Dossier non géolocalisé

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    Bretagne porte de Loire Communauté
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    • Commune : Chanteloup

Chanteloup est une commune de Bretagne, située dans le département d’Ille-et-Vilaine, à une vingtaine de kilomètres au sud de Rennes. Elle appartient à la Communauté de communes Bretagne Porte de Loire Communauté (BPLC) et se trouve au nord du territoire de cette dernière.

Comptant 1753 hectares, Chanteloup est une commune rurale étendue au fort passé seigneurial, qui s’est développée autour de l’activité agricole. Sa position dans l’aire d’influence de Rennes en fait aujourd’hui une commune attractive, qui continue de croître avec 1881 habitants recensés en 2022.

L’opération d’inventaire du patrimoine bâti de Chanteloup menée d’octobre 2025 à avril 2026 est le fruit d’un partenariat entre l’Université Rennes 2 par le Master REPATS, la Région Bretagne par l’intermédiaire de son service de l’Inventaire du patrimoine culturel et Bretagne Porte de Loire Communauté. Elle intervient dans le cadre de la révision du PLUi-H de BPLC.

Deux cent soixante six éléments bâtis ont été recensés, allant du XVIIe siècle à 1970. Le bâti se compose principalement de fermes, de maisons et de petites constructions « d’accompagnement » : puits et fours notamment. On y trouve également quatre manoirs, un château, deux moulins. Le bourg concentre les symboles du pouvoir religieux avec l’église et le presbytère, et l’on y trouve aussi la mairie et les écoles.

Comme sur les autres communes ayant fait l’objet d’une opération d’inventaire, les constructions anciennes de Chanteloup mettent en œuvre la pierre, majoritairement le schiste et le grès. Mais y on trouve également un nombre assez important de bâtiments construits en terre, ce qui confère une certaine singularité à cette commune.

Le paysage de Chanteloup : un territoire polarisé

Le sous-sol de Chanteloup est composé de matériaux sédimentaires caractéristiques de la région : quartzites, grès armoricain, schistes durs et tendres, que l’on retrouve utilisés dans l’architecture de la plupart des bâtiments recensés, ce qui témoigne de l’emploi de la matière première présente sur le territoire pour la construction. Quant à la texture limono-sablo-argileuse du sol, elle est favorable à l'agriculture, façonnant ainsi le paysage et le terrain.

La commune de Chanteloup se caractérise par un vallonnement orienté est-ouest. Le territoire se structure en trois grands ensembles paysagers : la partie nord, l’ouest et le sud-est. Chacun de ces espaces est respectivement articulé autour de « pôles bâtis » : le bourg, Pouez et la Régère, et comporte des spécificités topographiques et bâties. L’habitat, en grande partie dispersé, se répartit au sein de nombreux écarts, de superficie et de densités variables. Cette implantation reflète une occupation humaine adaptée aux contraintes et ressources du territoire, majoritairement marqué par l’activité agricole, qui a entraîné la création d’un réseau bocager complexe.

Au nord, le bourg de Chanteloup constitue le cœur urbanisé de la commune. Son clocher constitue un repère visuel majeur, car visible depuis plusieurs points : le cimetière à l’est, l’entrée nord du bourg et l’allée menant à la Retenue, à l’ouest. Les perspectives visuelles sont aussi marquées par la présence du manoir de la Retenue, ainsi que par l’alignement des arbres bordant l’allée y conduisant. Son parc structure l’entrée nord du bourg et l’arrivée depuis la D82, il permet de faire la transition entre l’espace rural et l’espace « urbain ». Cette zone est en grande partie une zone humide, ce qui limite la construction au nord-ouest et a eu une influence sur la structuration du bourg au fil du temps. Le paysage est complété par l’étang du Vernon.

A l’ouest, le bois de Pouez est le point culminant de la commune et domine ainsi le paysage en offrant un contraste marqué avec les points les plus bas, à l’est. Le massif boisé, composé de chênes, de hêtres et de résineux, abrite aussi des bois marécageux d’aulnes et de saules. Les étangs des Messiers et de la Jarillais sont aujourd’hui des sites importants pour la biodiversité et offrent un cadre propice à la pêche et à la chasse. La présence de plusieurs espèces d’oiseaux et d'animaux a conduit à répertorier la zone comme Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type 1. Cette zone est caractérisée par de nombreux points de vue « panoramiques », notamment depuis la Grée de Pouez et la Tapionnais.

