Ce maître-autel porte la date de 1887. C'est un ouvrage imposant et la qualité de son décor montre qu'on a fait appel à des artistes confirmés. Pour les émaux par exemple, on a très probablement été cherché un émailleur parisien, Paul Victor Grandhomme (1851-1944).
On sait que ce peintre émailleur qui devient très connu dans les années 1900 à Paris, achète un terrain à Saint-Briac vers 1895 et y fait construire sa villa atelier "Les Emaux", en haut du boulevard de la mer. Il s’y établit vers 1914 et y vit jusqu’à son décès en mai 1944. Une peinture conservée par une descendante de l'artiste représente la couronne de rose entourant le sigle "IHS" du médaillon au sommet du tabernacle.
Concernant l'identité de l'auteur du projet d'ensemble du maître-autel, il s'agit peut-être du fils de l'architecte de l'église reconstruite en 1867-1868, Alfred Frangeul (1833-1905) qui a participé au chantier aux côtés de son père. Les comptes de la fabrique indiquent en 1887 qu'un paiement de 212 F lui est effectué, sans précision concernant l'objet de la dépense qui correspond peut-être au dessin du maître-autel.
Enfin, un important paiement d'un montant de 6000 F, effectué en plusieurs versements, à l’intention d'Adrien Hus, entrepreneur et plâtrier, peut laisser supposer qu'il est le constructeur du maître-autel. Il commence en effet à facturer ses travaux à Saint-Briac en 1886. Mais là encore, la nature de ces travaux n'est pas précisée.
Une hypothèse complémentaire serait de voir derrière ce maître-autel une manufacture de mobilier liturgique telle que Poussielgue-Rusand qui fournit en 1883 des objets pour l'église de Paramé dessinée par Frangeul, tout comme l'autel de la Vierge de la cathédrale de Saint-Malo, construit en 1886 par cette même entreprise.
(Enrichissement du dossier initial proposé par Michel Kornmann, 2025)
Paul Victor Grandhomme, né le 23 juillet 1851 à Paris et mort en 1944 à Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine), est un peintre émailleur, orfèvre et médailleur français.