Le lycée professionnel Emile James est l'héritier d'un centre d'apprentissage de garçons qui ouvre après la Seconde Guerre mondiale à Etel et forme aux métiers de l'ajustage, de la chaudronnerie et de l'électricité générale.
Il prend le nom d'Emile James en hommage à un instituteur morbihannais pionnier de l'enseignement maritime.
A la fin des années 1950, alors que l'établissement est à l'étroit, dans des bâtiments parfois construits par les professeurs et les élèves eux-mêmes, la construction d'un Collège d'Enseignement Technique (CET) neuf est décidée.
Cette réalisation est l’œuvre de 'l’architecte Yves Guillou, associé à la société de construction générale nommée Entreprise du Centre, basée à Lorient.
Pour faire face aux besoins exponentiels de constructions scolaires, la direction de l’équipement scolaire, universitaire et sportif (DESUS), créée au sein du ministère de l’Éducation nationale, fin 1956, teste, en 1959 "le secteur des opérations expérimentales". Il s'agit de trouver des constructeurs prêts à s'engager sur des prix plancher et des délais de construction serrés. Trois Collèges d'Enseignement Techniques sont construits cette année-là dans le cadre de ce programme, dont deux en Bretagne, à Etel et Pont-de-Buis, sous l'égide de l'Entreprise du Centre qui a développé un procédé de préfabrication appelé "Barrière-Hellégouarch". Ce procédé est issu de la collaboration entre le bureau d'études Barrière et le dirigeant de l'Entreprise du Centre, M. Hellégouarch.
La collaboration de cette société avec l'architecte Yves Guillou se poursuit, l'année suivante, pour le CET de Pontivy. Par la suite, de nombreux lycées, collèges et écoles, sont issus de cette coopération selon les mêmes principes de construction : leurs bâtiments se ressemblent comme deux goûtes d'eau, seul le plan de masse s'adapte à la parcelle, tandis que la taille des constructions diffère légèrement, en fonction du volume du programme pédagogique.
Le CET d'Etel est ainsi construit en six mois et accueille les élèves à partir de septembre 1959.
En 1963, l'expérience ételloise sert, en quelque sorte, de "carte de visite" à l'Entreprise du Centre pour convaincre les élus de Lorient de choisir le procédé industrialisé pour construire un lycée (un CES in fine), dans les quartiers nord de la ville. M. Hellégouarch développe, dans un courrier à l'adjoint au maire, le 6 novembre 1963 — lettre lue trois jours plus tard au Conseil municipal, par l'adjoint M. de Vitton :
" Le fait d'étudier et de construire un ensemble scolaire avec un procédé industrialisé peut permettre :
1°) de rester en dessous du prix plafond fixé par le Ministère de l’Éducation Nationale. Le rabais obtenu dans ces conditions excède largement la participation de la ville.
2°) La construction en procédé industrialisé permet une livraison des bâtiments dans des délais beaucoup plus courts en évitant des révisions de prix excessives.
3°) En adoptant cette solution, la ville garde le contrôle de l'opération et la propriété de l’établissement.
Je pourrais, éventuellement, vous faire visiter un important collège technique construit dans le Morbihan en 6 mois, pour un montant de travaux de 400 millions d'anciens francs avec un rabais de 18% (soit environ 78.000.000 d'AF) sur le prix plafond du Ministère de l’Éducation Nationale." Des photos du CET d'Etel sont jointes au courrier.
De premières extensions, puis une restructuration d'ampleur
Jusqu'en 2024-2025, le bâti originel n'a pas subi de grosses modifications.
Un foyer pour les élèves a été construit en 1993 (Christian Joliff, architecte). Il a reçu un bardage en bois et une nouvelle toiture en 2023-2024 (agence Archivolto, architecte).
Le service de restauration a été restructuré en 1997, avec création d'un abri pour la file d'attente des élèves (Philippe SInquin, architecte).
Un nouvel atelier, construit pour les métiers de l'entretien et de la réparation navale, a été agrandi, une première fois en 1989 (Maxime Joliff, architecte), puis une deuxième fois, en 2009 (Philippe Sinquin, architecte).
A partir de ces années-là, une grosse restructuration débute, avec la destruction du gymnase, de deux logements de fonction, une restructuration - extension d'ampleur. L'agence d'architecture Archipole a été choisie pour restructurer en profondeur le bâtiment le plus grand, abritant les services communs et l'internat et pour construire, sur la partie sud-ouest de la parcelle, anciennement occupée par un parking, un nouveau service de restauration et un internat — mutualisés avec le lycée maritime voisin. En 2026, ces travaux sont encore en cours.
Chargé d'études à l'Inventaire