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Présentation de la commune de La Bosse-de-Bretagne
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    Bretagne porte de Loire Communauté
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    • Commune : La Bosse-de-Bretagne

La Bosse-de-Bretagne : une commune rurale et son histoire agricole

 

La Bosse-de-Bretagne est une commune de près de 700 habitants, qui se situe dans le bassin rennais et qui fait aujourd’hui partie de la communauté de communes Bretagne Porte de Loire Communauté.

La Bosse est citée pour la première fois en 1218, sous l’appellation de la « Boce ». Ce nom connaît ensuite de nombreuses variations orthographiques, avant de prendre la forme de La Bosse-de-Bretagne à partir du décret du 20 août 1920.

Son histoire est marquée par une dépendance envers Tresboeuf, dont il est fait mention dans la première citation de 1218. Tresboeuf est alors le siège d’un certain Alain Giffart, possédant également comme fief la Bosse. Pendant plusieurs siècles, ce sont donc les seigneurs de la commune voisine qui détiennent ce territoire agricole. En 1679, la Bosse et la Haute-Bosse appartiennent à deux seigneurs distincts : la première au seigneur du Sel-de-Bretagne, un certain de la Filochaye, et la seconde au seigneur de la Marzelière-en-Bain. La Bosse ne se constitue comme entité autonome que sous la Seconde Restauration, par sa soustraction à l’autorité des diocèses voisins de Laleu, Saulnière et du Sel-de-Bretagne, après en avoir longtemps constitué une trêve puis une succursale.

Le 16 juin 1826, la Bosse devient une paroisse autonome. En 1886, la commune s’agrandit de l’écart de Pouchard et des terres avoisinantes, dont la Touche et Sourg, faisant jusqu’alors partie du Sel-de-Bretagne.

Aujourd’hui, le bourg de La Bosse-de-Bretagne se caractérise par la présence en son centre de l’imposant clocher de l’église du XIXe siècle, récemment restaurée. Celle-ci a été bâtie à partir de 1857 et succède à l’ancienne église romane, supposée du XIIe siècle. Parfois qualifiée de « chapelle » dans certaines archives qui la mentionnent pour la première fois au XVe siècle, elle a été détruite en raison de son délabrement et de dégâts des eaux importants. La Bosse-de-Bretagne appartient donc au groupe des communes dotée d’une nouvelle église XIXe siècle.

La commune est très marquée par son passé agricole qui se perpétue de nos jours. Le territoire s’est métamorphosé au XXème siècle avec la mise en place d’un paysage “semi-bocager”, qui a remplacé le traditionnel bocage.

 

 

La Bosse-de-Bretagne : par monts et par vaux

 

Au creux des vallées : une organisation singulière de cette commune

 

Comme son nom le laisse à penser, la singularité de cette commune réside dans son paysage vallonné, où le bourg apparaît enserré dans un écrin de verdure. En 2016, dans le cadre de la mise en place du SCOT du Pays des Vallons de Vilaine [ce SCOT a été approuvé le 21 février 2019, puis évalué six ans après, conformément à l'article L143-28 du Code de l'urbanisme, et de nouveau approuvé le 3 décembre 2025], une étude a été réalisée sur l’ensemble de la communauté de communes BPLC et a permis de dégager quatre unités paysagères. La Bosse-de-Bretagne se situe dans ce que l’étude appelle « Les Marches du Semnon ». Il s’agit là d’une unité paysagère ayant une très forte identité rurale. L’habitat se réparti entre le bourg et de nombreux écarts (hameaux). Un plateau laisse place à un paysage largement ouvert et, ailleurs, de nombreux points hauts offrent autant de points de vue. Par exemple, depuis la Croix Guénard, on peut observer le bourg en contrebas, niché entre deux vallées. Le Cleray constitue un autre de ces points hauts, cette configuration ayant d’ailleurs été mise à profit pour la mise en place du moulin à vent du même nom. La Bosse-de-Bretagne tire toute sa singularité de ces entités bâties prenant place dans ce paysage vallonné, et cette disposition paysagère crée l’identité de la commune, qu’il est souhaitable de conserver.

 

L’eau et le bocage, architectes de la commune

                  

L’organisation de la commune est également liée au réseau hydrographique. La Bosse-de-Bretagne est traversée par trois cours d’eau : la rivière du Semnon qui délimite la commune au sud et qui confère à cet espace de la commune une plus grande planéité, le ruisseau des Bruères et enfin le ruisseau des Noës, autour et à proximité duquel le bourg s’est développé, son noyau le plus ancien se situant autour de la Fontaine Jouaron, où se trouvait l’ancienne église romane. La rue de la Fontaine Jouaron constitue d’ailleurs aujourd’hui un élément patrimonial majeur de la commune, du fait de la préservation de sa physionomie ancienne, de son bâti resté homogène et lisible. Le bourg s’est ensuite largement développé au XIXe siècle vers l’est, avec notamment la construction de la nouvelle église puis vers l’ouest, avec la construction de lotissements à l’entrée du bourg. Les écarts de La Touche et de Pouchard, au sud de la commune, se trouvent à proximité du Semnon et accueillent plusieurs bâtisses du XVIIIe siècle ou antérieures pour Pouchard. La ferme de la Haute Charaie, dont la première phase de construction date du XVIIIe siècle, se positionne également près d’un cours d’eau. A l’inverse, les bâtiments du XIXe siècle, s’organisent plutôt en lien avec les voies de communication.

