Dossier d’œuvre architecture IA35132911 | Réalisé par
Lécuillier Guillaume (Contributeur)
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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  • enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
  • enquête thématique régionale, Les ports de Bretagne
Digue et cale de l'avant-port de Saint-Servan, terre-plein du Naye (Saint-Malo)
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne - Saint-Malo Nord
  • Commune Saint-Malo
  • Lieu-dit Le Naye
  • Cadastre CR 31
  • Dénominations
    digue, cale

Datant des années 1837-1840 et remblayée dans les années 1920 lors de la construction de la grande écluse du Naye, la digue de l’avant-port de Saint-Servan a été redécouverte en novembre 2025 lors des travaux d’aménagement de la nouvelle gare maritime du terminal ferry du Naye.

Le chantier d’aménagement du terre-plein du Naye a ainsi permis de documenter la démolition partielle de la digue de l’avant-port lors de la construction de l’un des bunkers de la batterie antiaérienne lourde du Naye durant la Seconde Guerre mondiale.

La déclaration de découverte de bien culturel maritime, à savoir les vestiges d’une ancienne digue sur le domaine public maritime artificiel, par la SemBreizh, maître d’ouvrage délégué par la Région Bretagne, a permis de déclencher en urgence une fouille archéologique afin de documenter cet ancien ouvrage portuaire.

Cette fouille, prescrite par le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) et réalisée par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP Grand Ouest) les 11 et 12 mars 2026 a permis de cerner l’emprise exacte de la digue, de mesurer son niveau d’arasement, mais aussi de mieux comprendre le fonctionnement de l’ensemble digue/cale et fort du Naye. L’étude historique a été réalisée en collaboration avec la Région Bretagne - service de l'Inventaire du patrimoine culturel.

Une superficie de 461 m2 a été ouverte pour la fouille permettant la mise à jour de la digue sur plus d’une quarantaine de mètres de longueur et la mise à jour de la cale sur une quinzaine de mètres de longueur. A ce tronçon de la digue et de la cale conservé en bon état, il faut ajouter la petite dizaine de mètres de digue déjà documentée le 22 janvier 2026.

Ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été réalisé entre janvier et mai 2026 par la Région Bretagne dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires, mais il intéresse plus particulièrement l'Inventaire des ports de Bretagne. Il a bénéficié du soutien de la Direction des ports de la collectivité régionale (archives de la Région Bretagne), de la Ville de Saint-Malo (archives municipales de Saint-Malo et collections iconographiques du Musée d'histoire de Saint-Malo) et de l’Association "1846", la fortification du 19e siècle, connaître et partager (mise à disposition des archives du Service historique de la Défense).

L’avant-port de Saint-Servan figure sur le plan du projet d'établissement d'un bassin à flot commun aux deux villes de Saint-Malo et Saint-Servan signé par Charles Girard de Caudemberg du 29 novembre 1834.

Détail du plan du projet d'établissement d'un bassin à flot commun aux deux villes de Saint-Malo et Saint-Servan par Charles Girard de Caudemberg, 29 novembre 1834. Au centre figure l'avant-port de Saint-Servan, les rochers et Moulins du roiDétail du plan du projet d'établissement d'un bassin à flot commun aux deux villes de Saint-Malo et Saint-Servan par Charles Girard de Caudemberg, 29 novembre 1834. Au centre figure l'avant-port de Saint-Servan, les rochers et Moulins du roi

La digue et la cale de l’avant-port de Saint-Servan ont été construites entre 1837 et 1840 ; elles sont contemporaines du fort du Naye, agrandi et reconstruit à partir de 1838. Côté Saint-Malo, l’avant-port est formé par le môle des Noires élevé entre 1837 et 1842.

