Dossier d’œuvre architecture IA35032912 | Réalisé par
Lécuillier Guillaume (Contributeur)
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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  • enquête thématique régionale, Inventaire des fortifications littorales de Bretagne
  • enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
Tour Solidor, Anse Solidor, Saint-Servan (Saint-Malo)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Collection particulière

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne - Saint-Malo Sud
  • Hydrographies La Rance
  • Commune Saint-Malo
  • Lieu-dit Saint-Servan, Anse Solidor, Anse Saint-Père
  • Cadastre BL 275
  • Dénominations
    château fort, tour

Élevée sous le règne de Jean IV, duc de Bretagne (1365-1399), la tour Solidor est emblématique de Saint-Servan : elle abritait une garnison d'homme d'armes chargée de surveiller le trafic maritime et de contrôler l'embouchure de la Rance.

Cette tour rappelle à la fois les conflits entre le duché de Bretagne, l'Angleterre et la France, mais aussi la rivalité historique entre Saint-Servan et Saint-Malo avant leur réunion en 1967 (avec Paramé). Créées dans les années 1990, les armoiries de Saint-Servan représentent d'ailleurs la tour Solidor et une nef.

Comme d'autres forteresses, la tour Solidor sert également de prison pour les détenus de droit commun et les prisonniers de guerre. Durant la Révolution française, des prêtres réfractaires, hostiles à la Constitution civile du clergé, mais aussi des religieuses, y sont enfermés.

Propriété de l'État, classée au titre des Monuments historiques dès 1886, la tour (et la basse-cour) est restaurée par l’architecte Albert Ballu (1849-1939) qui lui restitue son état présumé du 14e siècle en y ajoutant un troisième niveau et une haute couverture complexe en poivrière.

Le Musée International du Long-cours Cap-hornier, qui l'occupait depuis 1969, a fermé en 2019.

La Ville de Saint-Malo souhaite acquérir la tour Solidor afin de l'ouvrir à nouveau au public après sa restauration et sa mise en valeur.

Les historiens Michael Jones (1988), Alain Salamagne (1993 ; 2002) et Marc Déceneux (2012) ont successivement étudiés la tour Solidor. Ronan Louessard a également travaillé en 2011-2012 sur les tours maîtresses bretonnes des 14e et 15e siècles dans le cadre de sa spécialisation en archéologie médiévale et castellologie (mémoire non consulté).

Ouvert en 2005, ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été entièrement mis à jour en 2026 dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires porté par la Région Bretagne. Il bénéficie de photographies professionnelles, disponibles dans la photothèque du patrimoine. Une couverture photographique aérienne par drone a également été réalisée par Jean-Marie Balliet, membre de l’Association "1846", la fortification du 19e siècle, connaître et partager dans le cadre d’une visite organisée en mars 2025.

Vue de Saint-Servan du côté de Solidor, 3e quart du 19e siècle. Avant sa restautaion par l'architecte Albert Ballu, la tour Solidor présentait une couverture plus ramassée, mais authentiqueVue de Saint-Servan du côté de Solidor, 3e quart du 19e siècle. Avant sa restautaion par l'architecte Albert Ballu, la tour Solidor présentait une couverture plus ramassée, mais authentique

L’occupation du rocher dans l’Antiquité : Haut-Empire, Bas-Empire romain

Dominant l’embouchure de la Rance, le rocher supportant le "bastion Solidor" est occupé dès le Haut-Empire romain au moins comme l'ont montré les fouilles archéologiques menées par le Centre régional d’Archéologie d’Alet (association fondée en 1967 par Antoine Dos) sous la direction de Loïc Langouët (1941-2018).

Sur le rocher est attesté la présence d’une source naturelle alimentant un bassin puis un aqueduc, alimentant lui-même une station de pompage et sa machinerie datée du Haut-Empire romain, situées en bordure d’une voie charretière sur l’actuel estran. Ces infrastructures de génie civil et d’hydraulique, situées au pied du promontoire de la Cité d’Aleth*, agglomération importante des Coriosolites détruite par un incendie au 1er siècle (les Coriosolites s’installent ensuite à Corseul, Fanum Martis), témoignent de la présence de la station maritime nommée Reginca figurant sur la Table de Peutinger (copie de la fin du 12e siècle d'une carte romaine) et au cœur du trafic trans-Manche. La Rance permettant à l’époque de naviguer jusqu’à Taden, près de Dinan.

* Par convention, l’Inventaire général adopte la graphie de la carte au 1:25 000 de l’Institut national de l'information géographique et forestière (IGN).

Vers la fin du 3e siècle, dans le contexte d’insécurité globale dans l’Empire romain, le promontoire devient une place forte gallo-romaine. Parallèlement, la hausse du niveau marin et la percé du cordon alluvionnaire a vraisemblablement déplacé le port d’échouage dans l’anse Saint-Père (les navires pouvant mouiller dans la Rance). Sur le rocher devenu îlot, est probablement implantée au 4e siècle une fortification de type castellum (un petit fort) pour protéger les installations portuaires voire des navires de guerre. Au nord de la basse-cour, le mur de soutènement montre la roche-mère et une maçonnerie mêlant moellon et chainage en brique correspondant au niveau d'occupation gallo-romain.

Vue de détail de l'élévation nord de la basse-cour : maçonnerie mêlant moellon et chainage en brique correspondant au niveau d'occupation gallo-romainVue de détail de l'élévation nord de la basse-cour : maçonnerie mêlant moellon et chainage en brique correspondant au niveau d'occupation gallo-romain

Dans la Notitia dignitatum Imperii romani (littéralement, le registre des dignitaires de l’Empire romain), document administratif du Bas-Empire daté entre 390 et 425 et connu par des copies médiévales (comme ce manuscrit en latin daté de 1436 de la Bibliothèque nationale de France avec la figure imaginaire du castellum d’Aleth), il est fait mention d’un préfet militaire commandant la garnison de Martenses d’Aleth (Praefectus militum Martensium, Aleto), troupe d’infanterie chargé de la défense des côtes contre les pirates saxons. Avec le départ de l’administration romaine au début du 5ème siècle, la place-forte est abandonnée alors que des Bretons arrivent en Armorique : le quartier général militaire (principia), implanté à la croisée du cardo et du decumanus est transformé en église.

Le rocher durant le long Moyen Âge (5e-14e siècles)

L’agglomération d’Aleth a gagné de nombreux habitants dans les siècles suivants. A partir de la fin du 8e siècle, elle abrite le siège de l’évêché jusqu’à son transfert à Saint-Malo après 1145. Située à 200 m du rocher, la cathédrale Saint-Pierre est datée de la seconde moitié du 10e siècle.

L’archéologie semble attester d’une occupation du castellum au 10e siècle : le rempart est réparé et rehaussé, des terrasses sont aménagées et des bâtiments en bois sur poteaux sont construits. Le castellum gallo-romain est probablement remis en état.

Aleth et la tour Aiquin ou d’Oreigle sont mentionnées dans la chanson d’Aquin datant du 12e siècle, connue par une copie du 15e siècle : le récit semble peu fiable mais atteste cependant de la présence d’une fortification.

En 1255, suite à la rébellion du seigneur Guillaume du Mottay contre les privilèges, droits et juridictions de l’église de Saint-Malo, le "castrum Aletis, la forteresse et la ville d’Alet" sont ruinées [cf. QUERCI (de), Thomas, De l'Antiquité de la ville et cité d'Aleth ou Quidalet. 1628].

Adossé au mur sud-est de la basse-cour, un bâtiment d’au moins trois pièces, daté du milieu du 14e siècle, a été fouillé par le Centre régional d’Archéologie d’Alet en 1980. Abritant divers objets : des poteries, une caisse de graines, une épée, des éperons, une pointe d’épieu, des carreaux d’arbalètes… il a été détruit par un incendie à la fin du 14e siècle ou dans la première moitié du 15 siècle [cf. Langouët, Loïc, 1980 ; 1981].

La reconstruction de la tour Solidor (fin du 14e siècle)

La tour Solidor est réputée construite vers 1370-1382 par Jean IV, duc de Bretagne de 1365 à 1399. L’ensemble fortifié se compose d’une tour et d’une basse-cour défendue par un châtelet d’entrée. Il a pour fonction de surveiller l’entrée de la Rance et Saint-Malo, le port et la ville. Stiridor, toponyme transcrit en latin au 14e siècle, signifierait en breton la "Porte de la Rivière" (ster, la rivière et de dor, la porte).

