Photographe à l'Inventaire
- enquête thématique régionale, Inventaire des lieux et objets de pardon et de pèlerinage en Bretagne
Dossier non géolocalisé
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Aires d'étudesBretagne
Trois grands pèlerinages polarisent le territoire autour de Vitré au fil des siècles : Notre-Dame de la Peinière à Saint-Didier, Notre-Dame de La Guerche à La Guerche-de-Bretagne et Notre-Dame du Roc à Montautour. En 2024, le sanctuaire de la Peinière dispose encore d'un rayonnement d'ampleur régional. La rentrée diocésaine s'y déroule tous les ans. Le pèlerinage à Notre-Dame du Roc, très important au 20e siècle, s'est à l'inverse amenuisé ces dernières années.
Les pardons de Basse-Bretagne constituent des pèlerinages plus renommés et mieux identifiés que ceux de Haute-Bretagne. Pourtant l'étude de ces derniers comme ceux du pays de Vitré met en lumière des rituels non moins intéressants et non moins ancrés dans l'histoire locale. Leur forme plus modeste, consistant parfois en une simple messe, les rattache alors davantage à de simples fêtes patronales (le 15 août à Brielles par exemple).
Globalement, on ne peut que constater à travers cette enquête la forte déprise du phénomène des pèlerinages locaux. La chapelle Sainte-Anne et Saint-Julien à Domalain par exemple, faisait encore l'objet au 20e siècle d'une procession depuis l'église, qui n'existe plus aujourd'hui. La crise de la vocation des prêtres et la désertification des églises sont les principaux facteurs d'explication, la venue d'un desservant et la mobilisation des paroissiens conditionnant désormais la tenue de nombre de ces fêtes.
Mais de ces pèlerinages témoignent encore aujourd'hui des lieux et des objets aux typologies aussi variées qu'inattendues. La chapelle Sainte-Anne, bâtie sur le modèle des pagodes chinoises à la Selle-Guerchaise, est imaginée par le missionnaire François Lize, rapatrié de Chine et recteur de la paroisse de 1875 à 1878. Les grottes de Visseiche et de Brielles, où est organisée chaque année une messe autour du 15 août, rappellent la multiplication aux 19e et 20e siècles de ces répliques locales du grand sanctuaire de Lourdes. Enfin, parmi les édifices recensés, l'église Notre-Dame de la Guerche se distingue par son statut de basilique, accordé en raison de l'ancienneté du culte et du pèlerinage à la Vierge locale.
L'étude thématique régionale se concentre sur le culte marial mais l'enquête plus resserrée autour de Vitré permet d'élargir les perspectives et d'aborder deux fêtes qui ne relèvent pas du culte marial : la fête de Saint-Roch à Torcé et le pardon des voyageurs à Saint-Christophe-des-Bois. Deux autres pèlerinages non mariaux peuvent être cités ici, même s'ils n'ont pas été étudiés : ceux des chapelles Saint-Joseph et Saint-Léonard au Pertre. A Saint-Léonard, les pèlerins observent une tradition étonnante : attacher les enfants à la chaîne de saint Léonard qui se trouve dans l'église pour qu'ils se mettent à marcher plus vite (Orain, Adolphe, De la vie à la mort, J. Maisonneuve (Paris), 1897, tome 1, chapitre II, p. 16).
Un certain nombre de pèlerinages sont liés à la guerre. Ainsi la chapelle Sainte-Anne à Châteaubourg a été construite suite à un vœu pendant la Seconde Guerre mondiale. La ville a été épargnée par les bombardements, ce qui a motivé la construction de la chapelle et l'organisation d'une procession chaque année lors de la Sainte-Anne. La grotte de Brielles a également été édifiée dans les mêmes circonstances. Une bannière remarquable à Montautour a été offerte suite au vœu fait par les paroisses alentours d'être protégées lors des bombardements de la Libération en 1944. Les débris d'un avion écrasé lors d'une bataille aérienne en 1918 et auquel un homme a survécu ont été offert en ex-voto à Notre-Dame de la Peinière.
- (c) Région Bretagne
Dans le cadre d'un stage de fin d'études de Master en Gestion et Mise en valeurs des œuvres d'arts
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