Après l'Inventaire du patrimoine linier du 16e au 18e siècle (routoirs, blandiries, kanndi), l’association Lin et chanvre en Bretagne étudie les ateliers de la Société linière du Finsitère (1845-1891). Outre l'usine de filature qu'elle créée à Landerneau en 1845, la société travaille avec des ateliers ruraux. Le corpus retenu se compose d’ateliers de tissage, de moulins de teillage et de blanchisseries mentionnés dans les statuts de la société, auxquels s’ajoutent quelques ateliers acquis ultérieurement par l'entreprise. Le périmètre de l’opération se limite aux établissements implantés dans le Finistère nord, principalement à Landivisiau, Morlaix, Landerneau et dans les communes des alentours (Ploudiry, Saint-Sauveur, Commana, Plourin-Lès-Morlaix, Guimiliau, Plougoulm). Dans un second temps, les teillages du Trégor (22), travaillant pour la Société linière du Finistère, mériterait également un Inventaire qui viendrait compléter la présente étude. En s'appuyant sur les témoins patrimoniaux hérités des différentes activités de la société, elle permet d'appréhender l'organisation du travail à partir d'éléments tangibles. Elle met également en évidence la continuité d'un savoir-faire local qui permet le passage d'une proto-industrie toilière à une véritable industrie textile au 19e siècle.
Ce travail s'inscrit dans le cadre de l'appel à projets "Inventoriez les patrimoines liés à l'histoire toilière de la Bretagne", lancé par la Région Bretagne, entre 2024-2026. Il a été mené par l’association Lin et Chanvre en Bretagne, avec le concours d'une étudiante en master Restauration et réhabilitation du patrimoine bâti et des sites (Rennes 2).
Objectifs :
Cet Inventaire a pour objectif de recenser les différents ateliers de la Société linière du Finistère. Il vise à compléter les connaissances sur l’importance, la nature, la répartition géographique et l’état de ce patrimoine, tout en mettant en évidence les liens entre les zones de production et de transformation et les communautés locales. À travers ses actions d’Inventaire et de valorisation, il contribue à maintenir vivante une part essentielle de l’histoire et de la culture bretonne. L’association souhaite également sensibiliser les propriétaires à la préservation de ce patrimoine, ainsi que les communes à la richesse patrimoniale de leur territoire, afin d’envisager, à terme, des pistes de valorisation culturelle et touristique.
Méthodologie :
L’association s’appuie sur la méthodologie de l’Inventaire général du patrimoine et sur les outils mis à disposition par la Région Bretagne. Ces travaux ont permis la reprise de cinq dossiers d'étude et la création de quatre autres, sous Gertrude, ainsi que la création de trois nouvelles notices GLAD.
Recherches en archives
Aux archives départementales du Finistère, l’étude porte sur les documents relatifs à la culture du lin et à la Société linière du Finistère : statuts de la Société, correspondances entre les négociants et le ministère de la Marine et des Colonies (principal client de la Société), statistiques de production, localisation des ateliers et description des machines employées. Les recensements de population (réalisés tous les cinq ans à partir de 1836) ont permis de mesurer l’impact de la Société linière sur l’emploi local, en particulier auprès des tisserands ruraux, et d’observer le déclin progressif de cette activité à la fin du 19e siècle. Le cadastre napoléonien constitue également une source utile pour appréhender la configuration des communes et localiser certains édifices, même si la plupart des plans datent d’avant la construction des bâtiments liés à la Société. Les recensements de population apportent des éléments sur les métiers liés à cette activité.
Aux archives municipales de Landerneau, une série spécifique est consacrée à la Société linière du Finistère : journaux de comptes, correspondances entre négociants, registres des actionnaires et procès-verbaux d’assemblées, qui documentent notamment la dissolution de la Société. Ces recherches en archives offrent ainsi une vision d’ensemble de la vie de la Société linière, depuis ses origines jusqu’à sa disparition.
Recherches documentaires
Le travail de l'association Dourdon (Association d'histoire locale et de patrimoine) a servi de base à l'étude. Un premier repérage des ateliers de la Société linière est, en effet, réalisé par des membres de l'association, suivi du relevé des métiers - liés au lin et au chanvre - dans les recensements de population de 1836 (département du Finistère).
Les sources documentaires consultées comprennent plusieurs ouvrages et articles consacrés à l’histoire de la Société linière du Finistère. Certains chapitres abordent spécifiquement l’aspect architectural, permettant de localiser et d’identifier les édifices et édicules liés à cette histoire. D’autres, centrés sur les activités de production, éclairent la destination des espaces et les relations fonctionnelles qu’ils entretiennent entre eux.
Recherches de terrain et analyse du bâti
L’étude de terrain permet de localiser les bâtiments, d'en constater l’état ou la disparition, d'analyser et de comparer leur architecture, d'étudier les machines encore présentes (cf. moulin de Pont-Pol). La lecture architecturale des bâtiments révèle non seulement leurs caractéristiques d’origine mais aussi les modifications successives liées à leurs changements d’usage. Ces travaux mettent en valeur une histoire industrielle encore largement méconnue.