La perception d’une taxe sur les marchandises entrantes et sortantes du port et la construction et/ou reconstruction de la tour Solidor entraînent des tensions entre les évêques de Saint-Malo et le duc Jean IV (les évêques refusent de prêter serment de fidélité au duc).

Le 4 juillet 1371, le pape Grégoire XI (1371-1378) adresse au duc Jean IV une lettre dans laquelle il évoque un château sous la garde de gens d’armes situé près de la cité épiscopale de Saint-Malo. "Quoddam castrum prope dictam civitatem macloviensem construere fecisti et ibidem gentes armigeras tenes, que cives et habitatores dicte civitatis capiunt civitatem ipsam quodammodo obsidendo" ("ce château que tu as fait construire près de la cité Macloviensem [forme latinisée de Saint-Malo] et où tu tiens des gens d’armes, qui ont pris les citoyens et les habitants de la dite cité et la cité elle-même d’une certaine manière en otage").

Le 3 août 1382, Josselin de Rohan, évêque de Saint-Malo depuis 1375, va jusqu’à menacer d’excommunier le duc Jean IV : "Preterea, in quodam castro vocato Stiridor, quod preséns Dux de novo edificari fecit in nostrum prejudicium, impediendo scilicet navigantes et alios ne possent per mare aut terram ad civitatem (Macloviensem) venire, supervenerunt gentes armorum, videlicet Alanus Brocherenl pro capitaneo et alius Brochereul pro connestabulario dicti castri, ac Johannes le Jambu dictus Gonsalles... et plures alii pro officiariis dicti ducis in eodem castro." ("De plus, dans un certain château appelé Stiridor, que le duc présent a fait édifier de nouveau à notre préjudice, à savoir empêchant les marins et autres de venir par mer ou par terre jusqu'à la cité (Macloviensem) [forme latinisée], les gens d’armes sont arrivées, c'est-à-dire Alanus Brocherenl pour capitaine et un autre Brochereul pour connétable dudit camp, et Johannes le Jambu dit Gonsalles… et et plusieurs autres comme officiers dudit commandant dans le même camp").

Le 30 août 1382, l’évêque écrit encore : "Quia in quodam castro seu fortalitio, vocato Stiridort, quod prefatus dominus Dux nuper et de novo edificari fecit […]" ("Parce que dans un certain château ou fortification, appelé Stiridor, que le dit seigneur duc a fait édifier récemment et de nouveau").

Le pape Urbain VI (1378-1389) intervient dans le conflit et l’évêque Josselin de Rohan conclut finalement un traité de paix avec le duc Jean IV en 1384.

En 1452, Charles de la Ramée est capitaine de Solidor [cf. Joüon des Longrais, 1886].

La tour Solidor montre trois phases de construction/restauration

A l’extérieur de la tour Solidor, deux mises en œuvre différentes sont visibles correspondant vraisemblablement à deux phases de construction datables de la seconde moitié du 14e siècle. La troisième phase correspond à la restauration de la fin du 19e siècle.

Vue du pied de la tour ouest depuis le nord : deux mises en oeuvre différentes sont visibles dans la maçonnerie. En haut, au centre, archère-canonnière (dépourvue d'arc de décharge) du rez-de-chaussée ; à droite, contrefort nord en pierre de tailleVue du pied de la tour ouest depuis le nord : deux mises en oeuvre différentes sont visibles dans la maçonnerie. En haut, au centre, archère-canonnière (dépourvue d'arc de décharge) du rez-de-chaussée ; à droite, contrefort nord en pierre de taille

A la base et au rez-de-chaussée de la tour Solidor se voit une maçonnerie essentiellement constituée de moellon (les larges joints au mortier en compliquent la lecture), tandis qu’au premier et deuxième étages, on observe une maçonnerie de pierre de taille. Ces deux étages - premier et deuxième se distinguent également par la présence d’un arc de décharge en plein cintre au-dessus de chaque ouverture (cette mise en œuvre se retrouve à l’intérieur de l’édifice dès le rez-de-chaussée).

Plan masse et élévations, janvier 2001Plan masse et élévations, janvier 2001

Vue de la tour Solidor depuis l'est-nord-est : rez-de-chaussée et premier étage percés d'arbalétrières-canonnières. Au centre, la porte d'entrée précédée d'un pont. A droite, guériteVue de la tour Solidor depuis l'est-nord-est : rez-de-chaussée et premier étage percés d'arbalétrières-canonnières. Au centre, la porte d'entrée précédée d'un pont. A droite, guérite

Vue de la tour Solidor : arbalétrière-canonnière (dépourvue d'arc de décharge) du rez-de-chaussée de la tour nord. Elle est orientée vers l'estVue de la tour Solidor : arbalétrière-canonnière (dépourvue d'arc de décharge) du rez-de-chaussée de la tour nord. Elle est orientée vers l'est

Vue de la tour Solidor : arbalétrière-canonnière (surmontée d'un arc de décharge) du premier étage de la tour est. Elle est orientée vers le nord-estVue de la tour Solidor : arbalétrière-canonnière (surmontée d'un arc de décharge) du premier étage de la tour est. Elle est orientée vers le nord-est

Vue de l'arbalétrière-canonnière sud (dépourvue d'arc de décharge) du rez-de-chaussée de la tour ouest. A gauche, contrefort sud en pierre de tailleVue de l'arbalétrière-canonnière sud (dépourvue d'arc de décharge) du rez-de-chaussée de la tour ouest. A gauche, contrefort sud en pierre de taille

Vue de l'arbalétrière-canonnière ouest (dépourvue d'arc de décharge) du rez-de-chaussée de la tour ouestVue de l'arbalétrière-canonnière ouest (dépourvue d'arc de décharge) du rez-de-chaussée de la tour ouest

La porte d’entrée en arc en tiers-point en pierre de taille pourrait correspondre à cette première phase. Les ouvertures du rez-de-chaussée disposent d’un linteau droit à clé sans arc de décharge.

Au rez-de-chaussée, les tours ont un plan interne circulaire alors qu’au premier et deuxième étages, leur plan est polygonal. La tour ouest montre de plus l'arase d’une fondation pouvant correspondre à une tour primitive (hypothèse).

Composé de marches monolithe en granite, l’escalier montre trois phases de construction : les dix premières marches correspondent à la première phase (la plus ancienne), les parties intermédiaires à la deuxième phase et la partie haute correspond à la restauration de la fin du 19e siècle.

Certains auteurs - historiens ou archéologues - voient dans la tour ouest de la tour Solidor, le remploi d’une tour de l’époque gallo-romaine. Pour Alain Salamagne (2002), qui se base sur l’analyse des ouvertures de tir, la tour Solidor daterait plutôt du premier quart du 15e siècle ce que réfutent d’autres historiens en raison de l’absence de sources écrites.

Pour Michael Jones (1988), fin connaisseur de la Bretagne ducale, repris plus tard par Marc Déceneux (2012), la tour a pu être édifiée par Jean IV entre 1365 et 1373 avant son exil en Angleterre, endommagée pendant le siège de Saint-Malo en 1378 par les Anglais puis reconstruite à partir de 1379 après son retour en Bretagne. C’est cette hypothèse qui nous semble la plus plausible compte tenu de la présence de deux phases de construction datable du 14e siècle. Une étude archéologique de la tour et une analyse des mortiers apporteraient sans doute des éléments de datation permettant de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses.

La Guerre de la Ligue (1588-1598)

Durant la Guerre de la Ligue (1588-1598), la garnison de la tour Solidor - cinq à six hommes seulement sous le commandement de Fontaines, gouverneur royaliste du château de Saint-Malo - est surprise le 4 novembre 1589 par des partisans ligueurs de Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur (1558-1602), ancien gouverneur de Bretagne. Les habitants de Saint-Malo demandent au duc de Mercœur la garde de la tour Solidor qui leur accorde contre l’assurance de conserver le libre-échange avec la ville de Dinan et le contrôle de la tour [cf. Joüon des Longrais, 1886, p. 121-122]. Le 8 novembre 1590, Antoine Courtin, seigneur du Cheval-Blancq, ancien morte-paye du château de Saint-Malo est nommé capitaine avec les gages de 300 écus pour tenir la tour avec "trois bons soldats, un serviteur, une servante et deux chiens de bon guet". Il est remplacé en 1591 par Chapelle Le Maire.

