Dossier d’œuvre architecture IA56132174 | Réalisé par
  • enquête thématique régionale, Lycées en Bretagne
Lycée professionnel Emile James (Etel)
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne
  • Commune Étel
  • Adresse 50 rue Emile James
  • Dénominations
    lycée

Le lycée professionnel Emile James est un des premiers exemples de construction scolaire industrialisée en Bretagne et même à l'échelle nationale.

L'Entreprise du Centre, implantée à Lorient, a en effet été une des premières à répondre, dès 1959, aux expérimentations du ministère de l'Education nationale, dans le cadre du "secteur des opérations expérimentales". Elle a développé un procédé de préfabrication nommé "Barrière-Hellégouarch" et s'est associée à l'architecte Yves Guillou (1915-2004). Cette équipe, composée d'un constructeur et d'un concepteur, construit cette même année, sur le même modèle, le CET de Pont-de-Buis (29), l'année suivante, celui-de Pontivy (56), en 1962, celui d'Auray (56) — sis sur la commune voisine de Brech...

A l'origine, le Collège d'Enseignement Technique d'Etel était doté d'un gymnase de type A à l'architecture remarquable. Il a été détruit en 2024. Les lycéens utilisent aujourd'hui le gymnase du Men Glas, mutualisé avec les élèves du lycée maritime voisin.

Le lycée est doté d'une décoration au titre du 1% artistique : un bas-relief du sculpteur Ulysse Gémignani (1906-1973).

Le lycée professionnel Emile James est l'héritier d'un centre d'apprentissage de garçons qui ouvre après la Seconde Guerre mondiale à Etel et forme aux métiers de l'ajustage, de la chaudronnerie et de l'électricité générale.

Il prend le nom d'Emile James en hommage à un instituteur morbihannais pionnier de l'enseignement maritime.

A la fin des années 1950, alors que l'établissement est à l'étroit, dans des bâtiments parfois construits par les professeurs et les élèves eux-mêmes, la construction d'un Collège d'Enseignement Technique (CET) neuf est décidée.

Cette réalisation est l’œuvre de 'l’architecte Yves Guillou, associé à la société de construction générale nommée Entreprise du Centre, basée à Lorient.

Pour faire face aux besoins exponentiels de constructions scolaires, la direction de l’équipement scolaire, universitaire et sportif (DESUS), créée au sein du ministère de l’Éducation nationale, fin 1956, teste, en 1959 "le secteur des opérations expérimentales". Il s'agit de trouver des constructeurs prêts à s'engager sur des prix plancher et des délais de construction serrés. Trois Collèges d'Enseignement Techniques sont construits cette année-là dans le cadre de ce programme, dont deux en Bretagne, à Etel et Pont-de-Buis, sous l'égide de l'Entreprise du Centre qui a développé un procédé de préfabrication appelé "Barrière-Hellégouarch". Ce procédé est issu de la collaboration entre le bureau d'études Barrière et le dirigeant de l'Entreprise du Centre, M. Hellégouarch.

La collaboration de cette société avec l'architecte Yves Guillou se poursuit, l'année suivante, pour le CET de Pontivy. Par la suite, de nombreux lycées, collèges et écoles, sont issus de cette coopération selon les mêmes principes de construction : leurs bâtiments se ressemblent comme deux goûtes d'eau, seul le plan de masse s'adapte à la parcelle, tandis que la taille des constructions diffère légèrement, en fonction du volume du programme pédagogique.

Le CET d'Etel est ainsi construit en six mois et accueille les élèves à partir de septembre 1959.

En 1963, l'expérience ételloise sert, en quelque sorte, de "carte de visite" à l'Entreprise du Centre pour convaincre les élus de Lorient de choisir le procédé industrialisé pour construire un lycée (un CES in fine), dans les quartiers nord de la ville. M. Hellégouarch développe, dans un courrier à l'adjoint au maire, le 6 novembre 1963 — lettre lue trois jours plus tard au Conseil municipal, par l'adjoint M. de Vitton :

" Le fait d'étudier et de construire un ensemble scolaire avec un procédé industrialisé peut permettre :

1°) de rester en dessous du prix plafond fixé par le Ministère de l’Éducation Nationale. Le rabais obtenu dans ces conditions excède largement la participation de la ville.

2°) La construction en procédé industrialisé permet une livraison des bâtiments dans des délais beaucoup plus courts en évitant des révisions de prix excessives.

3°) En adoptant cette solution, la ville garde le contrôle de l'opération et la propriété de l’établissement.

Je pourrais, éventuellement, vous faire visiter un important collège technique construit dans le Morbihan en 6 mois, pour un montant de travaux de 400 millions d'anciens francs avec un rabais de 18% (soit environ 78.000.000 d'AF) sur le prix plafond du Ministère de l’Éducation Nationale." Des photos du CET d'Etel sont jointes au courrier.

De premières extensions, puis une restructuration d'ampleur

Jusqu'en 2024-2025, le bâti originel n'a pas subi de grosses modifications.

Un foyer pour les élèves a été construit en 1993 (Christian Joliff, architecte). Il a reçu un bardage en bois et une nouvelle toiture en 2023-2024 (agence Archivolto, architecte).

Le service de restauration a été restructuré en 1997, avec création d'un abri pour la file d'attente des élèves (Philippe SInquin, architecte).

Un nouvel atelier, construit pour les métiers de l'entretien et de la réparation navale, a été agrandi, une première fois en 1989 (Maxime Joliff, architecte), puis une deuxième fois, en 2009 (Philippe Sinquin, architecte).

