Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.
- enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Bretagne - Saint-Malo Nord
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Commune
Saint-Malo
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Lieu-dit
Le Naye
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Cadastre
CR
31
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Dénominationsfort
Le "Naye" tire son nom de la pointe formant une proéminence - comme le nez au milieu de la figure - protégeant la vaste mer intérieure de Saint-Malo et de Saint-Servan. Dès l’époque moderne, deux moulins à vent apparaissent construits sur les deux îlots qui prolongent la pointe du Naye.
Pour défendre la ville de Saint-Malo en cas d’attaque terrestre depuis Saint-Servan, une batterie d’artillerie (1694), une redoute (1757) et un fort (1838-1843) sont successivement construits sur les îlots à l’extrémité de la pointe du Naye. Moulins à vent et fortifications coexistent jusqu'au deuxième quart du 19e siècle.
Baignée à l’origine par la mer à marée haute, le fort du Naye témoigne de l’artificialisation progressive du littoral breton. Lui-même résultat de l’agrandissement de l’île Dorée sur la mer à partir de 1838, le fort du Naye est progressivement intégré à un terre-plein par poldérisation dans les années 1920 (construction de la grande écluse du Naye, remblaiement du fossé nord et disparition du dispositif d’entrée du fort).
Vidé de ses bâtiments et terres de remblai formant banquettes, cavalier, plate-forme, rampes durant la Seconde Guerre mondiale, le fort accueille trois bunkers de la batterie antiaérienne lourde du Naye soit un volume cumulé de plus de 3 000 m3 de béton armé.
De la Libération de Saint-Malo (6-17 août 1944), le fort du Naye sort meurtri : il a perdu une partie de son enceinte. Désaffecté et envahi par la végétation, il sert de décharge.
Dans le contexte du développement touristique de Saint-Malo et de la création du port de plaisance des Sablons, le terre-plein du Naye est agrandi de plus de 5 ha de 1966 à 1975. De nouveaux équipements sortent de terre : salle omnisport, piscine, terminal Ferry et gare maritime pour les liaisons transmanches, cale de mise à l’eau et aires de stationnement.
En 1974, il est question de transformer l’emprise du fort du Naye en complexe commercial comprenant un hôtel, un restaurant, des magasins dédiés au nautisme et même un bowling ! Les trois bunkers sont déconstruits pour "assurer une utilisation plus rationnelle de l’aire existante". En mauvais état, des parties de l’escarpe sont également arasées, tandis que d’autres sont remontées. La construction de nouveaux murs extérieurs s’étale de juin 1975 à fin 1977.
Ce sont finalement des bâtiments publics qui sont construits dans le fort : bâtiment de l’administration des Douanes (livré en 1981), restaurant inter-administratif (livré en 1983) et immeuble de bureaux réalisé en deux phases (vers 1988 et vers 1990). Entre 1982 et 1986, c’est le rond-point du Naye qui remplace la partie sud du fossé du fort et efface encore un peu plus la présence de la fortification.
En 1992, le terre-plein du Naye est encore agrandi de plus de 2 ha pour les besoins du terminal Ferry.
En 2025, afin de répondre à l’augmentation du trafic et de garantir confort et sécurité aux passagers, la Région Bretagne, propriétaire du port de Saint-Malo, a lancé un vaste chantier de modernisation du terminal Ferry : il comprend un volet maritime et un volet terrestre. A terre, c’est dans l’emprise du fort du Naye et sur le terre-plein homonyme que la nouvelle gare maritime (5 200 m2) conçue par AREP Architectes s’inscrit. Dans ce cadre, l’immeuble de bureaux du fort du Naye a été déconstruit et le bâtiment de l’administration des Douanes le sera en 2027.
Ces travaux d’aménagement dans une zone maritime artificialisée ont permis de faire ressurgir l’histoire du port de Saint-Malo : digue et cale de l’avant-port de Saint-Servan datant des années 1837-1839 et remblayées depuis la fin des années 1920, mais aussi des bunkers appartenant à la batterie d'artillerie antiaérienne lourde du Naye, aménagée en 1943 pour l’Allemagne nazie et remblayée dès l’après-guerre.
La déclaration de découverte de bien culturel maritime, à savoir les vestiges d’une ancienne digue, par la Région Bretagne, maître d’ouvrage de l’aménagement du terminal du Naye à Saint-Malo, a motivé le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines à prescrire une opération de sondage afin de documenter cet édifice. Réalisée les 11 et 12 mars 2026, cette fouille a été confiée à l’Institut national de recherches archéologiques préventives sous la direction de Ronan Louessard. Reliée à l'origine au fort du Naye, la digue a été suivie en surface sur plus d’une quarantaine de mètres de longueur.
Pour le fort du Naye, dont les vestiges les plus anciens datent de 1838, c’est une longue histoire qui se poursuit.
Le projet de modernisation du terminal Ferry s’achèvera en 2031 avec, peut-être, d'autres découvertes.
Ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été réalisé entre décembre 2025 et avril 2026 par la Région Bretagne dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires. Il a bénéficié du soutien de la Direction des ports de la collectivité régionale (archives de la Région Bretagne), de la Ville de Saint-Malo (archives municipales de Saint-Malo et collections iconographiques du Musée d'histoire de Saint-Malo) et de l’Association "1846", la fortification du 19e siècle, connaître et partager (mise à disposition des archives du Service historique de la Défense).
Un toponyme anthropomorphique
Situé à mi-chemin entre Saint-Servan et Saint-Malo, le Naye à Saint-Servan est formé d’une pointe - le Naye - et de deux îlots nommés l’Île Dorée ou d’Houet [cf. bibliographie : Maigné, 1903]. Le toponyme principal est anthropomorphique : il tire son origine de la pointe formant une proéminence vers le nord-ouest protégeant une vaste mer intérieure découverte à chaque basse, jusqu’à Paramé et la montagne Saint-Joseph, avec au centre le Talard [voir la carte de Denis de la Voye, vers 1680]. Il est orthographié de différentes manières : "Nes", vers 1680 ; "Nez", 1681 ; "Nay", 1783, 1834, 1841, 1857 ; "Nès", 1793-1794 ; "Naye", 1882, 1945 ; "Nais", 1800. C’est cette mer intérieure, progressivement endiguée à partir du 18e siècle, qui devient au siècle suivant les ports de Saint-Malo et de Saint-Servan connectés à la gare ferroviaire de Saint-Malo.
Deux moulins à vents
A la fin du 17e siècle, un moulin à vent figure sur chacun des îlots ; celui de l’ouest abrite une maison pour le meunier, une soue à cochons et un puits [cf. bibliographie : Maigné, 1903]. Une perche, située à l’extrémité de la pointe, porte également le nom de "balise du Nes" [voir la carte de Denis de la Voye, vers 1680]. Un plan anglais de Saint-Malo en 1590 conservé par les archives nationales anglaises semble déjà figurer les deux moulins à vent.
Implanté sur la chaussée du sillon, au Talard et à Saint-Servan, une dizaine de moulins à vent constituent - en plus des fortifications de la ville de Saint-Malo et des clochers - le paysage littoral et rappelle l’importance des droits seigneuriaux (au même titre que les poteaux de justice implantés à l’entrée du sillon à Rochebonne-La Hoguette et sur l’île qui recevra plus tard le fort National).
Selon la légende, c’est à la pointe du Naye qu’étaient suppliciés les condamnés à mort par noyade depuis la suppression de la pendaison à La Hoguette : les bourreaux - simples bateliers ou charretiers - étaient appelés les "Nayoux" [cf. Archives municipales de Saint-Malo : collection Louis Pottier, article d’A. M. de 1962].
A partir de 1736, le moulin est affermé au seigneur de Launay pour 350 livres par an et à partir de 1754 pour 180 livres et la mouture de 40 boisseaux de froment en raison de la baisse de blé à moudre.
Une batterie d’artillerie
Après l’attaque anglaise contre le port de Saint-Malo en novembre 1693 (avec l’épisode dit de la "machine infernale") dans le contexte de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688 à 1697), une batterie d’artillerie est construite sur l’îlot à partir de mai 1694.
Dans l’Estimation abrégée et instructions des ouvrages plus pressés de Saint-Malo et de ses dépendances du 9 mai 1694 de l’ingénieur Sébastien Le Prestre de Vauban, on peut lire : "Sixièmement : Pour faire une batterie de six canons sur le rocher dit le Nez (B), au premier moulin qui regarde Saint-Malo, faire l’aplanissement du rocher pour l’assiette de son revêtement qui sera de moellon à mortier de terre jusqu’au niveau de la plate-forme, le parapet au-dessus de gazon et fascinage, la plate-forme de charpente, un petit corps de garde et un couvert attenant pour les munitions. 2 500 livres.
