Dossier d’œuvre architecture IA29001339 | Réalisé par
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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  • enquête thématique régionale, Inventaire des fortifications littorales de Bretagne
  • enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
Fort du Mengant (Plouzané)
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Inventaire général, ADAGP

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne - Brest-Plouzané
  • Commune Plouzané
  • Lieu-dit Le Mengant
  • Cadastre OH 736
  • Dénominations
    fort
  • Appellations
    Batterie de Léon, Batterie du Mengant

Le fort du Mengant appartient au ministère des Armées : il n’est pas accessible, mais demeure visible depuis le sentier côtier et la mer.

Imaginé en 1683 par Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), alors Commissaire général des fortifications, pour la défense du goulet de Brest, le fort du Mengant est construit de 1684 à 1687 sous la direction de l’ingénieur Paul-Louis Mollart (1649-1713).

Le goulet, bras de mer long de 6 km et large a minima de 2 km, est le seul accès maritime de la rade de Brest. Deux passes permettent aux navires de naviguer sans encombre dans le goulet : "la passe des vaisseaux du côté de Léon" (nord du goulet) ou "côté de Cornouaille" (sud du goulet) pour éviter les roches (d’ouest en est : Mengant, la Basse Goudron et les Fillettes) qui "divisent la passe des navires et les obligent à ranger la côte d’un côté ou d’autre et par conséquent s’approcher de l’une de ces batteries" (Vauban, Projet général pour la défense de Brest, mai 1683).

Nommé à l’origine "batterie de Léon", en référence au diocèse de Léon sur la côte duquel il est situé, le fort se compose d’une batterie d’artillerie basse et d’une batterie haute reliées par des branches tombantes et défendues par une tour en cas d'attaque terrestre (détruite après la Seconde Guerre mondiale). Il est ensuite nommé "fort du Mengant" en référence à la roche Mengam située au milieu du goulet de Brest. De l'autre côté du goulet se trouve la batterie de Cornouaille en référence au diocèse de Cornouaille (à lire en annexe : Vauban dans le goulet de Brest ou "comment faire du goulet une véritable barrière de feu").

En raison de son emplacement stratégique, l'armement du fort du Mengant ne cesse d'évoluer de la fin du 17e siècle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Deux nouvelles batteries d'artillerie sont également aménagées ex nihilo dans le ravin du Mengant et à Quillihouarn dans le dernier quart du 19e siècle.

A partir de 1964, le fort sert de lieu d’expérimentation dans le domaine de la radiodétection : une rampe-funiculaire est construite pour transporter les équipements de la mer au bâtiment d’essai implanté sur la hauteur (déconstruit). Ce centre d'essai fonctionnait en relation avec un pylône, puis une tour élevée à Kerdalaez à l'est.

En raison de son exemplarité en termes d'adaptation aux évolutions dans l'art militaire, de l'exceptionnelle qualité de sa conception et de sa mise en œuvre, le fort du Mengant est classé au titre des Monuments historiques depuis le 21 janvier 2014. Cette protection comprend la totalité du fort : batteries d’artillerie haute et basse, branches tombantes, poste expérimental lance-torpilles, môle pour les torpilleurs, batterie d’artillerie du ravin du Mengant, rampe du funiculaire et digue (voir l’arrêté de protection).

Créé en 2002, ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été mis à jour en 2026 dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires porté par la Région Bretagne. Il a notamment bénéficié de l’expertise de Patrick Jadé, président de l’association "1846, la fortification du 19e siècle, connaître et partager" et des connaissances des membres de l'association Les Vigies du Minou. Ces contenus ont fait l’objet en 2011 d'une publication intitulée "Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal".

Le site du fort du Mengant est géré par le commandant en chef pour l'Atlantique (CECLANT). Le fort a fait l’objet d'une couverture photographique sous le contrôle du ministère de la Défense. La dernière ouverture au public du fort du Mengant remonte à 2009 dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Des travaux de consolidation ont été réalisés en 2015 sur la batterie basse ; des travaux similaires sont en cours en mars 2026.

