Dossier d’œuvre architecture IA29001751 | Réalisé par
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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  • enquête thématique régionale, Inventaire des fortifications littorales de Bretagne
  • enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
Fortifications d'agglomération de Brest
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Inventaire général, ADAGP

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne
  • Commune Brest

La naissance d’un arsenal en Penfeld et la première enceinte urbaine de Brest

La ville de Brest est née d’un site romain clairement identifié au Bas-Empire. La Penfeld constitue, jusqu’au rattachement de Recouvrance par les lettres patentes de Louis XIV en 1681, une séparation entre le domaine royal (anciennement ducal) de Brest et le fief des Du Chastel, matérialisé par la tour de la Motte-Tanguy, possession de Louise Renée de Penancoët de Keroual, duchesse de Portsmouth au moment du rachat de ces terres par le roi. La ria devient alors l’axe central du développement portuaire autour duquel s’organise la vie de la cité. Des activités de construction et d’armement sont pourtant attestées bien avant 1681.

En 1482, le duc François II de Bretagne passe commande à un Brestois, Derrien Le Du, d’un bâtiment de 1 200 tonneaux, l’un des plus gros de l’époque ; un peu plus tard, vers 1500, on attribue l’invention du sabord à un autre constructeur brestois, François Descharges : la possibilité, en descendant les pièces à feu, d’abaisser le centre de gravité du navire constitue une avancée remarquable dans l’art de la construction navale de guerre.

Lorsqu’il vient à Brest en 1518, le roi François Ier ordonne la construction de plusieurs bâtiments afin de mieux adapter le site aux nécessités de la construction et de l’armement. Si on connaît mal l’arsenal du 16e siècle, il est indéniable que lorsque Richelieu va prendre les choses en main, à partir de 1631, Brest a déjà un passé d’arsenal, mais c’est bien à partir de ce moment-là que son importance va croître jusqu’à devenir majeure pour le royaume.

Une fois la ville sortie de l’enceinte de la forteresse, aujourd’hui baptisée "château", la nécessité de la protéger était très vite apparue.

En décembre 1552, devant la menace anglo-espagnole, Villegaignon écrivait au gouverneur de Bretagne, le duc d’Étampes, qu’il lui avait fallu "tirer une courtine jusqu’à la mer, par devant la porte, et pour faute de chaux et de matière, faire [son] rempart de terre et de genêt lié de gros bois", bois qu’il comptait prendre sur un navire présent dans le port, vu l’urgence. En 1560, lors de son séjour en Bretagne, ce fut l’ingénieur italien Pietro Fredance qui, comme à Saint-Malo, fut chargé de renforcer les défenses de Brest en usant, cette fois, de pierres de taille.

Les guerres de la Ligue (1588-1598) qui virent la ville assiégée par les troupes du duc de Mercœur montrèrent une nouvelle fois l’impératif de fortifier l’ensemble urbain de manière durable.

En 1655, devant une nouvelle menace anglaise, Paris ordonna de lever des journaliers du Léon pour élever une enceinte sous les ordres du vicomte de Corpy (Charles Bonnin ?), major de la place, et sur les plans de Julien Ozanne, "architecte et entrepreneur des travaux du Roy" de 1647 à 1655. Les plans suivaient les règles de l’art, intégrant douves et demi-bastions, mais les matériaux et la construction furent si médiocres, qu’en l’absence d’entretien et de rénovation, l’ensemble était en ruines une vingtaine d’années plus tard, lorsque l’ingénieur Pierre de Massiac, seigneur de Sainte-Colombe fut chargé de nouvelles protections fortifiées pour la ville. En 1671 déjà, le duc de Chaulnes, en faisant édifier le fort qui portait son nom à l’embouchure de la Penfeld, du côté de Recouvrance, avait montré la nécessité de protéger les deux rives et ce fut donc très naturellement que Sainte-Colombe, après le rattachement de Recouvrance à Brest, traça en 1680 une ligne de fortifications ceinturant les deux ensembles urbains de part et d’autre de la rivière.

(Alain Boulaire in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

L’enceinte urbaine de Julien Ozanne (1655)

À mesure que l’arsenal et le port prennent de l’ampleur, la question de la fortification de la ville revient à l’ordre du jour. Une première enceinte est construite à Brest - rive gauche, par l'architecte et entrepreneur Julien Ozanne. Le plan cavalier de la ville de Brest et de ses environs daté de 1667 et attribué au chevalier de Clerville (1610-1677) montre en effet une enceinte bastionnée enserrant la "ville de Brest" et portant la mention "Clôture commencée par feu Monsieur de Castelnau [Jacques de Castelnau, gouverneur de Brest] fort imparfaite et fort ruinée". Le front nord-est de l’enceinte - front principal en cas d’attaque terrestre - affecte la forme d’un grand bastion à flanc droit entouré de deux demi-bastions. Le front nord-ouest, parallèle à la grève de Troulan destinée au radoub des vaisseaux et à la corderie, est doté d’un bastionnet central à flanc droit et d’un demi-bastion au nord-est. Une seule porte est percée dans le front sud-est de l’enceinte - non loin de "l’église et du couvent des Carmes déchaussés" débouchant sur le chemin de Saint-Sébastien. À l’ouest, la ville est naturellement défendue par la Penfeld. Le château joue son rôle de citadelle couvrant de ses canons installés sur ses dehors la ville de Brest. L’entrée du château se fait au sud, à l’extérieur de l’enceinte urbaine.

Le plan de Brest de 1670, non attribué, montre une seconde ouverture dans une courtine du front nord-est débouchant vers le chemin de Landerneau. Si on se fie au plan du port et de l’arsenal de 1678, le demi-bastion nord a été remplacé par une rue parallèle à la corderie et des habitations, "maisons de particulier bâties en 1676 pour l’accroissement de la ville" ; la courtine nord, privée de son parement, semble en bien mauvais état, tandis que le bastion central percé d’une porte dans son flanc nord porte la mention "ancienne muraille de Brest servant d’enceinte à présent ruinée" ; sur le front sud-est, seul subsiste le demi-bastion. Ainsi, cette première enceinte urbaine conçue par Julien Ozanne n’aura vécu qu’une trentaine d’années.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Les fortifications du duc de Chaulnes (1671)

En 1671, le duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne fait édifier un fort à l’embouchure de la Penfeld, du côté de Recouvrance. Ce lieu est signalé à plusieurs reprises, en 1667 : "redoute et retranchement jadis fait pour empêcher une descente d’ennemis", en 1677 et 1678, "fort de Chaunes". La légende du plan de 1678 précise en outre : "batterie et retranchements pour défendre les descentes sur la plage". Ces fortifications apparaissent sur les plans de Brest jusqu’en 1740 au moins.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

L’enceinte urbaine de Chertemps de Seuil (1672-1675)

Les travaux de la seconde enceinte urbaine de Brest - rive gauche et de Recouvrance - rive droite débutèrent en 1672 du côté de Recouvrance et en 1674 du côté de Brest sous l’intendance de Pierre Chertemps de Seuil. Il s’agissait alors d’une fortification de campagne en terre composée de simples retranchements. La légende du plan du port et de l’arsenal de Brest de 1678 précise en effet : "Les lignes de terre élevées en 1674 pour servir de défense de l’arsenal". Ces travaux sont particulièrement bien visibles sur le plan de Brest signé par Bellevue Dumains, "ci-devant ingénieur et architecte de la Marine" en 1677. Au nord, une porte nommée "porte de Landerneau" permet d’accéder à la ville tandis qu’une deuxième, à l’ouest, dite "porte du Conquet", permet l’accès à Recouvrance. Une troisième ouverture a été aménagée dans l’enceinte côté Recouvrance au débouché du vallon de Pontaniou.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Les projets d’enceinte urbaine de Sainte-Colombe (1677-1681)

En 1681, au-delà de la défense de l’arsenal, il s’agit de fédérer les bourgs de Brest - rive gauche et Recouvrance - rive droite, séparés par la Penfeld et de concevoir une nouvelle ville militaire, tournée vers la mer, fonctionnelle, capable d’accueillir une population importante si nécessaire à la marine du Roi-Soleil. Sous le règne louis-quatorzien, Brest connaît une véritable explosion démographique, sa population passant de 1 500 à 15 000 habitants. L’ingénieur Sainte-Colombe a été envoyé à Brest par Colbert dès 1677 pour travailler à la clôture du bourg de Recouvrance. Son projet de fortification de la ville, du port et arsenal (jugé "trop petit" en 1677 puis "trop grand" en 1679 par Colbert) sera finalement remanié en 1683 par Sébastien Le Prestre de Vauban, commissaire général des fortifications.

Le "plan de la ville, château, arsenal et port de Brest, et bourg de Recouvrance" de Sainte-Colombe, daté du 12 avril 1680, permet de mieux comprendre l’existant et les réflexions de son auteur. Premier constat, Brest et Recouvrance ne sont représentées que sous forme d’îlots. Du côté de Brest, la défense de l’embouchure de la Penfeld a été renforcée par la création de "batteries nouvelles" au Parc-au-Duc (dites batteries du château). De même, côté Recouvrance, une "redoute faite nouvellement", établie sur le tracé des retranchements construits en 1674-1675, vient renforcer les fortifications du duc de Chaulnes : "retranchements hors les lignes pour empêcher une descente". Les "retranchements anciens de la ville de Brest" datant de Julien Ozanne sont toujours mentionnés mais apparaissent de plus en plus ruinés. Les fortifications réalisées sous l’intendance de Chertemps de Seuil du côté de Recouvrance sont légendées "retranchements de l’an 1675".

Du côté de Brest toujours, les retranchements (faisant deuxième ligne) sont complétés par une nouvelle ligne se prolongeant vers le nord, mentionnée comme étant les "retranchements nouveaux commencés". Il s’agit, grâce à cet agrandissement de l’enceinte urbaine, de mettre à l’abri le débouché du vallon de Troulan et les nouvelles constructions royales : corderie, fours, jardin royal, emplacement du futur hôpital, etc. Dans la continuité de ces nouvelles lignes exécutées dès 1680, Sainte-Colombe propose un projet de fortification à redents du côté de Brest, depuis la dépression du moulin à poudre, au nord, jusqu’à la falaise surplombant la rade de Brest, au sud. Du côté de Recouvrance, l’ingénieur propose également une ligne de fortification similaire entourée de demi-bastions au nord (secteur de la métairie du Salou) et se raccrochant au sud à la redoute nouvellement construite.

En parallèle, Sainte-Colombe propose également un "projet de fortification avec des bastions" à flancs droits suivant un axe perpendiculaire à la courtine pour Brest et Recouvrance. Il justifie sa proposition par la nécessité de couvrir les hauteurs dominant la ville, "les vaisseaux et le fond du port". Sans trancher pour l’un ou l’autre de ses projets, Sainte-Colombe lance des travaux sur chaque rive à l’extrémité des falaises "pour se couvrir des éminences opposées et défendre la chaîne et l’issue du port".

Dans un plan également daté de 1680, Sainte-Colombe propose une seconde version d’enceinte à bastions à flancs droits du côté de Brest et de Recouvrance. Le tracé de l’enceinte est beaucoup plus régulier mais les faces de ces bastions - destinées aux feux d’infanterie - semblent démesurément longues. Dans cette seconde version, il renonce aux longs flancs perpendiculaires à la courtine afin d’augmenter la zone de couverture des pièces d’artillerie positionnées sur les flancs. Du côté de Recouvrance, la porte du Conquet est déplacée vers le nord. L’ingénieur propose - autre changement important - de fortifier la ville du côté de la rade de Brest et d’y inclure les hauteurs ou "commandements" dont celui situé à l’est de la chapelle de Saint-Sébastien.

