Ce bunker a été construit pour l’Allemagne nazie sous maîtrise d’œuvre de l’Organisation Todt dans le deuxième semestre de l’année 1942 ou en 1943.
Il fait partie de la batterie d'artillerie antiaérienne du Naye dépendant de la Luftwaffe (littéralement, l'arme de l’Air de la Wehrmacht, nom porté par l'armée du IIIe Reich). Cette batterie est numérotée "Ra 226" : l’abréviation "Ra" fait référence au Groupe de défense des côtes de la Rance (Küsten Verteidigungs Gruppe Rance) qui s’étend de Saint-Benoît-des-Ondes à Saint-Briac-sur-Mer (la limite occidentale étant le Frémur ; au sud, la défense s’étend jusqu’à Pleurtuit).
Achevée en octobre 1943, la batterie antiaérienne lourde du Naye n’aurait finalement servi qu’un mois : six canons de 8,8 cm Flak 18 sont signalés en novembre 1943. Seules les trois cuves pour canon de 2 cm de calibre, destinées à la défense contre les avions de chasse qui escortent les bombardiers alliés, sont effectivement armées.
En avril 1944, une garnison de la Luftwaffe (IV./4.912, Leichte Flak-Abteilung 912) composée de quinze hommes, dont deux sous-officiers, servent les trois canons de 2 cm Flak 38 et une mitrailleuse L.M.G. 15 (Maschinengewehr 15) [cf. Hafenverteidigung - Plan Saint-Malo ; état du 3 juillet 1944].
L’état du 3 juillet 1944 [Küstenverteidigungsabschnitt Saint-Malo - Küstenverteidigung, 29 Juni 1944] mentionne la présence de cinq sous-officiers et de dix-huit soldats armés - en sus des trois canons de 2 cm Flak 38 et de la mitrailleuse L.M.G. 15 - de dix-neuf fusils (Karabiner 98k), de trois pistolets-mitrailleurs (Maschinenpistole), d'un pistolet lance-fusée (Leuchtpistolen) et d'un projecteur (Scheinwerfer).
Le 2 août 1944, le secteur défensif des écluses du Naye, comprenant la batterie antiaérienne légère de la Luftwaffe numérotée "Ra 226" et l’ensemble fortifié numéroté "Ra 274" de la Marine allemande, est évacué.
Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.