Un projet de fortification de l'ingénieur Sébastien Le Prestre de Vauban

La grande batterie du Léon (aujourd’hui nommée fort du Mengant) a été construite de 1684 à 1687 sur une plate-forme artificielle avançant dans la mer. Le chantier est dirigé par l’ingénieur Paul-Louis Mollart (1649-1713) qui contrôle les travaux des entrepreneurs adjudicataires. Différents plans nous renseignent sur l’avancement des travaux : escarpement de la falaise, premières fondations de trois à quatre assises de pierres de taille "fondée par ressauts sur les rochers", creusement du fossé de la redoute (1684), contreforts de l’escarpe et "escarpe élevée jusqu’au cordon", définition de l’orientation des embrasures par l’ingénieur et de la hauteur du revêtement au-dessus des plus hautes marées (1685-1686), parapet et remplissage du terre-plein, finitions et écoulement des eaux (1687).

"Les plans et profils de celle-ci [la batterie du Léon] feront voir à votre Majesté en quoi doit consister sa fortification, qui ne sera autre qu’un petit camp assez bien retranché pour ne pouvoir être pris d’emblée, ce qui donnera loisir de prendre le parti que l’on voudra. Le Mengant ou batterie de Léon est déjà fermé par une muraille, et son derrière gardé par une redoute de maçonnerie à mâchicoulis, qui serait de très peu de résistance contre du canon à terre ; les deux communications ne sont point terrassées et n’ont que peu de fossé, non plus que la redoute ; les montagnes (A-B) plongent tellement sa batterie basse qu’il y serait impossible de pouvoir y demeurer si l’ennemi s’en était emparé ; on y remédiera, si votre Majesté l’agrée, pour occuper toute la hauteur (A) d’un ouvrage couronné et, à l’égard de l’autre (B), on trouvera moyen de garantir ladite batterie par la manière de placer les bâtiments dont elle a besoin et par y ajouter quelques traverses […]. Il y a 50 et 4 pièces dans les deux batteries du Mengant dont les moindres sont de 18 livres de balle et les plus grosses de 36 et de 24", Vauban, 15 juillet 1695.

Au Mengant, il existait aussi une tour faisant réduit sur la hauteur et flanquant l’angle nord-ouest de la batterie haute. Contrairement aux tours de Houat et Hoëdic, la tour du Mengant est de plan carré. D’une hauteur approximative de 15 m, elle comportait trois niveaux (plus combles) divisés par un mur de refend. L’entrée principale était aménagée au deuxième niveau (premier étage). Chaque niveau était percé de créneaux de mousqueterie et le troisième niveau doté de mâchicoulis. La tour dominait et protégeait deux bâtiments établis en arrière de la batterie haute en "V" (armée de 10 pièces d’artillerie) : les halles pour les affûts à canon qui servent aussi de corps de garde, les logements des canonniers et des officiers faisant aussi office de magasin à poudre. Cette tour est achevée en 1687 tandis qu’est terminé le parapet de la batterie basse. Les officiers étaient également logés dans une caserne spécifique implantée dans l’anse du Mengant à l’abri derrière la falaise... Afin de protéger l’ouvrage du côté de la terre, Vauban propose en 1695 de transformer la batterie en fort en la dotant d’un front bastionné. En période de guerre, la batterie basse était armée de quarante canons de marine en embrasure servie par plus de cinq cents hommes : officiers, canonniers, matelots et miliciens.

Le parapet de la batterie basse, autrefois enduit, était doté à l’origine de quarante embrasures mais seules trente apparaissent en 1807 sur les relevés destinés à la construction du plan-relief de Brest. La batterie du Mengant comporte un défaut qui semble récurrent au fil des siècles : la partie ouest du parapet, embrasures comprises et terre-plein, est victime "des coups de mer".

