Photographe à l'Inventaire
- enquête thématique régionale, Inventaire de l'architecture urbaine en pan de bois d'Auray
Dossier non géolocalisé
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Précisions
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Aires d'étudesAuray
Située dans le Golfe du Morbihan et implantée au fond d’une ria, Auray se développe dès le 11e siècle autour d’un château construit par les Ducs de Bretagne sur un éperon rocheux dominant la rivière du Loc’h. La ville s’organise entre une basse et une haute ville, respectivement paroisses de Saint-Sauveur et de Saint-Gildas. En ville haute, l'actuelle place de la République ainsi que plusieurs édifices religieux - l’ancienne Église Notre-Dame, l’Église Saint-Gildas et la Commanderie du Saint-Esprit - polarisent le bâti. C'est le centre politique, judiciaire et économique de la cité. En contrebas de l’église Saint-Sauveur, la ville basse correspond à un quartier portuaire dès le 13e siècle et devient le bourg de « Saint-Goustan » au 16e siècle.
Auray conserve une quarantaine de maisons en pan de bois, réparties entre ces deux quartiers. Ces constructions datent du 15e, 16e et 17e siècles, avec des remaniements plus ou moins appuyés au fil du temps. Par ailleurs, plus d'une vingtaine de bâtiments aujourd'hui disparus ont été recensés.
Aucune maison n'est à ce jour datée par dendrochronologie (en 2026). Plusieurs portent des dates, dont deux de la fin du 15e siècle : 1475 (16 rue Saint-Sauveur) et 1476 (6 rue Neuve). La manière dont est construit le pan de bois du 1 rue Saint-René avec un encorbellement profond comblé par deux entretoises non moulurées et disposées en escalier suggère là aussi une maison très ancienne. Sur cet édifice comme au 6 rue Neuve, une croix de Saint-André de la hauteur de l'étage assure le contreventement.
Le reste du corpus concerne les 16e et 17e siècles. Certains édifices portent dates et inscriptions : Faict faire par demoiselle Michelle Le Roux 1618 (56-58 rue du Château), En may 1608 George Gareau et sa femme mon faict faire (16-18 rue du Château).
Bien que certaines façades aient été fortement reprises au cours des derniers siècles, la technique du pan de bois ne semble guère avoir été employée à Auray à partir du 18e s.
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Période(s)
- Principale : 3e quart 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle , porte la date, daté par travaux historiques
Le corpus alréen se caractérise dans son ensemble par des constructions mixtes : des murs à ressauts encadrent la façade principale en pan de bois en encorbellement. Qu'elles soient à pignon ou gouttereau sur rue, la plupart disposent d'un étage et de combles à surcroît. Certaines comportent des caves comme au 16-18 rue du Château ou du 4 rue du Petit Port.
La plupart des rez-de-chaussée ont une fonction commerciale, parfois marquée par des étals comme au 1 rue Saint-René. La permanence d'une activité artisanale ou commerciale entraine souvent d'importantes modifications : reprise en maçonnerie et suppression ou "engloutissement" des poteaux bois comme au 21 place Saint-Sauveur, disparition totale des dispositions d'origine pour plaquer une vitrine comme au 41 place de la République ou le 15 place aux Roues (disparu). Différentes formules existent : porte d'entrée à droite et baies à gauche (54 Rue du Chateau), porte centrale encadrée par deux baies (6 rue Saint-René), porte à gauche et baies à droite (16 rue du Petit Port). De même, on croise des portes en plein cintre (16 rue du Petit Port, 14 rue Neuve) ou en anse de panier (16 rue Saint-Sauveur, 6 rue des Moineaux) comme des portes à linteaux droits. Plusieurs rez-de-chaussée présentent une esthétique "à l'antique" avec piliers sculptés de pilastres (6 rue Saint-René, 56 rue du Château).