Si on se réfère au Traité de la défense des places rédigé par Vauban en 1704, Brest est une "place de guerre", "une forteresse située sur la frontière près des pays ennemis" mais fait partie des places "irrégulières", où "l’on a été contraint par la situation". "Ces commandements", Vauban les définit comme étant "nuisibles aux places", notamment "ceux qui se trouvent dans l’étendue de la portée du canon ; plus ils sont près, plus ils sont dangereux ; quand ils en sont si près, le mieux est de les occuper par quelque bon ouvrage bien contre-miné, si on ne peut les raser, sinon se bien traverser contre ou s’en éloigner, en sorte que toutes les vues d’enfilade qu’ils pourraient avoir sur la fortification leur soient bouchées par des traverses à preuve, placées à propos et capables d’en pouvoir rompre l’effet". En 1701, l’ingénieur Mollart, en charge des fortifications de Brest, revient dans un mémoire sur le choix de Sainte-Colombe - approuvé à contre-cœur par Vauban - d’agrandir la surface intra-muros du côté de Brest : "Les hauteurs qui environnent et dont il était difficile de se couvrir sans multiplier les ouvrages obligèrent de les renfermer dans l’enceinte de la ville et de lui donner plus d’étendue qu’on l’aurait fait sans l’irrégularité du terrain".

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Les propositions de "corrections" de Vauban (1683)

Le projet de Sainte-Colombe qui trouva un début d’exécution en 1681 est repris, commenté et corrigé par Vauban en mai 1683. Le célèbre ingénieur a été missionné par Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, secrétaire d’État de la Marine pour réaliser le plan d’une enceinte autour de Brest et de Recouvrance ainsi que pour le projet de forme dans l’anse de Troulan.

"La clôture de Brest est à peu près élevée au cordon depuis A jusqu’à B, à quelques brèches près, les fondations du surplus de l’enceinte sont ouvertes, une partie des terres transportées et beaucoup de pierres voiturées sur place ; cette enceinte occupe assez bien le terrain des environs et n’est pas mal placée mais on est tombé dans un inconvénient directement contraire aux bonnes maximes de la fortification, vu que le château qui doit être considéré comme la véritable forteresse de Brest et celle en quoi doit consister la sûreté de cette ville et de son port, se trouve assiégé par cette enceinte sans aucun moyen de pouvoir être secouru par terre ni par mer, si la ville venait à être prise, parce que la dite enceinte l’enferme du côté de la terre et la rade du côté de la mer.

Comme il n’y a pas lieu de douter que l’ennemi qui sera en état de faire le siège de Brest ne soit maître de ladite rade, il est sans difficulté que s’il venait à prendre la ville, l’affaire serait sans ressource puisqu’il n’aurait qu’à garder l’enceinte de ses murs et la rade, et de surplus laisser consommer les vivres à la garnison du château tout à loisir sans se presser, vu qu’à moins de battre les vaisseaux qui seront en rade ou forcer la ville sur une armée qui serait dedans, il serait impossible de la pouvoir secourir ; défaut des plus pernicieux et auquel il n’est possible de remédier qu’en faisant passer l’enceinte tout au travers la ville, ce qui causerait la ruine de près d’une centaine de maisons, abattrait la corderie, le couvent des Carmes et le jardin du roi au travers duquel elle passerait, outre quoi il faudrait encore souffrir en pure perte les deux tiers de la dépense qu’on a faite à la dite enceinte qui, par ce moyen, deviendrait inutile au seul front AC près qui resterait sur pied, de sorte que tout cela joint au dédommagement de tant de bâtiments monterait à des sommes si considérables qu’elles surpasseraient la dépense de la fortification de ce côté de la ville, ce qui toutefois ne m’empêcherait pas d’opiner pour la correction de ce dessin, si la place était frontière ou à portée de pouvoir craindre des armées considérables.

Mais, attendu son éloignement des armées de terre, et le peu d’apparence qu’il y a que celles de mer lui puissent faire de mal quand elle sera revêtue de l’entrée de sa rade fortifiée par les batteries du goulet, m’ont fait prendre le parti de la laisser comme elle est, et seulement d’approcher son enceinte un peu plus du bord de la mer qu’elle n’était près du château afin de pouvoir découvrir le bas du rocher, protéger le petit port marchand qu’on y dessine, et épargner la dépense d’un fossé ; […]

Du côté de Recouvrance, après avoir fait tracer et ensuite examiné le dessin de Sainte-Colombe, qui ne l’avait pas encore été, on a trouvé à propos de le corriger par la marque HIK, parce que l’autre n’occupait pas suffisamment les hauteurs qui peuvent avoir vue dans le port, qu’il y avait des bastions dont partie tombait dans des fonds, de manière à se faire voir par dedans, et d’autres dont la ligne de défense devenait excessivement longue, outre que les deux extrémités aboutissant sur le port n’avaient pas été terminées. Tous ces défauts sont présentement corrigés par le nouveau dessin qui est tracé d’une manière qui n’en laisse aucun […].

Au-dessus de la fourche du port s’élève une montagne [hauteurs du Bouguen et du Menès] qui, par son avance, le divise en deux branches et se conserve encore assez de vue pour pouvoir de là incommoder partie des vaisseaux, ce qui me fait penser qu’il en faudrait occuper le bout par une redoute comme la figurée au plan L […]".

Dès 1689 et son troisième voyage à Brest, Vauban s’est forgé un avis : "Cette fortification est de plus fort commandée des environs qui sont très bossillés et partout beaucoup plus élevés que la situation de l’enceinte à joindre que pour la pouvoir achever suivant le premier dessin qui devait parer à tous ces commandements, il en coûtera suivant les estimations qui ont été faites encore près de 300 000 livres et si pour tout cela elle ne sera pas tout à fait à couvert de ces défauts qui équivalent à peu près ceux de la plus mauvaise place du royaume à quoi il faut ajouter que le bossillement du pays et l’entrecoupement perpétuel des parcs dont elle est environnée, facilite tellement les lignes de circonvallation et de contrevallation et même les attaques […]. Tous ces défauts sont d’une évidence à n’en pouvoir douter pour peu qu’on ait de connaissance du fort et du faible des places".

Cette place "indéfendable" lui fera écrire en 1705 dans son Traité de la fortification de campagne que la meilleure solution pour la défense de la ville est celle d’un camp retranché qu’il définit comme "de grands dehors attachés aux places les plus exposées, à dessein d’empêcher qu’elles ne puissent être assiégées. Ceux-ci doivent toujours occuper les lieux plus avantageux des environs, couvrant leur droit ou leur gauche ou leur derrière de la place même ou des rivières s’il y en a. […] Cette espèce de camp retranché est sans doute la meilleure de toutes, et la plus difficile à forcer quand elle est bien faite et suffisamment bordée de troupes. Elle empêche indubitablement les sièges des places où elle est employée, par la difficulté de les circonvaller, et par les grands secours qu’on en pourrait tirer en faveur des parties attaquées. Elle met un petit corps en état de résister à un grand avec beaucoup d’avantage, la figure en est toujours accommodée au terrain… […]".

Dès 1697, l’ingénieur Mollart propose suivant les orientations de Vauban l’édification de quatre ouvrages à cornes, d’un ouvrage couronné et d’une redoute (au fond de la Penfeld) comme "défenses avancées" afin de réduire le commandement de la ville depuis les hauteurs avoisinantes. Plus précisément, ce plan prévoit à l’ouest (côté Recouvrance) trois ouvrages à cornes. L’un est situé sur la capitale du bastion du Conquet, le deuxième en capitale de la demi-lune Saint-Pierre, le troisième, plus vaste et de type couronné, s’établit en capitale de la demi-lune de Lesneven et à cheval sur les bastions de Lesneven au nord et de Pontaniou au sud. Sur l’autre rive - côté Brest - Mollart préconise l’établissement de deux ouvrages à cornes en capitale des bastions de Landerneau et de Saint-Sébastien. L’ingénieur Robelin proposera également en 1710 et 1723 - suivi par Frézier en 1740 - un vaste ouvrage à cornes de type couronné sur les hauteurs du Bouguen et du Menès, afin de couvrir le fond du port. Mais, ce n’est que dans le troisième quart du 18e siècle que des ouvrages défensifs seront réalisés aux endroits pointés par Vauban...

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Les travaux de la nouvelle enceinte urbaine (1680-1705)

La construction de la nouvelle fortification de Brest-Recouvrance est lancée dès 1680 par l’ingénieur Sainte-Colombe. Il s’agit essentiellement de travaux de terrassement, remuement de terre, creusement des fossés afin "d’amasser des matériaux en provision". Il semble que les travaux débutèrent du côté de Brest en 1681 et à Recouvrance en 1686 avec l’arasement des anciens retranchements. L’édification de la nouvelle fortification du côté de Recouvrance commence en 1689.

À partir de 1683, l’ensemble des travaux est supervisé par l’ingénieur Mollart. Plusieurs procès-verbaux de 1701 et 1703 indiquent le déroulement des expropriations de terrains pris afin d’établir ces fortifications. Prioritairement, les travaux ont débuté par la construction des sept demi-lunes devant permettre la défense globale du chantier et des fronts d’attaque les plus probables : face méridionale du bastion du goulet et batterie de la Pointe permettant la défense de l’embouchure de la Penfeld, face septentrionale du bastion du Conquet et courtine de la porte homonyme en cas d’attaque terrestre par l’ouest, courtine située entre les bastions de Lesneven et de Penfeld afin de défendre le fond de la Penfeld, et fermetures des rives de la Penfeld. Le creusement des fossés, l’élévation de l’enceinte et des demi-lunes sont achevés en 1697. À cette date, seuls les parapets de l’enceinte urbaine restent à achever. L’édification des "dehors" comprenant les contrescarpes de l’enceinte et des demi-lunes, des "avancées" incluant glacis et chemin couvert (lui-même composé de places d’armes, traverses et sorties) s’est poursuivie jusqu’en 1705 au moins.

Les cavaliers d’artillerie des bastions du Conquet, de Lesneven, Penfeld, de l’Hôpital et de Saint-Paul ne seront jamais construits tout comme les 10 à 12 casernes prévues près des attaques en parallèle des courtines. Selon les propres estimations de Vauban dans son Traité de la défense des places, une fortification à quinze bastions de circuit, le cas de Brest, nécessite "en temps de paix" 200 hommes par bastion soit 3 000 hommes et "en temps de guerre" 500 à 600 hommes par bastion, soit 7 500 à 9 000 hommes au total qu’il faut loger. Vauban prévoit également une cavalerie 750 à 900 hommes en supplément. De la même manière, il parvient à estimer l’artillerie nécessaire à la défense de la place forte, soit 144 canons et 60 mortiers. Le plan de Brest de 1740 de Frézier ne figure que deux magasins à poudre situés du côté de Recouvrance (magasin à poudre du bastion de Lesneven au nord et magasin à poudre de la Pointe au sud), le château faisant citadelle disposant également de lieux de stockage souterrain.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Le château de Brest devient "citadelle"

Intégré dans le plan d’ensemble de la ville en 1683, le château est modernisé et adapté à l’artillerie moderne ; il devient "citadelle" surveillant à la fois la ville, la campagne et le large. Les parapets des tours sont redessinés et dotés d’embrasures plongeantes. En 1689, le dessin du front du château et le déplacement de l’entrée vers le nord obligent à raser une partie du vieux bourg pour les "fortifications, chemins couverts et glacis" ainsi que pour "l’agrandissement de l’esplanade". Sont concernés par cette expropriation vingt-sept "emplacements" se répartissant sur le haut de la rue du Château, une partie de la rue de Saint-Yves, l’îlot urbain situé au sud de la rue des Sept-Saints et les parcs An Cornou et Ar Méazou. Glacis, chemin couvert et demi-lunes prolongent désormais la fortification du côté de la terre et de la ville.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

L’urbanisme brestois contraint par la défense

La fortification n’a pas prévu l’essor de la population et de la ville civile, étant avant tout dictée par la situation géographique, les impératifs de créer un arsenal et une base navale en Penfeld tout en profitant de "mouillages assurés" en rade de Brest et les possibilités de l’ennemi. On l’a vu, c’est le commandement des hauteurs environnantes qui a dicté à Sainte-Colombe la taille, relativement importante, de l’enceinte urbaine.

