Dossier d’œuvre architecture IA29001785 | Réalisé par
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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  • enquête thématique régionale, Inventaire des fortifications littorales de Bretagne
  • enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
Caserne de Sourdis, Route de Quélern (Roscanvel)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général, ADAGP

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne - Crozon
  • Commune Roscanvel
  • Lieu-dit Route de Quélern
  • Adresse
  • Cadastre AK 113
  • Dénominations
    caserne
  • Appellations
    Caserne Sourdis

Située sur un terrain militaire, la caserne de Sourrdis est interdite d’accès.

La caserne de Sourdis est visible depuis la route de Quélern ou depuis la rade de Brest. C’est un édifice logistique qui marque fortement le paysage par son important volume. Son caractère remarquable se trouve dans son élévation ordonnancée dans la lignée les casernes à la Vauban. Elle comprend deux cellules : sa capacité est de 407 hommes selon l’Atlas de 1846. Pour faire simple : chaque "cellule" dispose d’une porte axiale donnant sur un vestibule desservant l’escalier et les chambrées latérales ; chambrée de soldats se trouvant sous le contrôle d’une chambre de sous-officiers). Les cellules peuvent être empilées sur plusieurs niveaux, ici la caserne en compte quatre.

Son nom viendrait de la famille de la noblesse d'Escoubleau de Sourdis (Henri d'Escoubleau de Sourdis, 1593-1645, homme d'Église et officier de marine sous Richelieu ?).

Créé en 2004, ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été mis à jour en 2026 dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires porté par la Région Bretagne. Il a notamment bénéficié des travaux de Philippe Truttmann (1934-2007 ; lieutenant-colonel du Génie, spécialiste de l’architecture militaire). Ces contenus ont fait l’objet en 2011 d'une publication intitulée "Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal".

Selon l’Atlas militaire de 1846, la caserne de Sourdis est réputée construite entre 1793 et 1826 : elle est désignée comme la "caserne neuve A". Elle est située à proximité de l’emplacement du camp militaire figurant sur le plan de l’ingénieur Traverse de janvier 1699.

C’est une caserne d’infanterie destinée à un effectif de 407 hommes pouvant être porté en cas d’urgence à 500 hommes en utilisant le grenier.

Seule la moitié de la caserne a été construite comme l’atteste l’Atlas de 1846 : chaînage, pignon nord et élément de la façade en attente figurant sur le plan.

Des cartes postales ancienne montre la présence d’un cartouche en granite - pour un nom, un millésime ? - au centre du bâtiment, juste au-dessus du bandeau marquant le premier étage. Il est couvert par un enduit sur la photographie de 1971.

Les pignons nord et sud de la caserne ont été percés après 1846, date de réalisation de l’Atlas.

Selon le cadastre parcellaire, la caserne a été agrandie après 1971, date de la couverture photographique de l’Inventaire général.

  • Période(s)
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 20e siècle
  • Dates
    • 1793, daté par source
    • 1826, daté par travaux historiques

La caserne de Sourdis est située à l’est des lignes de Quélern, face à la rade de Brest. En cas de bombardement naval, elle était totalement défilée depuis l’ouest ou le sud, mais restait vulnérable en cas de forcement du goulet de Brest par une flotte ennemie. Elle permet en outre aux soldats de se rendre rapidement en cas d'attaque à la porte de Crozon ou sur les lignes de Quélern.

La caserne s’insère sur un terrain aplani de plan rectangulaire situé à une vingtaine de mètres au-dessus du niveau de la mer, soutenu à l’est par un mur sur lequel est implanté un bâtiment faisant latrines. Elle dispose d’un accès à la grève et à la fontaine de Quélern (un "réservoir" de 48 m3, construit en 1828, est mentionné à proximité sur l’Atlas de 1846). Plus trad sera construit une cale.

De plan rectangulaire, à élévation ordonnancée de type ternaire (ici à deux cellules), disposant d’ouvertures identiques à l’est et à l’ouest, la caserne est construite en maçonnerie enduite avec soubassement, chaîne d’angle sud, ouvertures, bandeaux, corniche, souches de cheminées (trois selon l’Atlas de 1846 pour six conduits) et rampant sud en pierre de taille de granite.

Elle comprend cinq niveaux (deux étages et deux étages de combles) : les quatre premiers niveaux sont soulignés par un soubassement et un bandeau de pierre ; une corniche régnant en sus sous l’égout de toit.

