Dossier d’œuvre architecture IA29001325 | Réalisé par
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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  • enquête thématique régionale, Inventaire des fortifications littorales de Bretagne
  • enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
Fort de Quélern dit réduit de Quélern (Roscanvel)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général, ADAGP

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne - Crozon
  • Commune Roscanvel
  • Lieu-dit Quélern
  • Cadastre OE 367 réduit du 19e siècle et vestiges vaubaniens des retranchements et demi-lune
  • Dénominations
    fort, réduit
  • Appellations
    Réduit de Quélern

Situé sur un terrain militaire, le fort dit réduit de Quélern est interdit d’accès.

Le fort de Quélern est construit de 1852 à 1856 sur les plans quelque peu modifiés du fort de Vauban. Les anciens retranchements vaubaniens apparaissaient encore à l’ouest de ce dernier. Tout porte à croire que le fort de Quélern - terrain militaire actif - conserve des éléments plus anciens : demi-lune, chemin couvert avec places d’armes, traverses et bastions sud.

Créé en 2002, ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été mis à jour en 2026 dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires porté par la Région Bretagne. Il a notamment bénéficié des travaux de Philippe Truttmann (1934-2007 ; lieutenant-colonel du Génie, spécialiste de l’architecture militaire). Ces contenus ont fait l’objet en 2011 d'une publication intitulée "Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal".

Le réduit de Quélern

L'ouvrage situé au sommet du plateau de Quélern à 50 m au-dessus du niveau de la mer affecte la forme d´un rectangle bastionné dont Vauban avait dressé le plan dès 1694 (quoique ce dernier fût de forme carrée et l´entrée au nord). Il est resté inachevé à l´exception du front sud qui avait été intégré au retranchement vaubanien. Programmé en 1847, le réduit, d´une capacité de 621 soldats, a été finalement construit de 1852 à 1856 sur des plans s'approchant de ceux des forts mis en oeuvre à Houat et Hoëdic. Le pied de l´escarpe a été directement fondé sur le massif rocheux.

Après avoir traversé successivement le glacis, le chemin couvert, la place d'armes et franchi le fossé sec, on pénètre dans le réduit par la porte monumentale (à pont-levis "à la Poncelet") datée de 1854. De part et d'autre du passage voûté se trouvent deux corps de garde. Face à l´entrée se dresse la caserne Mesmond casematée à deux niveaux habitables (rez-de-chaussée et sous-sol) et dans la cour au sud un magasin à poudre d'une capacité de 45 t daté de 1853 (un second magasin à poudre dit, "de la Gauche des lignes", construit en 1857, est visible à l´extérieur de l´enceinte militaire entre le réduit et la caserne Sourdis). Au sommet de l´escarpe, un important rempart de terre de 3 m d´épaisseur protège l'intérieur de la cour tout en permettant l´accès à la banquette de tir et au chemin de ronde protégé par le parapet. En 1870, 58 pièces d´artillerie dont 8 mortiers composent l´armement du réduit et des lignes de Quélern. Une partie de cet armement était destinée à être disposée sur les terre-pleins intérieurs des deux bastions sud accessibles par une poterne ; des embrasures sont également visibles dans le parapet au nord (entourées de créneaux de fusillade de type archère). Un magasin à poudre enterré modèle 1874 - aujourd’hui détruit - est également bâti vers 1879. Deux batteries de côte aménagées dans la décennie 1880 (chronogramme 1883-1884) complètent le dispositif à l´extérieur du fort : il s´agit de la batterie de la Droite des lignes de Quélern (canons de 24 cm de calibre) et de la batterie de Tremet (canons de 19 cm puis 24 cm à tir rapide) accompagnées chacune de leur batterie annexe (4 canons de 95 mm).

Des communards ont été internés au réduit de Roscanvel, sur l´île Trébéron et dans des pontons flottants mouillés en rade de Brest dès juin 1871. Élisée Reclus y fera un bref séjour : "la besogne de l´interrogatoire avance un peu ; sur mille captifs que nous sommes à Quélern, plus de deux cents ont subi leur examen ; un seul a été libéré, par ordonnance de non-lieu, je suppose". Parmi eux se trouvent également des hommes et femmes qui ont participé aux insurrections de 1870-1871 en Algérie.

Dépôt de munitions et de matériels pour l'Allemagne nazie, l´ancien réduit codé "C 1" était défendu par une batterie antiaérienne composée de quatre canons de 7,5 cm en remplacement de celle que les Français avaient sabotée en juin 1940. Les fortifications de Quélern intégrées dans le dispositif défensif allemand sont numérotées de C 36 (à l´est) à C 39 (à l´ouest) ; on y compte deux bunkers-casemates bétonnées (dont une de type 671 défendant l'anse de Camaret) et une quarantaine d'emplacements de mitrailleuse. L´ensemble de la position a été fortement bombardé par l´aviation alliée le 3 septembre 1944 : un déluge de feu s´abat sur la fortification et le casernement est touché de plein fouet. La porte de Camaret et la poterne est, dite porte de Crozon, sont également détruites. Les lignes de Quélern, tenues par des troupes de parachutistes allemands, tombent finalement le 19 septembre et le General der Fallschirmtruppe Ramcke, commandant de la Festung Brest, réfugié dans le magasin à poudre sous roc de la batterie des Capucins, se rend aux troupes américaines.