La tour Solidor dans la défense du port de Saint-Malo (17e siècle)

En 1636, Pierre Renard de Saint-Malo est nommé par Louis XIII gouverneur du château de Solidor et dépendances : son fils hérite de la charge en 1662. Il a ordre de réparer le château, mais aussi de l’approvisionner en armes et munitions de guerre.

Dans le contexte de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688 à 1697) et de la défense du port de Saint-Malo, l’ingénieur Garengeau propose le 4 novembre 1691 de réutiliser la tour Solidor - il la nomme "château de Solidor" - afin de protéger les mouillages de l’entrée de la Rance. Afin d’y aménager une plate-forme d´artillerie, il souhaite voûter de pierre de taille les quatre pièces de la tour et faire une calotte pour couvrir l’escalier. Il propose en outre d’escarper le rocher pour approfondir les fossés, de refaire le pont-levis (pile, pont-dormant et partie mobile) et les deux niveaux de plancher de la tour. Sur l'avancée, en sus de la restauration du dispositif d’entrée (pont-levis et dormant, tourelles du châtelet, porte d’entrée) et de l’élargissement du fossé, il prévoit de construire un nouveau corps de garde, d’allonger l’ancienne batterie et de doter le parapet de créneaux de tir.

Après l’attaque anglaise contre le port de Saint-Malo en novembre 1693 (avec l’épisode dit de la « machine infernale »), Vauban lui-même co-signe le projet le 9 mai 1694. Non réalisé faute de crédits, le projet est à nouveau proposé le 27 janvier 1697, mais reste finalement dans les cartons à dessin. Au 18e siècle, les batteries d’artillerie du fort de la cité d’Aleth viennent couvrir ce secteur.

Plan de la Tour Solidor et de son ouvrage avancé par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697. Lavé de jaune, le projet avec batterie d'artillerie et corps de gardePlan de la Tour Solidor et de son ouvrage avancé par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697. Lavé de jaune, le projet avec batterie d'artillerie et corps de garde

Plan du rez-de-chaussée de la Tour Solidor par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697Plan du rez-de-chaussée de la Tour Solidor par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697

Plan de la plate-forme d'artillerie de la Tour Solidor par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697. Lavé de jaune, le projetPlan de la plate-forme d'artillerie de la Tour Solidor par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697. Lavé de jaune, le projet

Elévation et coupe de la Tour Solidor par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697. Lavé de jaune, le projetElévation et coupe de la Tour Solidor par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697. Lavé de jaune, le projet

La reconversion de la tour en prison (18e-19e siècles)

Dans la seconde moitié du 18e siècle, la tour Solidor, comme de nombreuses autres forteresses du royaume, sert de prison pour les détenus de droit commun et des prisonniers de guerre.

Durant la Révolution française, trente-huit prêtres réfractaires, c’est-à-dire hostiles à la Constitution civile du clergé, sont enfermés dans la tour Solidor le 20 septembre 1792, avant d’être déportés à Jersey. Des religieuses y sont également détenues. Des citoyens du District de Port-Malo - hommes et femmes - sont retenus à la maison d’arrêt de Solidor pour leur conduite jugée incivique, leurs liens avec des membres de la noblesse ou des religieux voire l’hébergement de suspects.

Le 19 avril 1804 (29 germinal an XII), l’administration de la Marine à Saint-Malo est transférée à Saint-Servan. Les anses de Solidor et d’Aleth ainsi que la tour Solidor sont affectées aux travaux de la Marine nationale. Reconvertie en caserne et prison maritime, la tour est surnommée "la Cayenne". Plusieurs bâtiments - une conciergerie et deux guérites - sont construits en 1804. La première guérite est localisée sur le pont de la basse-cour, la seconde contrôle l’accès au pont de la tour.

Vue de la guérite située en avant du pont d'accès à la tourVue de la guérite située en avant du pont d'accès à la tour

En janvier 1809, quatre-vingt prisonniers de guerre - marins et soldats - sont enfermés dans la tour ; trente-six sont enfermés en février 1811.

De nombreux graffitis, conservés principalement sur les portes des cellules, témoignent de ces enfermements. On peut notamment déchiffrer :

- sur la porte de la pièce intermédiaire au premier étage, côté intérieur : "J Crooks HuLC 1810", "PMR", "NES", "G+TayLor" et identifier un brick (voilier à deux mâts) ;

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, arbalétrière-canonnière avec double coussiège orientée vers le sudVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, arbalétrière-canonnière avec double coussiège orientée vers le sud

Vue intérieure de la tour Solidor : détail des graffitis de la porte du premier étage. On peut lire : J Crooks HuLC 1810 ; PMR ; NES et identifier un brick (voilier à deux mâts)Vue intérieure de la tour Solidor : détail des graffitis de la porte du premier étage. On peut lire : J Crooks HuLC 1810 ; PMR ; NES et identifier un brick (voilier à deux mâts)

- sur la porte de la pièce ouest, toujours premier étage, côté intérieur : "VINCOEUR GRENADIER DU ROUSSILLON", "S BOISEAU". Un peu plus loin, on peut lire "1811 THOUIN".

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, détail des graffitis de la porte de la tour ouest. On peut lire : VINCOEUR GRENADIER DU ROUSSILLONVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, détail des graffitis de la porte de la tour ouest. On peut lire : VINCOEUR GRENADIER DU ROUSSILLON

Un rapport de 1816 de la direction des Travaux maritimes du port de Saint-Servan conservé à Paris au Service historique de la défense a été transcrit et publié en 1960 par Antoine Dos [cf. bibliographie]. A cette époque, la basse-cour sert de cour à la prison (mais pas aux prisonniers), mais aussi de parc d’artillerie (pour les canons et boulets) et de dépôt pour les lests en fer et des ancres de deux frégates [la frégate se situe entre le vaisseau et la corvette dans la Marine à voile]. La tour sert de prison. Les ponts levis n’existent plus.

Reliant l’anse Solidor à l’anse Saint-Père dit d’Aleth ou port Saint-Père, le passage situé sous le pont de la basse-cour est fermé depuis 1797 pour la sûreté du port, mais abrite une casemate à usage de bureau d’octroi pour la ville de Saint-Servan. Le passage, situé sous les deux arches du pont de la tour, est également muré.

Vue de la Tour Solidor par Hyacinthe Lorette, lithographe, Imprimerie Landais et Oberthur à RennesVue de la Tour Solidor par Hyacinthe Lorette, lithographe, Imprimerie Landais et Oberthur à Rennes

Le bâtiment (7,13 x 5,92 m) situé à l’entrée à la basse-cour sert de corps de garde à la prison : il peut contenir une "garde de quinze à vingt hommes". Le grenier est affecté au maître canonnier.

Vue de la tour Solidor depuis le nord-est : châtelet d'entrée et corps de garde implantés dans la basse-cour, carte postale (LL)Vue de la tour Solidor depuis le nord-est : châtelet d'entrée et corps de garde implantés dans la basse-cour, carte postale (LL)

Dans la basse-cour se trouve également un bâtiment à usage de conciergerie (15,5 x 7,5 m) abritant la chambre du geôlier avec cabinet de travail, cellier et un cabinet d’interrogatoire. Le cabinet d’interrogatoire sert aussi de bureau et magasin au maître canonnier. Le grenier de la conciergerie sert de magasin d’artillerie (pour le stockage des mèches, garde-feux, poulies, gargousses vides, écouvillons, refouloirs...).

Vue de la tour Solidor depuis l'est-nord-est : caserne implantée dans la basse-cour, carte postale (EFP ?). La caserne est couverte en pavillonVue de la tour Solidor depuis l'est-nord-est : caserne implantée dans la basse-cour, carte postale (EFP ?). La caserne est couverte en pavillon

Au rez-de-chaussée de la tour, une fois passé la porte d’entrée et le vestibule, se trouve la cuisine dans la pièce intermédiaire pour les marins casernés (servant également de magasin d’artillerie) ; le magasin aux vivres ou cambuse dans la tour ouest (servant aussi de magasin d’artillerie). Les petites pièces des tours nord et est abritent des "cachots" pour respectivement douze à quinze hommes (dans 7 m2) et huit à dix hommes (dans moins de 6 m2). Les latrines en niveau intermédiaire peuvent également servir de cachot pour un ou deux hommes (dans 4 m2).