Pour remédier au problème, l’ingénieur Isaac Robelin (166...-1728) projette en 1722 de la surélever. Sur un plan datable du troisième quart du 18e siècle, cette partie du parapet est dite "à barbette", c’est-à-dire sans embrasure, alors que dans le reste de la batterie basse du Mengant les canons sont toujours disposés - comme à l’origine - en embrasure. Les ingénieurs militaires distinguent le tir lointain à barbette, vers l’ouest et le large, du tir rasant à couler dirigé vers le goulet. Tout en protégeant la batterie des vagues venant du large, cette disposition permet d’éviter le tir en enfilade, ce que souhaitait déjà Vauban en 1695 par la réalisation de "traverses" ou de "quelque chose d’approchant". La partie ouest de la batterie aujourd’hui totalement ruinée - mais "stabilisée" par un important travail de bétonnage dans les années 1970 et 2015 - a été remaniée au niveau du parapet comme en témoigne l’arrêt du cordon.

En 1791, la batterie basse est toujours armée de quarante pièces tandis que la batterie haute dispose de quatre mortiers pour dix emplacements. Deux fourneaux à réverbères sont construits pendant les Guerres révolutionnaires (Jadé, 2019). Sur les huit bâtiments construits sur le terre-plein de la batterie basse (casernes et magasins) en 1807, trois bâtiments en alignement orientés est-ouest (corps de garde, remise et magasin à poudre) et adossés à la falaise, subsistent. Le plus remarquable, situé à l’extrémité est, consiste en un bâtiment couvert à deux pans à coyaux en ardoises et renseigné en 1696 comme "logements des canonniers, halle et corps de garde". Deux "branches tombantes" - murs d’enceinte percés de créneaux de mousqueterie et escaliers en parallèle - ferment les flancs à l’est et à l’ouest. Deux pont-levis à flèches permettaient d’accéder aux batteries haute et basse. Un magasin à poudre a été aménagé dès la fin du 17e siècle dans la falaise.

De nouvelles implantations aux 19e et au 20e siècles

En 1831, trente embrasures de la batterie basse sont bouchées afin de permettre le tir à barbette (Jadé, 2019).

Dans les années 1840, une grande traverse est construite entre la batterie haute et la batterie basse afin de défiler les escaliers de jonction et les branches tombantes tandis que que les glacis sont rectifiés (Jadé, 2019).

En 1858, les batteries haute et basse sont armées de quatorze canons de 30 livres de balle modèle 1840 sur affût pivotant et quatorze obusiers de 22 cm modèle 1827 sur affût de fer pivotant.

Quatorze canons de 30 livres rayés et quatre obusiers de 22 cm lisses sont mentionnés en 1867 (Jadé, 2019).

Quatre canons de marine de 19 cm modèle 1864-66 à chargement par la culasse sont installés en 1874 (Jadé, 2019).

En 1873-1874 est implanté légèrement à l'est du fort du Mengant, un poste lance-torpilles expérimental.

En 1877-1878, un môle est construit pour permettre le mouillage de canots porte-torpilles dans la petite anse du Mengant.

En 1885-1886 est construite au fond de l’anse, dans le ravin du Mengant, une batterie de rupture à ciel ouvert composée de quatre canons de de 32 cm de calibre modèle 1870-81. Le poste télémétrique est construit en 1897 au sommet de la côte immédiatement à l'est de l'anse du Mengant (Jadé, 2019).

Dans le dernier quart du 19e siècle, le fort du Mengant connaît encore quelques bouleversements du fait de l’implantation d’un poste de projecteur photo-électrique de 90 cm de diamètre (installé dès 1888 ; l'abri-usine est situé dans l'ancien magasin à poudre) ainsi que de quatre canons de 47 mm modèle 1885 à tir rapide sur la batterie basse et six canons de 100 mm à tir rapide sur la batterie haute pour lutter contre les torpilleurs (Jadé, 2019).

Plus haut sur la falaise, à l’est du fort vers le hameau de Quillihouarn, six canons de 100 mm sont implantés en 1896-1897 et servent de batterie annexe ; les sous-sellettes d’affût sont toujours en place.