Entre 1964 et 1986, le réduit et les lignes toutes proches sont utilisés comme terrains d´entraînement par les soldats du Centre d´entraînement commandos de Quélern. De cette période subsistent encore quatre engins blindés de reconnaissance Panhard équipés de canon de 90 mm ; un cinquième blindé est visible à proximité de la batterie haute de Robert. Aujourd’hui, le réduit de Quélern abrite le Centre parachutiste entraînement opérations maritimes, qui est le service Action de la direction générale de la Sécurité extérieure.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011 ; mise à jour 2026)

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 17e siècle, 3e quart 19e siècle
    • Secondaire : 2e moitié 20e siècle, 1er quart 21e siècle
  • Dates
    • 1694, daté par source, porte la date
    • 1852, daté par source
    • 1853, daté par source, porte la date
    • 1854, daté par source, porte la date
    • 1855, daté par source
  • Auteur(s)

L’état actuel du fort de Quélern n’est pas connu.

  • Murs
    • granite maçonnerie
    • gneiss
  • Toits
    terre en couverture, pierre en couverture
  • Plans
    système bastionné
  • Couvertures
    • terrasse
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat, parcelle appartenant au ministère des Armées
  • Intérêt de l'œuvre
    vestiges de guerre, à signaler
  • Éléments remarquables
    réduit
  • Sites de protection
    site classé
  • Précisions sur la protection

    Site classé par arrêté du 16 janvier 1978.

Site classé en 1978 au titre de la loi du 2 mai 1930 sur la protection des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général.

Bibliographie

  • PETER (J), préface de Jean Meyer, Vauban et Brest. Dossier. Une stratégie modèle de défense portuaire, 1683-1704, Paris, Economica et Institut de Stratégie Comparée, 1998, 320 p.

    p. 277-281
  • JADÉ, Patrick. "Les ouvrages de fortification littorale du port de Brest - 1872-1917. La défense des côtes en France à l'âge industriel". Mémoire de maîtrise d'Histoire Contemporaine de l´Université de Bretagne Occidentale, sous la dir. de M.-T. Cloître, 2004, 293 p. et 141 p.

  • FRIJNS, Marco, MALCHAIR, Luc, MOULINS, Jean-Jacques, PUELINCKX, Jean. Index de la fortification française. Métropole et Outre-mer. 1874-1914. Vottem (Belgique) : autoédition, 2008, 832 p.

  • LÉCUILLIER, Guillaume (dir.), BESSELIÈVRE, Jean-Yves, BOULAIRE, Alain, CADIOU, Didier, CORVISIER, Christian, JADÉ, Patrick. Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes : éditions Presses Universitaires de Rennes, collection Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

Périodiques

  • LÉCUILLIER, Guillaume. "Quand l'ennemi venait de la mer. Les fortifications littorales en Bretagne de 1683 à 1783". Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, 114-4, 2007.

    https://journals.openedition.org/abpo/473

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • COLLECTIF. DOSSIER : Roscanvel. La bataille de la pointe des Espagnols. Pique-niques à Roscanvel. Les lignes de Quélern. Avel Gornog, Histoire, nature et vie en presqu'île de Crozon, n° 13, 2005.

  • BESSELIÈVRE, Jean-Yves. "Les lignes de Quélern (17e-20e siècles)" in DOSSIER : Roscanvel. La bataille de la pointe des Espagnols. Pique-niques à Roscanvel. Les lignes de Quélern. Avel Gornog, Histoire, nature et vie en presqu'île de Crozon, n° 13, 2005.

  • BUREL, Marcel. "Communards et insurgés kabyles à Quélern (1871-1874)" in DOSSIER : Tal-ar-Groas. Avel Gornog, Histoire, nature et vie en presqu'île de Crozon, n° 24, 2015.

  • COLLECTIF. DOSSIER : De Quélern à Rostellec. La Tour Vauban. Avel Gornog, Histoire, nature et vie en presqu'île de Crozon, n° 28, 2019.

  • JADÉ, Patrick. "Le fort de Quélern" in DOSSIER : De Quélern à Rostellec. La Tour Vauban. Avel Gornog, Histoire, nature et vie en presqu'île de Crozon, n° 28, 2019.

Documents multimédia

  • MALCHAIR, Luc, FRIJNS, Marco, MOULINS, Jean-Jacques, PUELINCKX, Jean. "Index de la fortification française 1874-1914 - Fortiff.be".

    https://fortif.be

Annexes

  • Les ouvrages de Quélern par Philippe Truttmann (1934-2007 ; lieutenant-colonel du Génie, spécialiste de l’architecture militaire), septembre 1972
  • Le réduit de Quélern par Philippe Truttmann (1934-2007 ; lieutenant-colonel du Génie, spécialiste de l’architecture militaire), septembre 1972
  • Iconographie
Date(s) d'enquête : 2002; Date(s) de rédaction : 2002, 2026
(c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne
(c) Région Bretagne
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

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