[Dans la marge] A l’année prochaine moyennant les galères [?], il a fallu y travailler dès à présent pour apaiser [les] messieurs du Saint-Malo.
Septièmement : Mettre quatre pièces en batterie sur l’épaule et face droite de la contregarde (21) [également appelée "l’éperon" de l’enceinte urbaine de Saint-Malo], pour avec celle du Nez (B) croiser de près sur l’entrée du port" [Service historique de la défense à Vincennes : 1VH 1051].
Dans une deuxième version, l’estimation du projet est ramenée à 2 000 livres.
La redoute d’Aiguillon
Dans le contexte de la guerre de Sept Ans (1756-1763), l’îlot est doté en 1757 de fortifications de campagne - "des barrières appointées de palissades" pour plus de 3 100 livres - et d’une redoute armée de six canons de six [livres de balle, c’est le poids du boulet, soit environ 3 kg] "empruntés aux négociants" [cf. bibliographie : Maigné, 1903 ; c’est la formule utilisée par le chevalier Mazin dans son mémoire de 1762].
La redoute dont la construction a coûté plus de 2 800 livres, est "fraisée [c’est-à-dire garnie d’un rang de pieux vers l’extérieur] avec revêtement en maçonnerie et fossé sec du côté de Saint-Servan avec feux de revers sur les Bas Sablons et sur les fronts de Saint-Malo […] au moyen d’un parapet de maçonnerie construit sur les côtés nord et sud de l’île" [cf. bibliographie : Maigné, 1903 ; il s’inspire sans aucun doute d’un mémoire conservé au Service historique de la défense à Vincennes].
Cet ouvrage de fortification détachée est nommé "redoute d’Aiguillon" en référence à Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis (1720-1788), duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne de 1753 à 1768.
Plan de la redoute du Naye en 1757
Description du plan de la redoute
Un plan daté de 1757 figure le tracé de la redoute [Service historique de la défense à Vincennes : 1VH 1053 ; les Archives municipales de Saint-Malo dispose d’une copie numérique].
Les deux îlots ne sont accessibles qu’à marée basse.
Le chemin d’accès à la redoute arrive du continent à l’est et longe au sud le premier îlot sur lequel est implanté un moulin à vent.
Un fossé isole le premier îlot du second îlot situé à l’ouest.
Implantée sur le deuxième îlot, la redoute se compose de deux parties distinctes :
La partie orientale de la redoute abrite la porte d’entrée (protégée par un mur crénelé), un bâtiment à usage de corps de garde/caserne flanqué de deux autres bâtiments, un puits et six emplacements de tir au canon (dotés d’embrasures et plate-formes en bois). Une traverse en maçonnerie protège des tirs en enfilade trois emplacements de tir au canon.
La partie occidentale de la redoute est isolée de la partie est par un fossé et deux portes disposées au nord et au sud. Dominant la partie orientale de la redoute, ce réduit englobe le moulin à vent ouest. Du côté de la terre à l’est : cette partie est dotée de deux emplacements de tir au canon et d’une banquette d’infanterie. Le front sud, tourné vers l’anse des Sablons, est doté d’un emplacement de tir au canon orienté vers le sud-est et d’un mur crénelé. Du côté de l’entrée du port à l’ouest et au nord, se trouve une banquette d’infanterie semi-circulaire dont le parapet est percé d’un unique emplacement de tir au canon vers le nord-nord-ouest.
Logée dans la maison du meunier, la garnison n’occupe l’île qu’en temps de guerre. Cette position de barrage - contre Saint-Servan - est occupée par les troupes françaises (une cinquantaine d’hommes) lors de la descente de juin 1758 précédent celle de Saint-Cast le 11 septembre 1758 (bataille qui se solde par une défaite anglaise). La progression anglaise du 8 juin est stoppée : par l’explosion de plusieurs moulins à vent sur la chaussée du Sillon, par l’artillerie française plus nombreuse et par un orage. Selon les témoignages, la garnison de la redoute aurait permis d’empêcher les Anglais de mettre en batterie deux pièces d’artillerie vers la ville de Saint-Malo depuis la pointe du Naye.
La description de la redoute par le chevalier Mazin
Dans un mémoire daté du 26 avril 1762, le chevalier Mazin (1712-1772), ingénieur en chef à Saint-Malo écrit : "Le fort n’est qu’une redoute construite en 1757 à la tête de l’entrée du faubourg de Saint-Servan, lequel peut servir de vedette [étymologiquement, c’est une tour servant de poste d'observation à un guetteur] ou grande garde pour observer et rendre compte de ce qui se passe dans Saint-Servan lorsque les ennemis l’occupent, ce qui est arrivé le 9 juin 1758… Il est d’une haute entourée, d’une basse flanquée, dans tout son pourtour, par la ville et le grand fort de la Cité ; il est palissadé en fraise avec fossé au-devant du front qui regarde de Saint-Servan ; il n’y a qu’une maison de meunier et un moulin qui servent de logements aux troupes qu’on y met en temps de guerre, c’est-à-dire à la vue seulement de l’ennemi. Il est armé de six canons de 6 livres, lesquels sont empruntés aux négociants à qui on les rend quand on n’a plus de besoin. Il n’y a point de gardien, y étant inutile, et il y a, en ce petit fort de très beaux fruits".
Une redoute inutile ?
La paix revenue en 1763, les fortifications de l’îlot sont délaissées.
Avec la construction du fort de la Cité sur la pointe d’Aleth, il semble que certains ingénieurs du génie, comme Defremond en 1770 (il s’agit sans doute de Pierre Antoine Jérôme de Frémond de La Merveillère, 1737-1805), le jugent inutile : "le fort du Nés construit à l’entrée du port, antérieurement à celui de la Cité est par lui-même un mauvais ouvrage et est devenu absolument inutile depuis l’établissement de ce dernier, ou le laisser tomber en ruine" (cf. Archives municipales de Saint-Malo : collection Louis Pottier, transcription de juin 1991 d’un mémoire du Génie à Vincennes).
En 1804 dans le contexte des Guerres de la Révolution française (1792-1802), le corps de garde de l’îlot est doté d’un lit de camp, d’une table, de deux bancs et d’une planche à pain (pour 105 fr.).
Le cadastre parcellaire de 1835 de la commune de Saint-Servan figure l’agrandissement du logis du meunier et l’ajout d’un bâtiment à l’emplacement du fossé de la redoute. Quatre des six parcelles des deux îlots sont nommées "Fort aux Ânes" (les deux autres sont nommées "le Jardin du Fort aux Ânes" et "le Moulin"), sans doute en référence au chemin pratiqué par les ânes (et les hommes) qui court à marée basse entre les villes de Saint-Servan et de Saint-Malo en passant sur les ponts du Nay [sic] et l’Evêque et qui permettent de franchir le Routhouan [voir le plan de Saint-Malo de 1783]. Exploités par le meunier Malo Taillebois, les deux moulins à vent du Fort aux Ânes appartiennent à madame veuve Julien Desprès demeurant à Saint-Jouan-des-Guérets.
Un tableau de Théodore Gudin (1802-1880) figure l’îlot avec ses deux moulins à vent sur leur plate-forme circulaire et un bâtiment, avec en arrière-plan la ville de Saint-Malo. Le mur reliant les deux plate-formes des moulins est percé de créneaux de fusillade comme sur le plan de la redoute de 1757.
Le fort du Naye : une lunette dotée d'un cavalier
Sous le règne de Louis-Philippe 1er (1830-1848), la question de la défense des côtes revient à l’ordre du jour par suite du regain de tension avec l’Angleterre. Dans le contexte du projet de création d’un vaste bassin à flot entre les villes de Saint-Malo et de Saint-Servan (les premiers projets datent de la fin du 17e siècle ; les travaux font l’objet de la loi du 6 juin 1836), l’île Dorée est achetée le 1er juin 1838 par l’état à la veuve Guibert* pour la somme de 10 000 fr. afin d’y construire un fort à l’emplacement de l’ancienne redoute.
L’emplacement du fort, des fossés et des glacis paraissent avoir été réglés par la Commission mixte du 7 mars 1836.
