pour le développement du commerce portuaire

Pêcheurs, marchands et armateurs craignant la concurrence des ports de Paimpol et de Saint-Malo, différents projets sont proposés, dès 1839, pour rendre ce port d’échouage moins dépendant des contraintes maritimes. En effet, les navires qui n’ont pas la capacité d’échouer évitent le port du Légué. A cela s’ajoute la hausse des tirants d’eau des navires qui rend difficile l’accès aux quais amont du port. De plus, les marées imposent un temps plus ou moins long à quai or la rentabilité implique de la rapidité. Enfin, les manœuvres sont délicates dans un port où l’écart entre les deux rives n’est que de 26 mètres.

La création d’un bassin à flot répondrait à l’ensemble de ces problèmes. Conscient de cela, le Conseil Général des Côtes-du-Nord reconnait l'utilité publique d'un bassin à flot le 27 août 1838. Le conseil municipal de Saint-Brieuc en fait de même le 20 décembre 1841. La loi en date du 3 juillet 1846, prescrit la construction d’un bassin à flot au port du Légué. Une somme de 900 000 francs est affectée à ce projet dont les plans définitifs sont signés des ingénieurs des Ponts-et-chaussées Méquin et Camus.

Les travaux débutent en 1847. Le contexte social (pauvreté, disette, difficulté d'approvisionnement) d'alors semble avoir contribué au lancement des travaux perçus comme un des moyens d'y remédier. Alors que le projet initial prévoyait de transformer l’ensemble du port d’échouage en un bassin à flot, comme il l’est actuellement, seule la construction du bassin, à l’emplacement de l’ancien marais de Rohanec’h, où débouchait la rivière du Gouëdic, est actée. Ce choix implique la déviation de la rivière, vers l’amont du futur bassin, en raison du risque d’envasement de celui-ci par les alluvions.

En 1859, les travaux ne sont pas terminés et le budget est totalement engagé. Malgré cela, le port du Légué connait dès 1857, une hausse de sa fréquentation (377 entrées ; 345 sorties ; 43 navires en trafic international). Une nouvelle allocation budgétaire est attribuée en 1876 ce qui permet aux travaux de reprendre à partir des plans des ingénieurs Pelaud et de La Tribonnière, validés en 1872. Durant les travaux, c’est le quai de Nemours (1844) qui reçoit l’activité portuaire du port du Légué grâce au terre-plein et à la possibilié d'accueillir des navires de tirant d’eau plus élevé. De nombreux aléas financiers impactant le programme des travaux, expliquent la durée du projet. Le bassin est inauguré en 1885.

Des équipements de logistique et de service pour une infrastructure opérationnelle :

Doté dorénavant d’un bassin à flot, le port du Légué permet des chargements et déchargements facilités et plus rapides. Et pour être efficace, des services s’installent à proximité des quais du bassin :

-au bassin à flot est associé une gare et des voies de chemin de fer qui relient le port du Légué (rive droite) à la gare de Saint-Brieuc sont déployées. Cela impose des contraintes techniques et géographiques importantes puisque la gare de Saint-Brieuc est située à plus de 100 mètres d’altitude quand les quais ne sont qu’à peine au-dessus du niveau des hautes mers. Commencés en 1883, les travaux sont terminés en 1887 après le déroctage de la falaise de la corderie et le creusement d’un tunnel sous la butte de Cesson ; tunnel dont l’entrée maçonnée porte la date de 1885. En 1888, le conseil municipal indique que les travaux du bassin et des voies ferrées sont terminés. En 1898, suite à la demande du négociant Le bigot, l'installation d'une 4e voie ferrée est validée en conseil municipal.

-les terre-pleins associés à des grues, à des hangars et à la douane répondent aux demandes de service nécessaire aux fonctionnements d’un port. Cependant, alors que des terrains ont été mis à disposition dès 1888, pour accueillir négociants et industriels, il semble que ces derniers n'en aient que peu profités, laissant la place, après plusieurs années de friche à des épiciers et des aubergistes (séance du conseil municipal du 30 octobre 1905).

-adaptation des perrés du bassin par adjonction d’appontement, d’abord en bois (1892) puis en béton (1926 ; entreprise G. Heneaux), permettant ainsi à des navires de tonnage supérieurs d'accoster mais aussi de supporter les rails de chemin de fer et rails de grues. A noter que l'avant-projet est daté de 1920 (ingénieru.

-sécurisation de l’accès au port par la construction du phare de la pointe de l’Aigle (1857).

Les bassins à flot sont des ouvrages qui, en France, se développent à la même époque, avec en commun des durées de travaux et des coûts très importants : Marseille et le Havre (1854) et Bordeaux (1867).

Du bassin à flot au port à flot :

Alors que la mise en eau du port d’échouage était initialement prévue par le projet de 1847, la jonction avec le bassin d’échouage n’est validée qu’en août 1911. La construction d’une passerelle-déversoir par Harel de la Noë (1915) permet d’ouvrir une brèche de 80 mètres dans la partie nord du bassin pour faire communiquer les deux parties du port.

Le trafic commercial est de 114 000 tonnes en 1912. A l’inauguration du bassin à flot, en 1885, on comptabilisait 490 entrées pour 28 500 tonnes de marchandises et 487 sorties pour 16 500 tonnes de produits.

Situé dans la partie avale du Gouët, les quais travers, de la presqu'île et Surcouf forment l'ancien bassin à flot. La communication avec le port se fait par le nord. Dans la partie sud, le bassin est longé par la route "quai Surcouf" qui mène au polder du port de Commerce.

Trois quais et un site d'écluse composent ce qui était auparavant le bassin à flot. L'ouverture du bassin a modifié sa fonction de bassin unique. Le site d'écluse est étudié à part.

Quai de la presqu'île : 166 m ; quai béton ; pieux béton de 42 m de diamètre ; perré pierre sèche. Quai associé à un musoir et perré de 250 m composé de pierre sèche prenant assise sur le talus naturel.

Quai Surcouf : quai poids maçonnerie ; pierre sèche et couronnement de pierre de taille ; 190 m + 10 m5. Se termine par le poste d'attente (métallique) d'accès à la darse de levage. Perré amont de l'écluse : talus, végétalisation et pierre sèche.

Quai de travers : quai maçonné ; 66 m de long.

L'accès maritime aux quais se fait depuis le site d'écluse à travers un chenal de 420 mètres.

  • Murs
    • pierre pierre sèche
    • granite pierre de taille
  • Statut de la propriété
    propriété de la région

Documents d'archives

  • Archives municipales de Saint-Brieuc, délibérations 1840-1850, cote 1 D 52

    Archives municipales de Saint-Brieuc : 1 D 52
  • S supp. 109, alimentation du bassin à flot par le Gouëdic

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : S supp. 109
  • S supp. 258, Bassin à flot, appontement béton

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : S supp. 258
Date(s) d'enquête : 2026; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Région Bretagne
L'Haridon Erwana
L'Haridon Erwana

Chargée d'études d'Inventaire au Conseil Régional de Bretagne.

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