A une date indéterminée (depuis 1917 au moins) est implantée sur la partie haute du fort une station de télégraphie sans fil (Association Les Vigies du Minou. Patrick Meyer, 2023).

Une section de quatre mitrailleuse est installée en 1928 (Julien Hily, 2024).

En 1940, la batterie basse est armée de deux canons de 75 mm (les emplacements sont localisés ici ou ).

Durant la Seconde Guerre mondiale, deux bunkers-postes d'observation en béton armé sont respectivement construits à l'entrée et sur la batterie basse. La redoute abrite toujours une station de télégraphie sans fil dont les pylônes sont sabordés à l’arrivée des troupes américaines. Les bâtiments servent également de casernement pour des artilleurs allemands : plusieurs canons de 220 mm Schneider sur "porte-corps" sont signalés "en réserve".

L'après-guerre

Entre 1944 et 1964, le fort du Mengant est ouvert au public et devient un lieu de promenade pour les Brestois ; des photographies montrent une caserne existant encore en 1959 sur la plate-forme de la batterie basse.

La batterie haute est totalement remaniée dans les années 1960 ; sont cependant visibles quelques vestiges intéressants depuis le sentier côtier : à l’angle nord-est, le cul-de-lampe pentagonal de l’une des deux échauguettes ; au ras-du-sol, du fait du comblement des fossés, le cordon et des embrasures murées.

La base d'essais de radiodétection (1964-2018)

En 1964, la Compagnie générale de la télégraphie sans fil (CSF), pionnière de la guerre électronique (devenue en 1968 Thomson-CSF puis Thalès en 2000) devient affectataire des lieux.

Des travaux sont réalisés en 1964 afin d’aménager une rampe-funiculaire reliant le port (où l’on construit une "plate-forme d’échouage") à la partie haute du fort (un "bâtiment réception" est créé). Un chariot funiculaire permettait de monter des antennes-radars et des dômes de navires afin d’effectuer des tests. Il s’agit selon les archives de la Marine d’une "base de mesures d’antenne". Un imposant bâtiment a également été construit à proximité immédiate du fort : u début des années 2000, il était doté d'un pylône et d'une maquette d’avion à l’échelle réelle.

La base d’essais du Mengant a été démantelée en 2018 ; la tour de mesures de Kerdalaez a été déconstruite en 2020.

Le terre-plein de la batterie basse vaubanienne, la jetée et le petit port sont toujours affectés à la Marine, plus précisément au Club nautique de la Marine à Brest.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011 ; mise à jour, mars 2026.)

Le fort du Mengant est implanté sur la côte nord du goulet de Brest, dans l’axe de la roche du Mengam située au milieu du goulet de la batterie de Cornouaille implantée sur la côte sud.

Il se compose d’une batterie d’artillerie basse et d’une batterie haute, reliées par des branches tombantes suivant le relief de la falaise, défendues par une tour faisant réduit en cas d’attaque terrestre (la tour a été détruite après la Seconde Guerre mondiale). L’accès au fort se fait par un chemin encaissé, suivant un cours d’eau se jetant dans l’anse du Mengant.

Deux batteries d'artillerie sont également aménagées dans le ravin du Mengant [1885-1886] et à Quillihouarn [1896-1897].

 

La batterie basse

De forme elliptique, la batterie basse se compose d’une vaste plate-forme artificielle s’avançant dans le goulet de Brest. Elle est soutenue et protégée du côté de la mer par une escarpe longue de 230 m environ surmontée d’un parapet.

Cette haute escarpe à léger fruit se compose d’une maçonnerie complexe sur toute sa longueur : mur de maçonnerie de moellon de gneiss de couleur foncée, presque noire (d’origine proximale, c’est-à-dire issu du déroctage de la falaise) rythmé par des contreforts sur lequel vient s’appuyer le parement extérieur en pierre de taille de granite gris. Epais à sa base de près de 3 m, l’intérieur du mur, fourré de pierres, est noyé dans un liant de mortier de chaux.