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, détail du mur est. Cette porte dessert la tour nord ; à droite, placard mural. Le passage de la porte a été élargi pour permettre le passage de tonneauxVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, détail du mur est. Cette porte dessert la tour nord ; à droite, placard mural. Le passage de la porte a été élargi pour permettre le passage de tonneaux

Au premier étage de la tour, les quatre pièces - 76 m2 de superficie au total - permettent de loger entre cent quarante-hui et cent quatre-vingt-cinq hommes. Au deuxième étage, les quatre pièces accueillent entre cent-huit et cent-trente-cinq hommes. Pour gagner en capacité, les bas-flancs ou lits de camp collectifs sont à deux niveaux dans certaines pièces.

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour nord, niveau intermédiaire à usage de dortoir, carte postale (LL). A droite, le poteau est muni de plusieurs marchesVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour nord, niveau intermédiaire à usage de dortoir, carte postale (LL). A droite, le poteau est muni de plusieurs marches

Le troisième étage abrite des greniers pour les paillasses des prisonniers mais peut au besoin servir à loger trente prisonniers. Le chemin de ronde dont les mâchicoulis ont été bouchés est utilisé pour "faire prendre l’air aux prisonniers".

Au total, la tour Solidor permettait d’enfermer de trois cent sept à trois cent soixante-dix-sept prisonniers en 1816.

Sur les représentations anciennes (dessins puis photographies), un mât de pavillon est visible au sommet de la tour jusqu’à la fin du 19e siècle signe de la présence de la Marine.

Vue de la tour Solidor depuis le nord-est : état avant restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 6, 1883. Au sommet de tour se dresse un mât de pavilon. Dans la basse-cour se trouvent deux bâtiments. Les arches du pont sont occupéesVue de la tour Solidor depuis le nord-est : état avant restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 6, 1883. Au sommet de tour se dresse un mât de pavilon. Dans la basse-cour se trouvent deux bâtiments. Les arches du pont sont occupées

La tour devient un Monument historique (1886)

En 1886, la tour Solidor et ses ouvrages avancés (bastion avec son enceinte, ponts et dépendances) sont protégés au titre des Monuments historiques.

Monuments historiques II. 14e siècle. Planche 53. Tour de Solidor à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine). Façade latérale. Coupe longitudinale. Façade principale. Plan du rez-de-chaussée. Plan général. (Albert Ballu ; héliogravure Chauvet)Monuments historiques II. 14e siècle. Planche 53. Tour de Solidor à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine). Façade latérale. Coupe longitudinale. Façade principale. Plan du rez-de-chaussée. Plan général. (Albert Ballu ; héliogravure Chauvet)

La même année, Albert Ballu, "architecte du gouvernement attaché à la Commission des Monuments historiques" publie une petite monographie illustrée de neuf planches sur la tour Solidor. On y découvre l’état de la tour et de ses abords en 1883 et des restitutions de l’état présumé au 14e siècle (planche 8 et 9).

Vue de la tour Solidor depuis le sud-est : état projeté après restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 8, 1883Vue de la tour Solidor depuis le sud-est : état projeté après restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 8, 1883

Vue de la tour Solidor depuis le nord-ouest : état projeté après restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 9, 1883Vue de la tour Solidor depuis le nord-ouest : état projeté après restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 9, 1883

Vue de la Tour Solidor avant restaurationVue de la Tour Solidor avant restauration

Vue de la Tour Solidor après restaurationVue de la Tour Solidor après restauration

L’architecte écrit : "Au-dessus du mâchicoulis, l'appareil [comprendre, la maçonnerie] a été entièrement refait, et le crénelage ancien a presque entièrement disparu. La toiture a été reconstruite tant bien que mal et son état défectueux nécessite une restauration complète ainsi que les cheminées dont la plus grande partie se trouve actuellement sans issue et perdue sous les combles. La tour Solidor, bien que devant être rangée dans la catégorie des tours isolées était pourvue d'ouvrages avancés ou travaux d'approche dont le plan existe en état de parfaite conservation. […] Par une convention passée entre le ministre de la Marine et l'administration des Beaux-arts, la tour Solidor a été cédée à cette dernière qui doit prochainement rétablir dans son état primitif les parties supérieures endommagées de cet intéressant spécimen de l'architecture militaire du moyen-âge".

La restauration de la tour à la fin du 19e siècle a effectivement vu la création d’un étage de comble et d’une couverture justifiée par le besoin d’affirmer le caractère médiéval de la tour Solidor. Dans la basse-cour, le grand bâtiment de 1804 couvert en pavillon servant de conciergerie à la prison et de magasin d’artillerie est également détruit, sans doute pour cette même raison.

Vue de la tour Solidor depuis l'est-sud-est, aquarelle signée A.E.M.B., 1902. Le bâtiment situé au pied de la tour existe tourjours à cette dateVue de la tour Solidor depuis l'est-sud-est, aquarelle signée A.E.M.B., 1902. Le bâtiment situé au pied de la tour existe tourjours à cette date

Vue aérienne oblique depuis l'est : tour et pont dormant. L'étage de comble coiffé d'un toit conique complexe en ardoise Vue aérienne oblique depuis l'est : tour et pont dormant. L'étage de comble coiffé d'un toit conique complexe en ardoise

La reddition de la garnison nazie de la Cité d'Aleth photographiée par Lee Miller le 17 août 1944. En arrière-plan, la tour SolidorLa reddition de la garnison nazie de la Cité d'Aleth photographiée par Lee Miller le 17 août 1944. En arrière-plan, la tour Solidor

Le Musée International du Long-cours Cap-hornier (1969-2019)

A partir de 1969 et jusqu'en 2019, la tour Solidor abrite le Musée International du Long-cours Cap-hornier.

Implantée sur la basse-cour, la sculpture-girouette baptisée l'Albatros a été offerte par la section chilienne de l'association des anciens cap-horniers.

La tour Solidor en 2026

Toujours propriété de l’Etat, la tour Solidor est désaffectée (2026). 

Vue de situation depuis le sud-est : la tour Solidor domine le mouillage. En arrière-plan : Saint-Servan et le fort de la Cité d'AlethVue de situation depuis le sud-est : la tour Solidor domine le mouillage. En arrière-plan : Saint-Servan et le fort de la Cité d'Aleth

La tour Solidor est située à Saint-Servan dans la commune de Saint-Malo, sur la rive orientale de l’embouchure de la Rance, à l’abri sous la pointe de la Cité d’Aleth. Ces fortifications - basse-cour et tour - sont implantées sur une avancée rocheuse située entre les anses Solidor et Saint-Père qui servent de port d’échouage. Garengeau appelle l’ouvrage "château de Solidor". La basse-cour est souvent surnommée "bastion de Solidor".

Vue aérienne oblique depuis le sud. En arrière-plan, Saint-ServanVue aérienne oblique depuis le sud. En arrière-plan, Saint-Servan

Vue aérienne oblique depuis le sud-est : tour, pont et basse-cour. En arrière-plan, Saint-Servan et la pointe de la Cité d'AlethVue aérienne oblique depuis le sud-est : tour, pont et basse-cour. En arrière-plan, Saint-Servan et la pointe de la Cité d'Aleth

La basse-cour

Garengeau l’appelle "l’enceinte".

Isolée de la terre par un fossé et défendue par un petit châtelet, la basse-cour est desservie par un pont à deux arches en pierre de taille (à l’origine, elle est desservie par un pont dormant suivi d’un pont-levis). Une rampe en pente douce, bordée d’un mur, dessert l’accès au pont. Sous ce pont passe une ancienne voie charretière dont subsistent les traces de roulement sur l’estran rocheux. L’extrémité nord du passage est remplacée par un escalier monumental.

Plan du rez-de-chaussée de la Tour Solidor et de son ouvrage avancé par l'ingénieur Garengeau, 4 novembre 1691Plan du rez-de-chaussée de la Tour Solidor et de son ouvrage avancé par l'ingénieur Garengeau, 4 novembre 1691

Vue générale de la basse-cour depuis le parapet de la tour. A gauche, la cale de l'anse Solidor. En arrière-plan, Saint-ServanVue générale de la basse-cour depuis le parapet de la tour. A gauche, la cale de l'anse Solidor. En arrière-plan, Saint-Servan

Vue aérienne oblique depuis le sud : pont et basse-cour. En arrière-plan, Saint-Servan et la pointe de la Cité d'AlethVue aérienne oblique depuis le sud : pont et basse-cour. En arrière-plan, Saint-Servan et la pointe de la Cité d'Aleth

Vue aérienne oblique de la basse-cour depuis le sud-est : rampe, pont, châtelet et corps de garde. En arrière-plan, Saint-ServanVue aérienne oblique de la basse-cour depuis le sud-est : rampe, pont, châtelet et corps de garde. En arrière-plan, Saint-Servan

Les deux tours circulaires du châtelet de la basse-cour, à léger fruit, sont élevées en pierre de taille et en moellon équarri de granite. Celle située au sud-est est partiellement arasée en-dessous de la mi-hauteur ; celle située au nord-ouest, percée de plusieurs archères-canonnières et coiffée d’un toit conique en ardoise, a vu sa partie sommitale reconstruite. Plusieurs graffitis - dont un navire à voile - sont visibles, gravés sur des pierres au pied de cette tour.