Afin de parfaire la défense des nouvelles infrastructures portuaires qui pourraient constituer un accès terrestre vers la ville de Saint-Malo, le projet du Génie de 1838 prévoit trois "coupures" avec rempart précédées d’un fossé en eau : deux sur la chaussée de la digue, la seconde sur le quai de l’avant-port de Saint-Servan. Pour protéger le bassin à flot du côté de la terre, un vaste front bastionné et des ouvrages détachés (fort et lunettes) sont également prévus.
Vue aérienne verticale, 1923. Au centre, l'avant-port de Saint-Servan et le fort du Naye
Le fort du Naye est construit entre 1838 et 1843 pour un budget de 164 500 fr. pris sur le budget du ministère des Travaux publics. Entre 1837 et 1839 est construit immédiatement au nord du fort une digue doublée d’une cale constituant l’avant-port de Saint-Servan, relié lui-même à la terre par une digue faisant chaussée.
Si le fort du Naye reprend à l’ouest le tracé arrondi de la redoute du 18e siècle, il est construit ex-nihilo à l’est sur la mer. Aménagée, vers le nord-ouest du côté de Saint-Malo, l’entrée du fort se fait par un pont-levis percé dans un mur crénelé en ligne brisée.
Pour sa défense contre les coups de main, le fort est doté d’un fossé en eau : afin d’éviter le franchissement du fossé par les digues (également appelée "batardeaux") nord et sud, deux dames ont été aménagées à leur sommet (seule la digue nord et sa dame sont conservées).
Du côté de la mer, une douve se remplissant à marée haute a été créée par déroctage de l’estran [cf. plan de 1851 du Service historique de la défense à Vincennes ; orthophotographie de 1923 et vue aérienne oblique de 1929].
Du côté de l’anse de l’anse des Sablons, vers l’ouest-sud-ouest et le sud-ouest, trois embrasures sont aménagées dans le parapet. Dans le petit flanc sud est aménagée une banquette d’infanterie afin de pouvoir prendre en enfilade l’escarpe et le fossé filant vers l’est-sud-est.
Implanté vers le sud-est, perpendiculairement à la chaussée venant de Saint-Servan et en position de barrage, un haut cavalier d’artillerie est précédé d’une banquette d’infanterie. Le cavalier est desservi par une rampe protégée par une traverse en maçonnerie à l’ouest, la banquette d’infanterie par une galerie couverte traversant le cavalier. Sous le cavalier sont aménagés trois abris.
Située dernière le cavalier, à gauche du pont-levis, une seconde banquette d’infanterie est implantée parallèlement à la chaussée. Elle permet un tir d’infanterie à faible distance.
*Il s’agit sans doute de Jeanne-Perrine Ruault de la Motte (1762-1847), veuve de Mathurin Guillaume Guibert de La Noe (vers 1763-1765 - 1824), capitaine, négociant, armateur et maire de Saint-Servan de 1821 à sa mort.
Le déclassement du fort du Naye
Dans sa session du 4 avril 1883, des élus du Conseil général d’Ille-et-Vilaine réclament le déclassement du fort du Naye : "Cette fortification placée à moins de 300 m du corps de place, n’a plus sa raison d’être, en présence des moyens d’actions de l’artillerie ; de plus, elle occupe près des quais du port un espace très utile au commerce ; enfin, les nouveaux plans des bassins, substitués à ceux de 1836, époque de construction de ce fort, ont détourné la route qui le longeait, de sorte que son inefficacité est évidente". La commission émet le vœu "que le fort du Naye soit "déclassé, démantelé et son emplacement mis à disposition du commerce".
Le fort du Naye est déclassé par la loi du 27 mai 1889 portant classement et déclassement d'ouvrages de défense, tant en France qu’en Algérie.
Vendu en 1892 par la direction des Domaines de Rennes, le glacis du fort est acquis par la commune de Saint-Servan pour cause d’utilité publique. Une carte postale mentionne le fort comme "poudrière". En effet, il semble que le fort servait à stocker de la poudre pour le ministère de la Guerre [cf. Archives municipales de Saint-Malo : collection Louis Pottier, article de presse, 17 septembre 1977].
A partir du 12 mars 1909 et jusqu’au 12 mars 1918 soit durant 9 ans, le dénommé Henry Emmanuel Tanquerey, fournisseur des eaux pour la Marine demeurant à Saint-Malo, devient adjudicataire de la "douve" du fort du Naye dépendant de l’administration de la Guerre. Souhaitant y établir un "établissement de pêche pour l’élevage des crustacés, coquillages et poissons", il obtient le lancement d’une enquête publique par l’inscription maritime le 1er avril 1909. D’une longueur de 190 m pour une largeur de 13 m soit environ 1 600 m2 de superficie, la douve dispose d’une prise d’eau au sud sur le domaine public maritime [cf. plan du fort joint au dossier].
En 1923, au moins cinq bâtiments apparaissent dans l’enceinte du fort du Naye. Un bâtiment apparait également construit sur la contrescarpe, c’est-à-dire sur le quai de l’avant-port de Saint-Servan.
En 1929, la réalisation de la nouvelle écluse du Naye (mise en service en 1931) entraîne le remblaiement de l’avant-port de Saint-Servan et la création d’un terre-plein. La partie nord du fossé du fort est remblayée et le pont-levis est détruit.
Le fort du Naye est affecté au ministère des Travaux publics
En 1936, les terrains et bâtiments de l'ancien fort du Naye, occupant une surface d'environ 4 725 m2, sont affectés au ministère des Travaux publics (Ponts et chaussées, service maritime d'Ille-et-Vilaine) pour l'installation de l'atelier d'entretien du port de Saint-Malo, de l'atelier des phares et balises et des bureaux des subdivisionnaires [Cf. Journal officiel de la République française du 29 février 1936 : décret du 24 février 1936].
Raser le fort du Naye pour élever un monument commémoratif ?
En 1937, il est question de raser le fort du Naye pour élever un monument à la mémoire de Jean-Baptiste Charcot (médecin, explorateur et océanographe) et de l’équipage du Pourquoi pas ? qui a fait naufrage le 16 septembre 1936 dans une tempête au large de l’Islande. Le navire, trois-mâts barque à vapeur de près de 60 m de longueur construit à Saint-Malo, était parti la veille du port de Saint-Malo.
Imaginé par le sculpteur breton René Quillivic (1979-1969), le monument est une colonne de 15 m de hauteur avec, au sommet une figure de femme, veuve de marin et à sa base, un médaillon représentant le commandant Charcot à la barre du Pourquoi pas ?. A l’époque, l’administration des Beaux-Arts estime que le fort du Naye "relativement récent, puisqu’il ne date que du règne de Louis-Philippe, ne présente aucun intérêt et ne mérite en aucune façon d’être conservé". Le projet de raser le fort du Naye soulevant une vive opposition dans le pays malouin, notamment de la part de la Société d’Histoire et d’Archéologie de l’Arrondissement de Saint-Malo, il est abandonné.
Un monument "Hommage au commandant Charcot et à l’équipage du Pourquoi pas ? disparus en mer" est cependant édifié Quai Sébastopol, dans le jardin public faisant face à la tour Solidor. Il se compose d’une grande stèle sculptée par René Quillivic en 1938. Les bas-reliefs en granite figurent un marin se noyant dans la tempête avec en arrière-plan le navire Pourquoi pas ?, un portrait du commandant Charcot et le Pourquoi pas ? représenté de profil ; une statue offerte en 1966 par la République d’Islande est également présentée sur un piédestal de granite.
Un second monument commémoratif - prenant la forme cette fois d’une stèle pyramidale - est implanté le 1er juin 1986 pour commémorer les cinquante ans de la disparition du Pourquoi pas ? le long du chemin côtier sur la pointe de la Cité d’Aleth à l’est de l’anse des Sablons.
Le 26 mai 1939, le fort du Naye avec une partie du domaine public maritime de Saint-Malo est inscrit au titre de la loi du 2 mai 1930 sur la protection des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général.
Le fort du Naye militairement réinvesti
La défense du port de Saint-Malo par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale est connue par un plan daté d’avril 1944 (Hafenverteidigung - Plan Saint-Malo) qui donne la position et le nom des ensembles fortifiés, les différents types de garnison, le nombre de soldats et l’armement en place.