A partir de ces années-là, une grosse restructuration débute, avec la destruction du gymnase, de deux logements de fonction, une restructuration - extension d'ampleur. L'agence d'architecture Archipole a été choisie pour restructurer en profondeur le bâtiment le plus grand, abritant les services communs et l'internat et pour construire, sur la partie sud-ouest de la parcelle, anciennement occupée par un parking, un nouveau service de restauration et un internat — mutualisés avec le lycée maritime voisin. En 2026, ces travaux sont encore en cours.

Un contexte urbain maritime

Le lycée professionnel Émile James est implanté sur une parcelle d'environ 2,42 hectares, au nord-est de la commune d'Etel, sur une parcelle bordée par la rivière du Sac'h, au nord, et située à proximité de la rivière d'Etel. Son environnement est à dominante naturelle, maritime, pavillonnaire et administrative. Le CROSS-A et un lycée maritime et aquacole sont implantés à une centaine de mètres au sud-est.

Un plan de masse organisé, à l'origine, autour d'une vaste cour centrale

Le plan masse de 1959 organisait l'implantation des bâtiments autour d'une cour centrale et de terrains de sport. De part et d'autre de l'entrée se trouvent l'administration et l'externat, prolongé au nord par les ateliers. Des logements sont installés au nord-est. Les services communs et l'internat bordaient la parcelle à l'est tandis que le gymnase de type A était placé au sud. Un foyer et de nouveaux ateliers ont été construits ultérieurement dans la cour et en lieu et place des terrains de sports extérieurs. En 2024, le gymnase a été détruit.

Une architecture scolaire industrialisée, ponctuellement soignée.

Les bâtiments d'origine sont construits selon le procédé d'industrialisation.

L'administration (bâtiment A), l'externat (B), les ateliers (C), et le bâtiment regroupant l'internat (D), les services communs et la cuisine (E), sont construits selon le procédé industrialisé "Barrière-Hellégouarch". La structure est en béton armée, les façades enduites de ciment lisse, les charpentes métalliques sont à treillis de cornières. La trame de 1,75 m est répétée autant que de besoin pour obtenir le nombre de salles de classe et de chambres prescrit par le programme. Contrairement à la plupart des constructions industrialisées respectant ces normes, la toiture présente des versants suffisamment pentus pour être visible. La couverture est en ardoise. Des formes et un matériau symbolique de l'architecture d'Yves Guillou, à la fois moderne et régionaliste.

L’administration, de plan rectangulaire, comporte deux niveaux, avec des logements à l'étage

L'externat de plan rectangulaire qui se distingue par sa hauteur (un seul niveau) et son principe de desserte des classes par un couloir central.

Les ateliers sous sheds, précédés d'une galerie-préau, sont contigus à l'externat et positionnés à angle droit. Leur charpente est également métallique, en treillis de cornières.

Les services communs, réfectoires, infirmerie, lingerie, etc. forment avec l'internat un plan en double équerre de deux niveaux. L’internat est desservi par des couloirs centraux et des cages d'escalier dans œuvre. A son extrémité sud prennent place des logements de fonction. Le long de la façade arrière des services communs, en liaison directe avec le réfectoire, sont implantées les cuisines, de plan carré, éclairées en partie centrale par un lanternon. Des salles d'études occupent le retour d'équerre, entre les deux ailes.

Hormis le gymnase, dans ce paysage d'architecture industrialisée, la plus grande attention a été portée au traitement des entrées des bâtiments. Les travées, parées de pierres de granite soigneusement agencées, sont dessinées avec soin. Les baies des escaliers, de forme horizontale, sont en rupture avec les travées répétées des barres. L'entrée de l'administration a, de même, été très soignée par le biais de l'auvent et des escaliers extérieurs.

Une restructuration extension d'ampleur à partir de 2024

A partir de 2024, le gymnase est détruit. La barre des services communs et de l'internat est restructurée, afin d'être modernisée, de gagner en performance thermique. Le déplacement des réfectoires et cuisine permet d'y implanter un CDI, une infirmerie et une salle des professeurs. De nouveaux bâtiments sont construits pour accueillir le nouveau service de restauration, des logements de fonction et des locaux pour les agents, d'une part, et une salle d'activité, une salle de sport, une chaufferie et une unité dortoir d'autre part.

  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Statut de la propriété
    propriété de la région, Code : 0560008E

Documents d'archives

  • Archives départementales du Morbihan : 110 J 52 et 53. Plans du centre d'apprentissage de garçons d'Etel, 1959.

    Archives départementales du Morbihan : 110 J 52 et 53
  • Archives municipales de Lorient. Lycée de Keryado.

    Archives municipales de Lorient
  • Archives municipales d'Etel : Non coté. Dossiers des permis de construire.

    Archives municipales d'Etel : Non coté
  • Région Bretagne (Service des archives) : 209W156. Construction du foyer des élèves, 1990-1993.

    Région Bretagne (Service des archives) : 209W156

Bibliographie

  • BRANCHEREAU, Jean-Pierre, CROIX, Alain, GUYVARC'H, Didier, PANFILI, Didier. Dictionnaire des lycées publics de Bretagne. Geriadur liseoù publik Breizh. Histoire, culture, patrimoine, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012, 656 p.

  • Benoist Pierre, "La gestion des lycées et l'évolution de l'administration centrale (1944-1986)", in Lycées, lycéens, lycéennes, deux siècles d'histoire, Paris, Institut national de recherche pédagogique, 2005, pp. 443-457

  • Aleyda Resendiz-Vazquez. L’industrialisation du bâtiment : le cas de la préfabrication dans la construction scolaire en France (1951-1973). Architecture, aménagement de l’espace, thèse de doctorat en Histoire des Techniques et de l’Environnement, Conservatoire national des arts et métiers - CNAM, 2010, 468 p.

Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2019, 2026