Vue de la tour Solidor depuis le nord-ouest : état avant restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 7, 1883. Au sommet de tour se dresse un mât de pavillon. Dans la basse-cour se trouvent deux bâtiments. Les arches du pont sont occupéesVue de la tour Solidor depuis le nord-ouest : état avant restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 7, 1883. Au sommet de tour se dresse un mât de pavillon. Dans la basse-cour se trouvent deux bâtiments. Les arches du pont sont occupées

Vue de l'élévation nord du pont dormant et du châtelet d'entrée de la basse-cour. La partie haute de la tour a fortement été restauréeVue de l'élévation nord du pont dormant et du châtelet d'entrée de la basse-cour. La partie haute de la tour a fortement été restaurée

La basse-cour forme une plate-forme surélevée grossièrement rectangulaire d’une surface de 1 200 m2 environ orientée vers le sud-ouest. Au nord, le mur de soutènement montre la roche-mère et une maçonnerie mêlant moellon et chainage en brique (niveau d’occupation gallo-romain).

Vue de détail de l'élévation nord de la basse-cour : maçonnerie mêlant moellon et chainage en brique correspondant au niveau d'occupation gallo-romainVue de détail de l'élévation nord de la basse-cour : maçonnerie mêlant moellon et chainage en brique correspondant au niveau d'occupation gallo-romain

Le parapet de la basse-cour a été rabaissé. Une poterne (en arc plein cintre) et une arbalétrière-canonnière - accessibles par un escalier droit depuis la plate-forme et commandée par la tour - sont visibles au sud-ouest. Trois autres arbalétrières-canonnières ont également été repérées : l’une orientée vers le sud-ouest, les deux autres vers le sud-est (vers l’anse de Solidor).

Vue de la tour Solidor depuis le nord-est. Au premier plan à gauche, le parapet de la basse-cour. Au centre, la sculpture-girouette baptisée l'AlbatrosVue de la tour Solidor depuis le nord-est. Au premier plan à gauche, le parapet de la basse-cour. Au centre, la sculpture-girouette baptisée l'Albatros

Vue de la basse-cour depuis le sud-ouest : poterne. A droite se trouve une arbalétrière-canonnièreVue de la basse-cour depuis le sud-ouest : poterne. A droite se trouve une arbalétrière-canonnière

Vue de la basse-cour : arbalétrière-canonnière percée dans le parapet. Elle est orientée vers le sud-ouestVue de la basse-cour : arbalétrière-canonnière percée dans le parapet. Elle est orientée vers le sud-ouest

A l’entrée de la basse-cour se dresse un bâtiment à usage de corps de garde commandant une large porte fermée par deux battants en bois à claire-voie. Construit en maçonnerie de moellon et couvert à deux pans en ardoise, ce bâtiment par lequel on entre par une porte percée dans le pignon nord-ouest, comprend au rez-de-chaussée une pièce avec cheminée éclairée par une grande fenêtre percée dans l’élévation sud-ouest et un étage de comble éclairé par une lucarne de même orientation. Il est flanqué au sud-est d’un appentis abritant des toilettes communiquant avec le bâtiment précité.

Vue de la tour Solidor depuis le nord-est : châtelet d'entrée et corps de garde implantés dans la basse-cour, carte postale (LL)Vue de la tour Solidor depuis le nord-est : châtelet d'entrée et corps de garde implantés dans la basse-cour, carte postale (LL)

Vue du corps de garde implanté à l'entrée de la basse-cour et flanquant la porte : élévation sud-ouest. A droite, la sculpture-girouette baptisée l'AlbatrosVue du corps de garde implanté à l'entrée de la basse-cour et flanquant la porte : élévation sud-ouest. A droite, la sculpture-girouette baptisée l'Albatros

A l’ouest, contre la basse-cour est implanté un bunker-poste d’observation et de tir en béton armé (Seconde Guerre mondiale, vers 1943). Ce Tobruk présente la particularité d’être surélevé pour battre la route venant du nord-est. Il présente de nombreux impacts issus des combats d’août 1944 pour la Libération de Saint-Malo.

Vue du bunker-poste d'observation et de tir dit Tobruk situé au nord de la basse-cour. Il présente de nombreux impacts issus des combats d’août 1944. En arrière plan, la tour nord du châtelet d'entréeVue du bunker-poste d'observation et de tir dit Tobruk situé au nord de la basse-cour. Il présente de nombreux impacts issus des combats d’août 1944. En arrière plan, la tour nord du châtelet d'entrée

Vue du bunker-poste d'observation et de tir dit Tobruk situé au nord de la basse-cour. En arrière plan, l'anse Saint-PèreVue du bunker-poste d'observation et de tir dit Tobruk situé au nord de la basse-cour. En arrière plan, l'anse Saint-Père

Dans la basse-cour sont conservés un tube de canon de marine, une bombe pour mortier (fin 17e siècle - début 18e siècle) et des ancres de marine, dont certaines sont encore prises dans leur gangue.

Vue d'un tube de canon de marine et d'une bombe pour mortier (les deux ne vont pas ensemble). Ces objets sont conservés à l'air libre dans la basse-courVue d'un tube de canon de marine et d'une bombe pour mortier (les deux ne vont pas ensemble). Ces objets sont conservés à l'air libre dans la basse-cour

Vue de la tour Solidor depuis l'est-nord-est. Au premier plan, collection d'ancre de marine dans la basse-courVue de la tour Solidor depuis l'est-nord-est. Au premier plan, collection d'ancre de marine dans la basse-cour

La tour

Garengeau l’appelle le "château".

Depuis la basse-cour, la tour Solidor est desservie par un pont (ce dernier remplace un pont-levis à flèche) permettant de franchir un large fossé.

L’édifice se compose de trois tours de plan circulaire reliées par des courtines délimitant une pièce intermédiaire de plan trapézoïdal. La surface au sol de l’édifice est d’environ 120 m2 hors-tout. Directement fondé sur le rocher-mère, il est construit en maçonnerie de moellon et/ou en pierre de taille (à partir du premier étage). L’épaisseur des maçonneries est d’environ 2 m.

Plan du rez-de-chaussée de la tour Solidor : état avant restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 2, 1883Plan du rez-de-chaussée de la tour Solidor : état avant restauration, dessin d'Albert Ballu, architecte, planche n° 2, 1883

ue aérienne oblique depuis l'est : tour et pont dormantue aérienne oblique depuis l'est : tour et pont dormant

L’élévation est : le front d’attaque terrestre et le dispositif d’entrée

Reliées par une petite courtine dans laquelle est aménagée la porte d’entrée, les tours sud et nord forment le front d’attaque terrestre. Il est doté de huit arbalétrières-canonnières, non compris les ouvertures de tir du chemin de ronde orientées vers l’est. L’arbalétrière-canonnière implantée au-dessus de la porte d’entrée est surmonté d’un double arc de décharge.

Vue de la tour Solidor depuis l'est-nord-estVue de la tour Solidor depuis l'est-nord-est

Elévation est de la Tour Solidor : pont-levis et tours par Alfred RaméElévation est de la Tour Solidor : pont-levis et tours par Alfred Ramé

Surmontée par des armoiries aujourd’hui muettes, la porte d’entrée est en arc en tiers-point en pierre de taille. Selon Antoine Dos [cf. bibliographie], il était peint "Malo au riche duc".