La couverture est à deux pans en ardoise avec pignon découvert en gradin au sud (le bâtiment est resté inachevé : le pignon nord était en fait le mur de refend). Elle est percée à l’origine de vingt-quatre lucarnes en deux rangées éclairant les deux étages de combles (le dernier niveau sert de grenier ; ses lucarnes sont de gabarit réduit).

Selon l’Atlas de 1846, la caserne comprend un corps de garde, sept chambres de sous-officiers et seize chambrées de soldats contenant chacune 27 lits (soit une capacité de 432 hommes). Chaque chambrée de soldat dispose d’une fenêtre à chaque extrémité (est et ouest).

Les quatre étages - planchéiés - sont desservis par deux escaliers rampe sur rampe avec palier. Seul le rez-de-chaussée de la caserne est doté de cheminée.

En appentis sur le pignon nord, se trouvent les cuisines.

  • Murs
    • maçonnerie enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    rez-de-chaussée, 2 étages carrés, 2 étages de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à deux pans pignon découvert
  • État de conservation
    remanié, restauré
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat, parcelles appartenant au ministère des Armées
  • Intérêt de l'œuvre
    vestiges de guerre, à signaler
  • Éléments remarquables
    caserne

Documents d'archives

  • Atlas des bâtiments militaires des places de France : Brest, 1846.

    https://recherche.archives.finistere.fr/archives/show/FRAD029_0000009FI_FRAD029_0000009FI_de-3

    Archives départementales du Finistère : 9 Fi 3/1-31

Bibliographie

  • TRUTTMANN, Philippe. "Architecture militaire" In CALVEZ, Louis (dir.) La Presqu´île de Crozon : histoire, art, nature. Paris : Nouvelle Librairie de France, 1975.

  • FRIJNS, Marco, MALCHAIR, Luc, MOULINS, Jean-Jacques, PUELINCKX, Jean. Index de la fortification française. Métropole et Outre-mer. 1874-1914. Vottem (Belgique) : autoédition, 2008, 832 p.

  • LÉCUILLIER, Guillaume (dir.), BESSELIÈVRE, Jean-Yves, BOULAIRE, Alain, CADIOU, Didier, CORVISIER, Christian, JADÉ, Patrick. Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes : éditions Presses Universitaires de Rennes, collection Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

Périodiques

  • COLLECTIF. DOSSIER : Roscanvel. La bataille de la pointe des Espagnols. Pique-niques à Roscanvel. Les lignes de Quélern. Avel Gornog, Histoire, nature et vie en presqu'île de Crozon, n° 13, 2005.

  • BESSELIÈVRE, Jean-Yves. "Les lignes de Quélern (17e-20e siècles)" in DOSSIER : Roscanvel. La bataille de la pointe des Espagnols. Pique-niques à Roscanvel. Les lignes de Quélern. Avel Gornog, Histoire, nature et vie en presqu'île de Crozon, n° 13, 2005.

  • COLLECTIF. DOSSIER : De Quélern à Rostellec. La Tour Vauban. Avel Gornog, Histoire, nature et vie en presqu'île de Crozon, n° 28, 2019.

Documents figurés

  • Vue de situation de la caserne Sourdis, vers 1950-1960, carte postale (éditions Rema).

    https://recherche.archives.finistere.fr/viewer/viewer/medias/collections/FI/0027FI/FRAD029_27FI_02161.jpg

    Archives départementales du Finistère : 27 Fi 02161
  • Vue générale de la caserne Sourdis depuis le nord-nord-est : élévation principale orientée vers l'est, carte postale (série : Toute la Bretagne, 828 - Quélern - pavillon de Sourdis). En arrière-plan, deux autres bâtiments militaires.

    Archives départementales du Finistère : 2 Fi 238_003
  • Vue de la caserne Sourdis depuis le sud-est : élévation principale orientée vers l'est, carte postale (éditions Jos).

    Archives départementales du Finistère : 2 Fi 238_002

Annexes

  • La caserne Sourdis par Philippe Truttmann (1934-2007 ; lieutenant-colonel du Génie, spécialiste de l’architecture militaire), septembre 1972
  • L'architecture du quotidien et la vie de garnison par Guillaume Lécuillier in La Place forte de Mont-Dauphin, 2007
  • Iconographie
Date(s) d'enquête : 2004; Date(s) de rédaction : 2004, 2026
(c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne
(c) Région Bretagne
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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