Dossier d’œuvre architecture IA29131415 | Réalisé par ;
(Contributeur)

Étudiante en Master Restauration et Réhabilitation du Patrimoine bâti et des sites à l'Université Rennes 2, années 2024-2025

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  • liste immeubles protégés MH
  • enquête thématique régionale, Inventaire des ateliers ruraux liés à la Société linière du Finistère
Ancien couvent des Capucins puis atelier de tissage, 2, 4 rue des Capucins ; rue de la Fontaine-Blanche (Landerneau)
Œuvre recensée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Landerneau - Landerneau
  • Commune Landerneau
  • Adresse 2, 4 rue des Capucins , rue de la Fontaine-Blanche
  • Dénominations
    couvent
  • Parties constituantes non étudiées
    chapelle, bâtiment conventuel, jardin, cloître, cour

Protégé au titre des monuments historiques, cet édifice dispose d'une notice sur le portail Mérimée du Ministère de la culture, notice accessible par le lien en bas de page.

Il a fait l'objet d'une étude de l'association Dourdon en 1996, qui s'est concrétisée par une exposition et une plaquette ré-éditée en 2014.

L’Ordre des Capucins s’établit à Landerneau en 1634 et, avec l’accord du roi Louis XIII, obtient l’autorisation d’y fonder un couvent dont la première pierre est posée en 1636. L’ensemble conventuel se compose alors de bâtiments organisés autour d’un cloître, d’une chapelle, ainsi que de terres agricoles,  jardins et vergers.

À la Révolution française, le couvent, comme l’ensemble des biens des ordres religieux, est saisi et devient propriété nationale. Dès lors, il connaît des usages multiples. La chapelle accueille les assemblées de la phalange citoyenne et sert à la composition de la nouvelle municipalité de Landerneau. Entre 1793 et 1797, le couvent est utilisé comme prison pour les prêtres réfractaires, tout en demeurant un lieu de vote et de réunion pour les élus de la commune. En 1799, l’ancien couvent est vendu comme bien national à Emmanuel Pillet, prêtre constitutionnel, qui y établit une école active jusqu’en 1815.

À partir de 1820, le site abrite une fabrique de toiles à carreaux installée par les négociants landernéens Heuzé, Poisson, Lourmand, Goury et Radiguet, fondateurs de la Société de Landerneau, puis de la Société linière du Finistère. Cette fabrique, équipée de 160 métiers à tisser, employait environ 400 personnes (tisserands, dévideuses, teinturiers…) et produisait des toiles de lin et de coton. Elle semble constituer le premier exemple d’organisation du tissage en milieu urbain de manière groupée dans la région de Landerneau, modèle qui préfigure l’organisation industrielle ultérieure de la Société linière du Finistère.  

En 1842, l’ancien couvent des Capucins est acquis auprès des héritières de M. Pillet par les négociants Poisson, Heuzé, Goury et Radiguet, au nom de la Société de Landerneau. L’acte de vente décrit une propriété composée de plusieurs éléments : une maison, une chapelle, une sacristie, un cloître, une cour, des jardins et des bosquets clos ; représentant une superficie d’1,40 hectare, complétée par un terrain de deux hectares. Lors de la fondation de la Société linière du Finistère en 1845, l’ancien couvent est mentionné dans les statuts comme propriété de Heuzé, Goury et Radiguet. Transformé par les négociants en atelier de tissage et en magasins, il abrite alors 103 métiers à tisser, auxquels s’ajoutent 113 métiers situés hors de l’enceinte. Si la localisation précise des métiers dans les bâtiments conventuels demeure incertaine, on peut supposer qu’une partie d’entre eux prenait place dans l’ancienne chapelle, dont le plan et la longueur se prêtaient à une telle organisation, sans toutefois que cette hypothèse puisse être confirmée. Le complexe servait également au stockage du lin roui avant son envoi vers les ateliers de teillage. Cependant, la construction de la filature de Traon-Élorn à Landerneau, entre 1845 et 1847, modifie rapidement l’organisation de la production. Le nombre de tisserands travaillant aux Capucins décroît progressivement, et l’ancien couvent est progressivement vidé de ses métiers à tisser. Dès lors, sa fonction principale devient celle de magasins et d’entrepôts, suffisants pour accueillir la majorité des matières premières nécessaires au fonctionnement de la filature. Parallèlement, le site prend une place essentielle dans les étapes finales de la production : c’est là que les fils et toiles sont emballés, empaquetés, marqués et cousus, grâce au travail d’environ 60 employés. Enfin, une partie des bâtiments est affectée à l’administration de la société : le siège de la Société linière du Finistère y est installé, et l’assemblée générale des actionnaires s’y réunit chaque 31 janvier, jusqu'à la dissolution de la Société linière en 1891.

L’ensemble de la propriété des Capucins, couvrant 17 300m², est mis en vente le 14 décembre 1891. La Société linière envisage alors une cession par lots, et la division est effectivement réalisée entre 1891 et 1895 : les parcelles de terrain sont réparties entre neuf propriétaires. Le principal lot, d’une superficie de 500m² et comprenant les édifices conventuels, des terrains non bâtis ainsi qu’une partie des vergers, est acquis entre 1894 et 1895 par Charles Le Bos, négociant en vin, et son épouse Amélie Despinoy, héritiers de la grande brasserie flamande. Les bâtiments accueillent la brasserie jusqu’en 1919, avant d’être investis successivement par la Société des algues alimentaires (1919-1925), puis par les établissements Cotelle et Foucher (1925-1929/30). Chaque nouvelle affectation industrielle a su adapter les espaces préexistants à ses besoins, en modifiant les distributions intérieures et en construisant sur le domaine des structures plus légères suivant leurs besoins (ateliers, garages, hangars...). 

