Dossier d’œuvre architecture IA22013685 | Réalisé par
Prigent Guy
Prigent Guy

Chargé d'études au Conseil Général des Côtes d'Armor / Inventaire préliminaire des communes littorales

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L'Haridon Erwana (Contributeur)
L'Haridon Erwana

Chargée d'études d'Inventaire au Conseil Régional de Bretagne, Inventaire du patrimoine.

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  • inventaire préliminaire, Plérin-sur-Mer
  • enquête thématique régionale, Les ports de Bretagne
Phare et jetée de la Pointe-à-l'Aigle (Plérin-sur-Mer)
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Conseil général des Côtes-d'Armor

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Plérin-sur-Mer
  • Commune Plérin
  • Lieu-dit la Pointe-à-l'Aigle
  • Cadastre Domaine Public Maritime ; 2004 BY

En séance du 30 juin 1850, le conseil municipal de Plérin demande à l'Administration des Phares et Balises qu'un feu soit établi à l'extrémité du rocher de la Pointe-à-l'Aigle, à l'embouchure de la rivière du Gouët dans le but de rendre le port du Légué accessible à toute heure de la nuit et de permettre aux navires d'appareiller en toute sécurité. « La difficulté qu’éprouvent journellement les bateaux pêcheur du havre de Sous-la-Tour et plus encore les navires étrangers, à gagner pendant la nuit, l’embouchure de la rivière faute d’un point exacte de reconnaissance surtout pendant l’hiver. […] De nombreux sinistres ont lieu pendant l’obscurité au moment même où l’équipage se croyaient en sécurité. Il serait donc d’une très grande importance qu’un feu fut allumé à l’extrémité du rocher appelé la pointe de l’aigle. Le commerce et l’industrie locale en retireraient [des avantages]. » Il est noté que ce feu permettrait aussi d’orienter les pêcheurs à pied durant la nuit (extrait des délibérations du conseil municipal de Plérin, 30 juin 1850).

Depuis plusieurs années déjà, les capitaines et les armateurs se plaignaient d'un état de chose qui compromettait gravement les intérêts du commerce du Légué, et ce d'autant qu'il est dénombré, au port du Légué, en 1851, 400 navires qui importent houille, fer, bois et denrées. 30 navires sont armés pour la pêche à Terre-neuve pour 4 à 500 000 francs/an de rendement, pour un total de 5 387 tonneaux.

Le devis et le cahier des charges, datés du 29 novembre 1851, donnent les indications générales suivantes : « il sera établit à l’embouchure de la rivière  de Gouët, au lieu-dit la pointe à l’aigle, un fanal de quatrième ordre petit modèle, ayant pour objet  de servir d’amer aux navires et aux bateaux pêcheurs  qui se rendent de nuit au port du Légué.

Les ouvrages à exécuter comprendront :

1° la construction d’une petite jetée en maçonnerie terminée par un musoir circulaire

2° l’établissement au centre de ce musoir d’une tourelle destinée à supporter l’appareil d’éclairage."

Les plans, élévations et coupe du projet de phare sont dressés le 29 novembre 1851 par les ingénieurs des Ponts-et-chaussées Gayffrier et Camus. Le projet est estimé à 34 000 francs (travaux de déblais du rocher, maçonnerie et menuiserie). Pour la tourelle de 10.85 m et la jetée, la pierre de taille de granite proviendra de l’île longue. L'intérieur de la jetée sera en maçonnerie de schiste  à mortier de chaux hydraulique. La décision ministérielle du 27 mai 1852 approuve l'avis favorable de la Commission des Phares.

Les travaux sont mis en adjudication le 17 mars 1855. L'entreprise Le Gorgeu de Saint-Brieuc est adjudicataire et propriétaire d'une des carrières d'où proviennent les matériaux de construction. Tout au long des travaux, l'entreprise dénoncera des hausses de salaires conséquence de la concurrence des travaux du chemin de fer et la difficulté d'avoir la main d’œuvre disponible.

Le 7 novembre 1856 est envoyé au Légué le système d'allumage. Le 27 juin 1857 est allumé pour la première fois le feu du phare de la pointe de l'Aigle (9m de portée) puis de façon régulière à partir du 1er août 1857. Ce qui est signifié aux navigateurs le 9 juillet 1857. Le coût des travaux est de 22 584 francs. Le procès verbal de réception des travaux est daté du 23 décembre 1857.