Dans l'ensemble, le pan de bois est construit avec la technique de l'encorbellement sur poutres ou solives, avec entretoises. Le contreventement se compose de grandes croix de Saint-André pour les édifices potentiellement les plus anciens (1 rue Saint-René, 6 rue Neuve), d'écharpes (13-15 rue du Petit Port, 16-18 rue du Château), de chevrons (1 rue Jean-Marie Barré, 16-18 rue du Château, 26-28 rue Philippe Vannier) et de croix de Saint-André en allèges. La plupart cependant se contentent de poteaux, les murs latéraux assurant en grande partie le contreventement.
Des représentations de la rue Neuve signale deux maisons disparues à façades droites, dont l'étage repose sur deux sablières superposées (pas d'encorbellement ni d'éléments intercalaires visibles comme des abouts de solives). D'autres façades droites, en grande parties reprises, s'observent 6 rue Jean-Marie Barré et 14 rue Neuve. Des pastiches en faux pan de bois remplacent d'anciennes façades comme au 3 place de la République et au 51 rue du Petit Port. D'autres sont très reprises, avec une importante proportion de bois neufs : 21-23 rue du Petit Port, 1 place de la République, 13 rue au Lait...Le pan de bois du 13 rue du Belzic a même été évidé à l'étage, avec des fenêtres installées en retrait.
Le décor extérieur se concentre sur les entretoises, les sablières de chambrées et les murs latéraux. Le motif losangé incluant une feuille se retrouve sur plusieurs édifices, sur les entretoises comme les murs qui encadrent le pan de bois (1-3 place de la République, 21-23 rue du Petit Port, 6 rue du Château). On le repère aussi en quatre exemplaires sur le manteau d'une cheminée portant la date de 1537 entourant un médaillon au 25 rue du Lait. Inscriptions et armoiries trouvent également place de part et d'autre des façades principales, souvent à hauteur du premier étage comme au 56-58 rue du Château, 6 rue Neuve, 1 rue Jean-Marie Barré ou le 16-18 rue du Château (cette fois au niveau du surcroit). Dans l'ensemble, les ornements qui nous sont parvenus relèvent du registre géométrique (godrons, écailles, losanges, pilastres, consoles baguées...). Une maison fait figure d'exception avec ses visages humains et ses animaux sculptés dans la pierre, sous la toiture et le long de la lucarne (21 rue du Docteur Alexandre Jardin).
La visite de certains intérieurs confirme la présence d'éléments de confort comme des vaisseliers-lavabos (6 rue Saint-René, 26-28 rue Philippe Vannier) et des cheminées aux piédroits et corbeaux de formes variées, parfois ornées comme au 9 rue Saint-René (chaque piédroit comporte un visage stylisé).
Enfin, plusieurs édifices marquent une urbanisation concomitante : les pignons donnant sur la place Saint-Sauveur (n°19 et 21) témoignent d'une construction commune, tout comme les trois façades mitoyennes de la rue Vannier dont celle du centre a perdu son pan de bois (n°26-28) ou celles donnant sur la place de la République (n°1-3 et n°5).
- (c) Ville d'Auray
- (c) Archives départementales d'Ille-et-Vilaine
- (c) Ville d'Auray
- (c) Inventaire général
- (c) Région Bretagne
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- (c) Inventaire général
- (c) Inventaire général
Bibliographie
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Archives municipales d'Auray : 9 BH 61
Auray : chronique des quartiers. 1860-1980, Coop Breizh, 2012
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DANIELO, Julien. Les ports d'Auray et de Vannes aux 17e siècle et 18e siècle : ville, architecture et identité portuaire sous l'Ancien Régime. Thèse de doctorat. Université de Haute-Bretagne, Rennes II, 2008.
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Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
LELOUP, Daniel. Maisons en pan-de-bois de Bretagne. Histoire d'un type d'architecture urbaine. Rennes : Ed. Ouest-France, Ar Men, Le Chasse-Marée, 2002.
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Archiviste et responsable du service Archives et Patrimoine de la ville d'Auray
Archiviste et responsable du service Archives et Patrimoine de la ville d'Auray