Plan de la défense du port de Saint-Malo (Hafenverteidigung - Plan), avril 1944
Le fort du Naye se trouve entre le secteur défensif des écluses (Schleusenverteidigung), numéroté "Ra 274", ultra stratégique pour le fonctionnement du port et l’ensemble fortifié "Ra 275" (Marineausrüstungs, littéralement : équipements de la Marine). Un bunker pour tourelle de char de combat appartenant au secteur défensif des écluses est implanté dans l’alignement de la digue nord du fossé du fort (encore visible sur l’orthophotographie de 1966, ce bunker "disparaît" ensuite lors de l’agrandissement du terre-plein du Naye).
Au cours de l’année 1943, l’emprise du fort du Naye reçoit quatre des douze bunkers appartenant à la batterie antiaérienne lourde du Naye numérotée "Ra 226" : un poste de direction de tir de type L 403 avec cuve à ciel ouvert (pour abriter un télémètre), un abri de type L 405a pour radar de conduite de tir (FuSE 62D, c’est-à-dire un appareil Würzburg Anton type 39), un abri-centrale à machines de type L 406a pour batterie antiaérienne ou projecteur et un bunker non identifié implanté dans le fossé au nord [Cf. orthophotographies de 1944 et 1966 ; Dupont, Peyle, 1994 ; Chazette, 1995]. Leur construction a nécessité un volume cumulé de plus de 3 000 m3 de béton.
Achevée en octobre 1943, la batterie antiaérienne lourde du Naye n’aurait finalement servi faute d’armement qu’un mois (six canons de 8,8 cm Flak 18 sont signalés en novembre). Seules les trois cuves pour canon de 2 cm de calibre, destinées à la défense contre les avions de chasse qui escortent les bombardiers alliés, sont armées en avril 1944 par la Luftwaffe.
Les bombardements aériens, la bataille et la Libération de Saint-Malo
Le port de Saint-Malo est bombardé les 31 juillet et 23 décembre 1942, le 13 février 1943, le 12 mai, le 24 juin, le 17 juillet et le 1er août 1944.
Dès décembre 1943, les cuves de la batterie antiaérienne lourde du Naye sont désarmées.
Le 2 août 1944, le secteur défensif des écluses (ensemble fortifié numéroté "Ra 274") est évacué.
La bataille de Saint-Malo fait rage du 6 au 17 août 1944. Dans la nuit du 7 au 8 août, les infrastructures portuaires sont sabordées par l’Allemagne nazie avec des charges explosives préalablement posées. Dans la précipitation des combats et de la retraite, les quais n’ont pas été détruits.
La ville et le port de Saint-Malo ont été anéanties par les bombardements et les combats de la Libération (pour en savoir plus, voir l’annexe intitulée : "Le bilan des destructions du port de Saint-Malo").
Le fort du Naye est endommagé, mais les bunkers sont quasiment intacts.
L’abandon du fort du Naye
En mauvais état au sortir de la guerre, le fort du Naye est désaffecté.
Vers 1975, des articles de presse présentent le fort du Naye comme "un tertre recouvert de gazon, […] devenu une sorte de seconde poudrière et de dépotoir" ; "Le long du grand mur bordant le canal, une brèche a été faite, et les abords du blockhaus construit dans l’ancien fort ont été dégagés de part et d’autre. Du petit square, l’on aperçoit une ouverture donnant sur le terre-plein de la piscine et sur la digue".
Marcel Planchet, ancien maire de Saint-Servan de Saint-Malo explique les travaux : "Il s’agit non pas de restauration, mais de nettoyage, de déblaiement et réparations par consolidations des murs" [cf. Archives municipales de Saint-Malo : collection Louis Pottier : article de presse non daté, vers 1975].
Vue aérienne oblique du fort du Naye depuis le nord, 1er août 1970
Vue générale depuis l'est-sud-est, vers 1975
La réhabilitation du fort du Naye
L’agrandissement du terre-plein du Naye (1966-1975)
L’agrandissement du terre-plein du Naye sur la mer de 1966 à 1975 se place dans le cadre du développement touristique de Saint-Malo avec la création des ports de plaisance Vauban (vers 1964) et des Sablons (vers 1975-1976).
Vue aérienne oblique du fort du Naye depuis le sud, 1er août 1970
Sur ce nouvel espace constructible de plus de 5 ha sont progressivement construits : une salle omnisport, une piscine (inaugurée en 1974), un terminal Ferry pour les liaisons transmanches, une cale de mise à l’eau et des aires de stationnement. Conçue par les architectes Christian Coüasnon et Claude Neveux, la gare maritime du Naye est élevée entre 1975 et 1977.
Vue aérienne oblique du fort du Naye depuis le sud-est, 14 juin 1971
La délibération du Conseil municipal de Saint-Malo du 18 septembre 1974 précise la nature des aménagements du terre-plein du Naye par le cabinet d’architecte Marty - Denieuil - Paoli en charge du projet, à savoir : espaces verts, aires de jeux sablées, parking et voiries, passages piétons, muret de soutènement, emmarchement et sanitaires enterrés pour la somme de 762 284 fr.
Pour les besoins du terminal Ferry, le terre-plein du Naye est encore agrandi en 1992 de plus de 2 ha.
Un complexe commercial à vocation nautique dans le fort ?
Un plan daté d’août 1974 montre l’état des maçonneries du fort à cette époque avec l’emprise des deux bunkers implantés contre l’escarpe nord-est (le bunker ouest et les remblais de terre ne sont pas figurés). A la même date, un plan montre l’intérieur du fort découpé en cinq lots (968 m2, 1 140 m2, 761 m2, 460 m2 et 645 m2 pour la voirie) [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 11W14].
En janvier 1975, le journal Ouest-France évoque la création à l’intérieur du fort du Naye d’un "complexe commercial à vocation nautique" : "tous les magasins seront en effet liés à la mer ou au port de plaisance" […] On trouvera notamment dans ce complexe un hôtel de vingt-cinq chambres deux étoiles avec brasserie […], quatre magasins de 200 m2 chacun proposant, soit du matériel (accastillage par exemple), soit des services (location de bateaux) et enfin un grand magasin de 1 100 m2 divisé lui-même en trois (voilerie, moteurs, bateaux)" [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 11W14, Article du journal Ouest France, 3 janvier 1975].
Daté du 22 mai 1975, le projet de cahier des charges d’aménagement et de construction du fort du Naye donne pour objet "la réalisation d’un centre d’activités destinés à accompagner principalement les aménagements du port de plaisance des Bas-Sablons et du port de Saint-Malo" :
- les trois bunkers présents dans le fort seront arasés ; le sol sera nivelé à la cote de 6,8 m NGF ;
- le mur d’enceinte extérieur du fort sera reconstruit en moellon de granite pour les parements extérieurs et en béton banché (béton armé coffré) pour le parement intérieur ;
- une voie médiane desservira les lots ainsi qu’une desserte annexe vers le nord-est passant au-dessus du fossé par un ponceau ;
- les bâtiments sont prévus en système structural poteaux-poutres en bois collé couverts en terrasse à double pente.
Le 27 juin 1975, la préfecture d’Ille-et-Vilaine refuse le permis de construire car des pièces administratives sont manquantes (La Commission départementale des sites avait demandé une maquette et un montage photographique qu’elle n'a pas reçu). Le projet se trouve en effet dans le secteur de la loi du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque (partie du domaine public maritime de Saint-Malo inscrite par arrêté du 26 mai 1939) et dans le périmètre de protection au titre des Monuments historiques du château et des fortifications de Saint-Malo.
Le 14 janvier 1976, le maire de Saint-Malo informe les différentes administrations de "l’avancée des travaux de restauration des murs extérieurs" qui permet d’envisager "l’aménagement du centre commercial".
Le permis de construire des murs d’enceinte du fort est accordé le 29 mars 1976 par la préfecture d’Ille-et-Vilaine : il est précisé que les travaux d’aménagement intérieur devront faire l’objet d’une nouvelle demande de permis de construire.
Le 4 mai 1976, une réunion est programmée afin de déterminer les bases de l’aménagement intérieur du fort, l’emplacement à réserver pour l’administration des Douanes et "les conditions dans lesquelles pourraient être envisagée la construction d’un hôtel à l’extérieur du fort".
Le 2 septembre 1976, l’atelier d’urbanisme d’Ille-et-Vilaine à Rennes propose les plans d’un "ensemble de restauration-loisirs" dans le fort avec au niveau du terre-plein : restaurant, bar avec terrasse, promenoir au niveau du parapet et au niveau du jardin bas : salle de jeux - bowling ou autre - dépendances et cuisine du restaurant [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 11W14, plan du 30 août 1976].