Ce n’est qu’à partir de 1694 que Vauban se penche véritablement sur le projet intra-muros. L’espace urbain disponible représente 91 ha soit 55 ha du côté de Brest et 36 ha du côté de Recouvrance. Pour Vauban, il est important que "l’église, les corps de garde, guérites, magasins à poudre, arsenaux, hôpitaux, casernes, logements d’officiers, maisons de bourgeois, puits, fontaines, abreuvoirs, citernes et latrines soient bien distribués en quantité et grandeur suffisante par rapport à celle de la place, à la force de la garnison et la qualité et la quantité des munitions qu’on y voudra mettre pour les entrepôts ou pour les usages particuliers de ladite place".

L’urbanisme vaubanien doit également permettre le raccordement des îlots anciens aux quartiers à venir, les "nouveaux emplacement à bâtir". Pour cela, Vauban dresse dans son projet du 23 octobre 1694 un véritable plan de ville tout en tenant compte de l’existant et des fortifications. Il a une piètre opinion des bâtiments de la ville de Brest : "Les dedans de la ville sont de deux sortes, les maisons des vieux Brest et Recouvrance sont bâties à la mode de tous les autres petits lieux de basse Bretagne peu considérables, c’est-à-dire que les maisons en sont petites et basses avec des rues si étroites que les chariots n’y peuvent rouler. Les églises aussi basses très petites et non voûtées, point de place de halle ni marché, les maisons modernes sont plus élevées mais non plus solidement bâties puisque la plupart ne le sont qu’à mortier de terre enduits sur les joints bien qu’élevées à deux ou trois étages avec les dedans si mal distribués et si peu étendus que bien souvent, le feu prend dans les maisons par les bouts de poutres qui percent dans les cheminées. […] Enfin, tout y est bâti sans égard aux rues parce qu’on laisse faire les bourgeois à leur fantaisie. C’est pourquoi, j’ai nouvellement réglé un plan pour les rues […]".

La ville de "Brest-Recouvrance" est dotée de deux portes : Landerneau au nord-est et Conquet à l’ouest. Du côté de Brest, l’espace urbain est organisé en îlots suivant un axe principal, la rue Saint-Pierre, orientée nord-est / sud-ouest et parallèle à la Grande-Rue descendant vers la grève de Troulan. En découle un plan classique orthogonal à damier rayonnant. Victoria Sanger (voir bibliographie) précise que, dès 1687, Vauban s’intéresse à l’alignement des nouvelles rues de Brest. À Recouvrance, l’axe principal, constitué par les rues haute et basse (qui sera plus tard la rue de la Porte), est situé dans l’alignement du chemin du Conquet et orienté sensiblement est-ouest. Les nouvelles rues perpendiculaires à l’axe principal sont donc orientées suivant un axe nord-sud parallèlement à la Penfeld et aux fortifications.

En 1700, l’ingénieur Mollart s’appuie sur le plan directeur de Vauban pour aligner la rue du Magasin à poudre afin de permettre "le transport des canons et mortier à la batterie royale et aux remparts, que pour monter la garde au magasin à poudre et pour les charrois des particuliers" et proposer la suppression d’une ruelle. Plusieurs espaces sont volontairement non lotis, afin de créer des places : du nord au sud à Brest, la place de la porte de Landerneau, la place de l’église, la place d’armes et l’esplanade du château. À Recouvrance, le plan de 1700 montre également un espace non bâti entouré par des "emplacements où l’on peut construire des maisons pour les matelots". L’urbanisme brestois reste avant tout étroitement lié à la guerre et aux nécessités stratégiques ; à cet égard, on pourrait faire le rapprochement avec la place forte de Mont-Dauphin où Vauban avait cherché - en vain - à promouvoir des constructions nouvelles et des lotissements.

La Marine royale a investi la plus grande partie des rives de la Penfeld et les grèves de Troulan et de Pontaniou pour y installer quais et formes de construction navale. Alors que le bourg ancien de Recouvrance, massé autour de l’église Notre-Dame, conserve un accès direct à la rivière, du côté de Brest, la ville semble se couper progressivement de la Penfeld. Seule la rue des Sept-Saints (prolongée au nord-est par la rue Saint-Yves et la rue Saint-Pierre, future rue de Siam) permet l’accès aux quais et à la rue du Port. La Grande-Rue et la rue des Malchaussées (prolongée ensuite par la rue Neuve-des-Sept-Saints) semblent buter sur l’îlot ancien. Partout ailleurs, les rues programmées par Vauban, si elles donnent une vision panoramique sur la Penfeld et de belles perspectives, n’offrent aucune communication réelle avec la rivière en contrebas, source de richesse. La réalisation d’un mur de clôture du parc de la marine, du côté de Recouvrance, programmé dès 1700, achève de consommer la séparation entre les mondes civil et militaire.

Dès 1667, on représente une zone d’échouage du côté de Recouvrance, légendée "barques et petits vaisseaux marchands qui échouent en cet endroit" quoique le commerce ne soit pas à Brest un point fort. En 1683, Vauban écrit que Brest est "reculé d’ailleurs dans un coin de terre où il ne peut être utile au commerce auquel il n’est pas propre à cause de la difficulté des voitures de terre et l’éloignement de tous les lieux qui pourraient y convenir". Le plan de Brest de 1700 montre le dessin d’une "jetée à faire à Porstrein pour un port qui doit servir de retraite aux bâtiments marchands". Il ne s’agit donc pas d’un port marchand mais d’un simple port-abri sous le feu des canons du château et de l’enceinte urbaine nouvellement construite. Vauban propose également de réaliser une halle à Brest, projet qui n’aboutira qu’en 1833.

Brest compte en 1667 une église paroissiale, les Sept-Saints, érigée au pied du château, noyau primitif de la ville au 16e siècle et le couvent des Carmes déchaussés. Recouvrance possède une église paroissiale, Notre-Dame de Recouvrance, située à proximité immédiate de la Penfeld. Deux chapelles sont également signalées, la première dans l’enceinte du château et la seconde à l’extérieur des remparts de la ville sur une hauteur à l’est appelée Saint-Sébastien. En 1677, la chapelle de la Marine est située au bord de la Penfeld jouxtant la "maison du roi". L’église du séminaire (ou église de la communauté), du côté de Recouvrance, apparaît pour la première fois en 1680 sur un plan à proximité des retranchements de 1674-1675. Si Vauban dans son projet d’urbanisme prévoit dès 1685 la construction d’une nouvelle église paroissiale d’une capacité de 2 500 fidèles pour Brest, il la situe à Keravel. Mais les Jésuites obtiennent finalement du roi que l’église paroissiale soit construite près de leur séminaire. Le culte paroissial des Sept-Saints est finalement transféré le 29 octobre 1702 à l’église Saint-Louis (1688-1692 ; 1702). Du côté de Recouvrance, les Capucins s’implantent en 1695 sur le plateau du Carpon, aujourd’hui nommé plateau des Capucins, dominant la Penfeld et y construisent un couvent.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

La reprise de l’effort de fortification sous la pression des raids britanniques (1744-1763)

Après 31 années de paix navale consécutive au traité d’Utrecht (1713), la guerre reprend sur les côtes bretonnes en 1744 dans le contexte de la guerre de Succession d'Autriche. Cependant, à la tactique des raids côtiers ou de la bombarderie des ports, comme à Saint-Malo en 1693 et 1695, se sont substituées des opérations combinées, préfigurées en 1694 par l’attaque contre Camaret : les opérations navales doivent permettre un débarquement terrestre de grande envergure. Pourtant, face aux descentes qui se multiplient, les solutions semblent non seulement peu novatrices mais encore largement dictées par les événements. Ainsi, l’année 1746 marque-t-elle une reprise des projets de fortification sur la côte sud, particulièrement menacée.

Pour la défense de Brest et notamment la protection des grèves des Blancs Sablons et de Cornouaille, les solutions adoptées sont temporaires. Deux camps militaires y sont installés en 1744, 1746 et 1747 à l’initiative d’Alexis-René, baron de Coëtmen, gouverneur de Tréguier, maréchal de camp, commandant de Brest et de la basse Bretagne, pour l’entraînement des milices garde-côtes. L’un, aux Blancs Sablons (Le Conquet) regroupe 1 000 hommes issus de 10 compagnies garde-côtes des environs de Brest. L’autre est situé à Quélern, en Roscanvel, dans la presqu’île de Crozon. On y apprend notamment l’ordre et le maniement des pièces d’artillerie et du mousquet. D’autres camps, plus à l’intérieur, à Hennebont, pour la protection de Lorient, et à Landerneau, pour celle de Brest, sont réservés aux troupes réglées et montées.

C’est à nouveau sous la pression des événements, à compter de 1756 et le début de la guerre de Sept ans, que de nouvelles mesures défensives sont adoptées. La plupart de ces dispositions sont dues à Emmanuel-Armand de Vignerot du Plessis, duc d’Aiguillon, commandant en chef de Bretagne de 1753 à 1768. Celui-ci distingue ce qu’il appelle la "défense du local" - les enceintes urbaines protégeant les ports, comme au Palais à Belle-Île - et la "défense de protection" - batteries de côte, corps de garde et forts permettant la protection de la frange côtière et des mouillages si nécessaires au cabotage. Il œuvre donc en faveur d’une rationalisation de la milice garde-côtes et divise le littoral breton en vingt capitaineries d’un bataillon chacune. Les miliciens sont chargés uniquement du guet de la mer et les compagnies détachées de combattre.

Tous ces efforts restèrent cependant assez vains. Rien n’empêche la poursuite - voire l’intensification - des raids (à Saint-Malo en 1758). En septembre 1760, le fort de l’île Dumet, nouvellement construit, est incendié. Les îles d’Houat et Hoëdic sont à nouveau occupées en 1761 tandis qu’en juin de la même année, la citadelle de Belle-Île est prise par le général Studholme Hodgson. L’officier britannique a en fait profité d’un point faible de la citadelle décrit par Vauban dès 1683 : le front du port. L’île sert durant deux ans de base navale avancée à la flotte britannique pour perturber les communications entre les arsenaux français avant d’être échangée contre l’île de Minorque lors du traité de Paris en février 1763.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Une rupture technique : les fortifications de la fin du 18e siècle à Brest (1763-1784)

Tirant les leçons des descentes de la guerre de Sept Ans (1756-1763), les autorités militaires cherchent à profiter de la période de paix qui suit le traité de Paris pour poursuivre l’œuvre de fortification des côtes bretonnes. Dès 1763, le duc de Choiseul, successivement secrétaire d’État à la Guerre et à la Marine puis aux Affaires étrangères, charge Pierre Filley de la Côte (1695-1779), lieutenant-général du corps royal du Génie de "chercher les moyens d’agrandir l’étendue du port [de Brest] pour le mettre en état de contenir le nombre des vaisseaux, de construire les ateliers, magasins nécessaires à cette augmentation, d’assurer ces nouveaux établissements en temps de guerre contre les entreprises de l’ennemi". Cette demande s’inscrit dans sa volonté de réformer l’armée et la marine.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Avec les progrès considérables accomplis par l’artillerie au 18e siècle, dont la portée passe de 600 à plus de 1 000 m, l’enceinte urbaine de Brest n’est plus en mesure d’assurer la protection du port et de l’arsenal. À cette époque, la principale menace n’est pas celle d’un siège en règle par une armée nombreuse mais celle d’un bombardement mené par un petit corps expéditionnaire débarqué en un point de la côte. Une telle action serait entreprise au moyen de mortiers pouvant projeter des bombes explosives à plus de 4 000 m de distance. Pour faire face à cette menace, plusieurs projets de renforcement des défenses de la place sont élaborés dans la seconde moitié du siècle ; ils restent lettre morte.