Extrait du projet des ouvrages de fortifications relatifs au bassin à flot entre les villes de Saint-Malo et Saint-Servan, 1838. Les parties lavées de jaune sont au stade de projetExtrait du projet des ouvrages de fortifications relatifs au bassin à flot entre les villes de Saint-Malo et Saint-Servan, 1838. Les parties lavées de jaune sont au stade de projet

Vue de l'avant-port de Saint-Servan. Au premier plan, le fort du Naye (de gauche à droite : pièce d'artillerie dans son embrasure ; batardeau du fossé et sa dame ; fossé ; rampe ; pont-levis et banquette de tir). En arrière-plan, la ville de Saint-MaloVue de l'avant-port de Saint-Servan. Au premier plan, le fort du Naye (de gauche à droite : pièce d'artillerie dans son embrasure ; batardeau du fossé et sa dame ; fossé ; rampe ; pont-levis et banquette de tir). En arrière-plan, la ville de Saint-Malo

Le musoir de la digue a été réalisé en 1863.

La légende explicative du plan des ports de Saint-Malo et Saint-Servan de 1870 précise que ce môle devait créer de l'abri pour les embarquements et, dans un second temps, protéger les portes des pertuis. L’avant-port, dont le fond est constitué de rocher, n'est facilement accessible qu'au-dessus de la mi-marée. La cale d’embarquement est accessible aux voitures hippomobiles.

Détail du plan des travaux approuvés par décision ministérielle du 7 septembre 1870 : état actuelDétail du plan des travaux approuvés par décision ministérielle du 7 septembre 1870 : état actuel

Entre 1890 et 1923, la digue ouest de l’avant-port de Saint-Servan semble avoir été réduite de 50 m de longueur [cf. comparaison des plans du port et de l’orthophotographie de 1923].

Vue aérienne verticale, 1923. Au centre, l'avant-port de Saint-Servan et le fort du NayeVue aérienne verticale, 1923. Au centre, l'avant-port de Saint-Servan et le fort du Naye

Dans les années 1920, la réalisation de la grande écluse du Naye entraîne le remblaiement de l’avant-port de Saint-Servan et la création d’un terre-plein [cf. photographie oblique du chantier en 1929].

Détail du plan général : amélioration du port de Saint-Malo - Saint-Servan, Entreprise de Travaux publics de l'ouest, Nantes, 26 janvier 1921Détail du plan général : amélioration du port de Saint-Malo - Saint-Servan, Entreprise de Travaux publics de l'ouest, Nantes, 26 janvier 1921

Vue aérienne oblique depuis l'ouest-sud-ouest montrant le chantier de construction de la grande écluse du Naye, 27 septembre 1929. Sur la photographie, on voit notamment l'avant-port de Saint-Servan en cours de remblaiement et le fort du NayeVue aérienne oblique depuis l'ouest-sud-ouest montrant le chantier de construction de la grande écluse du Naye, 27 septembre 1929. Sur la photographie, on voit notamment l'avant-port de Saint-Servan en cours de remblaiement et le fort du Naye

La grande écluse du Naye est mise en service en 1931.

C’est sur le terre-plein du Naye qu’un ensemble fortifié et une batterie d’artillerie antiaérienne lourde sont construits par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale.

En novembre 2025, les vestiges de la digue et un bunker de type L 401A sont réapparus lors des travaux d’aménagement de la nouvelle gare maritime du terminal ferry du Naye. Le terrassement lié à la construction du bunker numéroté III a nécessité en 1943 la démolition d’un tronçon de la digue de l’avant-port alors enfouie. Ces vestiges ont fait l’objet d’un relevé topographique par l’entreprise Colas en charge des travaux de terrassement et d’une couverture photographique par la Région Bretagne les 5 et 17 décembre 2025.

Vue des vestiges de l'avant-port de Saint-Servan : embarcadère construit en maçonnerie de pierre de taille de granite (couverture photographique du 17 décembre 2025). En arrière-plan, le fort du NayeVue des vestiges de l'avant-port de Saint-Servan : embarcadère construit en maçonnerie de pierre de taille de granite (couverture photographique du 17 décembre 2025). En arrière-plan, le fort du Naye

Vue de l'extrémité nord du batardeau du fossé du fort du Naye (couverture photographique du 17 décembre 2025). Cette partie du fort, montée en maçonnerie de pierre de taille de granite, était en connexion avec l'avant-port de Saint-ServanVue de l'extrémité nord du batardeau du fossé du fort du Naye (couverture photographique du 17 décembre 2025). Cette partie du fort, montée en maçonnerie de pierre de taille de granite, était en connexion avec l'avant-port de Saint-Servan