Plan du projet de restaurant dans le fort du Naye : rez-de-chaussée, 30 août 1976
Des plans et coupes des façades du fort du Naye sont proposés le 5 novembre 1976 par le cabinet d’architecte Marty - Denieuil - Paoli [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 11W14].
La déconstruction du premier bunker (fin 1974 - début 1975)
Après délibération du Conseil municipal de Saint-Malo du 10 octobre 1974, un premier bunker (le poste de commandement de type L 403 estimé à 450 m3) doit être déconstruit avec évacuation des déblais par l’entreprise de Travaux publics et transports Nicol de Saint-Brieuc par marché de gré à gré (devis du 11 avril 1974 pour un montant de 105 840 fr. TTC soit 90 000 fr. HT ; ordre de service de la ville de Saint-Malo daté du 28 novembre 1974) [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
Le 22 janvier 1975, par suite de plaintes de l’ingénieur subdivisionnaire des Ponts et Chaussées, service des phares et balises sur le terre-plein du Naye et du directeur de la Compagnie des Salins du Midi installée Chaussée des Corsaires, le maire de Saint-Malo demande à l’entrepreneur Nicol de prendre les plus grandes précautions lors des tirs de mines. Les dégâts sont décrits ainsi : "carreaux cassés, fissures de murs au Ponts et Chaussées, carrosserie de voiture abimées, fissures de murs, et surtout projection d’un fragment dans le dos d’un ouvrier de la Compagnie des Salins du Midi" [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
Les travaux sont réalisés fin 1974-début 1975 : la mise à la cote du terrain entraîne des "terrassements dans le rocher situé sous le blockhaus démoli" (délibération du 10 avril 1975). Le devis est actualisé le 22 mars 1975 à 112 507 fr. Après délibération du Conseil municipal de Saint-Malo du 10 avril 1975, l’avenant n° 1 au marché de gré à gré avec l’entreprise Nicol est accepté le 30 avril. Il est finalement arrêté le 20 mai à la somme de 116 116 fr [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
La déconstruction des deux autres bunkers (fin 1975)
La délibération du Conseil municipal de Saint-Malo du 25 août 1975 entérine la déconstruction des deux autres bunkers du fort du Naye "tant sur le plan esthétique que purement technique, ceci pour assurer une utilisation plus rationnelle de l’aire existante" [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
Proposant un devis très avantageux à 89 650 fr. (devis réactualisé le 10 octobre, la société SOMAFER à Uckange (57) est choisie par marché de gré à gré (17 novembre ; ordre de service de la ville de Saint-Malo daté du 1er décembre 1975) pour réaliser l’arasement au niveau des dalles de couverture des bunkers sur 2,5 de hauteur avec "évacuation à une décharge situé dans un rayon de 200 m" (des blocs de béton provenant sans doute de ces bunkers ont été découverts en mars 2026 lors de la fouille archéologique de la digue et cale de l’avant-port de Saint-Servan).
Les travaux sont prévus à l’explosif après perforation de trous de mines.
Des mesures de sécurité sont prévues par l’entreprise :
- les charges seront calculées au plus juste ;
- cinq minutes avant le tir, trois coups longs de trompette annonceront celui-ci ;
- un coup bref de trompette annoncera le début du tir ;
- un coup long de trompette annoncera la fin du tir ;
- les accès seront gardés au moment du tir.
Les travaux sont réceptionnés le 29 décembre 1975.
[cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31]
La construction des murs extérieurs du fort et la déconstruction des vestiges maçonnés (juin 1975-fin 1977)
Sur délibération du Conseil municipal de Saint-Malo du 21 décembre 1974 (approuvée par la préfecture le 11 mars 1975), la Société malouine du bâtiment et travaux publics (SMBTP) est choisie pour réaliser la construction des "maçonneries enveloppes" du fort pour un montrant de 286 773 fr. sous la responsabilité de l’architecte Jean Denieuil. Le devis précise "murs et blockhaus existant démolis" et "pierres et moellons fournis par la ville" [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
La "remise en état des murs extérieurs" du fort du Naye est subventionné à hauteur de 10% par le secrétariat d’état à la Culture (courrier daté du 5 décembre 1974 ; 21 février 1975) [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
Le chantier est réalisé de juin 1975 à début octobre 1976. Le procès-verbal de réception provisoire des travaux du 24 juin 1976 précise qu’il reste à "terminer les joints", à "enlever les madriers, les fers de serrage, les sacs de ciments" et à "reconstituer le mur du rempart à l’ouest" [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
Durant ce délai, l’entreprise facture des travaux supplémentaires.
- 20 février 1976, travaux supplémentaires pour 9 161 fr. : "démolition de maçonnerie, mise à la cote du mur côté canal : 41 heures à la pelle I.P.N." [c'est à dire à la pelle mécanique hydraulique lourde], "démolition de maçonnerie pour raccordement construction avec ancien mur existant côté sud : 28 heures", "dépose et repose du coffrage banché pour démolition blockhaus côté nord : 60 m2" […] ; [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
Un premier avenant est conclu le 14 mai 1976 avec la Société malouine du bâtiment et travaux publics (SMBTP) pour 21 144 fr. La fin de travaux est reportée du 20 octobre 1975 au 20 juin 1976 [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
- 14 juin 1976, devis annulé pour 34 974 fr. : "travaux de déblaiement et mise à la cote à l’intérieur du fort : 160 m3", "travaux de déblaiement", "terrassement dans la masse : 330 m3", "terrassement dans le rocher : 345 m3", "enlèvement des blocs de pierre à l’extérieur du fort : 150 m3", "plus-value pour le transport à plus d’un km : 985 m3" […]. Une note sur le devis précise que ces travaux seront finalement faits par la Ville après échange entre l’entrepreneur et le maire de Saint-Malo.
- 30 juillet 1976, mémoire des travaux supplémentaires pour 5 890 fr. : "reprise de toutes les épaufrures [éclats ou cassures sur l’arête] sur toutes les demi-lunes [élément de forme semi-circulaire] mise en place", "mise en place d’une demi-pile en granit dans angle restaurant", "raccordement de la demi-pile avec mur existant en maçonnerie de moellon" […].
- 30 octobre 1976 : facture de travaux supplémentaires pour 3 984 fr et 4 889 fr : "angle ouest du bâtiment prolongement demi-lune, maçonnerie de moellon : 1,4 m3 […]" ; "façade sud du fort, maçonnerie de moellon ; 1,1 m3 […] ; angle sud-ouest du fort, maçonnerie de moellon : 0,27 m3 […]". [des reprises de maçonneries sont visibles sur l'escarpe].
Un deuxième avenant est conclu sur délibération du Conseil municipal de Saint-Malo du 10 février 1977 (approuvée par la préfecture le 23 mai 1977) avec la Société malouine du bâtiment et travaux publics pour 30 091 fr. Dans le détail, il s’agit de la "mise en place d’une pile de granit composée de quatre demi-lunes et d’une demi-sphère en façade sud-ouest [il s’agit sans doute de la reconstruction de la dame de la digue nord] pour 21 217 fr." ; et du "raccordement de maçonnerie sur la maçonnerie existante pour 8 874 fr.".
Vue de la digue et de la dame du fossé, mai 1991
Un troisième avenant est conclu afin de prolonger le délai d’exécution au 30 octobre 1976.