En 1764, l’ingénieur du génie Pierre Filley de la Côte propose notamment une série d’ouvrages renforçant l’enceinte afin de couvrir les collines qui dominent la ville et pour protéger l’extension du port dans la haute Penfeld. Il y utilise le système de fortification qu’il avait nommé la "mezalectre" ou "défense du milieu" : du côté de Recouvrance, l’ouvrage à cornes de Quéliverzan, du côté de Brest, l’ouvrage couronné des hauteurs du Bouguen et du Menès, tandis qu’un autre ouvrage à cornes serait construit sur la carrière du Pape.

En 1768, l’ingénieur du génie Louis-Lazare Dajot (1717-1786) et le marquis Louis-François Carlet de La Rozière (1733-1808), officier de l’état-major de la province, cosignent un plan de défense basé sur une chaîne d’ouvrages fortifiés avancés. En 1770, le marquis de La Rozière propose un nouveau projet de onze redoutes avancées. Dajot poursuit la réflexion et propose la construction de nouveaux forts pour la défense de la rade (forts de l’Île-Longue, de Lanvéoc, de Plougastel et du Corbeau) ainsi que la rectification des lignes de Quélern (1773-1776) et de l’ancienne enceinte en terre faite autour des batteries du Portzic.

Finalement, seul l’ouvrage à cornes de Quéliverzan (1773-1776) et les deux lunettes du Stiff (1775-1776), implantés à l’ouest de la place dominée par le plateau de Saint-Pierre-Quilbignon, sont édifiés. Ces ouvrages se révèlent toutefois insuffisants pour faire face à la nouvelle menace et les lunettes du Stiff sont démolies sur ordre du roi du 23 août 1779 avant même leur achèvement.

(Jean-Yves Besselièvre in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

À compter du milieu des années 1770, la question des fortifications littorales sur les côtes bretonnes se pose à nouveau avec acuité alors que l’équilibre des forces navales semble se rétablir avec l’Angleterre et que la France de Louis XVI soutient tacitement le marquis de La Fayette et les Insurgents américains. Deux zones sont plus particulièrement concernées : Brest, ville-arsenal, berceau et refuge de la flotte en reconstruction et Saint-Malo, le port corsaire.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Dans la perspective d’un nouveau conflit avec la Grande-Bretagne, Louis XVI s’inquiète de la défense du port de Brest, amené à jouer un rôle considérable dans les opérations navales. En 1775, il confie au marquis Alexandre Frédéric Jacques Masson de Pezay (1741-1777) une mission secrète sur l’état des défenses de Brest. Après la disgrâce de Pezay, son projet ne donne lieu à aucune réalisation.

Devant l’imminence d’un conflit, le roi charge en 1776 Charles Claude Andrault de Maulévrier (1720-1792), marquis de Langeron de concevoir un nouveau plan de défense de Brest et de superviser la construction d’un nouveau fort pour la défense terrestre de Saint-Malo (Fort de Châteauneuf dit Fort de Saint-Père).

Validé par le règlement royal du 31 décembre 1776 intitulé "Règlement concernant les projets que le roi veut et ordonne être invariablement exécutés, pour mettre le port et la rade de Brest en sûreté", le nouveau plan des ouvrages de Brest est avant tout un projet directeur. "Ce règlement se prononce sur la position et l’objet des points à fortifier, mais ne parle que vaguement de la manière, dont ils doivent être occupés", écrit Pierre-Jean de Caux, ingénieur du génie, directeur des Fortifications de basse Normandie, spécialement chargé des travaux de Brest de 1776 à 1786.

Le marquis de Langeron présente son projet au roi et au ministre de la Guerre le 31 décembre 1777. À cette date, les projets pour Brest sont de trois ordres :

"Premièrement : le couronnement des hauteurs du Bouguen et du Ménès (Les augmentations de l’enceinte sur la hauteur de la Carrière du Pape sont encore en projet en 1790) dans le fond du port ;

Deuxièmement : la construction des cinq forts en avant de Recouvrance, pour y former un camp retranché ;

Troisièmement : la rectification des Lignes de Quélern construites par monsieur de Vauban".

(Guillaume Lécuillier et Jean-Yves Besselièvre in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Le marquis de Langeron et Pierre-Jean de Caux

Le camp retranché de Saint-Pierre (1776-1784) est l’œuvre de deux hommes : Charles Claude Andrault de Maulévrier (1720-1792), marquis de Langeron, lieutenant général des armées du roi, commandant la division de Bretagne nommé "commandant en chef des grands travaux de Brest et de la construction du fort de Châteauneuf auprès de Saint-Malo", et Pierre Jean de Caux (1720-1792), ingénieur du génie, directeur des Fortifications de basse Normandie, spécialement chargé des travaux de Brest de 1776 à 1786.

La conception du camp retranché est le fait du marquis de Langeron, officier à la brillante carrière. À la tête de la division de Bretagne en juin 1776, il se voit confier par Louis XVI la direction des travaux de fortification de Brest. Il prend connaissance des nombreux projets de défense conçus depuis la mort de Vauban et sa réflexion s’en nourrit. Il s’inspire des plans de défense du marquis de Pezay et surtout du marquis de La Rozière. Langeron collabore d’ailleurs activement avec cet officier affecté à l’état-major de la province, ancien membre du Secret du roi.

Dans le détail, l’élaboration des ouvrages fortifiés relève des ingénieurs du corps royal du génie. Une vingtaine d’entre eux y prend part sous la direction de Caux. Celui-ci peut être considéré comme le véritable père des ouvrages car, s’il applique les directives de Langeron, il en détermine le détail. Fils d’un éminent ingénieur auprès duquel il a été formé, il est lui-même un brillant ingénieur à qui l’on confie en 1775 une partie des immenses travaux de construction du port de Cherbourg. Dans le contexte de la guerre d’Amérique (1778-1783), Langeron se voit confier une pleine autorité sur les travaux de fortification de Brest. Dans les faits, il commande aux ingénieurs du génie, ce que ces derniers, attachés à leur indépendance, acceptent difficilement. Si Langeron et de Caux cosignent les plans des forts présentés au roi le 31 décembre 1777, leur collaboration n’a pas été sans heurts ni divergences profondes.

(Jean-Yves Besselièvre in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Le camp retranché de Saint-Pierre (1776-1784)

La destination du camp retranché de Saint-Pierre que propose Langeron est d’empêcher des troupes anglaises, débarquées aux Blancs Sablons près du Conquet ou au Trez-Hir à Plougonvelin, d’incendier les installations et les navires du port. Afin de les mettre hors de portée de l’artillerie de l’assaillant, il propose la construction de cinq forts extérieurs très en avant du corps de place. Ils doivent permettre de repousser l’ennemi pendant trois semaines dans l’attente de renforts venus d’autres provinces. Les forts, qui peuvent croiser leurs feux, interdisent l’accès aux vallons menant au lit de la Penfeld.

Outre les fortifications permanentes, le camp retranché comprend huit redoutes de terre édifiées en cas de menace, ainsi qu’une ligne de défense joignant les ouvrages entre eux, sorte de retranchement s’appuyant sur le bocage. Les troupes sont réparties dans les forts, mais aussi entre eux, en arrière de la ligne de défense. Dans l’esprit de Langeron, les forts constituent "les bastions détachés d’une enceinte" et les troupes "les courtines". Le camp retranché ainsi conçu s’inspire grandement des projets du marquis de La Rozière et du marquis de Pezay. L’idée d’ouvrages détachés en avant de la place revient au premier, la ligne de défense basée sur les talus de la campagne environnante au second.

Les ouvrages de fortification permanente qui composent le camp retranché sont, du nord-est au sud-ouest, le fort de Penfeld, la redoute de Guestel-Bras, le fort de Keranroux, le fort Saint-Pierre et le fort du Portzic. Édifiés à l’économie, c’est-à-dire en employant une main-d’œuvre constituée de soldats, ces ouvrages sont réalisés entre 1777 et 1784. De par leur conception et leur armement moderne, ils constituent le nec plus ultra de la fortification française à la veille de la Révolution. Ces forts à cavaliers d’artillerie se flanquant mutuellement sont une innovation majeure dans l’architecture militaire, préfigurant l’éclatement de la fortification. Leur capacité de résistance est bien supérieure à celle d’une simple redoute puisqu’ils offrent à la fois une plate-forme d’artillerie autorisant des tirs lointains, et des casemates à feux de revers placées dans la contrescarpe pour battre le fossé et parer à un éventuel contournement.

(Jean-Yves Besselièvre in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

La défense terrestre du port de Brest : permanences et choix

Une place forte maritime telle que Brest a la particularité de pouvoir être attaquée par mer aussi bien que par terre. Il serait tentant de penser que dans le second cas de figure la défense ne diffère pas de celle des places fortes continentales. Or il n’en est rien. Non que le port ne puisse faire l’objet d’un investissement par une armée d’invasion venue de l’intérieur : il est seulement jugé absurde d’envisager de le défendre dans ces conditions. Une attaque terrestre de Brest reste dans ses fins comme dans ses moyens une opération à caractère naval.

L’hypothèse est celle d’un raid mené par une troupe débarquée dans ses environs immédiats pour soit prendre la ville par surprise, soit la bombarder, le but n’étant pas de se maintenir mais de détruire l’arsenal ou la flotte. Ce type d’opération est la spécialité depuis le 17e siècle de la nation qui demeure le principal adversaire potentiel : la Grande-Bretagne. Les forts de la rive droite de la Penfeld n’ont-ils pas été construits à la fin du 18e siècle en prévision d’une telle tentative ?

Contrairement à ce qu’il pourrait sembler, la révolution navale au 19e siècle ne vient pas renforcer cette menace. Certes, la navigation à vapeur, en permettant aux navires de l’envahisseur de s’affranchir des vents et des courants, rend les agressions plus imprévisibles. Mais cet avantage relatif est compensé par la réactivité gagnée par le défenseur grâce aux nouveaux moyens de communication et de transport. De plus, les opérations de débarquement sont encore rudimentaires et nécessitent des délais difficilement compressibles. Dans ces conditions, seule une action impliquant des forces relativement réduites, gage de célérité, peut espérer aboutir avant une contre-attaque de forces ramenées de l’intérieur du pays. L’assaillant ne peut alors s’encombrer d’un parc de siège, ce qui le prive du bénéfice des progrès de l’artillerie durant cette période.

(Patrick Jadé in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

L’amélioration de l’enceinte urbaine au 19e siècle : la construction de la caserne de l’Harteloire

L’action du génie à Brest jusqu’à la guerre de 1870 se situe dans la continuité du siècle précédent. Deux projets dominent la période : la jonction de l’ouvrage du Bouguen au corps de place et la prolongation de la ligne de forts détachés sur la rive gauche de la Penfeld. La Restauration (1814-1830) est une période plutôt calme durant laquelle l’on se contente d’effectuer les réparations strictement nécessaires au maintien en l’état de la place.

À partir des années 1830 - et jusque dans les dernières années du Second Empire -, diverses améliorations sont apportées à l’enceinte, essentiellement dans le but d’en augmenter la résistance à l’artillerie. La protection des escarpes est renforcée par l’ajout d’ouvrages avancés (contre-garde devant le bastion 22 et tenailles devant la plupart des courtines), des terrassements supplémentaires sont édifiés (cavaliers au Bouguen et traverses à Quéliverzan), les chemins couverts et les glacis sont remaniés afin de garantir un meilleur défilement.

Le projet de fermeture de la trouée entre la droite de l’ouvrage couronné du Bouguen et l’enceinte de Brest proprement dite est relancé en 1821 à la demande du général Haxo, sur la base de propositions formulées depuis les années 1760. De réécritures de projets en ajournements faute de crédits, les travaux ne commencent qu’en 1840. Ils se poursuivent jusque vers 1850.