Les pierres de taille de granite du parement sont marquées de "protubérances" : simple bosse, double bosse, voire triple bosses agencées de manière différente, à l’horizontale, à la verticale ou encore disposées en équerre. Selon toute vraisemblance, il pourrait s’agir de marques de tâcheron destinées à payer les ouvriers à la tâche, de marques d’assemblage car les pierres sont cramponnées entre elles, voire d’éléments de décor (les maçonneries en moellon de gneiss de la batterie de Cornouaille était enduite en ocre rouge). On retrouve également ce type de "protubérances" à intervalle régulier sur d’autres fortifications bretonnes de la même époque (à la Tour Vauban par exemple).

Au-dessus du cordon en granite (sorte de moulure circulaire formant une arase horizontale), le parapet vertical en maçonnerie de moellon de gneiss, sommé par une tablette en pierre de taille de granite est rythmé à l’origine par 40 embrasures encadrées de pierres de taille de granite. Les merlons pourraient avoir été enduits à l’origine.

A intervalle régulier (sur la partie centrale de la batterie, tous les trois merlons), des gargouilles permettent d’évacuer les eaux de ruissellement de la plate-forme (quelques gargouilles subsistent, mais elles semblent avoir été restaurées).

 

Une plate-forme, un parapet et des infrastructures qui témoignent de l’évolution de l’armement

Les travaux de recherche des membres de l’association "1846. La fortification du XIXe siècle : connaître et partager" ont permis de mettre en évidence l’évolution de l’armement de la batterie basse du Mengant.

[Entre 1724 et 1744] Le parapet de l’extrémité ouest de la batterie basse est transformé pour tirer à barbette (c’est-à-dire au-dessus du parapet). Cette partie - partiellement manquante du fait d’une importante brèche - pourrait correspondre à la partie ouest du parapet en pierre de taille de granite dépourvue de cordon, à moins qu’il ne s’agisse du résultat des travaux de restauration/consolidation des années 1970 (dans l’état de l’art de 2026, ces travaux ne sont pas documentés).

Les vestiges d’un four à boulets sont visibles [daté entre 1791 et 1800].

[1831] Les embrasures de la partie centrale et est de la batterie basse du Mengant sont murées en maçonnerie de pierre de taille de granite afin de permettre l’installation de nouveaux affûts de côte. Ces modifications et l’installation de dés porte-sellettes permettent d’armer la batterie par quatorze canons de 30 livres et quatorze obusiers de 22 cm [1862-1864].

Une embrasure de la batterie basse, sert d’accès au môle des torpilleurs [daté de 1877].

Derrière le parapet sont visibles d’autres emplacements de tir :

- pour quatre canons de marine rayés de 19 cm modèle 1864-66 (des petites encoches enduites en ciment sont visibles dans l’épaisseur du parapet et des dés de sous-sellettes spécifiques sont visibles sur la grève) [1874] ;

- pour quatre canons Hotchkiss de 47 mm à tir rapide (quatre sous-sellettes) [vers 1892] ; le parapet a été abaissé à cet endroit. Un magasin à munitions, en relation avec cette batterie, est aménagé dans la falaise.

- pour quatre mitrailleuse (quatre emplacements bétonnés avec sous-sellettes) [1928] ;

- pour deux canons de 75 mm (deux plate-formes bétonnées) [1940]

L’abri de combat en maçonnerie, une voie ferrée étroite et l’usine électrique témoignent de la présence d’un poste photo-électrique pour projecteur de 90 cm [1888].

 

La batterie haute et la tour

Fortifiée, la batterie haute du fort du Mengant affecte la forme d’un pentagone. L’angle nord-ouest était flanqué d’une tour de plan carré faisant réduit (détruite). Du côté de la terre, elle était protégée par un fossé sec (remblayé) ; son accès se faisait par un pont-levis (détruit).

