Dossier d’œuvre architecture IA29133809 | Réalisé par
  • enquête thématique régionale, patrimoine linier et chanvrier de Bretagne
  • enquête thématique régionale, Inventaire des ateliers ruraux liés à la Société linière du Finistère
Atelier rural de tissage, rue de La Fabrique (Ploudiry)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Lin et Chanvre en Bretagne

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Finistère - Ploudiry
  • Commune Ploudiry
  • Lieu-dit , ,
  • Adresse rue de la Fabrique

Ploudiry possède une tradition du travail du lin attestée dès le XVe siècle, comme en témoignent les cinquante-cinq kanndi recensés sur le cadastre ancien, dans les inventaires après-décès et sur le terrain. Il est également intéressant de relever la forte présence de métiers à tisser dans les inventaires après décès dressés aux 17e et 18e siècles : environ 80 % des foyers en possèdent alors au moins un. La production de toiles de lin est une activité rurale, artisanale et dispersée. Après les guerres de la Révolution, une période de crise fragilise le secteur, qui ne retrouve que partiellement ses débouchés au début du XIXe siècle, tout en maintenant une fabrication essentiellement domestique. La volonté d’organiser et de rationaliser la production, inscrivant le territoire dans une logique industrielle, marque la création de la Société Linière du Finistère en 1845.

La fabrique de Ploudiry est l’un des cinq ateliers de tissage ruraux appartenant à cette société. Elle est la propriété de MM. Heuzé, Goury et Radiguet, négociants associés à Landerneau. Le bâtiment est construit au cours du 19ᵉ siècle, puisqu’il n’apparaît pas sur le cadastre napoléonien de 1812. Il aurait été édifié à l’initiative des négociants Poisson, Heuzé, Goury et Radiguet, groupe de fabricants de lin préexistant à la Société Linière du Finistère et ultérieurement intégré à celle-ci. La construction de la fabrique est datée d’entre 1812 et 1845, sans autres précisions. Lors de la fondation de la Société Linière, l’atelier devient l’un de ses sites de production ruraux, dédié au tissage du fil de lin provenant de la filature de Landerneau.

L’atelier comprend cinquante métiers à tisser installés à l’intérieur du bâtiment, ainsi que huit métiers supplémentaires utilisés par des ouvrières travaillant à domicile, mais rattachées à l’établissement. Implanté à proximité immédiate du bourg, le site est facilement accessible aux ouvrières. L’analyse des recensements de population permet de constater que la majorité des employés sont des femmes, d’âges très variés, comprises entre environ 15 et 80 ans. Carte postale ancienne et photographie aérienne de 1950 permettent de reconstituer le site tel qu'il était avant transformation : un long bâtiment en rez-de-chaussée abritait les métiers à tisser, encadré de part et d'autre par deux pavillons à étage couverts d'un toit à croupe pour loger les contremaîtres. L'ensemble couvert en ardoise.

Après la dissolution de la Société Linière, entre 1891 et 1892, la fabrique est cédée à des particuliers et l’atelier est transformé en logements. Le bâtiment change ensuite plusieurs fois de propriétaires. Le dernier, un jockey, y aménage des stalles pour ses chevaux. La parcelle est ensuite revendue. La longère, en mauvais état, est démoile en décembre 2025, pour laisser place à un lotissement dit « de la fabrique », seule une maison de contremaitre est conservée, très transformée. La rue porte toujours le nom de La Fabrique.

  • Période(s)
    • Principale : 1ère moitié 19e siècle

La fabrique de Ploudiry s’élève sur une parcelle comprise entre 19 et 26 m². Le bâtiment principal présente une façade longue de 65, 25 mètres. L’atelier, construit de plain-pied, est accolé à une maison destinée au logement du contremaître. Le site est implanté dans une cour close par un mur en moellons de schiste d’environ deux mètres de hauteur. La parcelle de l'atelier est environnée par des terres agricoles et des canaux qui assurent l’évacuation des eaux issues de l’activité de la fabrique. La présence de l’eau dans les ateliers de tissage est nécessaire, on doit y maintenir un degré d’hygrométrie suffisamment important pour que le fil ne casse pas.

  • Murs
    • schiste moellon enduit
  • Toits
    tôle ondulée, ardoise
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvrements
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
  • État de conservation
    détruit après inventaire
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Bibliographie

  • BLAVIER, Yves. La Société linière du Finistère, Rennes, Presses Universitaires de Rennes,1999, pp.12-102.

Annexes

  • Coupure de presse
Date(s) d'enquête : 2022; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Lin et Chanvre en Bretagne
(c) Région Bretagne
Le Gall-Sanquer Andrée
Le Gall-Sanquer Andrée

Présidente de Lin & Chanvre en Bretagne

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