La réception définitive des travaux a lieu le 28 décembre 1977 [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
- 5 avril 1978, facture de travaux supplémentaires d’octobre 1975 pour 11 983 fr. : "travaux supplémentaires mur façade nord-ouest […], plus-value pour maçonnerie de moellon assisé (taille et appareillage) : 84,92 m2"[cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
- 31 mai 1978, facture de travaux supplémentaires de 1975 ou 1976 pour 21 217 fr. On note notamment dans la liste des travaux réalisés, en sus de la mise en place de la dame, "travaux pour déblaiement et arase du blockhaus dans l’angle sud-est du fort : 10 heures de pelle", "démolition d’une crête de maçonnerie le long du canal façade nord-est : 18 heures de pelle", "façade nord-est travaux de démontage de pierres assisées en-dessous du niveau d’arase, nettoyage des pierres et stockage : 8 heures de pelle, mise en place de pierres assisées le long du canal : 4 m3, plus-value pour maçonnerie de moellon parement assisé en façade nord-ouest, plus-value pour travaux de fondation dans l’entrée du fort en façade nord-ouest […]" [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
Le mémoire définitif du 20 juin 1978 de la Société malouine du bâtiment et travaux publics pour les travaux exécutés de juin 1975 à octobre 1976 - marché initial et six travaux supplémentaires - se monte à 378 553 fr. (soit 32% d’augmentation par rapport au devis initial). A cette somme s’ajoutent en décembre 1979 les honoraires de l’architecte Jean Denieuil, soit 16 143 fr. [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
Le troisième avenant est finalement régularisé par délibération du Conseil municipal de Saint-Malo du 12 décembre 1980 [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
Le permis de construire pour l’aménagement intérieur du fort (1er juin 1977)
Après avis favorable de la Commission départementale des sites le 15 avril 1977, le permis de construire pour l’aménagement intérieur du fort à partir du projet du cabinet d’architecte Marty - Denieuil - Paoli est accordé le 1er juin 1977. Il consiste en la construction de la structure d’accueil des activité commerciales, à savoir des commerces sur 1 890 m2 (vente de bateaux, accastillage et voilerie) et deux rues pavées formant un "T" desservant les commerces et une passerelle pour franchir le canal de remplissage du bassin. La hauteur maximum est fixée à 11,40 NGF (les murs du fort culminent à 12,74 NGF) [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 11W14].
En programme complémentaire, soumis à une demande de permis de construire séparée, il est prévu au nord-est, des bureaux pour l’administration des Douanes sur 500 m2 environ et au sud-ouest, un " ensemble restaurant et bowling", "à l’intérieur des anciennes fortifications conservées" [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 11W14].
En juillet 1979, les travaux, moyennant quelques suppléments - comme le passage des "murs vus" en parpaings enduits, au granite à la demande de la Commission des sites de février 1976 - sont estimés à 1 146 096 fr.
Des bâtiments à vocation culturelle dans le fort ? (1978-1979)
Fin 1978, le Centre régional archéologique d’Alet (CeRAA) plaide pour l’aménagement du fort du Naye à des fins culturelles pour le musée de Saint-Malo (avec la création de deux salles d’exposition, des réserves et des bureaux pour 2 300 m2) et le Centre régional archéologique d’Alet (salle de stockage du matériel de plongée sous-marine, bibliothèque, salle de conférence, laboratoire, bureaux et locaux annexes pour 1030 m2) [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 11W14].
Le 4 mai 1979, la Ville de Saint-Malo envisage d’implanter le service des archives municipales dans le fort du Naye, mais le cahier des charges de la concession du Domaine public maritime sur lequel est implanté le fort ne le permet pas (les services implantés dans le fort doivent en effet être obligatoirement en lien avec l’exploitation du port). La Direction départementale de l’équipement via l’ingénieur des Ponts et chaussées, chef d’arrondissement de Saint-Malo n’émet pas d’avis négatif, mais rappelle "la nécessité d’avoir une vue assez globale de l’aménagement du fort et du terre-plein". Le projet est finalement abandonné le 30 mai après réunion du conseil d’adjoints [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 11W14].
L’implantation de l’administration des Douanes dans le fort (1981)
Dans le cadre du projet de centre commercial dans l’enceinte du fort du Naye, la mise à disposition d’un "local" pour l’administration des Douanes, en remplacement de celui existant sur le quai du Bassin Vauban, est proposé par le maire de Saint-Malo le 14 janvier 1976 [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 11W14].
C’est finalement un bâtiment uniquement dédié à l’administration des Douanes qui est construit en 1980 et inauguré en mai 1981.
Disposant d’un patio, le bâtiment est doté d’une superficie de 460 m2.
La déconstruction du bâtiment de l’administration des Douanes est prévue en 2027 après la livraison de la nouvelle gare maritime par la Région Bretagne.
Le restaurant inter-administratif du fort du Naye (1983)
Plutôt qu’un complexe commercial avec hôtel-brasserie ou un restaurant, bar avec salle de jeux et bowling, c’est finalement un restaurant inter-administratif (RIA) qui est construit dans le fort du Naye en 1982.
Ouvert en 1983 sous statut associatif, il est géré par la Ville de Saint-Malo puis par l’Etat via la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Malo. Le restaurant est majoritairement fréquenté par du personnel des administrations de l'État, seul 20% en effet des agents de la Ville de Saint-Malo utilise ce service.
A son ouverture, il servait 450 repas par jour, contre moins de 200 repas en 1998 année de sa fermeture. En septembre 1996, la restructuration du restaurant administratif est estimée à près de 2 M de fr. En janvier 2003, il est encore question de réhabiliter le restaurant pour le transformer en bureaux pour les services administratifs des compagnies maritimes.
Désaffecté et amianté, le bâtiment du restaurant inter-administratif est finalement déconstruit en avril 2006.
La disparition du fossé sud
Pour remplir le bassin à flot du port de Saint-Malo depuis la Rance, un canal couvert est créé dans les années 1960 : il emprunte la partie sud du fossé du fort du Naye remis en eau (cf. orthophotographie de 1961 ; 1966).
Afin de permettre un accès piétonnier aux bâtiments prévus à l’intérieur du fort, un avant-projet de passerelle en béton armé est réalisé par les Ponts et Chaussées. Sur délibération du Conseil municipal de Saint-Malo du 9 septembre 1976, la Société malouine du bâtiment et travaux publics (SMBTP) est choisie (parmi cinq propositions) pour un montrant de 21 426 fr. [cf. Archives municipales de Saint-Malo : 165W31].
L’examen des photographies aériennes révèle que le projet n’a finalement pas été réalisé. Entre la fin 1982 et septembre 1986, la partie sud du fossé du fort du Naye est remblayé (ou couvert ?), effaçant encore un peu plus la présence de la fortification. A la même époque est créé le rond-point du Naye.
L’implantation d’un immeuble de bureaux dans le fort (vers 1988 ; 1991)
Fin 1981, l’avant-projet sommaire pour l’immeuble de bureaux à créer dans le fort du Naye par le cabinet SERA pour la Société Economie Mixte Aménagement Equipement pour la Bretagne - SEMAEB, aujourd’hui SemBreizh, est communiqué au maire de Saint-Malo.
Le plan d’aménagement intérieur daté du 14 mai 1982 donne la liste des affectataires des immeubles des bureaux A et B : station de pilotage du port de Saint-Malo - Saint-Servan, Institut scientifique et technique des pêches maritimes, établissements Saga Jokelson, Etablissements Laurent Pelliet, Compagnies de navigation "Britany Ferries", "Émeraude Ferries" et "Vedettes blanches", Armor Voiles Monsieur Rallys, Caisse nationale d’allocations familiales de la pêche maritime, Union sociale maritime (commerce et pêche) et les courtiers maritimes.
Déposé par la Société Economie Mixte Aménagement Equipement pour la Bretagne, le permis de construire des bureaux est délivré le 17 mars 1983. Seul l’immeuble de bâtiment de bureaux A est construit ; la surface du bâtiment B est finalement dédiée au stationnement des véhicules.
Les travaux sont exécutés en deux phases, vers 1988 et en 1990.
Disposant de deux patios, le bâtiment final est doté d’une superficie de 750 m2.
La déconstruction de l’immeuble de bureaux a été réalisée en 2025 - 2027 dans le cadre de la construction de la nouvelle gare maritime par la Région Bretagne.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 17e siècle, 3e quart 18e siècle
- Secondaire : 2e quart 19e siècle, 2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle
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Dates
- 1694, daté par source
- 1757, daté par source
- 1838, daté par source
Le fort du Naye était initialement constitué de murs en maçonnerie soutenant des volumes importants de terre capables d’absorber les chocs dus aux projectiles de l’artillerie adverse. Par suite de remaniements successifs (voir le texte historique), seules les parties maçonnées sont restées en place.
Vue du fort du Naye depuis Saint-Servan, plaque de verre, vers 1900-1920
La digue du fossé nord mesure environ 13 m de longueur. Elle avait pour fonction la fermeture et l’étanchéité du fossé (remblayé depuis 1929 pour la partie nord) qui était maintenu en eau dans un but défensif. Pour éviter son franchissement, le faîte de la digue est en chaperon à deux pentes aiguës couronnées au centre d’une "dame", obstacle massif en forme de tourelle. Fondée sur le rocher, cette partie du fort est soigneusement montée en maçonnerie de pierre de taille de granite. La digue continuait initialement vers le nord-nord-ouest sur 10 m environ et se poursuivait par un mur connecté à la digue et cale de l’avant-port de Saint-Servan. Au sud, la digue se raccorde parfaitement à l’escarpe (cf. observation des assises).