Formant un "V" dont le saillant est orientée vers le sud-sud-est, la batterie haute existe toujours et son parapet témoigne par la présence de petites niches à munitions de l’installation de six canons de 100 mm à tir rapide [1892].

Les édifices logistiques d’origine ont disparu.

Le bâtiment actuel appartenait à la base d'essais de radiodétection (fermée en 2018).

 

Les branches tombantes

Deux branches tombantes suivent le relief de la falaise et relient la batterie basse à la batterie haute. La branche tombante orientale mesure 105 de longueur environ. La branche tombante occidentale mesure 89 m de longueur environ. Percées d’ouvertures de tir, elles sont chacune doublées d’un escalier et doté d’une poterne.

 

Un état sanitaire alarmant, mais sous contrôle

Achevée il y a 339 ans (en 2026), la batterie basse du Mengant est régulièrement soumise à de fortes houles voire à des tempêtes. L’extrémité ouest de la batterie basse présente une brèche de 22 m de longueur environ stabilisée par des rochers. Les deux extrémités de l’escarpe ont été consolidées par du béton armé. Les travaux de consolidation de 2015 ont permis de mettre en évidence la présence de contreforts en maçonnerie de moellon de gneiss soutenant l’escarpe de la batterie basse.

La batterie haute et les branches tombantes sont partiellement envahies par la végétation.

  • Murs
    • granite pierre de taille
    • gneiss maçonnerie
  • Toits
    granite en couverture, terre en couverture
  • Couvertures
    • terrasse
  • État de conservation
    état moyen, vestiges, inégal suivant les parties
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat, parcelle appartenant au ministère des Armées.
  • Intérêt de l'œuvre
    vestiges de guerre, à signaler
  • Éléments remarquables
    batterie, mur défensif, jetée, funiculaire, blockhaus, casemate, poste d'observation, poudrière, magasin de munitions, corps de garde, édifice logistique
  • Protections
    classé MH, 2014/01/21
  • Précisions sur la protection

    Le fort en totalité, le port (môle, digues), la rampe du funiculaire, la batterie de rupture dite du ravin (murs d'enceinte, traverses-abris, et magasin à poudre), leurs sols d'assiette respectifs y compris les sols situés en avant des murs ouest, nord et est qui correspondent aux anciens fossés d'escarpe aujourd'hui comblés, ainsi que les vestiges du poste expérimental lance-torpilles (cad. H 763, 1456 et sur le domaine public maritime non cadastré, tels que représentés en route sur le plan annexé à l'arrêté) : classement par arrêté du 21 janvier 2014.

    Site classé du goulet de Brest (rive nord) par arrêté du 8 janvier 1980.

  • Référence MH

Site classé en 1980 au titre de la loi du 2 mai 1930 sur la protection des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général.

Documents d'archives

  • Cahiers de développement du plan-relief de Brest. Épures, relevés.

    Musée des Plans-reliefs de Paris : Article 4, n° 131

Bibliographie

  • COLLECTIF (sous la dir. de la Commission du patrimoine de la marine et du service des travaux immobiliers maritimes avec le concours du service historique de la Marine). Pierres de mer, "Le patrimoine immobilier de la Marine nationale". Paris, Association pour le Développement et la Diffusion de l´Information Militaire, collection : les Armes et les Hommes, 1996.

  • COCHOIS, Jean-Baptiste. "Des batteries du goulet de Brest : la batterie de Léon ou du Mengant, la Roche Mengant, la batterie de Cornouaille", non édité, 1996, 60-30-24 p.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : VI-LG12. Ancienne cote : VI-4 3348.
  • PETER, Jean (préface de Jean Meyer). Vauban et Brest. Dossier. Une stratégie modèle de défense portuaire, 1683-1704. Paris, Economica et Institut de Stratégie Comparée, 1998, 320 p.