La comparaison de différentes cartes disponibles sur Géoportail, permet d’observer, à partir des années 1950-1960, un effacement important du bocage qui structurait autrefois le paysage de la commune. Cette disparition est à mettre en lien avec le développement de l’agriculture intensive et les réaménagements fonciers (remembrement). On observe aujourd’hui des parcelles agricoles de grande taille et des haies disparates, qui continuent néanmoins à forger l’identité paysagère de la commune. L’aménagement d’un terrain de moto cross sur l’espace autrefois naturel des landes du Cleray contribue également à la modification paysagère de la commune.

 

Une architecture rurale marquée par le grès et le schiste

 

Les architectures de La Bosse-de-Bretagne sont majoritairement constituées de grès et de schiste pour les maçonneries et d’ardoise pour les toitures, et révèlent la nature du sous-sol. La Bosse-de-Bretagne est implantée à la lisière de barres rocheuses de grès armoricains, de schistes pourpres et ardoisiers. Le granite en revanche est très rare sur la commune et ne se retrouve donc que de manière anecdotique dans les constructions. Pour ce qui est des carrières ayant pu fournir des matériaux de construction, elles sont complexes à localiser. Toutefois, en 1892, un meurtre est commis à la carrière de La Bosse. Il semblerait que cette carrière était située aux Cours Luniaux, sur la route menant à Tresboeuf, mais il n’en reste aujourd’hui aucune trace.

Sur de nombreux bâtiments anciens, on note la qualité et le soin apportés à la mise en œuvre des maçonneries. Dans certains cas, des larmiers sont présents au-dessus des portes. Le schiste peut être utilisé pour former les jambages des baies des fermes les plus anciennes. A l’ancienne école des filles, il vient embellir les chaînages d’angle.

 

Aux anciens bâtiments de ferme, se juxtaposent parfois des constructions agricoles plus récentes, de taille imposante, qui en atténuent la qualité paysagère et architecturale. Si cela reflète un dynamisme agricole local très positif, il serait souhaitable d’atténuer ces contrastes visuels en évitant de juxtaposer brutalement ces nouveaux hangars métalliques aux bâtiments en pierre, en choisissant des structures sobres et discrètes, en fractionnant les volumes et surtout, en pensant les volumes par rapport au gabarit du bâti ancien déjà existant.

 

La Bosse-de-Bretagne : un bâti ancien confronté aux dynamiques démographiques actuelles

 

Les écarts de Pouchard et de la Haute-Bosse, deux exemples représentatifs d’une dualité d’usages.

 

Le XXe siècle est pour la Bosse-de-Bretagne, comme pour la France dans sa globalité, un temps de grandes mutations. Sa seconde moitié du moins, voit, malgré l’éloignement des grands axes routiers, par un afflux croissant de population extérieure, La Bosse-de-Bretagne se situant dans l’aire d’attraction de la ville de Rennes. Le bourg témoigne de cette mutation : le centre ancien (avant le XIXe siècle) reste partiellement lisible, bien que largement modifié et réaménagé successivement aux XIXe, XXe et XXIe siècles. Sur ces lisières, la rupture est assez nette entre le bâti du XIXe siècle et le bâti fin XXe, voire XXIe siècle, à usage exclusivement résidentiel, et prenant la forme de lotissements, notamment à à l’ouest du bourg.

Pouchard, qui est l’écart le plus important de la commune de la Bosse-de-Bretagne a, lui aussi, été marqué par ce phénomène d’urbanisation contemporaine et se distingue par l’abondance de constructions « neuves », datant pour beaucoup d’entre elles de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. Le PLU de 2008 a contribué à la complétion des dents creuses par des constructions neuves, à quoi s’ajoutent de nombreuses “rénovation” de bâtiments anciens. Cela a généré une perte de la qualité architecturale et paysagère initiales de cet écart.

Si Pouchard incarne les principes d’un écart devenu résidentiel et au visage contemporain, La Bosse-de-Bretagne conserve aussi une grande partie de son héritage agricole, bien vivant. La Haute-Bosse, un écart voisin du bourg, est l’expression de cet héritage, et est représentatif de ces ensembles de fermes anciennes qui ponctuent le territoire Bosséen. Cet écart est constitué de plusieurs corps de fermes anciens, divers par leurs formes et leurs typologies, qui constituent aujourd’hui des habitations, notamment d’agriculteurs. La majorité des structures contemporaines qui y sont implantées sont des constructions agricoles en usage.

