Dossier d’œuvre architecture IA29004699 | Réalisé par
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • opération ponctuelle
  • enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
Buanderie de la Marine puis ateliers blanchisserie industrielle de l'Anse Saupin, rue de Normandie (Brest)
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne
  • Commune Brest
  • Lieu-dit Anse Saupin
  • Adresse Rue de Normandie
  • Cadastre EV 0891
  • Dénominations
    blanchisserie industrielle
  • Appellations
    Buanderie de l'Anse Saupin, Buanderie de la Marine
  • Parties constituantes non étudiées
    lavoir, mur de clôture

Reconstruite en 1831 pour les besoins de la Marine, la blanchisserie industrielle de l’anse Saupin est toujours en activité et constitue un exemple remarquable d’infrastructure militaire dédiée aux fonctions de soutien.

L’historienne Catherine Abéguilé-Petit a consacré en 2004 un article à cet établissement industriel dans Les Cahiers de l'Iroise.

Pour l'historien François Olier, cet établissement est "une référence nationale en matière de blanchissage industriel et hygiénique (y compris hospitalier), employant tour à tour : bagnards, ouvriers et ouvrières de l’arsenal travaillant sous la direction de commis de la Marine, de sœurs hospitalières et de contremaîtres-buandiers".

Créé en 2008, ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été mis à jour par la Région Bretagne en 2026 dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires.

La blanchisserie industrielle de la Marine est implantée sur la rive orientale de la Penfeld dans l’anse Saupin (du nom de François Saupin, ancien maître tonnelier de la Marine devenu marchand et armateur à la fin du 17e siècle), sur des terrains achetés à partir de 1784. Elle a été reconstruite en 1831, dans le style néo-classique, sur les plans de Jean-Constant Petot (1802-1867), ingénieur des travaux maritimes.

La blanchisserie est alimentée en eau par les fontaines de l’anse Saupin. Elle employait des laveuses (pour le lavage à la brosse et au battoir dans les lavoirs), des buandiers (pour le transport, le tri et le comptage du linge ; le curage et le nettoyage des lavoirs) et des journaliers (pour l’étendage du linge à l’air libre ou dans les séchoirs).

Le linge arrivait par voie maritime depuis la Penfeld via un bassin dédié et des quais dotés de quatre cales.

L'historien brestois Prosper Levot décrit l'établissement ainsi en 1865 : "Elle [la blanchisserie] se compose de dépôts pour le linge à blanchir ; de réservoirs pour tremper et préparer les lessives, à la vapeur, suivant divers procédés ; de deux lavoirs couverts et de deux lavoirs en plein air et à eau courante ; d'un atelier d'essorage du linge renfermant trois essoreuses ou hydro-extracteurs à force centrifuge ; d'un séchoir chauffé par six poêles en fonte, substitué en 1856 au séchoir primitif à vapeur qui avait cessé de fonctionner ; de séchoirs en plein air ; de citernes, conduites et distributions d'eau pour toutes les parties de l'établissement ; de deux chaudières à vapeur pour le service des cuviers ; du logement de l'administrateur ; de dépôts de bois et autres accessoires".

La blanchisserie dépend du service de santé puis de la direction de l’intendance maritime à partir de 1947. Dans les années 1950 et 1960, des bâtiments complémentaires sont construits tandis que les équipements sont modernisés.

En 1987, son personnel est composé de 46 personnes réparties au blanchiment (28), à la couture (7), à l’entretien-livraison (6), au magasin (3) et à la comptabilité (2). 1 529 tonnes de linge sont traitées dans l’année.

Depuis 2010, les "ateliers blanchisserie industrielle de l'Anse Saupin" sont rattachés au Groupe de soutien de base de défense (GSBDD) qui traite les besoins - sauf l'entretien des uniformes - de toutes les unités militaires (terre, mer, air) pour les départements du Finistère et du Morbihan, hormis ceux de l'Hôpital Régional d'Instruction des Armées Clermont Tonnerre pour des raisons d’hygiène.

