Chargée d'études à l'Inventaire
- enquête thématique régionale, Inventaire des lieux et objets de pardon et de pèlerinage en Bretagne
Dossier non géolocalisé
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Aires d'étudesBretagne
Le corpus : petits et grands pèlerinages de Haute-Bretagne
Dans ce secteur d'Ille-et-Vilaine comme ailleurs en Haute-Bretagne, on parle généralement de pèlerinage ou de fête et pratiquement jamais de pardon.
Trois lieux importants de pèlerinage ressortent de l'étude menée sur le pays de Vitré : Notre-Dame-de-la-Peinière à Saint-Didier, Notre-Dame-de-la-Guerche à La Guerche-de-Bretagne et Notre-Dame-du-Roc à Montautour. En 2024, le sanctuaire de la Peinière dispose encore d'un rayonnement d'ampleur régionale voire nationale. Le pèlerinage à Notre-Dame-du-Roc, très important au 19 et au 20e siècles, s'est à l'inverse beaucoup amenuisé ces dernières années.
D'autres pèlerinages subsistent sous des formes plus discrètes et parfois ramassées (la procession n'est plus systématiquement organisée). Certains se distinguent par leur spécificité culturelle comme le pardon des voyageurs à Saint-Christophe-des-Bois, seule fête portant l'appellation de pardon, créée en 1928 sur le modèle des pardons bas-bretons. Mais la plupart prennent des formes plus classiques ou plus universelles comme les pèlerinages aux chapelles Sainte-Anne de Châteaubourg ou Sainte-Anne-et-Saint-Julien de Domalain, ou encore aux grottes de Lourdes de Visseiche et de Brielles.
Les cultes de la Vierge et de sainte Anne dominent largement, mais la fête de Saint-Roch à Torcé et le pardon de saint Christophe cité plus haut montrent que d'autres saints peuvent être invoqués à des fins de protection.
Au total, 10 sites ont été recensés dans le cadre de cette enquête et 8 d'entre eux ont fait l'objet d'une étude :
- Église (basilique, collégiale) Notre-Dame-de-la-Guerche (La Guerche-de-Bretagne)
- Eglise paroissiale Notre-Dame-du-Roc (Montautour)
- Chapelle Sainte-Anne (La Selle-Guerchaise)
- Chapelle Saint-Roch (Torcé)
- Chapelle frairienne Sainte-Anne et Saint-Julien (Domalain)
- Chapelle Sainte-Anne (Châteaubourg)
- Chapelle Notre-Dame-de-la-Peinière (Saint-Didier)
- Eglise paroissiale Saint-Christophe (Saint-Christophe-des-Bois)
Si certains de ces pèlerinages ont une origine très ancienne avérée (Notre-Dame du Roc et Notre-Dame de la Guerche), la majorité d'entre eux sont des créations contemporaines bien que les récits et histoires qu'en fait le Clergé cherchent à les ancrer dans un passé lointain et de ce fait parfois confus (Notre-Dame de la Peinière).
L'histoire de beaucoup d'entre eux est liée à la guerre qui stimule les pèlerinages et occasionne de nombreux ex-voto. Les médailles des vétérans de 1914-1918 à la chapelle Notre-Dame de la Peinière en témoignent comme les plaques de marbre présentes un peu partout. La chapelle Sainte-Anne de Châteaubourg est bâtie suite à une demande de protection considérée comme exaucée par le curé de la paroisse durant la Seconde Guerre mondiale. La grotte de Brielles est édifiée dans les mêmes circonstances. A Montautour, une bannière remarquable est offerte en action de grâce après les bombardements de la Libération en 1944.
Variété et plasticité des aspects matériels
D'un point de vue architectural, ces fêtes s'ancrent dans une diversité de lieux. La chapelle Notre-Dame du Roc à Montautour est reconstruite entre 1868 et 1876, notamment pour mieux accueillir le pèlerinage qui se déploie aussi à l'extérieur, dans un espace rocheux très largement anthropisé, comportant calvaire, grotte et cheminements. Le bas-côté nord de l'église Notre-Dame-de-la-Guerche est bâti de 1859 à 1863, afin de former un écrin pour les pèlerinages à la Vierge locale. La chapelle Sainte-Anne, créée sur le modèle des pagodes asiatiques à la Selle-Guerchaise, par le missionnaire François Lizé, recteur de la paroisse entre 1875 et 1878, montre la capacité d'invention des prêtres pour se concilier les populations en ravivant des cultes locaux présumés anciens. Les grottes de Visseiche et de Brielles, où sont organisées chaque année des messes autour du 15 août, illustrent enfin la multiplication de ces répliques locales du grand sanctuaire de Lourdes, durant la première moitié du 20e siècle.
Mais le grand édifice de pèlerinage du secteur est l'originale chapelle Notre-Dame-de-la-Peinière, édifiée sur un plan centrée entre 1895 et 1900, par l'architecte Henri Mellet (1852-1926) qui s'adjoint les services d'Isidore Odorico père (1845-1912) pour les décors de mosaïque. Il se signale au loin par sa statue sommitale dorée de la Vierge, marqueur du paysage symbolique qu'on trouve également en haut du clocher de la chapelle Notre-Dame-du-Roc à Montautour.
Pour ce qui concerne le mobilier associé à ces pèlerinages, il est aussi d'une grande richesse. Des bannières font encore souvent partie des processions, qu'elles aient été créées spécifiquement pour ces pèlerinages et ces lieux (comme la bannière de Notre-Dame de Montautour) ou que leur origine soit plus ancienne mais qu'elles accompagnent les cortèges, en réemploi, connaissant ainsi une sorte de "seconde vie". C'est le cas des bannières paroissiales de Châteaubourg, qui sont toujours sorties lors de la fête de Sainte-Anne.
Un autre aspect saillant est le phénomène de "dédoublement" des statues portant le vocable des lieux. Ainsi, à Notre-Dame-du-Roc (Montautour), comme à Notre-Dame-de-la-Peinière (Saint-Didier), deux statues différentes sont vénérées sous la même appellation, l'une étant considérée comme originelle et l'autre faisant office de substitut, lors de la disparition de la première ou si celle-ci est considérée comme trop abîmée. Les deux sont processionnées alternativement.
Ces statues reçoivent des parures de fêtes dont certaines sont conservées telles que les couronnes de métal précieux de Notre-Dame de la Guerche et de Notre-Dame de la Peinière, réalisées respectivement par un orfèvre de Lyon, sur un dessin du rennais Emile Evellin (1886-1968), et par un orfèvre parisien, Maurice Poussielgue Rusand (1861-1933).
- (c) Région Bretagne
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Dans le cadre d'un stage de fin d'études de Master en Gestion et Mise en valeurs des œuvres d'arts
Chargée d'études à l'Inventaire
Dans le cadre d'un stage de fin d'études de Master en Gestion et Mise en valeurs des œuvres d'arts