Vue des vestiges de l'avant-port de Saint-Servan : digue construite en maçonnerie de pierre de taille de granite (couverture photographique du 17 décembre 2025). En arrière-plan, le bunker de type L 401aVue des vestiges de l'avant-port de Saint-Servan : digue construite en maçonnerie de pierre de taille de granite (couverture photographique du 17 décembre 2025). En arrière-plan, le bunker de type L 401a

Au premier plan, vue des vestiges de l'avant-port de Saint-Servan : digue orientée vers le nord-ouest (couverture photographique du 17 décembre 2025). En arrière-plan, le bunker de type L 401aAu premier plan, vue des vestiges de l'avant-port de Saint-Servan : digue orientée vers le nord-ouest (couverture photographique du 17 décembre 2025). En arrière-plan, le bunker de type L 401a

Début janvier 2026, le signalement par l’Unité départementale de l'architecture et du patrimoine d’Ille-et-Vilaine au Service régional de l’archéologie de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Bretagne de la présence de structures bâties en granite et de trois bunkers dans le périmètre du chantier a suscité l’intervention du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), seul service compétent dans le cas de découverte sur le domaine public maritime artificiel.

Le DRASSM s’est déplacé sur le terrain le 22 janvier 2026 pour examiner et comprendre les structures mises à jour. Après déblaiement à la pelle mécanique, la digue et le bunker numéroté III ont fait l’objet d’une couverture photographique par la Région Bretagne. Cette intervention a permis de sensibiliser au patrimoine les équipes en charge des travaux d’aménagement et à l’obligation légale de déclaration de découverte fortuite.

Vue des travaux d'excavation des vestiges de la digue de l'avant-port de Saint-Servan avec une pelle hydraulique Case CX 245 D SR (couverture photographique du 22 janvier 2026).  En arrière-plan à gauche, la vigie de la capitainerie du port de Saint-MaloVue des travaux d'excavation des vestiges de la digue de l'avant-port de Saint-Servan avec une pelle hydraulique Case CX 245 D SR (couverture photographique du 22 janvier 2026). En arrière-plan à gauche, la vigie de la capitainerie du port de Saint-Malo

Vue des vestiges de la digue de l'avant-port de Saint-Servan  et du bunker-abri-magasin de munitions de type L 401a avec cuve pour canon antiaérien (couverture photographique du 22 janvier 2026)Vue des vestiges de la digue de l'avant-port de Saint-Servan et du bunker-abri-magasin de munitions de type L 401a avec cuve pour canon antiaérien (couverture photographique du 22 janvier 2026)

Vue des vestiges de la digue de l'avant-port de Saint-Servan : élévation sud-ouest, maçonnerie en pierre de taille de granite (couverture photographique du 22 janvier 2026)Vue des vestiges de la digue de l'avant-port de Saint-Servan : élévation sud-ouest, maçonnerie en pierre de taille de granite (couverture photographique du 22 janvier 2026)

Vue des vestiges de la digue de l'avant-port de Saint-Servan : maçonnerie en pierre de taille de granite (couverture photographique du 22 janvier 2026)Vue des vestiges de la digue de l'avant-port de Saint-Servan : maçonnerie en pierre de taille de granite (couverture photographique du 22 janvier 2026)

Le jeudi 26 février 2026, lors du terrassement pour la réalisation du parking de la nouvelle gare maritime du terminal ferry du Naye, l’entreprise Colas a fortuitement découvert à 8.04 m NGF, sous un monticule de déblais en attente de réemploi, des structures bâties en granite correspondant à la digue [Cf. fiche évènement n° 39 du 26 février 2026, par l’entreprise Colas - VRD - Le Carré Emeric].

La déclaration de découverte de bien culturel maritime, à savoir les vestiges d’une ancienne digue, par la SemBreizh, maître d’ouvrage délégué par la Région Bretagne pour l’aménagement du terminal du Naye à Saint-Malo, a motivé le DRASSM à prescrire le 5 mars 2026 une opération de sondage archéologique urgent afin de documenter cet ancien ouvrage portuaire. L’objectif du sondage était de cerner l’emprise exacte de la digue, d’observer si un niveau de circulation côté port était conservé, mais aussi de comprendre le fonctionnement de l’ensemble digue/cale et fort du Naye.