L’extension de l’enceinte comprend deux bastions reliés par une courtine constituée d’un alignement de 19 casemates à deux niveaux pouvant servir de casernement à 1 300 hommes. Cette caserne de l’Harteloire (dite parfois "Fautras" par confusion avec la caserne des troupes de la Marine), construite en prévision d’un accroissement de la garnison, n’avait toujours pas reçu ses planchers ni ses huisseries en 1870. Des cartes postales attestent son utilisation ultérieure pour le casernement de troupes, comme de l’ajout à une date inconnue d’un troisième niveau sous forme de hangar (d’artillerie ?). La nouvelle enceinte s’appuie à droite sur une ancienne demi-lune dont les fossés, murés, laissent notamment place à la porte Fautras et son corps de garde casematé.

À gauche, le fond du vallon du Moulin à poudre est barré par un mur crénelé précédé d’une inondation. Une porte y est ouverte, complétée par un corps de garde, tandis que des escaliers souterrains permettent les liaisons de part et d’autre.

Parallèlement, la prolongation de la ligne de forts détachés sur la rive gauche de la Penfeld est envisagée. La couverture de l’enceinte à l’est avait déjà été renforcée pendant la Révolution. Les lunettes des Fédérés construites vers 1792-1793 dans les environs de la Carrière du Pape occupent l’emplacement des trois bastions prévus par un projet d’extension de l’enceinte laissé sans suite en 1790. L’une d’entre elles (la 209 dans la nomenclature) avait commencé par la suite à être organisée en "lunette à la d’Arçon", seules la traverse centrale et les casemates de défense du fossé étant entreprises avant d’être laissées à l’abandon. Quoiqu’incomplète, il s’agit néanmoins d’une authentique lunette d’Arçon, organe dont l’application à Brest était à ce jour ignorée.

Autre construction du début des guerres de la Révolution, la redoute de Keroriou est un grossier ouvrage carré presque entièrement en terre. Par la suite, ces ouvrages sont jugés insuffisants pour garantir l’arsenal d’un bombardement depuis les hauteurs situées à l’est de la place. Les demandes de nouveaux forts sont récurrentes durant la première moitié du 19e siècle. Les emplacements définitivement arrêtés en 1849-1850 reprennent en partie ces propositions. Cinq forts sont alors prévus : Bergot, Pen-ar-Valy, Pen-ar-Chleuz, Pen-ar-Créac’h et Guelmeur. Leur organisation de détail est typique des ouvrages conçus entre 1840 et 1870. De forme trapézoïdale, ils conservent quatre bastions, quoique de petite taille, pour le flanquement des fossés tandis que l’artillerie prend place derrière d’épais terrassements formant cavalier. La caserne occupe le centre du front côté ville, l’entrée munie d’un pont-levis s’ouvrant en son milieu. Un magasin à poudre complète le tout. Finalement, seul le fort du Guelmeur est entrepris. Les travaux commencés en 1862 et bientôt suspendus ne reprennent qu’en 1868, mais le fort est toujours inachevé en 1870 : il n’existe à cette date que le front de tête avec ses deux bastionnets ; le reste est à peine ébauché. La même année une simple redoute en terre vient occuper l’emplacement du fort de Pen-ar-Créac’h. La guerre franco-prussienne (1870-1871) voit ces deux ouvrages recevoir un complément d’organisation ainsi que leur premier armement. Ils participent en l’état à la défense terrestre du port jusqu’à la Première Guerre mondiale.

(Patrick Jadé in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Le dispositif de défense terrestre du port de Brest de 1871 à 1914

De 1871 à 1914, la fortification terrestre permanente du port de Brest connaît une certaine stagnation. Symptomatiquement, l’enceinte urbaine, les lignes de Quélern et les forts extérieurs, construits aux 17e et 18e siècles, continuent à être occupés quasiment tels quels jusqu’à la Première Guerre mondiale. Pour les mêmes raisons, aucune suite n’est donnée après 1870 aux projets de compléter à l’est de la Penfeld la ligne de forts détachés. Les ouvrages du Guelmeur et de Pen-ar-Créac’h restent inachevés. De même, le fort envisagé au début des années 1880 pour contrôler la vallée de l’Elorn n’est pas entrepris.

La presqu’île de Crozon pourrait apparaître comme l’exception à ce déclin de la fortification terrestre sur les rives de la rade de Brest. Y sont effectivement construits vers 1885 les deux ouvrages modernes que sont le fort de Crozon (1883-1886) et le réduit de Landaoudec (1885-1887), afin de doubler les lignes de Quélern et renforcer ainsi la protection du flanc sud de la place. Mais ils ne doivent toutefois pas faire illusion. Déjà tardifs par rapport aux autres forts dits "Séré de Rivières", ils ne sont pas non plus remaniés quand les obus explosifs à grande capacité - les obus-torpilles - rendent obsolète cette génération d’ouvrages à partir du milieu des années 1880. Certes, l’un des magasins à poudre du fort de Crozon est bétonné en 1902, mais c’est par crainte d’un bombardement naval accompagnant une tentative de débarquement dans l’anse de Morgat.

(Patrick Jadé in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Le corset de pierre se fissure… De deux à neuf portes de ville en moins de deux siècles

Annie Henwood a consacré en 1995 un article à ce sujet dans Les Cahiers de l’Iroise, intitulé "Les fortifications de Brest… ou comment s’en débarrasser". L’enceinte urbaine de l’époque louis-quatorzienne a été agrandie à la fin du 18e siècle à la demande de Louis XVI puis de nouveau, en 1848-1849. Avant « "de se débarrasser" des fortifications, la place forte passe de deux à neuf portes de ville :

- les portes de Landerneau (à l’est) et du Conquet (à l’ouest) dans le dernier quart du 17e siècle,

- la porte du Bouguen sur le plateau homonyme en 1782,

- la porte Saint-Louis vient doubler en 1821 la porte de Landerneau,

- la porte du Moulin à Poudre au fond de l’anse de la Tonnellerie entre 1845 et 1852,

- la porte Fautras est aménagée en 1858 dans la portion de la nouvelle enceinte de l’Harteloire,

- la double porte du Port de Commerce dite "porte Nationale" en 1861 afin de sécuriser les accès depuis le nouveau port de commerce construit entre 1858 et 1865,

- la porte et l’escalier fortifiés conduisant du port de commerce au cours Dajot en 1867,

- la double porte Foy en 1870-1871 afin de donner un accès vers la gare.

De la "création" de la ville-arsenal à la fin du 17e siècle au début du 20e siècle (recensement de 1901), la population brestoise a plus que quadruplé. La ville s’est fortement agrandie dans la seconde moitié du 19e siècle (quartier Saint-Martin) et déborde de l’enceinte urbaine primitive. Au début du 20e siècle, un Brestois sur deux habite extra-muros malgré l’accroissement du périmètre de la commune en 1845 et 1866. L’ouverture de la place forte devenue ville n’est-elle pas la conséquence, quoique décalée dans le temps du fait du conservatisme du ministère de la Guerre, de l’adoption du principe de fortifications détachées qui s’était développé sous Louis XVI à Brest ?

En 1866, le ministre de la Guerre propose pour la première fois le "déclassement de certaines fortifications" à la condition que la ville participe au financement de deux nouveaux forts détachés à l’est de la ville, les forts de Pen-ar-Créac’h et de Guelmeur (La redoute de Keroriou, trop proche des fortifications de ville, est déclassée en 1877). C’est la victoire des fortifications détachées sur l’enceinte urbaine.

Si Brest-même - la rive gauche, connaît une croissance rapide et passe d’une à huit portes Recouvrance stagne et ne dispose que d’une seule porte. Il faut attendre 1867 pour que celle-ci soit doublée. En 1909, les deux passages voûtés et les ponts-levis sont supprimés.

1888 voit l’élargissement de la voie d’accès à la porte de Landerneau et la suppression du pont-levis, et 1889 la démolition des portes de Landerneau et de Saint-Louis. Elles sont cependant remplacées par d’imposantes grilles qui barrent la place des Portes jusqu’en 1924. Au fond de l’arsenal (ou plutôt au fond de l’anse de la Tonnellerie), la porte du Moulin à Poudre est supprimée en 1906. La porte Foy subit le même sort en 1911, le remplacement de la double porte par des grilles : des corps de garde crénelés sont cependant élevés de part et d’autre.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Une inutilité qui saute aux yeux

Aux fortifications de la ville et aux hauts murs aveugles de l’arsenal s’ajoutent des zones de servitudes considérables, très contraignantes pour une ville qui se développe jusqu’à près de 1 000 m en avant des remparts.

À Brest, la ville-arsenal du Ponant, du fait de la présence d’innombrables batteries de côte et de la menace "exclusivement" anglaise venant de la mer, n’a-t-on pas, plus qu’ailleurs, un dégoût pour les remparts qui symbolisent la menace terrestre mais aussi Paris, la capitale qui décide ? Au lieu de participer au sentiment de sécurité des habitants, les remparts tendent à les oppresser.

De plus, la fin du 19e siècle voit le développement de l’arsenal vers Laninon et les Quatre-Pompes, c’est-à-dire hors des fortifications de la ville, alors pourquoi les militaires s’accrochent-ils encore aux "vieilles fortifs" ? Sur les quais de la Penfeld, ces mêmes militaires disposent d’espace, un luxe qui manque aux Brestois de la rive gauche.

 (Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Le déclassement des fortifications en 1921 : un projet avorté

Les fortifications brestoises sont finalement déclassées en 1921, conséquence directe du plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement des villes dont la loi a été votée en 1919.

À Brest, l’architecte Georges Milineau (1878-1949) est chargé du projet et devient l’architecte municipal. Dès octobre 1920, est rendu un avant-projet "établi en application de la circulaire du 5 mars 1920 et consécutif au déclassement des fortifications". Les édifices y sont classés en quatre catégories : religieux, civils, marine et guerre.

Dans une seconde version dite tracé définitif, il est précisé que « les emplacements réservés aux monuments, édifices et services publics proviennent premièrement de "terrains à provenir des fortifications" (vingt-et-un emplacements), deuxièmement de "terrains à la ville ou aux particuliers" (six emplacements). Outre les limites de la commune, sont mentionnés les terrains militaires, ceux de l’arsenal et les réservés pour "la Guerre et la Marine".

Le plan d’aménagement et d’embellissement propose de doter Brest d’équipements nouveaux (de l’hôtel des postes à la piscine, au stade et au vélodrome en passant par des écoles ou un hôpital, etc.). Les signes évidents du "fait militaire" sur la ville comme les demi-lunes, remparts et batteries, font place à des jardins à la française.

Une artère est tracée autour de la ville à l’emplacement des fortifications : elle irrigue tout d’abord Recouvrance, traverse Quéliverzan et enjambe la Penfeld à l’Arrière-Garde puis se poursuit dans une courbe remontant vers le plateau du Bouguen ; de là elle rejoint le quartier de l’Harteloire via le Moulin à Poudre.

Une autre artère suit le tracé actuel de l’avenue du Maréchal-Foch (au départ de la place Albert-Ier) et descend jusqu’à la gare. Le plan prévoit également le passage sur les boulevards de transports collectifs sur rail jusqu’aux entrées de la ville mais aussi jusqu’à la gare de voyageurs (Le chemin de fer départemental serpentait dans les fossés de la fortification et passait sous la place des Portes). Le transport ferroviaire de marchandises est prolongé jusqu’aux quais de chargement des navires du port de commerce.

Dans ce projet, le château est également "conquis" : on propose de le transformer en jardin-belvédère. Classé au titre des Monuments historiques en 1923, c’est une véritable reconnaissance pour ce monument emblématique de l’histoire de Brest.