Vue de la tour Solidor : porte en tiers-point percée dans l'élévation est entre les deux tours. Au-dessus de la porte se trouvent les rainures des flèches du pont-levis ; au centre l'emplacement des armoiriesVue de la tour Solidor : porte en tiers-point percée dans l'élévation est entre les deux tours. Au-dessus de la porte se trouvent les rainures des flèches du pont-levis ; au centre l'emplacement des armoiries

Vue de la tour Solidor : détail des armoiries implantées au-dessus de la porte. De part et d'autre se trouvent les rainures des flèches du pont-levisVue de la tour Solidor : détail des armoiries implantées au-dessus de la porte. De part et d'autre se trouvent les rainures des flèches du pont-levis

Le dispositif d’entrée comprenait à l’origine : le pont-levis à flèche et son tablier (les deux rainures permettaient de remonter les flèches tandis que la feuillure permettait d’encastrer le tablier dans la façade), une première porte à battant unique en bois donnant sur le passage d’entrée, un sas défendu par cinq assommoirs abritant le poste de garde et un placard mural, une rainure où se logeait la herse ainsi qu’une seconde porte à battant unique en bois.

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, passage d'entrée avec porte en tiers-point débouchant vers l'est. Au-dessus de la porte se trouvent les rainures des flèches du pont-levisVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, passage d'entrée avec porte en tiers-point débouchant vers l'est. Au-dessus de la porte se trouvent les rainures des flèches du pont-levis

Vue de la tour Solidor : emplacement de l'essieu du tablier du pont-levis. La feuillure permet d'accueillir le tablierVue de la tour Solidor : emplacement de l'essieu du tablier du pont-levis. La feuillure permet d'accueillir le tablier

Vue de la tour Solidor : détail du dispositif de fermeture de la porte d'entrée (grand verrou et serrure). Des graffitis sont visibles sur le battant de la porteVue de la tour Solidor : détail du dispositif de fermeture de la porte d'entrée (grand verrou et serrure). Des graffitis sont visibles sur le battant de la porte

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, détail de la voûte du passage d'entrée avec ses cinq assommoirs accessibles depuis le premier étageVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, détail de la voûte du passage d'entrée avec ses cinq assommoirs accessibles depuis le premier étage

Défendu par son propre assommoir, le poste de garde dispose d’un banc en pierre, d’une niche murale et d’une cheminée.

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, poste de garde implanté dans le passage d'entrée au nord. Il comprend un banc en pierre, une cheminée et une niche mural. Dans la voûte se trouve un assommoir accessible depuis le premier étageVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, poste de garde implanté dans le passage d'entrée au nord. Il comprend un banc en pierre, une cheminée et une niche mural. Dans la voûte se trouve un assommoir accessible depuis le premier étage

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, mur est. A gauche, la porte de la tour nord et placard mural ; au milieu, le passage d'entrée ; à gauche, la porte de la tour est abritant l'escalier en visVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, mur est. A gauche, la porte de la tour nord et placard mural ; au milieu, le passage d'entrée ; à gauche, la porte de la tour est abritant l'escalier en vis

Au premier étage, au-dessus du passage d’entrée et dans la tour nord, se trouve le corps de garde de la tour. Chauffé et doté de latrines, il contrôlait la porte, les assommoirs et abritait le système de levage de la herse (ces éléments ont disparu).

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, détail du mur est. Cette porte (à linteau sur coussinet) dessert le corps de garde (tour nord et pièce située au-dessus du passage d'entrée)Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, détail du mur est. Cette porte (à linteau sur coussinet) dessert le corps de garde (tour nord et pièce située au-dessus du passage d'entrée)

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, corps de garde (tour nord et pièce située au-dessus du passage d'entrée), cheminée à piédroit chanfreinéVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, corps de garde (tour nord et pièce située au-dessus du passage d'entrée), cheminée à piédroit chanfreiné

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, corps de garde (petite tour nord et pièce située au-dessus du passage d'entrée), assommoir aménagé au-dessus du poste de gardeVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, corps de garde (petite tour nord et pièce située au-dessus du passage d'entrée), assommoir aménagé au-dessus du poste de garde

Dans le mur sud du rez-de-chaussée de la pièce intermédiaire de plan trapézoïdal se voit une poterne ou "porte d’eau". Elle a été transformée ultérieurement en placard mural.

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, détail du mur sud, baie à double coussiège orientée vers le sud ; à droite, la porte d'un placard mural (ancienne poterne)Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, détail du mur sud, baie à double coussiège orientée vers le sud ; à droite, la porte d'un placard mural (ancienne poterne)

Vue aérienne oblique depuis le sud : détail de l'élévation sud de la tour. On distingue une poterne murée à gauche de la baieVue aérienne oblique depuis le sud : détail de l'élévation sud de la tour. On distingue une poterne murée à gauche de la baie

L’élévation nord

Orientée vers l’anse Saint-Père, cette élévation est percée de trois arbalétrières-canonnières (au rez-de-chaussée) et de baies (au premier et deuxième étages). De ce côté, les baies sont en l’état dépourvues de grilles défensives. Les petits jours verticaux des latrines sont visibles au premier et au deuxième étages. Plusieurs égouts sont également visibles dans la maçonnerie ainsi que les deux exutoires des latrines au niveau du pied de la tour (à la jonction entre le rocher-mère et la maçonnerie).

Vue générale de la tour Solidor depuis le nord-nord-ouest, carte postale (LL)Vue générale de la tour Solidor depuis le nord-nord-ouest, carte postale (LL)

Vue générale depuis le nord-nord-ouestVue générale depuis le nord-nord-ouest

L’élévation sud

Orientée vers l’anse Solidor et la Rance au sud, cette élévation est percée de deux arbalétrières-canonnières (au rez-de-chaussée) et de nombreuses baies protégées par des grilles défensives (au premier et deuxième étages) : à la jonction de la tour Est et de la courtine sud, on distingue l’emplacement de l’escalier en vis. Situé entre le rez-de-chaussée et le premier étage de la cage d’escalier, un niveau intermédiaire est doté d’une arbalétrière et d’un jour pouvant servir d’ouvertures de tir.

Vue de détail de l'élévation sud de la tour. Au rez-de-chaussée : jour grillée de la cage d’escalier et arbalétrière-canonnière de la tour est (dépourvue d'arc de décharge). En haut,  jours/arbalétrières de la cage d’escalier au niveau intermédiaireVue de détail de l'élévation sud de la tour. Au rez-de-chaussée : jour grillée de la cage d’escalier et arbalétrière-canonnière de la tour est (dépourvue d'arc de décharge). En haut, jours/arbalétrières de la cage d’escalier au niveau intermédiaire

Le rez-de-chaussée est doté d’une poterne dont le seuil se situe à environ 2 m de hauteur du pied de la tour : cette porte est protégée par l’arbalétrière des latrines ouest situées en niveau intermédiaire.

Le premier étage comprend l’arbalétrière des latrines faisant jour.

Les ouvertures des niveaux supérieurs (celles situées au-dessus du rez-de-chaussée) se distinguent par la présence au-dessus du linteau d’un arc de décharge (cette mise en œuvre particulière se voit également à l’intérieur de l’édifice dès le niveau du rez-de-chaussée).

Plusieurs égouts sont visibles dans la maçonnerie ainsi que l’exutoire des latrines implanté à la jonction de la tour ouest et de la courtine sud.

Vue aérienne oblique depuis le sud : tour et pont dormantVue aérienne oblique depuis le sud : tour et pont dormant

Plan schématique annoté de la Tour Solidor par Alfred RaméPlan schématique annoté de la Tour Solidor par Alfred Ramé

Vue aérienne oblique depuis le sud : élévation sud, détail du rez-de-chaussée et du premier étage. Un massif de maçonnerie supporte le contrefort sud de la tour ouestVue aérienne oblique depuis le sud : élévation sud, détail du rez-de-chaussée et du premier étage. Un massif de maçonnerie supporte le contrefort sud de la tour ouest

Vue de détail de l'élévation sud de la tour : deux mises en œuvre différentes sont visibles dans la maçonnerieVue de détail de l'élévation sud de la tour : deux mises en œuvre différentes sont visibles dans la maçonnerie

La tour ouest

Dominant le mouillage, la tour ouest est percée de trois arbalétrières-canonnières (rez-de-chaussée) et de cinq baies (au premier et deuxième étages). Elle est soutenue au niveau du rez-de-chaussée par trois contreforts en pierre de taille (ces derniers figurent sur le profil de Garengeau de 1697).