Réalisée les 11 et 12 mars 2026 avec le soutien de l’entreprise Colas (mise à disposition d’une pelle mécanique équipée d’un godet lisse rotatif et d’un tombereau avec chauffeurs), cette fouille a été confiée à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP Grand Ouest) sous la direction scientifique de Ronan Louessard. La digue a été suivie en surface sur plus d’une quarantaine de mètres de longueur (une superficie de 461 m2 a été ouverte pour la fouille). En accord avec le maître d’ouvrage, le sondage a été laissé en l’état à l’issue de l’opération.

L’étude historique de Ronan Louessard a été réalisée en collaboration avec la Région Bretagne - service de l'Inventaire du patrimoine culturel.

Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026)Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026)

Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). En arrière-plan, le fort du NayeVue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). En arrière-plan, le fort du Naye

Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026)Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026)

Orthophotographies des sondages archéologiques réalisés sur les deux faces de la digue (mars 2026)Orthophotographies des sondages archéologiques réalisés sur les deux faces de la digue (mars 2026)

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle
    • Secondaire : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1837, daté par travaux historiques
    • 1840, daté par travaux historiques
    • 1863, daté par travaux historiques

Etat primitif

L’avant-port de Saint-Servan était relié au faubourg de Saint-Servan par une digue faisant chaussée et progressivement élargie au fil du temps. Il était constitué d’un bassin ouvert vers le nord, mais protégé par la ville close de Saint-Malo, à l’est par la digue du bassin à flot et à l’ouest par une digue doublée d’une cale. Dans la digue du bassin à flot se trouvait le barrage du bassin nommé pertuis.

Selon la légende explicative du plan des ports de Saint-Malo et Saint-Servan de 1870, la digue ouest de l’avant-port mesure 150 m de longueur, sa largeur est de 2 m dont 1 m pour le parapet. Au fond de l'avant-port, il y a 43 m de quais accostables.

Vue générale depuis le nord, carte postale (B.J.C., Paris). De gauche à droite, on distingue le fort du Naye (mur crénelé et pont levis) et l'avant-port avec digue et cale. En arrière-plan, la ville de Saint-ServanVue générale depuis le nord, carte postale (B.J.C., Paris). De gauche à droite, on distingue le fort du Naye (mur crénelé et pont levis) et l'avant-port avec digue et cale. En arrière-plan, la ville de Saint-Servan

Vue générale depuis le nord, carte postale. De gauche à droite, on distingue le fort du Naye et l'avant-port avec digue et cale. La marée est basse. En arrière-plan, la ville de Saint-ServanVue générale depuis le nord, carte postale. De gauche à droite, on distingue le fort du Naye et l'avant-port avec digue et cale. La marée est basse. En arrière-plan, la ville de Saint-Servan

Vue générale depuis le nord. De gauche à droite, on distingue le fort du Naye et l'avant-port avec digue et cale. La marée est basse. En arrière-plan, la ville de Saint-ServanVue générale depuis le nord. De gauche à droite, on distingue le fort du Naye et l'avant-port avec digue et cale. La marée est basse. En arrière-plan, la ville de Saint-Servan

Les évolutions observées entre 1923 et 2025

Selon l’orthophotographie de 1923, la digue mesure environ 100 m de longueur (cf. historique) pour une largeur d’environ 2,4 m. La cale mesure 10 m de largeur.

La digue et la cale de l'avant-port de Saint-Servan sont remblayés dans le terre-plein du Naye (dans les années 1920).

Le mur faisant digue, long d’une dizaine de mètres, située entre la digue du fort du Naye et la digue de l'avant-port de Saint-Servan, a été détruit (entre 1952 et 1966, vraisemblablement au début des travaux d’agrandissement du terre-plein du Naye). Dans cet intervalle se trouvait un bunker pour tourelle de char de combat appartenant au secteur défensif des écluses, Schleusenverteidigung numéroté "Ra 274". Encore visible sur l’orthophotographie de 1966, l’ouvrage a disparu en 1970.