En 2013, le personnel de la blanchisserie est de 26 personnes réparties entre le lavage fin (3), le lavage industriel (4), la finition industrielle (11), la maintenance (3), l’administration (3) et le magasinage (2) pour 463 tonnes de linge traitées dans l’année.

Cet ensemble de bâtiments industriels comprenant, un corps de bâtiment principal, un bassin (toujours alimenté en eau) et une vaste cour qui servait à l’origine à étendre le linge pour le faire sécher, est entouré d’un mur de clôture.

Le corps de bâtiment principal à sept travées, encadré d’avant-corps à trois travées surmontés d’un fronton triangulaire est orienté vers le sud-sud-est. Il est doté d’un premier étage et d’un étage de comble éclairé par de petites lucarnes. Les maçonneries sont enduites ; l'entourage des ouvertures (fenêtres et portes rectangulaires), les chaînages d’angle et le bandeau soulignant le premier étage sont en pierre de taille de granite. La couverture est en ardoise.

Le bâtiment principal était à l’origine surmonté d’un campanile de plan carré implanté en position centrale avec horloge et cloche (cf. photographie de 1858). Son horloge a été démontée et restaurée : elle est conservée dans le bâtiment des subsistances dans l’enceinte de l’arsenal. La cloche qui sonnait l’embauche, la débauche et les heures de travail est conservée dans le bâtiment administratif de la blanchisserie.

  • Murs
    • maçonnerie enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Typologies
    néo-classique (2e quart 19e siècle)
  • État de conservation
    bon état, remanié
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat, site militaire.
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    blanchisserie industrielle

Documents d'archives

  • LEVOT, Prosper. Histoire de la ville et du port de Brest. Le port depuis 1681. Brest, vol. II, 1865, 387 p.

    p. 304-305

Bibliographie

  • AMPHOUX, Pascal (dir.) - Utopies métropolitaines - École nationale supérieure d'architecture de Nantes. La Penfeld. Utopie Métropolitaine. Un répertoire de projets potentiels réalisés par les étudiants de l'école nationale supérieure d'architecture de Nantes. Brest métropole, 2016, 2 t., 263 p.

    https://adeupa-brest.fr/sites/default/files/basedoc/fichierjoint/Utopies_partie1.pdf

    https://adeupa-brest.fr/sites/default/files/basedoc/fichierjoint/Utopies_partie2.pdf

    https://adeupa-brest.fr/sites/default/files/basedoc/fichierjoint/Utopies_partie3.pdf

    p. 115-119

Périodiques

  • MINISTÈRE DE LA MARINE ET DES COLONIES. "Les ports militaires de la France - Brest - Établissements de la marine". Paris, Revue maritime et coloniale, t. XVII, 1866, p. 477-506.

    p. 494
  • ABÉGUILÉ-PETIT, Catherine. "De l'eau à la vapeur, la blanchisserie de la marine de l'anse de Saupin". Histoire d'eau. Cahiers de l'Iroise n° 199, mai 2004.

    p. 2-8

Documents figurés

  • Vue de la buanderie de la Marine de l'anse Saupin à Brest, 31 juillet 1858.

    http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo219099

    Musée de Bretagne (Rennes) : 2001.0034.18

Documents multimédia

  • École nationale supérieure d'architecture de Nantes - Utopies métropolitaines. "La blanchisserie dans l’histoire du vallon". Non daté.

    http://utopiesmetropolitaines.org/brest-penfeld/la-blanchisserie-dans-lhistoire-du-vallon

Annexes

  • Description de l'anse Saupin dans Histoire de la ville et du port de Brest. le port de Brest depuis 1681, vol. II de Prosper Levot, 1865
  • Description de la Buanderie de l'anse Saupin dans la Revue maritime et coloniale, t. XVII, 1866
Date(s) d'enquête : 2008; Date(s) de rédaction : 2008, 2026
(c) Région Bretagne
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.