Le cours Dajot est prolongé en promenade jusqu’au Moulin à Poudre, ce qui était le cas depuis la fin du 19e siècle mais, cette fois-ci, les remparts sont arasés. La Marine et la Guerre souhaitent se réserver le fond de la Penfeld (Quéliverzan et l’ouest du plateau du Bouguen).

Point faible du projet de 1920, les connexions entre Brest et les communes limitrophes apparaissent en pointillé. En 1927, suite à des accords entre communes, le projet municipal devient celui de l’agglomération brestoise, comprenant Lambézellec, Saint-Pierre-Quilbignon et Saint-Marc.

Dans les années 1920-1930, d’importantes réalisations ont lieu : l’hôtel des postes de l’architecte municipal Georges Milineau (1926), le pont de Plougastel d’Eugène Freyssinet (1930), la gare terminus de l’architecte Urbain Cassan avec la collaboration du sculpteur Lucien Brasseur (1936-1937), l’hôpital civil des architectes Raymond Lopez et Raymond Gravereaux (1936).

L’idée du pont enjambant la Penfeld à Kervallon est de nouveau développée par Georges Milineau en 1935 dans son plan d’aménagement et d’extension de l’agglomération. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la ville devait encore clore ce projet et le faire valider par une commission nationale afin de pouvoir acquérir les terrains… Elle était donc loin d’entreprendre les travaux envisagés.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

Tabula rasa

La ville et le port de Brest sortent anéantis de la guerre mais plus encore des premières années de la reconstruction-déconstruction comme l’écrit Yves Le Gallo en 1992 dans Brest alias Brest.

"On adopta le parti de la plus radicale simplicité : raser et combler, pour substituer à la topographie originelle de la rive gauche une plate-forme sur laquelle poser la ville nouvelle. Brest intra-muros comprenait deux artères essentielles, la rue de Siam et la Grande-Rue (Ar Ru Vraz, en breton) rebaptisée Louis-Pasteur, qui divergeaient à partir de la place de la Poste. La première, en bordure de laquelle se trouvait la Préfecture maritime, suivait un parcours de faible déclivité pour aboutir au pont tournant ; la seconde, au contraire, descendait par une pente assez rapide jusqu’à la grille Tourville, pour se raccorder alors à la berge de Penfeld. La progressive différence de niveau entre elles était compensée par le jeu des ruelles et des escaliers qui dévalaient de celle-là à celle-ci. Dès lors, l’opération majeure de terrassement consista à remplir la Grande-Rue de déblais qui atteignirent vingt-cinq mètres d’épaisseur au-dessus de l’arsenal.

Ainsi se trouva constituée jusqu’aux murs de soutènement de celui-ci, cette grande plate-forme nue, braquée sur le Goulet comme la piste d’envol d’un porte-avions. […] La fureur, la logique et le vandalisme de cette seconde destruction de la ville furent tels qu’à peu près rien - pierre ouvragée, inscription, objet - n’a survécu au cataclysme. […]

En contraignant les larmes on arriverait peut-être à se consoler de l’anéantissement de la ville civile, dont la singularité se rehaussait pourtant d’édifices altiers qui, sous l’aspect de l’austère granite, portaient la marque de la monarchie finissante. Mais pas celui de l’arsenal. La vallée de la Penfeld, en particulier depuis Choquet de Lindu, était une rue fluviale d’une solennelle ordonnance monumentale et architecturale. La distribution intérieure des bâtiments - conservatoires dans le chêne et la pierre de trois siècles d’histoire maritime - n’était pas indigne de l’apparat des façades. […]

Du bagne plus rien ne subsiste - à peine en saurait-on retrouver l’emplacement - et du reste de l’arsenal à peu près rien. On aurait pu rétablir un édifice, au moins sauvegarder une façade ancienne, pour faire passer le rêve au travers des "croisées" béantes.

Pour la Marine en voie de reconstruction et occupée de Méditerranée et d’Extrême-Orient, Brest sera de plus un moyen pour des fins nucléaires. Des grands corps de bâtiments qui s’étageaient en savante gradation aux flancs escarpés de la Penfeld, elle ne laissa pas pierre sur pierre. Elle avait d’ailleurs la pratique des sabordages. Sait-on même où allèrent ces pierres "d’un fort bel appareil" qui composèrent l’énorme carrière que les bombes avaient suscitée ?

Seuls rappellent ici et là désormais le passé de notre ville quelques pans de remparts, agréablement fleuris de valérianes et - rare bienveillance du sort - l’impavide Château : l’antique castellum du Bas-Empire romain, vétéran de la contemplation des jeux mortels où s’amusent les barbares".

 

La guerre dans la ville : une occasion à ne pas manquer pour raser les fortifications

Les premiers bombardements alliés sur Brest ont lieu en 1940 (8 juillet) et s’intensifie en 1941 en raison de la présence de croiseurs allemands à l’arsenal. En 1943, les autorités de la ville chargent Jean-Baptiste Mathon (1893-1971) de la reconstruction. Après la bataille de Brest en août-septembre 1944, la ville n’est plus qu’un champ de ruines mais force est de constater que les fortifications sont toujours là… Le profil remparé constitué essentiellement d’une importante masse de terre (des "pleins" et des "vides" : les fossés secs) a survécu. Parapets et parements sont écorchés mais l’ensemble a tenu bon. Un examen attentif des photographies - tant aériennes qu’au sol - de l’immédiat après-guerre montre cependant bien les fortifications bouleversées et constellées de cratères. La contrescarpe a été particulièrement touchée dans le secteur de l’hôtel des postes mais le bastion de Saint-Sébastien et la courtine jusqu’à la porte Foy demeurent en assez bon état. Le fossé est encombré de débris et wagons du train départemental. Une casemate en béton armé établie à cheval sur l’enceinte flanque la porte Foy (il s’agit de l’ensemble fortifié numéroté "B 3").

Très vite à partir d’octobre 1944, les immeubles (par îlot) sont détruits à la mine sous le contrôle du service des Ponts et Chaussées, leurs gravats participant au remblaiement et au nivellement de l’intra-muros (et notamment du bas de la rue Louis-Pasteur). Le plan de nivellement de Brest du commissariat à la reconstruction, daté du 30 janvier 1945, est vérifié par l’ingénieur Piquemal (Délégué départemental sur la question de la Reconstruction en charge de Brest). Seuls sept immeubles sont conservés rive gauche dans l’intra-muros.

Une vue panoramique d’Henri Chalois prise en 1945 depuis les environs de la place de la Liberté illustre ce moment qui est celui de la création d’un plateau artificiel. Au centre de la photographie, les vestiges d’un immeuble, deux rues descendent en direction de la Penfeld : la rue de Siam passe de 41 m au-dessus du niveau de la mer à 24 m au départ du Pont Tournant… Dans le même temps, la rue Louis-Pasteur descend en pente raide passant de 41 m à 9 m au-dessus du niveau de la mer au droit de la forme de Troulan dite forme Tourville. À l’origine, la rue débouchait sur le quai de la Penfeld. De part et d’autre de cette dernière rue se dressent 15 m de gravats, soit la hauteur d’un immeuble de cinq étages. Entre 1945 et 1950, le fond de la rue sera barré par un mur d’une vingtaine de mètres de hauteur.

Ce qui trouble dans cette photographie, c’est aussi la présence de la place arborée de la Tour d’Auvergne - étrangement préservée - au regard de l’état de la ville. Les vestiges si présents de l’église Saint-Louis semblent émerger des gravats et du remblai, accentuant encore l’impression de cataclysme. Ceci n’est pas le résultat de la bataille de Brest en elle-même mais celui de l’action des mines et des bulldozers… une action réfléchie d’urbanisme. La destruction des fortifications, à l’extrême gauche, répond au besoin de remblayer les fossés pour achever de faire table rase. À l’arrière-plan, la grue électrique, l’arsenal, le plateau des Capucins et son môle, le pont transbordeur, Recouvrance sont encore debout (Selon toute vraisemblance, il se pourrait que deux niveaux d’un immeuble de l’ancienne rue La Pérouse à Recouvrance soient toujours accessibles… par un sous-sol le long de l’actuelle rue de la Porte).

Quoique éventrées, les façades néoclassiques de l’arsenal continuent d’exercer une réelle fascination… Là aussi, les bulldozers viendront à bout des corderies et du bagne, en dépit du souhait de Jean-Baptiste Mathon d’utiliser certaines façades pour les intégrer à la ville.

L’arsenal ne s’encombre pas de l’histoire : il doit fonctionner à nouveau, et le plus vite possible (À ce sujet, Patrick Dieudonné dresse dans Brest alias Brest, la réalisation d’un "inventaire" des façades des bâtiments de Choquet de Lindu). L’année 1945 marque aussi l’agrandissement de l’agglomération brestoise qui absorbe les communes de Lambézellec, Saint-Pierre et Saint-Marc. C’est le début du "Grand Brest".

Symbole de ce renouveau, le pont de l’Harteloire offre, dès 1951, un nouveau passage au-dessus de l’arsenal et de la Penfeld. Il est suivi par le pont de Recouvrance (pont levant) inauguré le 17 juillet 1954. Le pont Robert-Schumann (dit aussi pont du Bouguen) franchissant le vallon du moulin à Poudre est réalisé en 1963.

Selon les orthophotographies historiques de Brest, certains éléments de la fortification aujourd’hui disparus ont subsisté jusqu’en 1955 au moins : ainsi du côté de Recouvrance dans le secteur de la demi-lune de Saint-Mathieu (face et flanc nord du bastion de Saint-Mathieu), au pied des tours de Quéliverzan ; du côté de "Brest-même", une portion importante de l’enceinte de 1848-1849 au nord de la porte Fautras jusqu’au vallon du Moulin à poudre, sur le plateau du Bouguen (bastion de Penfeld dans son intégralité) ou au Guelmeur.

(Guillaume Lécuillier in Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011)

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 17e siècle
    • Secondaire : 4e quart 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle
  • Murs
    • gneiss maçonnerie
    • granite
    • terre
  • Toits
    terre en couverture, pierre en couverture
  • État de conservation
    vestiges, état moyen, bon état, inégal suivant les parties
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    vestiges de guerre, à signaler, à étudier

Fortifications d'agglomération compris dans la ZPPAUP de Brest.