Marquant la jonction entre la partie ouest et le vaste espace sud-est, les deux moulins de Morihan sont des repères bâtis importants dans le paysage de Chanteloup car se distinguent par leur hauteur..

Enfin, la partie sud-est présente une topographie beaucoup moins marquée que pour le reste du territoire, si ce n’est du côté du Riffray. Cet écart, isolé des autres et le plus à l’est du territoire communal, est principalement entouré de plaines et de champs. Le chemin menant au château du Riffray offre une vue dégagée sur le paysage environnant. De plus, la silhouette de Corps-Nuds et de son clocher se distinguent depuis les Fontenelle, ce qui illustre à quel point la commune limitrophe fait partie de l’identité visuelle de Chanteloup.

Cette zone concentre aussi la plus grande partie du réseau hydrographique, avec la rivière de l’Ise comme cours d’eau le plus important. Affluant de la Vilaine, l’Ise traverse l’est de Chanteloup sur 3 kilomètres. Les autres ruisseaux coulent en direction de Corps-Nuds, en alimentant plusieurs étangs, et peuvent entraîner des inondations, notamment dans les fermes de Vauxirion (la Basse Grée et la Haute Grée du Vauxirion).

En ce qui concerne le bocage, la carte issue du PLUi-H de BPLC permet d’observer la répartition des haies bocagères protégées. Une comparaison avec le cadastre napoléonien de 1811 montre que certaines de ces haies y sont déjà présentes, tandis que d’autres haies anciennes ont disparu, ou leur tracé a été modifié. Cela illustre l’évolution de l’activité agricole et de l’occupation du sol. Les haies bocagères présentent également une dimension écologique, comme corridors biologiques, et paysagère, en délimitant des parcelles et façonnant des perspectives.

Un passé seigneurial riche

La commune de Chanteloup tire son nom d’une légende selon laquelle des loups affamés seraient entrés dans l’église mais, faute d’y trouver de quoi se nourrir, auraient rongé les cordes et fait sonner les cloches. On retrouve cette légende mentionnée sur les panneaux qui composent le parcours “Sur les pas du loup”, qui retrace l’histoire de la commune.

Les quelques sources anciennes disponibles mentionnent l’existence de Chanteloup depuis au moins le XIIIe siècle, puisque la dîme y était perçue en 1272. La charte de Saint-Melaine, en 1347, fait mention d’un recteur à Chanteloup : Jean de la Touche. Marquée par la famille D’Auvergne, puis les Denyau et enfin les de Plouays, elle comporte de nombreuses terres nobles, comme celles du Riffray ou de la Retenue. Il semble que plusieurs manoirs aient disparu entre les XVIIe et XIXe siècles, remplacés par des fermes et des maisons, comme à Pouez ou à Caran. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Chanteloup est touchée par deux épidémies importantes, notamment de peste, qui affectent la population. En 1640, la mortalité est telle, qu’un nouveau cimetière est béni sur les terres de Morihan. De nombreuses processions ont lieu jusqu’en 1749, pour implorer la miséricorde divine.

En 1936, la perte d’une partie de son territoire au profit du Petit-Fougeray, qui devient une commune indépendante en 1936 entraîne une perte démographique, mais aussi un renouveau pour la commune de Chanteloup.

L’activité économique principale de la région est l’agriculture. Cette activité se développe particulièrement au XIXe siècle, en corrélation avec un fort accroissement démographique de la commune. Aujourd'hui, l’activité agricole est encore présente sur le territoire canteloupéen, mais la proximité avec Rennes offre aussi aux habitants d’autres débouchés professionnels.

L’implantation et l’évolution du bâti de Chanteloup du XVIIe siècle à nos jours

Au XVIIe siècle, le bourg de Chanteloup est restreint et se concentre autour de l'église, de manoirs et de quelques fermes. Il se densifie progressivement et s’étend à partir du XIXe siècle. La structuration du bourg est conditionnée par la présence d’une zone humide au nord, qui cantonne son développement au sud et à l’est de l’église. Cette implantation suit deux grands axes de circulation perpendiculaires et le bourg se constitue alors en une sorte de “bourg-rue” organisé autour d’un croisement.