Associé au fonctionnement du feu, le magasin dédié à la conservation des huiles et du matériel en cours de construction en juin 1857. L'autorisation de sa construction est relativement tardive dans la programmation des travaux puisqu'elle n'advient que le 3 mars 1857. En 1894, est proposé, par les ingénieurs Thiébaut et Guillemoto, une modification du bureau, de magasin aux huiles et la création de lieux d'aisance. (Erwana L'Haridon, inventaire des ports de Bretagne, 2026)

La jetée et la balustrade menant au phare de la Pointe-à-l'Aigle furent réalisés en 1855. Le premier feu, fanal de 4ème ordre, installé à la Pointe-à-l'Aigle, fut allumé le 1er avril 1857. En 1925, le feu fixe blanc alimenté à l'huile minérale fut remplacé par un feu vert alimenté par l'électricité. Des bouées de balisage flottant furent installées par la suite pour matérialiser le chenal d'accès au port du Légué (très sinueux). Deux feux de couleur verte signalent l'entrée du port, l'un sur la Pointe-à-l'Aigle, le second à la cale de la Douane. Le phare était surveillé dans la 2ème moitié du 20ème siècle par Madame Boutolo et sa remplaçante auxiliaire Madame Denise Guégan. (Guy Prigent, inventaire des communes littorales des Côtes d'Armor, 2008)

La jetée menant au phare a été construite avec une maçonnerie en granite (pierre de taille), dont le musoir circulaire reçoit la tourelle aux formes évasées à la base. La digue mesure 18 mètres de longueur avec un largeur de 2, 80 mètres. Elle se compose d'un empattement de fondation, d'un massif ou corps principal surmonté du côté du large d'un parapet de 0, 90 mètres de hauteur.

Le phare a la forme d'une tourelle cylindrique, surmontée d'une plateforme entourée d'une balustrade en bronze, sur laquelle repose la lanterne contenant l'appareil d'éclairage.

La tour est construite en pierre de taille (granite), avec plusieurs ouvertures au Sud. Le mur Nord Ouest du phare est peint de couleur blanche alors que le mur Sud-Est montre les pierres apparentes. La hauteur de la tour au-dessus du niveau de la jetée est de 13, 50 mètres. L'embase cylindrique de la tourelle a 3 mètres de diamètre. La qualité de la construction est remarquable, avec encorbellements et pierre de taille pour l'ensemble de l'édifice (granite de l'Île-Grande).

  • Murs
    • granite
    • pierre de taille
  • Typologies
    typologie des phares tours
  • État de conservation
    bon état
  • Techniques
    • maçonnerie
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Le phare de la Pointe-à-l'Aigle est à signaler comme oeuvre architecturale, représentative de la signalisation maritime monumentale du 19ème siècle.

Bibliographie

  • AMICEL, Corinne. Inventaire des phares et fanaux des Côtes d'Armor. Rennes 2 : Université de Haute Bretagne, maîtrise d'histoire, sous la direction de Jean-Yves Andrieux, 1995.

  • FICHOU, Jean-Christophe, LE HENAFF, Noël, MEVEL, Xavier. Phares, histoire du balisage et de l´éclairage des côtes de France. Douarnenez : Editions Le Chasse-Marée / Ar Men, 1999.

  • PRIGENT, Guy. Phares et Balises. Rennes : Editions Apogée, 2002.

Documents figurés

  • Archives départementales des Côtes d'Armor. S supp. 586. Fanal de la Pointe à l'Aigle. Etablissement d'un feu de 4ème ordre à l'embouchure du Gouët, à la Pointe à l'Aigle. Construction. Documents de 1850 à 1868.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : S supplément 586

Annexes

  • Le système de balisage du port du Légué
  • Ressources et cotes
Date(s) d'enquête : 2008; Date(s) de rédaction : 2009, 2026
(c) Région Bretagne
(c) Conseil général des Côtes-d'Armor
Prigent Guy
Prigent Guy

Chargé d'études au Conseil Général des Côtes d'Armor / Inventaire préliminaire des communes littorales

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L'Haridon Erwana
L'Haridon Erwana

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