Documents d'archives

  • Collection Nivart. MS144_207. Plan cavalier de la ville de Brest et de ses environs. Vues du bourg de Recouvrance et du château et de la ville de Brest du côté de la rade et du côté de la Penfeld. Attr. au chevalier de Clerville. 1667. Plan, support papier, 1,270 x 1,130 mètre, 3e quart 17e siècle, 1667.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001856_P
  • Collection Nivart. MS144_207. Plan cavalier de la ville de Brest et de ses environs. Vues du bourg de Recouvrance et du château et de la ville de Brest du côté de la rade et du côté de la Penfeld. Attr. au chevalier de Clerville. 1667. Plan, support papier, 1,270 x 1,130 mètre, 3e quart 17e siècle, 1667.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001857_P
  • Collection Nivart. MS144_207. Plan cavalier de la ville de Brest et de ses environs. Vues du bourg de Recouvrance et du château et de la ville de Brest du côté de la rade et du côté de la Penfeld. Attr. au chevalier de Clerville. 1667. Plan, support papier, 1,270 x 1,130 mètre, 3e quart 17e siècle, 1667.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001856_P. Voir aussi : SHDMD07001857_P
  • Collection Nivart. MS144_207. Plan cavalier de la ville de Brest et de ses environs. Vues du bourg de Recouvrance et du château et de la ville de Brest du côté de la rade et du côté de la Penfeld. Attr. au chevalier de Clerville. 1667.Plan, support papier, 1,270 x 1,130 mètre, 3e quart 17e siècle, 1667.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Détail de SHDMD07001856_P
  • Collection Nivart. MS144_203. Plan du port et de l´arsenal de Brest, ensemble du château et de la ville avec le bourg de Recouvrance. Lég. Armes de Colbert. Figuration de vaisseaux. Sign. Bellevue du Mains. 1677.Plan, support papier, 0,832 x 0,677 mètre, 4e quart 17e siècle, 1677.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001852_P
  • Collection Nivart. MS144_203. Plan du port et de l´arsenal de Brest, ensemble du château et de la ville avec le bourg de Recouvrance. Lég. Armes de Colbert. Figuration de vaisseaux. Sign. Bellevue du Mains. 1677. Plan, support papier, 0,832 x 0,677 mètre, 4e quart 17e siècle, 1677.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Détail de SHDMD07001852_P
  • Collection Nivart. MS144_250. Plan général de la ville et du port de Brest. Cartouche. Figuration de vaisseaux. Plan, support papier, 0,676 x 0,499 mètre, 3e quart 17e siècle, vers 1670.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001922_P
  • Collection Nivart. MS144_199. Plan cavalier de la ville de Brest, de son port et du bourg de Recouvrance avec l'indication de l'état des travaux de l'arsenal et du port. Plan, support papier, 1,079 x 0,782 mètre, 4e quart 17e siècle, 1678 (?).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001848_P
  • Collection Nivart. MS144_199. Plan cavalier de la ville de Brest, de son port et du bourg de Recouvrance avec l'indication de l'état des travaux de l´arsenal et du port. Plan, support papier, 1,079 x 0,782 mètre, 4e quart 17e siècle, 1678 (?).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001848_P
  • Collection Nivart. MS144_199. Plan cavalier de la ville de Brest, de son port et du bourg de Recouvrance avec l'indication de l'état des travaux de l´arsenal et du port. 1678 (?). Plan, support papier, 1,079 x 0,782 mètre, 4e quart 17e siècle, 1678 (?).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Détail de SHDMD07001848_P
  • Collection Nivart. MS144_246. Plan de la ville, château, arsenal et port de Brest et bourg de Recouvrance. Sign. de Sainte Colombe. Cartouche (deux naïades et un triton enfant). Figuration de vaisseaux. Plan, support papier, 1,051 x 0,780 mètre, 4e quart 17e siècle, 12 avril 1680.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001918_P
  • Collection Nivart. MS144_247. Plan de la ville, château, arsenal et port de Brest et bourg de Recouvrance. Sign. de Sainte Colombe. Cartouche (deux naïades). Figuration de vaisseaux. Plan, support papier, 0,515 x 0,378 mètre, 4e quart 17e siècle, 1680.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001919_P
  • Collection Nivart. MS144_249. Carte topographique des environs de la ville de Brest. Attr. à Sainte Colombe. Cartouche. Plan, support papier, 0,511 x 0,387 mètre, 4e quart 17e siècle, 1680.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001921_P
  • Collection Nivart. MS144_202. Plan général de la ville de Brest. Sign. Chamoy. Figuration de vaisseaux. Plan, support papier, 0,989 x 0,780 mètre, 4e quart 17e siècle, novembre 1680.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001851_P
  • Collection Nivart. MS144_239. Plan général de Brest. Sign. Garangeau. 15 mai 1681. Cartouche (dieu fleuve et amours soutenant les armes de France). Plan, support papier, 1,080 x 0,768 mètre, 4e quart 17e siècle, 15 mai 1681.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001910_P
  • Collection Nivart. MS144_235. Plan de la redoute revestue que les gardes de la Marine de Brest ont défendu pour s'exercer contre les soldats du port. Sign. Courby, garde de la Marine. Joint à la lettre de M. Desclouzaux, le 30 mai 1687.Plan, support papier, 0,480 x 0,334 mètre, 4e quart 17e siècle, 30 mai 1687.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001906_P
  • Collection Nivart. MS144_242. Vue de Brest en rade et plan du banc qui se forme devant l´entrée. Sign. Laisne, pilote. Figuration de vaisseaux. Plan, support papier, 0,355 x 0,136 mètre, 4e quart 17e siècle, 4 mai 1689.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001914_P
  • Collection Nivart. MS144_198. Plan général de la ville de Brest. Sign. Niquet. Plan, support papier, 1,020 x 0,990 mètre, 4e quart 17e siècle, 15 novembre 1689.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001846_P
  • Collection Nivart. MS144_198. Plan général de la ville de Brest. Sign. Niquet.Plan, support papier, 1,020 x 0,990 mètre, 4e quart 17e siècle, 15 novembre 1689.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001847_P
  • Collection Nivart. MS144_240. Plan des lieux d'où on peut tirer des eaux pour Brest. 30 janvier 1690. Plan, support papier, 0,686 x 0,508 mètre, 4e quart 17e siècle, 30 janvier 1690.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001911_P
  • Collection Nivart. MS144_529. Plan des villes et chateau de Brest. Plan, support papier, 0,970 x 0,941 mètre, 4e quart 17e siècle, vers 1690 (?).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07002464_P
  • Collection Nivart. MS144_529. Plan des villes et chateau de Brest. Plan, support papier, 0,970 x 0,941 mètre, 4e quart 17e siècle, vers 1690 (?).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07002465_P
  • Archives du Génie, Article 8, section 1, Brest carton 1. 1VH446n°37_1697. Plan, support papier, 4e quart 17e siècle, 30 décembre 1697.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1VH446n°37_1697
  • Archives du Génie, Article 8, section 1, Brest carton 1. 1VH446n°39_1700. Plan, support papier, 1e quart 18e siècle, 20 janvier 1700 par Mollart.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1VH446n°39_1700
  • Le 28 janvier 1701, M. de Bouridal.

    Brest. 1er plan.

    Premier plan de Brest du côté de Recouvrance relatif au procès verbal des héritages pris à la seignerie du Chastel en 1672. A Brest le 20 janvier 1701 par Mollart.

    Plan de Brest côté de Recouvrance pour faire voir les terrains pris à divers particuliers depuis l'année 1672 jusqu'en 1686 pour les anciens retranchements de terre, batiments, magasins et autres emplacements pour le service du Roi où l'on a distingué les terrains de chaque propriétaire par les couleurs ci-après :

    La verte marque le terrain à Madame la Duchesse de Portsmouth,

    Le gris de (lain) [lin] EE au Sieur de Nouailles,

    Le vermillon FG au Sieur Le Gal,

    La sanguine GH, LM au Sieur l'Armorique,

    Le jaune IK au Sieur de Map,

    Le carmin KL à Madame de K (?) uein,

    Le bleu BB au Sieur de Belleveue.

    https://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/ark:/49933/thtqnk98wdv3/941/2

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C 968 (1)
  • C 968 (2) : Le 28 janvier 1701, M. de Bouridal.

    Brest. 2ème plan.

    Second plan de Brest du côté de Recouvrance relatif au procès verbal des héritages pris à la seignerie du Chastel depuis 1689. A Brest le 22 janvier 1701 par Mollart.

    Plan de Brest côté de Recouvrance pour faire voir les terrains pris à divers particuliers depuis le commencement de l'année 1686 jusqu'à la fin de 1700 pour faire la nouvelle enceinte de muraille, remparts, fossés, chemins couverts, demie lune, glacis et rue au pied du rempart, l'on a distingué les terrains de chaque propriétaire par des couleurs différentes.

    Le gris de (lin) [lin] coté iii et 2 au Sieur de Nouailles,

    Le vermillon coté 3 au Sieur Le Gal,

    Le gris coté 4 au Sieur Charles,

    La sanguine coté 5, 10 et 11 au Sieur de L'Armorique, Le jaune coté 6 au Sieur Le Map,

    Le bistre coté 7 aux Pères Capucins,

    Le carmin coté 8 et 9 à Madame de K (?) uein,

    Le bleu coté 12 et 13 au Sieur de Belleveue,

    Le vert coté 16, 17 et 18 à Madame la Duchesse de Portsmouth,

    Les trois perrières [carrières] cotées au plan 23, 24 et 25 à la dite Dame,

    Les deux fours à chaux cotés ee à la dite Dame,

    Le corps de garde pour la nuit coté 22 à la dite Dame.

    https://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/ark:/49933/thtqnk98wdwg/943/2

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C 968 (2)
  • Le 23 mars 1703, M. de Bouridal.

    Brest. 1er plan.

    Premier plan de l'enceinte du côté de Brest relatif au procès verbal des héritages compris dans les fortifications. A Brest le 1er août 1702 par Mollart.

    Brest, 1702.

    Premier plan de l'enceinte côté de Brest.

    Plan des anciens retranchements de terre faits du côté de Brest en 1674 dont l'on ne compte la non jouissance du terrain qu'ils ont occupé que jusqu'au commencement de 1690 attendu que les propriétaires en ont pû jouir du depuis.

    https://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/ark:/49933/thtqnk98wdxv/945/2

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C 968 (3)
  • Le 23 mars 1703, M. de Bouridal.

    Brest. 3ème plan.

    Plan de Brest relatif aux 3ème et 4ème procès verbaux des héritages pris pour les fortifications de l'enceinte du côté de Brest.

    A Brest le 10 juin 1702 par Mollart.

    Brest, 1702.

    Plan de Brest pour faire voir les terrains pris à divers particuliers tant pour la nouvelle enceinte de muraille, ses remparts, fossés, chemins couverts, demi-lunes et glacis que pour la rue au pied du rempart et emplacements des bâtiments pour le service de Sa Majesté.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C 968 (5)
  • Le 8 juillet 1701, M. de Bouridal.

    Brest.

    Plan du front du château de Brest du côté de la ville sur lequel on a marqué les héritages pris et démolis pour les fortifications, chemins couverts et glacis et ceux que l'on a proposé de prendre pour l'agrandissement de l'esplanade. Fait à Brest le 17 septembre 1700 par Traverse.

    Plan des ouvrages du front du château de Brest du côté de la ville avec les emplacements des maisons et héritages qui ont été et seront compris dans l´étendue des glacis et esplanade. La ligne colorée de vert détermine l'étendue du glacis à 15 toises suivant l’ordonnance. Les lignes ponctuées colorées de rouge marquent les emplacements des maisons et jardins qui ont été démolis pour former le glacis. Les lignes ponctuées colorées de jaune marquent les fonds et terrains qui ont étét compris dans l'étendue des glacis et esplanade. La ligne ponctuée marquée 31 détermine l'étendue de l'esplanade. Noms des propriétaires des maisons et héritages. [...]

    https://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/ark:/49933/thtr4xgxh2jw/951/1