  • LÉCUILLIER, Guillaume. La route des fortifications en Bretagne et Normandie. Paris : édition du Huitième Jour, coll. Les étoiles de Vauban (dir. N. Faucherre), 2006, 168 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • FRIJNS, Marco, MALCHAIR, Luc, MOULINS, Jean-Jacques, PUELINCKX, Jean. Index de la fortification française. Métropole et Outre-mer. 1874-1914. Vottem (Belgique) : autoédition, 2008, 832 p.

  • LÉCUILLIER, Guillaume (dir.), BESSELIÈVRE, Jean-Yves, BOULAIRE, Alain, CADIOU, Didier, CORVISIER, Christian, JADÉ, Patrick. Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes : éditions Presses Universitaires de Rennes, collection Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
    p. 180-185

Périodiques

  • LÉCUILLIER, Guillaume. "Quand l'ennemi venait de la mer. Les fortifications littorales en Bretagne de 1683 à 1783". Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, 114-4, 2007.

    https://journals.openedition.org/abpo/473

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
    p. 149-165

Documents figurés

  • Base de Mesures d'antenne du Mengam.

    Service Historique de la Défense de Brest : 2 U 8, n° 96-118

Documents multimédia

  • Association "1846". JADÉ, Patrick. "Tube lance-torpilles du Mengant". 3 Janvier 2016.

    https://association-1846.over-blog.com/2016/01/tube-lance-torpilles-du-mengant.html

  • Association "1846". JADÉ, Patrick. "Plates-formes d'artillerie de côte", 14 Octobre 2016.

    https://association-1846.over-blog.com/2016/10/plateformes-d-artillerie-de-cote.html

  • Association "1846". "Batterie de Cornouaille, Roscanvel". 22 septembre 2016.

    https://association-1846.over-blog.com/2016/09/batterie-de-cornouaille-roscanvel.html

  • Association "1846". JADÉ, Patrick. "Fort du Mengant, Plouzané". 2 novembre 2019.

    https://association-1846.over-blog.com/2019/10/fort-du-mengant-plouzane.html

  • Association "1846". JADÉ, Patrick. "Pourquoi si peu de fours à boulets bien conservés ?". 22 Avril 2019.

    https://association-1846.over-blog.com/2019/04/pourquoi-si-peu-de-fours-a-boulets-bien-conserves.html

  • "Mengam : la base d'essai appartient au passé". Buhez Plouzané, La vie de Plouzané, n° 125, novembre 2020.

    https://plouzane.bzh/wp-content/uploads/202//1/WEB_070032_Buhez_plouzane_125_pages.pdf

  • Association Les Vigies du Minou. "La base d’essais du Fort du Mengant dans le Buhez Plouzané n° 125".

    https://www.lesvigiesduminou.bzh/index.php/2020/11/01/la-base-dessais-du-fort-du-mengant-dans-le-buhez-plouzane-125

    p. 13
  • Association Les Vigies du Minou. MEYER, Patrick. "Enquête en cours : qui a détruit la tour Vauban du Mengant ?". 6 août 2023.

    https://www.lesvigiesduminou.bzh/index.php/2023/08/06/enquete-en-cours-qui-a-detruit-la-tour-vauban-du-mengant

  • HILY, Julien. "Vestiges correspondant à une section de mitrailleuses datant de l'entre-deux-guerres". Fortifications de la presqu'île. 4 janvier 2024.

    https://www.facebook.com/profile/100064600095487/search/?q=section%20de%20mitrailleuses

Annexes

  • L'ingénieur Le Prestre de Vauban d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
  • L'ingénieur Mollart (de) d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
  • L'ingénieur Robelin d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
  • Extrait de Vauban et Brest. Dossier. Une stratégie modèle de défense portuaire, 1683-1704 de Jean Peter, 1998
  • Vauban dans le goulet de Brest ou "comment faire du goulet une véritable barrière de feu" (Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011 ; mise à jour mars 2026)
Date(s) d'enquête : 2002; Date(s) de rédaction : 2002, 2026
(c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne
(c) Région Bretagne
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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