Elévation et coupe de la Tour Solidor par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697. Lavé de jaune, le projetElévation et coupe de la Tour Solidor par l'ingénieur Garengeau, 27 janvier 1697. Lavé de jaune, le projet

Vue aérienne oblique depuis l'ouest-sud-ouest. Le pied de la tour ouest est soutenu par trois contrefortsVue aérienne oblique depuis l'ouest-sud-ouest. Le pied de la tour ouest est soutenu par trois contreforts

Vue générale depuis le sud-ouest. Le pied de la tour est soutenu par trois contrefortsVue générale depuis le sud-ouest. Le pied de la tour est soutenu par trois contreforts

Vue des trois contreforts de la tour ouest. Ils sont élevés en pierre de taille. Du côté sud (à droite), la maçonnerie du pied de la tour est très dégradéeVue des trois contreforts de la tour ouest. Ils sont élevés en pierre de taille. Du côté sud (à droite), la maçonnerie du pied de la tour est très dégradée

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, tour ouest, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers le nord. Au niveau du sol se voit l'arase de la fondation (correspondant à la tour primitive) et un égoutVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, tour ouest, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers le nord. Au niveau du sol se voit l'arase de la fondation (correspondant à la tour primitive) et un égout

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, tour ouest, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers l'ouest. Au niveau du sol se voit l'arase de la fondation (correspondant à la tour primitive)Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, tour ouest, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers l'ouest. Au niveau du sol se voit l'arase de la fondation (correspondant à la tour primitive)

Fonction et distribution des étages et des pièces

L’édifice comprend quatre niveaux - rez-de-chaussée, premier étage, deuxième étage, étage de comble et chemin de ronde - desservi par un unique escalier en vis abrité dans la tour est.

Coupe longitudinale de la Tour Solidor par Alfred RaméCoupe longitudinale de la Tour Solidor par Alfred Ramé

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, angle est. Cette porte dessert la tour est qui abrite l'escalier en visVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, angle est. Cette porte dessert la tour est qui abrite l'escalier en vis

Vue intérieure de la tour Solidor : baie éclairant l'accès du premier étage depuis l'escalier en visVue intérieure de la tour Solidor : baie éclairant l'accès du premier étage depuis l'escalier en vis

A l’exception du rez-de-chaussée qui compte une cinquième pièce avec le passage d’entrée, le premier et le deuxième étage comptent chacun quatre pièces, toutes dotées d’une cheminée.

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, mur nord avec cheminée et arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers le nordVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, mur nord avec cheminée et arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers le nord

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, détail du mur de refend ouest. Au centre, la porte de la tour ouest ; à gauche, la porte des latrines (en niveau intermédiaire) ; à droite, la cheminéeVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, détail du mur de refend ouest. Au centre, la porte de la tour ouest ; à gauche, la porte des latrines (en niveau intermédiaire) ; à droite, la cheminée

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, tour nord, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers l'est et cheminée (abritant le tableau électrique)Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, tour nord, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers l'est et cheminée (abritant le tableau électrique)

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, porte d'accès à la tour ouest et cheminéeVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, porte d'accès à la tour ouest et cheminéeVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, placard mural (en arc plein cintre) et porte d'accès à la tour ouestVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, placard mural (en arc plein cintre) et porte d'accès à la tour ouest

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, placard mural (en arc plein cintre). Il est doté d'un égoutVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, placard mural (en arc plein cintre). Il est doté d'un égout

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour ouest, cheminée à piédroit chanfreiné. A gauche, baie à double coussiège orientée vers le sud-ouestVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour ouest, cheminée à piédroit chanfreiné. A gauche, baie à double coussiège orientée vers le sud-ouest

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour est, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers l'estVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour est, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers l'est

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour est, cheminée (dépourvue de décor, son manteau est en arc segmentaire)Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour est, cheminée (dépourvue de décor, son manteau est en arc segmentaire)

Les pièces sont éclairées par des arbalétrières-canonnières ou des baies dotées de grille défensive (à l’origine, toutes les baies étaient dotées de grille).

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, arbalétrière-canonnière avec double coussiège orientée vers le sudVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, arbalétrière-canonnière avec double coussiège orientée vers le sud

Chaque niveau de la tour est doté de latrines (celles du rez-de-chaussée se trouvent en niveau intermédiaire) éclairées par un jour pouvant servir d’arbalétrière.

Vue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, détail du mur de refend ouest. Au centre, la porte des latrines (en niveau intermédiaire) ; à gauche, placard mural (ancienne poterne) ; à droite, la porte de la tour ouestVue intérieure de la tour Solidor : rez-de-chaussée, pièce intermédiaire, détail du mur de refend ouest. Au centre, la porte des latrines (en niveau intermédiaire) ; à gauche, placard mural (ancienne poterne) ; à droite, la porte de la tour ouest

Vue intérieure de la tour Solidor : niveau intermédiaire accessible par quelques marches depuis le rez-de-chaussée, latrines éclairées par une arbalétrière orientée vers le sudVue intérieure de la tour Solidor : niveau intermédiaire accessible par quelques marches depuis le rez-de-chaussée, latrines éclairées par une arbalétrière orientée vers le sud

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour ouest, latrines. Elles sont éclairées par une arbalétrière orientée vers le sudVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour ouest, latrines. Elles sont éclairées par une arbalétrière orientée vers le sud

Les étages sont planchéiés : les poutres reposent sur des corniches moulurées en granite.

Le chemin de ronde, l’étage de comble et sa couverture

Si le chemin de ronde et son parapet sont une restauration de la fin du 19e siècle, l’étage de comble est en revanche une création. Dallé en pierre, le chemin de ronde est équipé de mâchicoulis (sur console à quatre ressauts) permettant de défendre le pied de l’ouvrage. Certaines parties du parapet sont remontées y compris les ouvertures de tir : créneaux, arbalétrières, arbalétrières-canonnières et canonnières circulaires. L’étage de comble est construit en pierre de taille, il est coiffé d’un toit conique complexe en ardoise doté de deux hautes souches en pierre de taille. D’autres souches de cheminée émergent dans la largeur du chemin de ronde.

Sur la gravure de Claude Chastillon datée de 1610, la tour apparaît dépourvue de couverture. A la fin du 17e siècle, les pièces et l’escalier sont à "ciel ouvert" (Garengeau, 1697).

La Tour Solidor par Claude Chastillon, gravure, 1610La Tour Solidor par Claude Chastillon, gravure, 1610

Vue de la tour Solidor depuis l'est-nord-est : deuxième étage, chemin de ronde crénelé équipé de mâchicoulis et étage de comble coiffé de hauts toits en ardoiseVue de la tour Solidor depuis l'est-nord-est : deuxième étage, chemin de ronde crénelé équipé de mâchicoulis et étage de comble coiffé de hauts toits en ardoise

Quelques hypothèses sur l’utilisation originelle des pièces

Restituer l’usage initial des pièces de la tour Solidor est un exercice difficile sinon impossible car elles n’étaient pas affectées à un seul usage. Toutes les pièces sont dotées de cheminées et de baies à coussiège.

Vue intérieure de la tour Solidor : deuxième étage, tour ouest, cheminée et baie à double coussiège orientée vers le sud, carte postale (LL). A gauche, porte desservant la pièce intermédiaireVue intérieure de la tour Solidor : deuxième étage, tour ouest, cheminée et baie à double coussiège orientée vers le sud, carte postale (LL). A gauche, porte desservant la pièce intermédiaire

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour est, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers l'estVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour est, arbalétrière-canonnière à double coussiège orientée vers l'est

Accessible par une porte à linteau sur coussinet, le corps de garde de la porte semble localisable au premier étage de la tour nord ; la chambre du capitaine pourrait trouver sa place au second étage où on note la présence d’une porte en plein cintre moulurée, d’une cheminée un peu plus ornée que celle du premier étage et d’un lavabo.

L’usage carcéral

Certains battants de porte conservent des graffitis réalisés par des prisonniers. On note aussi la présence de graffitis sur certaines pierres de taille en granite (par exemple, sur l’ébrasement de l’arbalétrière-canonnière nord du premier étage, mais ils sont difficilement lisibles).

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, détail des graffitis situés dans l'ébrasement de l'arbalétrière-canonnière orientée vers le nordVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, détail des graffitis situés dans l'ébrasement de l'arbalétrière-canonnière orientée vers le nord

Au premier étage, la porte d'accès depuis l'escalier en vis conserve son dispositif de fermeture et son judas qui permettaient de voir à l’intérieur de la cellule depuis l’extérieur. Le judas de la porte de la tour ouest a lui été bouché.

