Dossier d’œuvre architecture IA35045962 | Réalisé par
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • enquête thématique régionale, Inventaire des fortifications littorales de Bretagne
  • inventaire préliminaire, Saint-Père-Marc-en-Poulet
  • enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
Fort de Châteauneuf dit Fort de Saint-Père (Saint-Père-Marc-en-Poulet)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Institut national de l'information géographique et forestière

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Ille-et-Vilaine - Châteauneuf d'Ille-et-Vilaine
  • Commune Saint-Père-Marc-en-Poulet
  • Lieu-dit Fort de Châteauneuf
  • Cadastre OC 495  ; OC 496  ; OC 667  ; OC 661
  • Dénominations
    fort
  • Appellations
    Fort de Saint-Père

Le fort de Saint-Père, connu aussi sous le nom de fort de Châteauneuf, a été construit de 1777 à 1785 dans le contexte de la Guerre d’Indépendance américaine. Il est contemporain des forts détachés de Brest mais adopte un tracé bastionné classique. En cas de débarquement anglais à Cancale et de siège du port de Saint-Malo, ce fort aurait permis d’assurer la défense du seul accès terrestre à Saint-Malo.

Depuis 1989, le fort appartient à la commune de Saint-Père aujourd'hui Saint-Père-Marc-en-Poulet.

Louis Pottier a consacré une monographie au fort en 1992.

Dans ce fort se tiennent les festivals La Route du Rock (depuis 1994) et No Logo BZH (depuis 2023).

Créé en 2005, ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été mis à jour en 2025 dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires porté par la Région Bretagne.

Dans le contexte de la Guerre d’Indépendance américaine (1775-1783), Charles Claude Andrault de Maulévrier (1720-1792), marquis de Langeron, lieutenant général des armées du roi, commandant la division de Bretagne est nommé par Louis XVI "commandant en chef des grands travaux de Brest et de la construction du fort de Châteauneuf auprès de Saint-Malo".

Le fort de Châteauneuf est construit de 1777 à 1785 afin d’assurer la défense de l’isthme de Châteauneuf, seul accès terrestre au port de Saint-Malo. Son plan est dû aux ingénieurs Pierre Jean de Caux (1720-1792) et Jacques de Carpilhet (1730-1802). Armé de plusieurs pièces d’artillerie (son armement maximum est de 18 canons pendant la Révolution), le fort est conçu pour une garnison de 600 hommes.

Le fort est édifié à l’économie, c’est-à-dire en employant une main d’œuvre constituée de soldats, ici du 1er bataillon du régiment d'Agénois et du 1er bataillon du régiment d'Armagnac (les troupes sont stationnées à Saint-Servan). La première pierre est posée le 14 juillet 1777 par la marquise Baude de la Vieuville (Françoise-Joséphine Butler, épouse d’Etienne-Auguste Baude, marquis de la Vieuville, comte de Châteauneuf et seigneur de Saint-Père) conduite par Jacques de Carpilhet (ingénieur militaire ; chef de brigade et colonel à Saint-Malo en 1777) et François-Xavier, comte de Lowendhal, colonel du régiment d'Armagnac. En 1778, les soldats du régiment Royal-Roussillon travaillent également sur ce chantier.

Le magasin à poudre est construit en 1782-1783.

Cinquante personnes ont laissé la vie sur ce chantier militaire qui a duré 8 ans.

En 1880 est construit un nouveau magasin à poudre pour la conservation des munitions des batteries d’artillerie de côte de Saint-Malo.

En 1885, le fort est desservi par la voie ferrée stratégique Miniac-Morvan - La Gouesnière - Cancale - Saint-Méloir : son pont-levis est remplacé par une passerelle métallique.

Durant la Première Guerre mondiale, le fort sert de camp de prisonnier pour des officiers allemands (jusqu’à 150 prisonniers).

Dans l’Entre-deux-guerres, le fort continue de servir de dépôt de munitions.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le fort sert de dépôt de munitions à l'Allemagne nazie pour des obus et des torpilles. Il est sabordé avec ses munitions par l’Occupant avant l’arrivée des troupes américaines.

Déblayé après-guerre, le fort est utilisé par le ministère de la Défense comme dépôt dépôt de munitions et d'explosifs.

Déclassé par le ministère de la Défense en 1985 puis mis en vente, le fort est acquis par la commune de Saint-Père en 1989.

Depuis 1994, le festival La Route du Rock se tient dans le fort, rejoint en 2023 par le festival No Logo BZH.

Le fort est implanté sur un point haut à 39 m au-dessus du niveau de la mer, il commande la route de Rennes vers Saint-Malo et le chemin de grande communication de Châteauneuf (d'Ille-et-Vilaine) à Cancale.