Les écarts de la commune, de tailles variables, sont aujourd’hui au nombre de soixante quatre. Parmi eux, huit se sont formés récemment, confirmant l’attractivité renouvelée de la commune. D’autres écarts ont disparu, se sont divisés, ou ont été rattrapés par le bourg qui continue de croître. Ces écarts présentent des schémas d’implantation différents : on retrouve des écarts-ferme de taille modeste comme au Jaunais ou aux Bézier, ou des écarts plus importants, avec un développement marqué sur plusieurs siècles comme à la Régère ou à la Grée de Pouez. Enfin, certains écarts se sont formés autour d’une demeure noble comme aux Landelles, au Pont ou au Riffray, ou d’une particularité géographique comme à Morihan, qui se trouve sur un plateau venteux et s’est développé autour de son activité meunière.

L’implantation du bâti au XVIIe siècle

Au XVIIe siècle, l'implantation du bâti sur la commune est éparse, elle concerne tout le territoire communal, mais on trouve des points de concentration autour de l’axe nord-sud ainsi qu’à l’ouest. Il s’agit majoritairement de manoirs, qui forment les noyaux primitifs et engendrent souvent la construction de fermes attenantes, tel qu’on peut l’observer dans les écarts des Landelles et à la Grée de Pouez. Le bâti agricole est souvent organisé en longère. C’est aussi au XVIIe siècle que l’église commence à prendre sa forme actuelle. Elle fait suite à une église romane des XIe et XIIe siècles, supposément implantée à l’emplacement d’un ancien culte païen.

Le bâti du XVIIe siècle est la plupart du temps orienté au sud, de manière à profiter d’un ensoleillement régulier et ainsi garantir un chauffage naturel des bâtiments. Les façades nord étant plus exposées aux intempéries sont en général aveugles ou un disposent d’un cellier en appentis, parfois monumental, comme au manoir de la Ruée.

Le développement de la commune au XVIIIe siècle

Au cours du siècle suivant, le bourg se densifie nettement, tout comme les écarts, car on dénombre près de 100 édifices de plus qu’au XVIIe siècle.

La présence seigneuriale est confirmée par l’édification du château du Riffray. Il est situé à l’est de la commune, assez éloigné des autres écarts et du bourg. L’activité agricole structure l’ensemble du territoire, qui compte alors bien plus de fermes que de maisons. Ces dernières se concentrent principalement dans le bourg et dans les écarts importants, tel que la Régère. L’orientation des bâtiments est la même qu’au XVIIe siècle. En revanche, l’ajout d’extensions et de dépendances tend à effacer l’organisation en longère, pour composer des ensembles plus importants de bâtiments distincts.

Le presbytère construit au XVIIe siècle est rattaché au bras nord du transept de l’église, qui est reconstruite au milieu du XVIIIe siècle, le clocher-porche étant achevé en 1760. Le manoir de la Retenue vient se positionner à l’ouest du bourg, pour former un écart avec l’ajout de fermes. De manière plus générale, la construction se fait autour d’éléments préexistants car le nombre d’écarts évolue peu en un siècle.

La forte expansion économique et architecturale au XIXe siècle

La forte croissance démographique de Chanteloup au XIXe siècle a eu un fort impact sur sa physionomie. Les axes de communications jouent un rôle prépondérant dans l’implantation des nouvelles constructions. Les logiques d'implantation des siècles précédents semblent délaissées pour privilégier un bâti construit le long des routes. Le bourg s’étend fortement et englobe les écarts les plus proches. La mairie, les écoles, un tramway se mettent en place.

Dans le bourg comme dans les écarts, les constructions du XIXe siècle affichent une architecture spécifique, qui met notamment en valeur la brique industrielle, utilisée pour les encadrements des ouvertures et parfois pour créer des décors, en particulier dans le bourg.

L’attractivité de la commune à l’époque contemporaine, dans la continuité du XIXe siècle

Le nord-est du bourg s’est largement développé à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, avec l’apparition de lotissements, témoignages de l’attractivité récente de la commune en raison de sa proximité avec Rennes. Si l’activité agricole reste présente, elle ne constitue plus l’activité principale de Chanteloup. En raison de sa localisation, Chanteloup pourrait aujourd’hui être qualifié de “village dortoir”, puisque la majorité des habitants y résidant ne travaillent pas sur la commune (82% d’actifs en 2022, seulement 9% travaillent sur la commune même, d’après un recensement de l’INSEE). Pour autant, elle reste dynamique, notamment avec la mise en place d’une médiathèque, d’un complexe sportif, et d’une maison médicale qui viennent compléter les équipements déjà présents.

Documents d'archives

Annexes

  • Etude d’inventaire sur le canton du Sel-de-Bretagne, 1971 :
Date(s) d'enquête : 1971; Date(s) de rédaction : 1971, 2026