"Le port du Légué fut très florissant sous le règne de Louis XVI. [...] Le Légué était renommé comme port de construction, et l'on voyait sortir de ses chantiers de nombreux et solides navires, jaugeant depuis 200 jusqu'au 500 tonneaux. Son commerce s'étendait jusqu'en Amérique et dans l'Inde, et 15 à 20 navires étaient chaque année armés pour la pêche de Terre-Neuve." (Atlas des ports maritimes de France, notice de M. Pelaud, port du Légué-Saint-Brieuc, 1878).
Sur le plan de l'ingénieur Perroud de 1784 trois sites de construction sont indiqués :
-port Favigo, à proximité du manoir,
-au lit-dit Le Légué, à proximité du quai d'Aiguillon,
-à Rohanay, à proximité du manoir.
L'ingénieur Piou dresse en 1796, un plan des cales et maisons à construire pour former le nouveau port. Il y projette 4 cales de construction et un gril de carénage à l'amont du pont du port Favigo qui n'est alors qu'un projet. Il prévoit aussi deux cales de construction où se situe actuellement l'ancienne aire d'évitage. L’implantation des sites de carénage et de réparation est sujet à discussion au cours du dernier quart du 18e siècle. Ingénieurs et édiles établissent des comparaisons entre ports, ce qui leur permet de ne pas développer cette activité en amont de la rivière puisque présentant trop de contraintes (accessibilité difficile/tirant d’eau ; sol peu adapté pour le carénage et le calfatage ; proximité du pont et des voies de circulation entrainant des conflits de partage d’usage). A la fin du 18e siècle, les chantiers du Légué-Saint-Brieuc produisent des navires de 200 à 700 tonneaux pour des commerçants de Brest, Lorient et Saint-Malo.
Le plan de 1853, indique l'aire de construction au lieu-dit le Légué et l'aire carénage au sud, sur la commune de Saint-Brieuc.
L'aire de carénage et de construction, côté Légué, devient inutilisable lors de la mise en place d'une passerelle permettant le passage de la ligne de chemin de fer de Saint-Brieuc vers le phare. Cet espace est comblé alors que le pont-déversoir va être construit. L'offre de carénage est déplacée au nord du site d'écluse, sur la pointe de l'île sèche, par la construction d'un gril de carénage.
La réparation au 21e siècle : cabine de peinture et grue de levage jusqu'à 350 tonnes darse de levage.
Chargée d'études d'Inventaire au Conseil Régional de Bretagne.