Il affecte la forme d’un vaste quadrilatère composé de quatre bastions : bastion du Roi (sud-est), bastion de la Reine (nord-est), bastion de Monsieur (nord) et bastion d’Artois (ouest). On y retrouve des dispositions classiques : glacis, chemin couvert ponctué de traverses, quatre places d’armes (respectivement implantées au nord, à l’est, au sud et à l’ouest), fossé sec avec contrescarpe et escarpe. D'après le plan de Carpillet (1785), le fort est doté d’une lunette au sud-est dite de Saint-Guinoux et d’une redoute à l’ouest dite de la Garenne.

L’entrée principale se fait à l'origine via un pont-levis percé au milieu du front sud.

Le rempart sud est aménagé en 26 casemates servant de magasin au vivres (deux casemates), de corps de garde des soldats, de corps de garde des officiers, de prison (casemates situées de part et d’autre du passage d’entrée, scindées en deux dans la longueur), de hangar d’artillerie (quatre casemates) et au logement des troupes (dix-huit casemates). Les casemates sont dotées de créneaux de fusillade vers le sud.

Trois poternes disposées à l’est, au nord et à l’ouest donnent accès depuis la cour au fossé sec.

Dans la cour du fort se trouvait à l'origine un "hangar" destiné au logement de deux officiers, du garde d’artillerie et du gardien du fort, un magasin à poudre (reconnaissable à ses contreforts) entouré d’un mur de sureté et un puits. Un autre puits dit de la Soutivière est aménagé sur le glacis sud. Une fontaine se trouvait dans le fossé au nord-est devant le bastion de la Reine.

Un magasin à poudre (plus récent) se dresse parallèlement au premier : il a perdu la moitié de sa superficie.

La moitié des casemates du rempart sud est arasée.

  • Toits
    pierre en couverture, terre en couverture, ardoise
  • Plans
    système bastionné
  • Couvertures
    • terrasse
  • État de conservation
    vestiges, inégal suivant les parties, bon état

Données complémentaires architecture IP35

  • DENO
  • HYPOI
  • HYPOE
  • PHYPO
  • STYL
  • NOTA
  • MURS1 granite ; pierre de taille ; moellon ; terre
  • MURS2
  • SCLE1 4e quart 18e siècle
  • IMPA
  • CBATI
  • IMBATI
  • PERP
  • ESPAL
  • PASSAGE
  • ESPAP
  • DISTRIB
  • ORDO
  • ELEV
  • ETAG
  • COMBLE
  • MOUV
  • RDC
  • ACCESA
  • ACCESP
  • NATUA
  • FACCES
  • FAXE
  • FETAG
  • FOUV
  • IAUT typicum
  • ICHR typicum
  • IESP unicum
  • ICONTX dominant
  • PINTE
  • SEL étudié
  • TYPVIL
  • TYPECA
  • POSECA
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    vestiges de guerre, à signaler
  • Éléments remarquables
    fort, casemate, poudrière

Documents d'archives

  • Fonds Langeron. Papiers du gouverneur militaire de Brest (1776-1789). Charles Claude Andrault de Maulévrier (1720-1792), marquis de Langeron.

    Archives municipales de Brest : 2S

Bibliographie

  • VERMET, Eric. "La Défense de la région malouine au 18e siècle". Mémoire de maîtrise, Histoire : Rennes 2, sous la dir. de Claude Nières, 1991, 276 p.

  • POTTIER, Louis. Le fort de Saint-Père-Marc-en-Poulet. Saint-Père-Marc-en-Poulet : Association Théodore Chalmel, 1992, 103 p. ISBN 2950166729.

  • BESSELIEVRE, Jean-Yves. "Les travaux de fortification de Brest à la fin du XVIIIe siècle, 1776-1784". Mémoire de Maîtrise d´Histoire moderne de l'Université de Bretagne Occidentale, sous la dir. de Fanch Roudaut, Brest, 1996.

  • FRIJNS, Marco, MALCHAIR, Luc, MOULINS, Jean-Jacques, PUELINCKX, Jean. Index de la fortification française. Métropole et Outre-mer. 1874-1914. Vottem (Belgique) : autoédition, 2008, 832 p.

Documents multimédia

  • MALCHAIR, Luc, FRIJNS, Marco, MOULINS, Jean-Jacques, PUELINCKX, Jean. "Index de la fortification française 1874-1914 - Fortiff.be".

    https://fortif.be

Annexes

  • L'origine des matériaux de construction du fort d'après les recherches de Louis Pottier (1992)
  • L'ingénieur Pierre-Jean de Caux (alias Decaux), 1720-1792 d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
  • L'ingénieur Jacques de Carpilhet (alias Carpillet) d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
Date(s) d'enquête : 2005; Date(s) de rédaction : 2005, 2006, 2026
(c) Inventaire général
(c) Région Bretagne
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.