À partir de 1949, Hélène et Édouard Leclerc ouvrent leur premier magasin au 13, rue des Capucins, dans une modeste boutique de 4m sur 4. Le 23 janvier 1964, ils achètent une partie de l’ancien domaine conventuel afin d’y construire un hypermarché, inauguré le 27 mars 1965. Ce nouveau bâtiment, d’une surface de 1 755 m², est implanté au nord des anciens bâtiments des Capucins. Ces derniers sont également intégrés à l’activité commerciale : l’ancienne chapelle est utilisée comme entrepôt, la sacristie (aujourd’hui disparue) comme laboratoire, et certains bâtiments du cloître sont aménagés en bureaux. Le magasin des Capucins ferme en 1986, jugé trop exigu. Le bâtiment est alors habillé de pierre de Logonna sciée, couvert d'ardoises.

L’ancien hypermarché a depuis été réhabilité en centre d’art, le Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture (FHEL). Pour ce faire les pignons ont été rehaussés d'1m50, il a été habillé d'une charpente métallique.

Les bâtiments de l’ancien couvent des Capucins de Landerneau font l’objet d’une protection au titre des Monuments historiques depuis le 17 février 1970. Le cloître et son aire sont classés, tandis que la chapelle, les bâtiments conventuels et le jardin sont inscrits. À la suite de cette reconnaissance patrimoniale, d’importantes campagnes de restauration sont entreprises afin d’assurer la pérennité de l’ensemble, tant sur le plan structurel que fonctionnel. L’ancienne chapelle, notamment, est réaménagée et retrouve pour la première fois depuis la Révolution un mobilier religieux, dont un autel en pierre de Logonna, les stalles de la chapelle du Calvaire, cloître des Bénédictines au sud de la ville. Les vitraux sont également remplacés par de nouveaux, œuvres de Raymond Budet, La chapelle accueille des œuvres venues des 4 coins d'Europe.

(Enquête thématique régionale, Anna Lepage, 2025)

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 17e siècle

Situé à Landerneau, rue de la Fontaine-Blanche, à environ deux cents mètres au nord-ouest de l’église Saint-Houardon, l’ancien couvent des Capucins constitue, par son cloître, sa chapelle et ses bâtiments conventuels, l’un des ensembles patrimoniaux remarquables de la ville. Édifié dans la seconde moitié du XVIIᵉ siècle, il a conservé, notamment au niveau de la cour intérieure et du cloître, son aspect d’origine. Seul le bâtiment situé au nord n'est pas d'origine. Avant la Révolution et le morcellement de la propriété en plusieurs lots, le couvent comprenait également de vastes terrains attenants, composés de terres agricoles, de jardins et de vergers. Aujourd’hui, le site se limite aux anciens bâtiments conventuels, à la chapelle et au cloître, ainsi qu’au Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la Culture (FHEL), implanté sur une partie des anciens terrains du couvent.     

Les bâtiments de l’ancien couvent des Capucins forment un ensemble clos articulé autour d’un cloître. La chapelle, orientée au sud-est, adopte un plan rectangulaire, bien que réduite au fil du temps par diverses amputations, notamment la destruction de la sacristie. Conformément à l’austérité propre aux moines capucins, suivant la règle de saint François, son architecture demeure simple, dépourvue d’ornements riches ou de larges ouvertures. Il convient de rappeler qu’elle a longtemps été désaffectée de sa fonction religieuse et qu’elle a connu un certain nombre de fonctions industrielles. 

Deux longs bâtiments s’élèvent autour du cloître. Celui situé au sud abritait les cellules des moines, il présente une ordonnance harmonieuse dont le portail d’entrée, de style ogival, retient particulièrement l’attention. Ce portail est une copie de l'original qui a trouvé place dans le manoir du Roual. La fonction du bâtiment occidental reste incertaine ; il est aujourd’hui bordé par le seul jardin ayant subsisté au morcellement de la propriété et sert de maison d’habitation.

Le cloître constitue l’élément le plus remarquable de l’ensemble. De plan carré, il est soutenu par vingt piliers aux fûts octogonaux et aux bases et chapiteaux carrés, sur lesquels repose directement la charpente. On y trouve, dans la partie sud-ouest, une porte cintrée d’inspiration Renaissance, encadrée de pilastres cannelés d’ordre dorique. 

(Enquête thématique régionale, Anna Lepage, 2025)

  • Murs
    • schiste moellon
  • Toits
    ardoise
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Protections
    inscrit MH, 1970/02/17
    classé MH, 1970/02/17
  • Référence MH

Documents d'archives

Bibliographie

  • BLAVIER, Yves. La Société linière du Finistère, Rennes, Presses Universitaires de Rennes,1999, pp.12-102.

  • OGEE, Jean. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nantes, tome 1, 1778.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
Date(s) d'enquête : 1992; Date(s) de rédaction : 1993, 2025
(c) Monuments historiques
(c) Région Bretagne
(c) Lin et Chanvre en Bretagne

Étudiante en Master Restauration et Réhabilitation du Patrimoine bâti et des sites à l'Université Rennes 2, années 2024-2025

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