Vue aérienne verticale, 13 mai 1966. Le début de la digue correspondant à l'agrandissement du terre-plein du Naye est visible ainsi que deux chaussées permettant de descendre sur l'estranVue aérienne verticale, 13 mai 1966. Le début de la digue correspondant à l'agrandissement du terre-plein du Naye est visible ainsi que deux chaussées permettant de descendre sur l'estran

État d’après la fouille archéologique de l’INRAP (mars 2026)

La partie sommitale de la digue est arasée à 8,04 m NGF au point le plus haut.

La partie nord-ouest de la digue conserve trois blocs semi-circulaires du couronnement du parapet en pierre de taille de granite. Au moins cinq blocs semi-circulaires ont été trouvés à l’est de la digue dans le remblai composé de sable coquiller. Du côté ouest de la digue, ont été mis à jour des blocs de béton armé de grandes dimensions correspondant à la déconstruction des bunkers du terre-plein du Naye ou du fort du Naye. Derrière le parapet, l’espace de circulation avoisine un mètre de largeur.

A léger fruit, le parement occidental de la digue est en pierre de taille montée au mortier de chaux. Il s’agit de granite de Lanhélin reconnaissable à ses nuances bleutée, similaire à celui mis en œuvre dans la digue du fort du Naye [Cf. Chauris, 2014].

Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). Certains chaperons de la digue ont été retrouvés en place ou en vracVue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). Certains chaperons de la digue ont été retrouvés en place ou en vracVue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). Certains chaperons de la digue ont été retrouvés en place ou en vracVue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). Certains chaperons de la digue ont été retrouvés en place ou en vrac

Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). Certains chaperons de la digue ont été retrouvés en vracVue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). Certains chaperons de la digue ont été retrouvés en vrac

Au sud-est, la digue intègre partiellement les rochers du Naye, en migmatites de Saint-Malo, mélange de roches de type granite et de gneiss ou micaschistes. Ces rochers sont notamment visibles sur une photographie oblique de 1929 et figure sur un tableau Étienne Bouillé (1858-1933).

Vue de l'avant-port de Saint-Servan par Étienne Bouillé (collection particulière : peinture mise en vente en 2025)Vue de l'avant-port de Saint-Servan par Étienne Bouillé (collection particulière : peinture mise en vente en 2025)

Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026)Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026)

A léger fruit, le parement oriental est en pierre de taille de Lanhélin montée au mortier de chaux. Le millésime "1924", peint sur une pierre de taille, a été observé au sud-est de digue ainsi que d’autres inscriptions malheureusement illisibles. L’année 1924 correspond aux travaux de construction de la grande écluse du Naye. 

Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). La digue est datée de 1924, date des travaux de la grande écluseVue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). La digue est datée de 1924, date des travaux de la grande écluse

Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). La digue est datée de 1924, date des travaux de la grande écluseVue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). La digue est datée de 1924, date des travaux de la grande écluse

Parallèle à la digue, la cale filant en pente douce vers le nord-ouest a été observée sur une quinzaine de mètres jusqu’à 5 m NGF. Elle est constituée de pavé de granite. Des dispositifs d’ancrage de câbles ont été observés dans le pavage. Ils pourraient correspondre aux fixations des élingues des équipements utilisées pour les travaux de construction de la grande écluse du Naye [cf. photographie oblique du chantier en 1929].

Vue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). La cale double la digueVue de l'opération archéologique réalisée sous la responsabilité de Ronan Louessard - INRAP avec un suivi scientifique et technique du DRASSM (couverture photographique du 11 mars 2026). La cale double la digue

  • Murs
    • granite maçonnerie
    • pierre de taille
  • Toits
    granite en couverture
  • État de conservation
    vestiges, bon état, inégal suivant les parties
  • Mesures
    • l : 100 m (longeur du quai mesurée à partir de la photographie aérienne verticale de 1923)
  • Statut de la propriété
    propriété de la région
  • Intérêt de l'œuvre
    site archéologique
  • Éléments remarquables
    digue, cale
  • Sites de protection
    site inscrit, abords d'un monument historique

Abords de plusieurs Monuments historiques dont le château et les fortifications de Saint-Malo.