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C 969 (1)
  • Collection Nivart. MS144_206. Plan général de Brest. Sign. Mollart. Plan, support papier, 0,958 x 0,655 mètre, 4e quart 17e siècle - 1er quart 18e siècle.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001855_P
  • Collection Nivart. MS144_252. Plan de la ville et forteresse de Brest, fameux port de mer situé dans la Basse-Bretagne. Plan, support papier, 1,050 x 1,132 mètre, 4e quart 17e siècle.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001924_P
  • Collection Nivart. MS144_252. Plan de la ville et forteresse de Brest, fameux port de mer situé dans la Basse-Bretagne. Plan, support papier, 1,050 x 1,132 mètre, 4e quart 17e siècle.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001925_P
  • Collection Nivart. MS144_530. Plan des fortifications de Brest. Plan, support papier, 0,418 x 0,338 mètre, 4e quart 17e siècle.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07002466_P
  • Collection Nivart. MS144_214. Plan de la ville, château et port de Brest. Sign. Duhamel. 28 juin 1700. Visa de Desclouzeaux, intendant de la Marine. Plan, support papier, 0,899 x 0,630 mètre, 1er quart 18e siècle, 28 juin 1700.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001867_P
  • Collection Nivart. MS144_214. Plan de la ville, château et port de Brest. Sign. Duhamel. 28 juin 1700. Visa de Desclouzeaux, intendant de la Marine. Plan, support papier, 0,899 x 0,630 mètre, 1er quart 18e siècle, 28 juin 1700.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Détail de SHDMD07001867_P
  • Collection Nivart. MS144_216. Plan de la ville, du port et des environs immédiats de Brest. Plan, support papier, 0,763 x 0,477 mètre, 1er quart 18e siècle.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001869_P
  • Bibliothèque du Génie : manuscrit in f°33g tome 2, atlas. Plan, support papier, 4e quart 17e siècle, 24 septembre 1704.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Ms33gT2n°14
  • Archives du Génie, Article 8, section 1, Brest, carton 1. 1VH446n°46_1710. Plan, support papier, 1er quart 18e siècle, 22 janvier 1710.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1VH446n°46_1710
  • Collection Nivart. MS144_214. Plan de la ville et de ses environs (jusqu´à une distance égale ou supérieure à six cents toises au delà des murailles) relatif au projet de 1724. Sign. Robelin. Plan, support papier, 0,899 x 0,630 mètre, 1er quart 18e siècle, 3 novembre 1723.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001868_P
  • Plan de la place d'armes dite champ de bataille de Brest. A Brest le 15 février 1730 par Dumains.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C 969 (2)
  • Archives du Génie, Article 8, section 1, Brest, carton 1. 1VH446n°62_1741. Plan, support papier, 2e quart 18e siècle, 4 novembre 1740. 1741.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1VH446n°62_1741
  • Collection Nivart. MS144_205. Plan général de la ville de Brest. Plan, support papier, 0,972 x 0,659 mètre, milieu 18e siècle, 1750.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001854_P
  • Plan des terrains qu´il convient d´acquérir pour la construction d'un polygone pour les exercices de l'artillerie de l´école de Brest. A Brest le 21 avril 1763.

    https://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/ark:/49933/thtr4xgxh2mn/953/1

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C 980 (1)
  • Fi. Documents Figurés. 5Fi. Plans et cartes. Plan, support papier, 2e moitié 18e siècle.

    Archives municipales et communautaires de Brest : 5Fi01119
  • Collection Nivart. MS144_213. Plan partiel de Brest : champ de bataille, projet de transformation en place royale avec la statue de Louis XV. ép. Vers 1765. Plan général de la place. Plan, support papier, 0,542 x 0,497 mètre, 3e quart 18e siècle, vers 1765.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001865_P
  • Collection Nivart. MS144_213. Projet pour la statue de Louis XV (debout sur un écueil, tenant un trident et la main gauche posée sur la sphère terrestre). Lavis. Plan, support papier, 0,446 x 0,561 mètre, 3e quart 18e siècle, vers 1765.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001866_P
  • Collection Nivart. MS144_218. Plan partiel de Brest relatif au projet de place devant l'hôtel des gardes de la Marine. Vers 1770. Plan, support papier, 0,585 x 0,420 mètre, 3e quart 18e siècle, vers 1770.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001871_P
  • Bibliothèque du Génie : atlas 69a. Carte de la rade de Brest, 1776, pl II. Plan, support papier, 4e quart 18e siècle, 1776.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Atlas69A_pl_II
  • Bibliothèque du Génie : atlas 69, f°5. Plan, support papier, 4e quart 18e siècle, 1777.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Atlas69f5
  • Bibliothèque du Génie : atlas 69, f° 15. Plan, support papier, 4e quart 18e siècle, 1777.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Atlas69f15
  • Bibliothèque du Génie : atlas 69a. Plan du fort de Penfeld, 1784, pl XXI. Plan, support papier, 4e quart 18e siècle, 1784.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Atlas69A_pl_XXI
  • Collection Nivart. MS144_217. Plan de la ville et du port. "Gravé et publié en 1779 par Moithey ingénieur géographe du Roi". Encadrement aux armes de France. Plan gravé. Plan, support papier, 0,354 x 0,535 mètre, 4e quart 18e siècle, 1779.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001870_P
  • Collection Nivart. MS144_219. Plan de la ville et du port de Brest auquel est joint un état des possessions respectives du Département de la Marine et de celui de la Guerre. Plan, support papier, 0,293 x 0,346 mètre, 4e quart 18e siècle, vers 1780.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001872_P
  • Collection Nivart. MS144_204. Plan partiel de Brest : entrée du port, château et quartier de Recouvrance. Comportant trois projets de place royale avec statue de Louis XIV. Par M. Jailler de Savault architecte, ancien pensionnaire du Roy. Plan, support papier, 0,870 x 0,625 mètre, 4e quart 18e siècle, 1786.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001853_P
  • Collection Nivart. MS144_220. Plan partiel de Brest : entrée du port, chateau, quartier de Recouvrance. Plan, support papier, 0,872 x 0,625 mètre, 4e quart 18e siècle, 1786.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001873_P
  • Collection Nivart. MS144_220. Plan partiel de Brest : entrée du port, chateau, quartier de Recouvrance. Plan, support papier, 0,872 x 0,625 mètre, 4e quart 18e siècle, 1786.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001874_P
  • Collection Nivart. MS144_220. Plan partiel de Brest : entrée du port, chateau, quartier de Recouvrance. Plan, support papier, 0,872 x 0,625 mètre, 4e quart 18e siècle, 1786.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001875_P
  • Collection Nivart. MS144_220. Plan partiel de Brest : entrée du port, chateau, quartier de Recouvrance. Plan, support papier, 0,872 x 0,625 mètre, 4e quart 18e siècle, 1786.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001876_P
  • Fortifications de Brest. Plan des terrains que doit occuper l'agrandissement d'enceinte sur la hauteur de la carrière du Pape, 1789.

    https://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/ark:/49933/thtr4xgxh2n1/954/1

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C 980 (2)

Bibliographie

  • BESSELIEVRE, Jean-Yves. "Les travaux de fortification de Brest à la fin du XVIIIe siècle, 1776-1784". Mémoire de Maîtrise d´Histoire moderne de l'Université de Bretagne Occidentale, sous la dir. de Fanch Roudaut, Brest, 1996.

  • CENTRE CULTUREL DE DAOULAS - LE BRIS, Michel, BOULAIRE, Alain (sous la dir. de). Brest au temps de l'Académie de marine : exposition, Abbaye de Daoulas, 14 décembre 2001-28 février 2002. Rennes, 2001, 157 p.

    Archives municipales et communautaires de Brest
  • FLOCH, Henri. LE BERRE, Alain. L'enfer de Brest. Août septembre 1944. Bayeux : édition Heimdal, 2001, 304 p.

  • BOULAIRE, Alain. LE BIHAN, René. Brest. Plomelin, éditions Palantines, Collection : Histoire et géographie contemporaine, 2004, 303 p.

  • LÉCUILLIER, Guillaume (dir.), BESSELIÈVRE, Jean-Yves, BOULAIRE, Alain, CADIOU, Didier, CORVISIER, Christian, JADÉ, Patrick. Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes : éditions Presses Universitaires de Rennes, collection Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • CHAZETTE, Alain. MANTEY, Olivier. DESTOUCHES, Alain. TOMINE, Jacques. PAICH, Bernard. SOLERA, Mario. REBERAC, Fabien. Forteresse de Brest. Maillon du Mur de l'Atlantique. Occupation - vie quotidienne - libération. Vertou, éditions Histoire et fortifications, 2018, 208 p.

Documents figurés

  • Collection particulière, Roscoff. Certains tirages papier portent au revers le cachet du service photographique du journal Ouest-France (ce journal paraît pour la première fois le lundi 7 août 1944, prenant la suite de L'Ouest-Éclair).

  • Fi. Documents Figurés. 3Fi. Cartes postales. Carte postale, 4e quart 19e siècle-1er quart 20e siècle.

    Archives municipales et communautaires de Brest : 3Fi089_074
  • Fi. Documents Figurés. 3Fi. Cartes postales. Carte postale, 4e quart 19e siècle-1er quart 20e siècle.

    Archives municipales et communautaires de Brest : 3Fi008_052
  • Fi. Documents Figurés. 3Fi. Cartes postales. Carte postale, 4e quart 19e siècle-1er quart 20e siècle.

    Archives municipales et communautaires de Brest : 3Fi046_042
  • Fi. Documents Figurés. 3Fi. Cartes postales. Carte postale, 4e quart 19e siècle-1er quart 20e siècle.

    Archives municipales et communautaires de Brest : 3Fi089_005
  • Fi. Documents Figurés. 3Fi. Cartes postales. Carte postale, 4e quart 19e siècle-1er quart 20e siècle.

    Archives municipales et communautaires de Brest : 3Fi114_035
  • Fi. Documents Figurés. 3Fi. Cartes postales. Carte postale, 4e quart 19e siècle-1er quart 20e siècle.

    Archives municipales et communautaires de Brest : 3Fi079_147
  • Fi. Documents Figurés. 3Fi. Cartes postales. Carte postale, 4e quart 19e siècle-1er quart 20e siècle.

    Archives municipales et communautaires de Brest : 3Fi003_011
  • FLOCH, Henri. LE BERRE, Alain. L'enfer de Brest. Août septembre 1944. Bayeux : édition Heimdal, 2001, 304 p.

Documents multimédia

  • Association 1846. JADÉ, Patrick. "Vestiges de l'enceinte de Brest". 10 Décembre 2018.

    https://association-1846.over-blog.com/2018/12/vestiges-de-l-enceinte-de-brest.html

Annexes

  • Projets de Vauban sur Brest, 1683 (1VH2243)
  • Précis historique des ouvrages ordonnés par le Règlement du roi du 21 décembre 1776 d'après l'Atlas des places fortes de France de 1777
  • Ouvrages extérieurs de Brest. Précis historique des projets formés pour la sûreté de la ville de Brest, depuis son établissement et en particulier de l'objet des ouvrages ordonnés par le règlement du Roi du 31 décembre 1776 ; suivi d´un mémoire sur les différentes manières dont cette place peut être attaquée et des moyens qu'on peut employer pour sa défense. A Cherbourg, le 1er mai 1785 par De Caux.
  • Ouvrages extérieurs de Brest. Mémoire sur la manière dont les ouvrages ordonnés par le règlement du Roi du 31 décembre 1776, ont été exécutés.
  • Ouvrages extérieurs de Brest. Mémoire sur l´ouvrage couronné du Bouguen. Article 1 du règlement du Roi du 31 décembre 1776 par De Caux, 1er mai 1785
  • Ouvrages extérieurs de Brest ; Mémoire sur le Portzic, Article 2 du règlement du Roi du 31 décembre 1776 par De Caux, 1er mai 1785
  • Ouvrages extérieurs de Brest : Mémoire sur le fort de Montbarey, Article 3 du règlement du Roi du 31 décembre 1776 par De Caux, 1er mai 1785
  • Ouvrages extérieurs de Brest : Mémoire sur le fort de Penfeld, Article 6 du règlement du Roi du 31 décembre 1776 par De Caux, 1er mai 1785
  • Ouvrages extérieurs de Brest. Mémoire sur les Lignes de Quélern. Article 7 du règlement du Roi du 31 décembre 1776 par De Caux, 1er mai 1785. Observations sur Quélern, 1785
  • L'ingénieur Robelin d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
  • L'ingénieur Guillaume-Marie Damar d'après d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
  • L'ingénieur Amédée-François Frézier d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
  • L'ingénieur Pierre Filley de la Côte (alias de Filley), 1695-1779 d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
  • L'ingénieur Louis Lazare (alias d'Ajot), 1717-1786 d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
  • L'ingénieur Pierre-Jean de Caux de Blacquetot (alias Decaux), 1720-1792 d'après Anne Blanchard (Dictionnaire des Ingénieurs militaires, 1981)
Date(s) d'enquête : 2004; Date(s) de rédaction : 2004, 2011, 2026
(c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne
(c) Région Bretagne
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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