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, porte d'accès depuis l'escalier en vis (ouverte). Le dispositif de fermeture de la porte et le judas témoignent de l'utilisation carcérale de la tour. Elle comporte des graffitisVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, porte d'accès depuis l'escalier en vis (ouverte). Le dispositif de fermeture de la porte et le judas témoignent de l'utilisation carcérale de la tour. Elle comporte des graffitis

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, porte d'accès depuis l'escalier en vis (fermée). Le dispositif de fermeture de la porte et le judas témoignent de l'utilisation carcérale de la tour. Elle comporte plusieurs graffitisVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, pièce intermédiaire, porte d'accès depuis l'escalier en vis (fermée). Le dispositif de fermeture de la porte et le judas témoignent de l'utilisation carcérale de la tour. Elle comporte plusieurs graffitis

Vue intérieure de la tour Solidor : détail des graffitis de la porte du premier étage. On peut lire : G+TayLor ; PMR ; NESVue intérieure de la tour Solidor : détail des graffitis de la porte du premier étage. On peut lire : G+TayLor ; PMR ; NES

Des pièces ont ultérieurement été scindées dans la hauteur comme le montrent des emplacements de poutre et des consoles en pierre dans la maçonnerie intérieure : ces évolutions sont également attestées par les archives et des cartes postales qui montrent les bat-flancs à deux niveaux. L’explication réside dans la transformation de la tour en prison et par le besoin de place (à ce titre, on peut comparer la tour Solidor à la tour de la Lanterne à La Rochelle où il subsiste des traces des bat-flancs et de nombreux graffitis gravés voire sculptés dans la pierre calcaire).

Vue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour nord, niveau intermédiaire à usage de dortoir, carte postale (LL). A gauche, le poteau est muni de plusieurs marchesVue intérieure de la tour Solidor : premier étage, tour nord, niveau intermédiaire à usage de dortoir, carte postale (LL). A gauche, le poteau est muni de plusieurs marches

  • Murs
    • granite maçonnerie
    • moellon
    • pierre de taille
  • Toits
    pierre en couverture, ardoise
  • Étages
    2 étages carrés, étage de comble
  • Couvertures
    • toit conique
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis escalier en maçonnerie
  • État de conservation
    remanié, état moyen, inégal suivant les parties
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat
  • Intérêt de l'œuvre
    site archéologique, vestiges de guerre
  • Éléments remarquables
    porte, escalier, baie
  • Protections
    classé MH, 1886/07/12
  • Précisions sur la protection

    Tour Solidor et ouvrages avancés (enceinte ; pont ; dépendances) : classement par arrêté du 12 juillet 1886.

  • Référence MH

Bibliographie

  • POIGNAND, Jean-Côme-Damien. Antiquités historiques et monumentales à visiter de Montfort à Corseul, par Dinan, et au retour, par Jugon, avec addition Des antiquités de Saint-Malo et de Dol, étymologies et anecdotes relatives à chaque objet. Rennes : chez Duchesne, libraire, 1820.

    https://books.google.fr/books?id=wh0WPYZUlwIC&newbks=1&newbks_redir=0&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

    p. 78-83
  • JOÜON DES LONGRAIS, Frédéric. Mémoires inédits de N. Frotet de La Landelle : Saint-Malo au temps de La Ligue. Mémoires et documents. Paris : Alphonse Picard ; Rennes : Plihon et Hervé, 1886, 510 p.

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k503808b.texteImage

    p. 121-122 ; p. 299 (Soulidort) ; p. 339
  • BALLU, Albert. Tour de Solidor à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine) : état actuel et restitution au 14e siècle de la tour et de ses abords. Paris : Aux bureaux de la construction moderne, 1886, 8 p. et 9 planches.

    https://archive.org/download/tourdesolidors00balliala/tourdesolidors00balliala.pdf

  • DOS, Antoine. Histoire de Saint-Servan. La Tour Solidor. Paris, 1960, 72 p.

    https://bibliotheque.idbe.bzh/data/cle_205/histoire__de__saint__servan__la__tour__solidor.pdf

  • LANGOUET, Loïc (dir.). Fouille 1980 du bastion de Solidor (Cité d'Alet, Saint-Malo). Saint Malo : Centre régional archéologique d'Alet, 1980.

  • LANGOUET, Loïc. Les fouilles archéologiques du Bastion de Solidor, Saint Malo. Saint Malo : Centre régional archéologique d'Alet, Dossier du Centre régional archéologique d'Alet, 1983, 189 p.

  • AMIOT, Christophe. Lignages et châteaux en Bretagne avant 1350. Rennes, thèse de doctorat d’histoire, dactyl., 4 vol., 1999.

  • LÉCUILLIER, Guillaume. La route des fortifications en Bretagne et Normandie. Paris : édition du Huitième Jour, coll. Les étoiles de Vauban (dir. N. Faucherre), 2006, 168 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
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Périodiques

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    https://books.google.fr/books?id=kBc4q_TguzoC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

    p. 190-192
  • LA BORDERIE (de), Arthur. "Cours d'histoire de Bretagne. Le règne de Jean IV duc de Bretagne (1364-1399) [4ème partie]. Éléments divers. Art militaire en Bretagne sous Jean IV". Revue de Bretagne de Vendée et d'Anjou, t. 9, 1893, p. 407-435.

    https://books.google.fr/books?id=I1AoAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    p. 430-432
  • LANGOUET, Loïc. MEURY Jean-Loïc. "La machinerie en bois du Haut Empire retrouvée à Alet". Annales de Bretagne, Tome 80, numéro 1, 1973. p. 163-184.

    www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1973_num_80_1_2682

  • LANGOUET, Loïc. "Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Bastion Solidor". Archéologie médiévale, tome 11, 1981. p. 305-306.

    www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1981_num_11_1_1076_t1_0305_0000_4

  • SALAMAGNE, Alain. "A propos de l'adaptation de la fortification à l'artillerie vers les années 1400 : quelques remarques sur les problèmes de vocabulaire, de typologie et de méthode". Revue du Nord, tome 75, n° 303, Octobre-décembre 1993. p. 809-846.

    www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1993_num_75_303_4874

    p. 830-831
  • MESQUI, Jean. "L'adaptation de la fortification à l'artillerie dans les années 1400 : la question des canonnières". Bulletin Monumental, tome 153, n°1, année 1995. p. 74-75.

    www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1995_num_153_1_3540

  • SALAMAGNE, Alain. "La tour Solidor à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine) : maîtres-maçons et canonniers en Bretagne ducale dans la première moitié du 15e siècle". Mémoires de la Société d'Histoire et d'archéologie de Bretagne, 2002, p. 609-632.

    https://m.shabretagne.com/scripts/files/66996b4b593e57.55681841/2002_23.pdf

  • BERNARD, Yann, BARREAU, Jean-Baptiste, BIZIEN-JAGLIN, Catherine, QUESNEL, Laurent, LANGOUET, et al.. "3D digitisation and reconstruction of a capital in northwestern Gaul : interim results on the City of alet". 8th International Congress on Archaeology, Computer Graphics, Cultural Heritage and Innovation 'ARQUEOLÓGICA 2.0', Sep 2016, Valencia, Spain.

    https://insu.hal.science/insu-01399040

    p. 438-440
  • BERNARD, Yann. COLLEONI, Fabien. "Recherches archéologiques sur l’estran et révision du modèle 3d d’Alet". Bulletin de l’Association Manche Atlantique pour la Recherche Archéologique dans les Îles (AMARAI), n° 36, 2023, p. 95-110.

    https://hal.science/hal-04477480v1/file/Recherches%20arch%C3%A9ologiques%20sur%20l'estran%20et%20r%C3%A9vision%20du%20mod%C3%A8le%203D%20d'Alet%20dans%20l'Antiquit%C3%A9.pdf

Documents figurés

  • MILLER, Elizabeth (Lee Miller). La reddition de la garnison nazie de la Cité d'Aleth photographiée par Lee Miller le 17 août 1944. En arrière-plan, la tour Solidor.

    https://images.leemiller.co.uk/media/8EtM8zlgdf0nUj3YHs1MXw..a?ts=V39HUslCgvErTTFiyGcZDfWBQx0Dkq6DAupcYrf7yzY.a

    Archives Lee Miller (Royaume-Uni)

Lien web

Date(s) d'enquête : 2005; Date(s) de rédaction : 2005, 2026
(c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne
(c) Région Bretagne
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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