Site inscrit par arrêté du 26 mai 1939 au titre de la loi du 2 mai 1930 sur la protection des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général (partie du domaine public maritime de Saint-Malo).

Le terre-plein du Naye fait partie du domaine public maritime artificiel (Code général de la propriété des personnes publiques : article L2111-6) : cet espace est sous le contrôle du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), service de l'état.

Dans le plan local d’urbanisme de Saint-Malo (approuvé le 4/11/2025), le terre-plein du Naye est situé en zone destinée aux activités à vocation portuaire de la Gare maritime (UAPm).

Le fort du Naye et le poste de commandement de l'écluse du Naye sont repérés comme "élément du patrimoine bâti d’intérêt à protéger".

Documents d'archives

  • Tableau d'assemblage du cadastre parcellaire de la commune de Saint-Servan, 1835 (mises à jour en 1911 et 1953).

    https://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/ark:/49933/thtc866t2921/22430/1

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5537 ; 3p_313_001.jpg
  • Extrait du cadastre parcellaire de Saint-Servan, 1835.

    http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo304241

    Musée de Bretagne (Rennes) : 2017.0000.1985
  • Saint-Malo. 1827-1840. Projets des travaux à effectuer aux fortifications et aux bâtiments militaires de la place, et aux batteries de côtes en dépendant : mémoires, états, correspondance, plans.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1056
  • Saint-Malo. 1848-1852. Projets des travaux à effectuer aux fortifications et aux bâtiments militaires de la place, et aux batteries de côtes en dépendant : mémoires, états, correspondance, plans.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1059
  • Ports de Saint-Malo et de Saint-Servan. Notice par M. Floucaud de Fourcroy, ingénieur des Ponts et Chaussées, in Ports maritimes de la France, tome 3, imprimerie nationale, Paris, 1878.

    p. 227-311
  • Série de quatre plans représentant l'évolution du fort du Naye à Saint-Servan par Paul Banéat (1856-1942). Document réalisé pour la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Saint Malo (SHAASM) en 1903.

    http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo307947

    http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo487386

    Musée de Bretagne (Rennes) : 952.0011.1891 ; 2017.0000.2905

Bibliographie

  • LOUESSARD, Ronan (dir.). Saint-Malo. Terminal ferry du Naye. Rapport d'opération archéologique. Institut national de recherches archéologiques préventives, 2026.

Périodiques

  • CHAURIS, Louis. "Pour une géo-archéologie du patrimoine : pierres, carrières et constructions en Bretagne". Revue archéologique de l'Ouest, n° 31, 2014.

    http://journals.openedition.org/rao/2755

Documents figurés

  • Saint-Malo. Vue prise du fort du Naye (1841 ?). Dessiné d'après nature et lithographie par Hyacinthe Lorette, peintre, membre de la Société libre des Beaux-Arts et professeur au collège de Saint-Servan.

    http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo153147

    Musée de Bretagne (Rennes) : 2017.0000.1871
  • Saint-Malo. Vue prise au-dessus du port de Solidor en Saint-Servan (3e quart du 19e siècle ?). Dessin par Lepriole, lithographie par Alfred Guesdon.

    http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo201582

    Musée de Bretagne (Rennes) : 952.0011.1984
  • Vue générale depuis le nord, carte postale (B.J.C., Paris). De gauche à droite, on distingue le fort du Naye (mur crénelé et pont levis) et l'avant-port avec digue et cale. En arrière-plan, la ville de Saint-Servan.

    Archives municipales de Saint-Malo : 2Fi5-767

Documents multimédia

  • Images malouines d'hier à aujourd'hui. 01- Fort du Naye. 5 janvier 2019.

    https://stmalo.ebc-creations.fr/saint-servan-fortdunaye

Annexes

  • Le môle de l'avant-port de Saint-Servan (F:G), extrait de la légende explicative du plan des ports de Saint-Malo et Saint-Servan
Date(s) d'enquête : 2026; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Région Bretagne
Lécuillier Guillaume
Lécuillier Guillaume

Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.

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