L’escarpe sud-ouest mesure environ 103 m de longueur dont près de 60 m a conservé son cordon de magistrale. Son tracé complexe, directement fondé sur le rocher qui a été dérocté dans un but défensif, associe plusieurs lignes brisées permettant le flanquement (tir prenant les ennemis de flanc). Le parapet est percé de trois embrasures orientées vers le sud-ouest sur un but maritime, c’est-à-dire du côté de l’anse de l’anse des Sablons avant sa poldérisation. L’escarpe est en maçonnerie de moellon et pierre de taille de granite ; chaînages des murs, tablettes, appuis et joues d’embrasures sont en pierre de taille. L’escarpe présente des manques à la liaison avec le rocher et plusieurs fissures, notamment sur sa partie orientée vers l’ouest. La partie intérieure de l’escape montre d’importants désordres.
Dépourvue de cordon, la partie est de l’escarpe sud-ouest, a été reconstruite dans les années 1970 en béton banché avec parement extérieur en granite.
L’escarpe sud-est mesure près de 26 m de longueur. Arrachée, l’extrémité sud-est offre une remarquable coupe : rocher-mur d’escarpe montrant des traces de déroctage, cordon de magistrale et parapet conservant deux assises en pierre de taille de moyen appareil.
Vue générale depuis l'est : escarpe sud-est, mai 1991
L’escape nord-est mesure plus de 70 m de longueur (estimation), elle conserve au moins deux assises en pierre de taille. Après déconstruction du bâtiment des Douanes, cette partie du fort sera encore plus visible.
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Murs
- granite maçonnerie
- terre
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Toitspierre en couverture, béton en couverture
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État de conservationvestiges, état moyen, inégal suivant les parties
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Mesures
- l : 103 m (escarpe sud-ouest)
- l : 26 m (escarpe sud-est)
- l : 70 m (escape nord-est)
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Précision dimensions
Sans les fossés, l’emprise du fort mesure 4 106 m2 de superficie (c’est la superficie de l’actuelle parcelle CR, n° 31).
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Statut de la propriétépropriété de la région
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Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre, à signaler
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Éléments remarquablesfort, mur défensif
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Sites de protectionsite inscrit, abords d'un monument historique
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Protections
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Précisions sur la protection
Site inscrit par arrêté du 26 mai 1939 (partie du domaine public maritime de Saint-Malo).
Abords de plusieurs Monuments historiques dont le château et les fortifications de Saint-Malo.
Site inscrit en 1939 au titre de la loi du 2 mai 1930 sur la protection des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général.
Le fort du Naye figure dans l'inventaire du patrimoine bâti protégé annexé au plan local d’urbanisme de Saint-Malo (approuvé le 4 novembre 2025) : il est repéré comme "élément du patrimoine bâti d’intérêt à protéger" (sur une gradation de 1 à 3, le niveau 3 - choisi pour le fort - est le plus faible). Le poste de commandement de l'écluse du Naye est également repéré en niveau 3.
Dans le régalement graphique du plan local d’urbanisme, le fort du Naye est situé en zone destinée aux activités à vocation portuaire de la Gare maritime (UAPm). Seule la courtine ouest est identifiée comme "murs de clôtures remarquables à protéger".
Les orientations d’aménagement et de programmation du port (OAP n° 13) précisent : "Les arbres du secteur seront à préserver au maximum et les anciens mur du Naye seront, quant à eux, à conserver".
Au 30 janvier 2026, le fort du Naye est situé hors de la Zone de présomption de prescription archéologique (ZPPA) géré par l'État.
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- (c) Ville de Saint-Malo
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Documents d'archives
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Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1051
Saint-Malo. 1689-1699. Projets des travaux à effectuer aux fortifications et aux bâtiments militaires de la place et aux batteries de côtes en dépendant : mémoires, états, correspondance, plans. (archives numérisées : SHAT_1VH1051_St-Malo).
-
Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1052
Saint-Malo. 1700-1723. Projets des travaux à effectuer aux fortifications et aux bâtiments militaires de la place et aux batteries de côtes en dépendant : mémoires, états, correspondance, plans.
-
Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1053
Saint-Malo. 1724-1779. Projets des travaux à effectuer aux fortifications et aux bâtiments militaires de la place et aux batteries de côtes en dépendant : mémoires, états, correspondance, plans.
-
Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : GR 1 M 1088
Côtes de l'Océan, 1759-1762. Mémoire sur la Bretagne par le chevalier de Mazin, 26 avril 1762.
https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/925686
-
Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1054
Saint-Malo. 1780-1801. Projets des travaux à effectuer aux fortifications et aux bâtiments militaires de la place, et aux batteries de côtes en dépendant : mémoires, états, correspondance, plans.
-
Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1056
Saint-Malo. 1827-1840. Projets des travaux à effectuer aux fortifications et aux bâtiments militaires de la place, et aux batteries de côtes en dépendant : mémoires, états, correspondance, plans.
-
Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5537 ; 3p_313_001.jpg
Tableau d'assemblage du cadastre parcellaire de la commune de Saint-Servan, 1835 (mises à jour en 1911 et 1953).
https://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/ark:/49933/thtc866t2921/22430/1
-
Musée de Bretagne (Rennes) : 2017.0000.1985
Extrait du cadastre parcellaire de Saint-Servan, 1835.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo304241
-
Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1057
Saint-Malo. 1840-1844. Projets des travaux à effectuer aux fortifications et aux bâtiments militaires de la place, et aux batteries de côtes en dépendant : mémoires, états, correspondance, plans.
-
Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1059
Saint-Malo. 1848-1852. Projets des travaux à effectuer aux fortifications et aux bâtiments militaires de la place, et aux batteries de côtes en dépendant : mémoires, états, correspondance, plans.
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Musée de Bretagne (Rennes) : 952.0011.1891 ; 2017.0000.2905
Série de quatre plans représentant l'évolution du fort du Naye à Saint-Servan par Paul Banéat (1856-1942). Document réalisé pour la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Saint Malo (SHAASM) en 1903.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo307947
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo487386
-
Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMV MV 2DOC 3
Rapport Pinczon du Sel sur les installations du Mur de l'Atlantique (1946-1949). "Le Mur de l´Atlantique. Livre IV : du Mont Saint-Michel à la Laïta" (collection : Service Historique de la Défense du Château de Vincennes). Texte en liasse ; plans et photographies.
https://www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr/arts-sciences-militaires/batiments-militaires/rapport-pinczon-du-sel-sur-les-installations-du-mur-de-latlantique
Bibliographie
-
NAVARRA TERRASSEMENTS SPÉCIAUX, CABINET D'ÉTUDE EN SÉCURITE PYROTECHNIQUE. Port de Saint-Malo - Terminal ferry du Naye. Aménagement poste 1, embectages et accès nautiques. Étude historique et technique de pollution pyrotechnique. Non publié, 2020, 208 p.
-
DUPONT, Alain, PEYLE, Eric. Le Mur de l’Atlantique sur la Côte d’Emeraude. Dinard : éditions Danclau, 1994, 120 p.
-
CHAZETTE, Alain, DESTOUCHES, Alain, PAICH, Bernard. Album Mémorial Atlantikwall, Le Mur de l'Atlantique en France 1940-1944. Bayeux : édition Heimdal, 1995, 480 p. ISBN 2-84048088-3.
-
CHAZETTE, Alain, DESTOUCHES, Alain, TOMINE, Jacques, PAICH, Bernard, LAURENT, Jacky. Atlantikwall. Mythe ou réalité. Bonchamp-lès-Laval : éditions Histoire et fortifications, 2008, 480 p.
p. 275-276 -
LAGADEC, Yann, PERRÉON, Stéphane (avec la collab. de David Hopkin). La bataille de Saint-Cast (Bretagne, 11 septembre 1758). Presses universitaires de Rennes, Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2009, 451 p.
https://doi.org/10.4000/books.pur.103182
p. 63 -
GISCARD D'ESTAING, Guillaume, GISCARD D'ESTAING, Alban. L'Aigle et l'Hermine. Tome 1 : Les troupes d’occupation 1942 - 1944. 2019, 125 p.
-
GISCARD D'ESTAING, Guillaume, GISCARD D'ESTAING, Alban. L'Aigle et l'Hermine. Tome 2 : Les fortifications à l'Est de la Rance. 2019, 169 p.
