Un lycée pour répondre au développement démographique de l'est rennais, au cours des toutes premières années de la décentralisation.
Quelques mois après les premières élections régionales et la décentralisation des lycées, en 1986, la Région établi un plan de construction de nouveaux établissements. Pour l’Ille-et-Vilaine, alors que la construction d'un lycée est programmée à l'ouest de Rennes (Montfort-sur-Meu, ouvert en 1988), la Région recherche des sites d'implantation dans la "grande périphérie" ouest et sud de Rennes.
Cinq communes se portent candidates : Cesson-Sévigné, Bruz, Janzé, Bain-de-Bretagne et Liffré.
Ainsi, la première citée fait acte de candidature, par voie de délibération municipale en date du 24 février 1988, pour un établissement alors évalué à 600 élèves. Elle met en avant la scolarisation à Rennes de 983 lycéens habitant Cesson-Sévigné ou une des trois communes voisines ainsi que le dynamisme démographique de l'est rennais. Le dossier de candidature, déposé en 1989, présente trois terrains, dont celui de Champagné. La Ville insiste sur sa capacité à participer "sans problème à hauteur de 25% du coût de construction" et sur le caractère "sportif" de la commune.
Le lors d'une session, en janvier 1990, le Conseil régional prend sa décision en faveur de l'implantation de deux nouveaux lycées à Cesson-Sévigné et Bain-de-Bretagne.
Le terrain de Chamapagné mis à disposition de la Région mesure 54 684 m2. Il est situé au sud de la commune de Cesson-Sévigné, le long de la Vilaine et de l'ancienne route de Paris. Les bâtiments d'une ancienne ferme organisée autour d'une cour en occupent le centre : certains datent du 16e siècle.
La Région, maître d'ouvrage décide de confier la conduite de l'opération à la DDE d'Ille-et-Vilaine.
Une agence rennaise, celle de Joël Y. Gautier choisie pour concevoir un lycée pour 1200 externe ou demi-pensionnaires.
Lors de la première 1ere phase de la consultation pour choisir les concepteurs, huit équipes parmi plus de 34 sont sélectionnées sur références et invitées à proposer une esquisse. Il s'agit de l'Atelier du Canal ; Arcature - Le Trionnaire - Tassot ; Brajon - Nicolas - Ressaussière ; Gautier ; Berger ; G. Maurios ; B. et C. Guillouet associés à P. Vallée ; Debolois - Guervilly - Dunet - Cras et Dayot. Les réponses déposées pour le 18 juin 1990. Le jury bénéficie pour éclairer ses choix d'une analyse de la société SOCOTEC remise le 3 juillet 1990.
Lors de la seconde phase, trois équipes associant des architectes et un bureau d'étude sont admises à présenter un avant-projet sommaire qui doit être rendu pour le 20 sept 2010 : Gautier ; Arcature - Tassot - Le Trionnaire et Berger.
Parmi elles, est retenue l'agence de Joël Y. Gautier (né en 1938), dont le projet est le seul à implanter les bâtiments parallèlement à la Vilaine/ Un choix qui permet de ne pas faire obstacle à l'écoulement des eaux en cas de crue, de limiter l'impact des vents dominants et de bénéficier de bonnes expositions au soleil. Le projet comporte trois bâtiments : le premier regroupe l'externat, l'administration, le forum, le CDI et un amphithéâtre, le deuxième la restauration scolaire et le foyer des élèves, le troisième les logements de fonction (voir les illustrations du dossier et la partie description).
Les entreprises de construction sont choisies en mars 1991. Les travaux débutent en avril et son réceptionnés en juillet 1992. Le lycée ouvre à la rentrée, en septembre, et est inauguré le 10 octobre. Le projet pédagogique a évolué au fil des mois. L'établissement est ainsi conçu pour accueillir 1200 élèves préparés au baccalauréats A, B, C, D, E et G.
Le lycée a coûté 85 millions de francs, dont 71,8 à la charge de la R2gion et 13,2 à celle de la commune.
Il reçoit le nom de Sévigné, à la fois évocateur du nom de la commune et de celui de la Marquise, sans toutefois s'y référer de façon trop explicite, dans la mesure où ses évocations des révoltes bretonnes dont elle fut contemporaine sont parfois considérées comme méprisantes. Le nom du sculpteur Jean Boucher (1870-1939) également suggéré, a été donné à l'amphithéâtre.
Héberger les élèves sportifs de haut-niveau
Dans un premier temps, le lycée dont le recrutement se réalise à proximité, ne comporte pas d'internat. Différents projets de rénovation et d'utilisation des bâtiments de la ferme de Champagné sont envisagés.
Il avait notamment été question d'y créer un hébergement pour des élèves sportifs de haut-niveau. Le Creps de Dinard était pressenti pour assurer la gestion de cet équipement, qui devait être financé par la Région, l’État (Jeunesse et Sports et Éducation nationale) et la Ville de Cesson-Sévigné. A la suite du désengagement du Creps, ce projet est resté lettre morte. La ferme n'a ainsi pas été rénovée. En 2010, ses bâtiments commençaient à s'effondrer. Ils ont été démolis en 2010.
Neuf ans plus tard, alors que le besoin d'hébergement des élèves sportifs de haut-niveau de l'agglomération rennaise demeure, la Région passe un marché de conception réalisation pour la construction d'un internat de 102 places et d’équipements sportifs à leur intention, ainsi que de quatre nouveaux logements.
La société d'économie mixte Sembreizh assure la maîtrise d'ouvrage déléguée de ce projet. L'entreprise SOGEA, avec pour associé l'agence Mûrisserie architecture Parent + Rachdi, obtient le marché. Les travaux débutent en août 2020 et sont réceptionnés en août 2021. Le coût de construction de cet ensemble - toutes dépenses comprises, est de 6,43 millions d'euros. L'internat abrite, au rez-de-chaussée, une salle de musculation de 100 m2, couverte d'une toiture végétalisée.
Chargé d'études à l'Inventaire