Les recensements quinquennaux qui ont été mis en place au XIXe siècle au niveau national permettent d’établir l’évolution de la population de la commune. On constate ainsi une certaine stagnation de la population jusqu’à la fin du XIXe siècle, puis un accroissement rapide et un déclin qui s’amorce peu avant la Grande Guerre et qui peut s’expliquer, en dehors des pertes de la guerre, par le départ des Bosséens vers les villes ou communes plus importantes. Ce déclin dure presqu’un siècle et se poursuit donc jusqu’à la fin du XXe siècle, qui voit une véritable explosion de la population à partir des années 2000. On voit ici un lien net entre la croissance démographique de la commune et les constructions résidentielles nouvelles, très visible dans le paysage actuel, qui confirme la nouvelle existence de la Bosse-de-Bretagne comme commune de résidence et non seulement d’agriculture et de commerces de proximité.

 

Abandon et insalubrité : un terreau propice à la rénovation/réhabilitation

 

Dans le cadre de l’arrivée de nouveaux habitants, les anciennes bâtisses à « rénover » constituent un attrait pour certains. Cette dynamique de « rénovation » est très présente dans de nombreuses communes de BPLC et la Bosse-de-Bretagne ne fait pas exception. En effet, en plus d’une croissance démographique, deux autres facteurs contribuent à cette dynamique de « rénovation » : l’inconfort/insalubrité et l’abandon/vacance des bâtisses. A La Bosse-de-Bretagne, le parc immobilier antérieur à 1949 représente 43,6% du bâti. Sur ce pourcentage, 9 à 11% des bâtiments sont vacants et plus de 10% sont jugés inconfortables en 2013, ce qui n’est pas anodin si on la compare aux autres communes de BPLC (cf. données Filicom). Aujourd’hui, une part importante de ces constructions est encore à l’abandon, certaines sont même en ruine, ainsi au :

l  10 La Basse-Bellandière (un ensemble de trois bâtiments)

l  14 La Vidouillère

l  11 La Mouchère

l  1, rue Fontaine Jouaron où l’Inventaire de 1971 rend compte d’une bâtisse certes laissée à l’abandon mais encore en place… et dont il ne reste aujourd’hui plus qu’une partie en élévation, ce qui représente une perte majeure pour le patrimoine de la commune.

D’autres bâtisses ont été fortement modifiées, c’est pourquoi on peut parler de « rénovations » plutôt que de restaurations ou de réhabilitations. Aujourd’hui, de nombreuses fermes sont en cours de travaux, ces derniers ne se faisant pas toujours dans le respect du bâti ancien. On observe également la présence de plus en plus récurrente des clôtures occultantes qui perturbent la bonne lecture des dispositions initiales de ces fermes, par exemple au :

l  1 Le Plessis : la clôture de jardin fait perdre le caractère d’usage originel de cet ensemble agricole particulièrement intéressant par ses multiples patrimoines d’accompagnement.

l  3 Le Haut Briant : clôture en parpaings.

l  19 La Haute-Bosse : le bâti a subi d’importantes rénovations le faisant apparaître davantage comme une habitation pavillonnaire que comme une ancienne ferme.

Un équilibre entre héritage rural et intégrations contemporaines ?

La Bosse-de-Bretagne apparaît donc comme une commune dont l’identité s’est construite sur un équilibre entre héritage rural et intégrations contemporaines. Son implantation au cœur d’un paysage vallonné ainsi que l’omniprésence d’une architecture vernaculaire en grès et en schiste témoignent d’une forte cohérence entre territoire, ressources et formes bâties. Longtemps façonnée par l’agriculture, la commune conserve encore aujourd’hui les traces visibles et lisibles de cette organisation, à la fois dans son parcellaire et dans la répartition géographique des écarts.

Toutefois, les mutations amorcées au cours du XXe siècle et largement accentuées depuis les années 2000, ont profondément transformé ce territoire. L’attractivité résidentielle croissante, liée notamment à l’aire d’attractivité rennaise, a engendré une recomposition complexe du bâti et des usages, marquée par le développement de lotissements, comme en lisières du bourg ainsi qu’à Pouchard. Si ces évolutions relèvent de la vie de la commune, elles soulèvent des enjeux majeurs en matière de conservation du patrimoine bâti et préservation de la cohérence paysagère.

Annexes

  • Etude d’inventaire sur le canton du Sel-de-Bretagne, 1971 :
  • Etude d’inventaire sur le canton du Sel-de-Bretagne, 1971 :
Date(s) d'enquête : 1971; Date(s) de rédaction : 1971, 2026