-
GISCARD D'ESTAING, Guillaume, GISCARD D'ESTAING, Alban. L'Aigle et l'Hermine. Tome 3 : Les fortifications à l'Ouest de la Rance. 2019, 124 p.
-
GISCARD D'ESTAING, Guillaume, GISCARD D'ESTAING, Alban. L'Aigle et l'Hermine. Tome 4 : Les combats de la Libération. 2019, 151 p.
Périodiques
-
Loi du 27 mai 1889 portant classement et déclassement d’ouvrages de défense, tant en France qu’en Algérie. Bulletin Officiel du ministère de la Guerre, édition méthodique, fasc. n° 48.
p. 177 à 213 -
MAIGNÉ. "Le Naye et ses environs. A Saint-Servan". Saint-Servan : Société historique et archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo, Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, 1903, p. 54-58.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207418x
-
BINET, Henri. "La guerre de côtes en Bretagne au 18e siècle. Le commandement du Duc d'Aiguillon en Bretagne au début de la Guerre de Sept Ans (1756)". In: Annales de Bretagne. Tome 26, numéro 2, 1910. p. 307-351.
https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1910_num_26_2_4204
-
DESCOTTES, J. "Historique des anciens bâtiments militaires de la place de Saint-Malo". Saint-Servan : Société historique et archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo, Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, 1933, p. 20-57.
https://laborar.lelabocambrai.fr/ark:/12148/bpt6k487317k
p. 52-53 -
FORKEL (colonel). "Le Siège de Saint-Malo (août-septembre 1944)". Revue historique des armées, numéro thématique spécial : La IIIe Région militaire (Bretagne - Vendée - Anjou - Maine - Basse-Normandie) 1870-1970, 26e année, n° 3, 1970, p. 198-207.
https://www.persee.fr/doc/rharm_0035-3299_1970_num_26_3_8735
-
"Les moulins à vent de la côte d’Émeraude. Conférence de madame Bruneau-Chotard, séance du 17 octobre 1983". Saint-Servan : Société historique et archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo, Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, 1983, p. 261-273.
p. 270 ; 271 -
GOURDIN, Pierre. "La catastrophe de Saint-Malo pendant la construction du bassin à flot en 1845". Saint-Servan : Société historique et archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo, Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, 1984, p. 95-102.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53253975
p. 95 -
CHAURIS, Louis. "Pour une géo-archéologie du patrimoine : pierres, carrières et constructions en Bretagne". Revue archéologique de l'Ouest, n° 31, 2014.
http://journals.openedition.org/rao/2755
-
TOMEZZOLI, Giancarlo T., POTTIER, Louis. "Journey through the Defenses of the Festung Saint-Malo (FR)-1". Archaeological Discovery, 4, septembre 2016, p. 125-142.
https://www.scirp.org/journal/paperinformation?paperid=70471
-
TOMEZZOLI, Giancarlo T., POTTIER, Louis. "Journey through the Defences of the Festung Saint-Malo (FR)-2". Archaeological Discovery, 4, october 2016, p. 143-169.
https://www.scirp.org/journal/PaperInformation?PaperID=71364&#abstract
Documents figurés
-
Musée de Bretagne (Rennes) : 884.0022.6
Vue de Saint-Malo prise des bords de la mer (début du 19e siècle ?). Paris : Imprimerie Basset, imprimé par Langlois.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo148413
-
Musée de Bretagne (Rennes) : 2017.0000.1871
Saint-Malo. Vue prise du fort du Naye (1841 ?). Dessiné d'après nature et lithographie par Hyacinthe Lorette, peintre, membre de la Société libre des Beaux-Arts et professeur au collège de Saint-Servan.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo153147
-
Musée de Bretagne (Rennes) : 952.0011.1984
Saint-Malo. Vue prise au-dessus du port de Solidor en Saint-Servan (3e quart du 19e siècle ?). Dessin par Lepriole, lithographie par Alfred Guesdon.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo201582
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Archives municipales de Saint-Malo : 2Fi5-444
Vue de l'entrée du fort du Naye depuis le nord : fossé, pont-dormant, pile, pont-levis et mur crénelé, carte postale ELD.
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Archives municipales de Saint-Malo : 2Fi5-767
Vue générale depuis le nord, carte postale (B.J.C., Paris). De gauche à droite, on distingue le fort du Naye (mur crénelé et pont levis) et l'avant-port avec digue et cale. En arrière-plan, la ville de Saint-Servan.
-
Musée de Bretagne (Rennes) : 971.0037.567.2
Vue aérienne oblique du port de Saint-Malo depuis l'ouest-sud-ouest, 1961.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo364685
-
Musée de Bretagne (Rennes) : 973.0060.169.1
Vue aérienne oblique du terre-plein du Naye, de l'anse des Sablons et de Saint-Servan depuis le nord, 1er août 1970.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo392092
-
Musée de Bretagne (Rennes) : 973.0060.169.2
Vue aérienne oblique du terre-plein du Naye depuis le sud, 1er août 1970.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo392093
-
Musée de Bretagne (Rennes) : 974.0071.113.3
Vue aérienne oblique du terre-plein du Naye depuis le sud-est, 14 juin 1971.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo391399
-
Musée de Bretagne (Rennes) : 978.0029.28.11
Vue aérienne oblique de Saint-Malo depuis le sud, 21 mars 1974.
http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo393559
-
ASSOCIATION GERFAUT 29. MOIGNEZ, Christian. Collection de plans et coupes de bunkers.
Documents multimédia
-
Images malouines d'hier à aujourd'hui. 01- Fort du Naye. 5 janvier 2019.
https://stmalo.ebc-creations.fr/saint-servan-fortdunaye
-
Association bretonne du souvenir aérien - ABSA 39-45. "La Flak à Saint-Malo et sa région. Reserve-Festungs-FlaK".
https://www.absa3945.com/FLAK/flak_saint_malo.html
-
Remonter le temps - Institut national de l'information géographique et forestière.
https://remonterletemps.ign.fr/
Lien web
- Modernisation du Terminal ferry du Naye - Ports de Bretagne
- "Parking, terre-plein, dragage… À Saint-Malo, les travaux du terminal ferry bien lancés", article du journal Ouest France, 15/09/2025
- Images malouines d'hier à aujourd'hui : 01- Fort du Naye
- Plan de Saint-Malo en 1590
- Plan particulier de Saint-Malo et des environs par l'ingénieur Denis de la Voye, vers 1680
- Plan de Saint-Malo par l'ingénieur Massiac de Sainte-Colombe, 1681
- Plan de Saint-Malo, fin du 17e siècle
- Plan du projet de bassin à flot entre Saint-Malo et Sain-Servan selon le projet de monsieur de Vauban, 1700
- Plan de Saint-Malo, 1765
- Saint-Servan depuis Saint-Malo par Ozanne
- Plan de Saint-Malo, 1783
- Projet d'un port national contigu à Saint-Servan en face de Saint-Malo, an II de la République (vers 1793-1794)
- Projet d'établissement d'un bassin à flot commun aux deux villes de Saint-Malo et de Saint-Servan, 1834
- Plan des ports de Saint-Malo et Saint-Servan, 1857
- Plan des ports de Saint-Malo et Saint-Servan, 1882
- Plan de Saint-Malo en 1890
- Plan topographique de Saint-Malo, Saint-Servan, Paramé, 1945
- Extrait du rapport Pinczon du Sel (plan n° 5/IV)
- Extrait du rapport Pinczon du Sel (plan n° 10/IV)
Annexes
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Les ensembles fortifiés de l’avant-port de Saint-Malo ("Ra 272" et "Ra 273") par Guillaume Lécuillier, 2026
-
Le secteur défensif des écluses ("Ra 274") par Guillaume Lécuillier, 2026
-
L’ensemble fortifié "Ra 275" par Guillaume Lécuillier, 2026
-
Le bilan des destructions du port de Saint-Malo par Guillaume Lécuillier, 2026
Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.
Batterie d'artillerie antiaérienne lourde du Naye, terre-plein du Naye (Saint-Malo)
Lieu-dit : Le Naye
Bunker de type 67 pour tourelle de char de combat (Ra 272) (dossier en cours), esplanade de la Bourse (Saint-Malo)
Lieu-dit : Esplanade de la Bourse
Bunker-abri antiaérien (dossier en cours), sous la chaussée Éric Tabarly (Saint-Malo)
Lieu-dit : Le Naye
Digue et cale de l'avant-port de Saint-Servan (dossier en cours), terre-plein du Naye (Saint-Malo)
Lieu-dit : Le Naye
Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.