Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.
- enquête thématique régionale, Inventaire des héritages militaires en Bretagne
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
France - Ploemeur
-
Commune
Ploemeur
-
Lieu-dit
Le Courégant
-
Adresse
Boulevard de l'Atlantique
-
Cadastre
Domaine public maritime
-
Dénominationsmur défensif
Construit par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale, le mur antichar du Courégant, fait partie du paysage maritime et militaire de la commune de Ploemeur. Son état actuel de dégradation illustre le travail de sape de l’érosion marine sur 83 ans (marées de fort coefficient, tempêtes...), mais aussi des processus destructifs liés à la présence d’un étang derrière la dune s’écoulant au centre de l’anse (en l'absence de drainage) et à la corrosion des fers à béton.
Dans l’imaginaire collectif, cet ouvrage est l’archétype du Mur de l’Atlantique (Atlantikwall) : un mur continu en béton armé, bien que le Mur de l’Atlantique ne soit pas un système de défense linéaire. Le Mur de l’Atlantique repose en effet principalement sur des ensembles fortifiés, implantés à intervalle régulier sur le littoral et des batteries d’artillerie de moyenne et longue portée disposées à proximité des points susceptibles de faire l’objet d’un débarquement. Sur les grèves et les plages, des murs antichars comme ceux du Courégant (au nord et au sud de la pointe homonyme), des obstructions et pièges de toutes natures ont été mis en place par l’occupant. Derrière les murs antichars se trouvaient des réseaux de barbelés et des champs de mines permanents.
Selon les archives allemandes, 156 barrages antichars classifiés comme Panzersperren sont construits en Bretagne au 1er juillet 1943.
Après-guerre, ces murs antichars, avec les routes qui ont été aménagés pour leur construction et celles des ouvrages bétonnés, ont favorisé l’artificialisation du littoral breton. Au fil du temps, le mur défensif est devenu mur de soutènement, ultime rempart face au assauts de la mer. Il est également un bon marqueur du recul du trait de côte.
Le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA), établissement public à caractère administratif, a réalisé en 2018 une étude sur le mur antichar du Courégant à Ploemeur à la demande de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) du Morbihan afin d’appréhender les divers processus de dégradation ayant affecté cet ouvrage depuis sa construction.
Ce dossier d’Inventaire du patrimoine a été créé par la Région Bretagne en 2026 dans le cadre de l'Inventaire des héritages militaires.
Le mur antichar du Courégant à Ploemeur a été construit pour l’Allemagne nazie sous maîtrise d’œuvre de l’Organisation Todt entre août 1942 et juillet 1943.
En cas de débarquement anglo-saxon, sa fonction était de contenir les soldats et blindés sur la grève, c’est-à-dire à découvert sous le feu du canon antichar du bunker-casemate de type 505 implanté au nord de l’anse, à la naissance du mur antichar. Cette position de l’armée de terre (Heer), à l’origine numérotée "Lo 31*", semble avoir été intégrée à l’ensemble fortifié "Lo 210" qui se trouve immédiatement au nord. Au sud de l’anse du Courégant se trouvait l’ensemble fortifié "Lo 32", également doté d’un mur antichar.
Contrairement aux autres barrages antichars (Panzersperre) du littoral breton classés majoritairement dans les constructions de campagne, le mur du Courégant est classé dans les constructions permanentes, sans doute en raison de son épaisseur de plus de 2 m (Übersicht über den ständigen Ausbaustand. Stand : 1. Juli 1943).
C’est seulement dans les années 1950 qu’est construite la route départementale n°152 qui relie Larmor-Plage à Guidel-Plages.
* L’abréviation "Lo" fait référence à la ville de Lorient, retenue pour nommer cette région défensive côtière puis la forteresse (Festung) à partir de 1944.
-
Période(s)
- Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
-
Dates
- 1942, daté par travaux historiques
- 1943, daté par travaux historiques
-
Auteur(s)
-
Auteur :
Organisation Todt (1938 - 1945)maître d'oeuvre attribution par travaux historiquesOrganisation TodtCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
L’Organisation Todt (souvent abrégée en "OT") était un groupe de génie civil et militaire de l'Allemagne nazie. Elle portait le nom de Fritz Todt (1891-1942), son fondateur et dirigeant, ingénieur de travaux publics nommé en 1940 ministre du Reich pour l'Armement et les Munitions. A sa mort le 8 février 1942, ce dernier est remplacé par l'architecte Albert Speer (1905-1981), haut responsable politique et proche d’Adolf Hitler. L'organisation Todt a notamment assuré la construction du réseau des autoroutes du Reich (Reichsautobahnen), de bases aériennes, portuaires, de sous-marins, d’infrastructures pour armes spéciales ou logistiques et de fortifications (Westwall, Atantikwall, Südwall).
-
Auteur :
Le mur antichar est implanté en haut de la grève du Grand Courégant à Ploemeur et suit un tracé composé de quatre lignes brisées sur 472 mètres linéaires environ (du nord au sud, sections de 188 m, 148 m, 69 m et 67 m de longueur).
Haut en moyenne de 4,5 m pour 2,7 m d’épaisseur à sa base, le mur est construit en béton armé selon un profil particulier : à la verticale du côté de l’attaque (côté mer), à contre-fruit de 10 degrés environ du côté de la défense (côté terre) de manière à offrir une résistance maximum au basculement (c'est le principe du "mur-poids").
Posée directement sur le sol, la semelle mesure 6 à 10 cm d'épaisseur. La partie sommitale est arrondie sur une hauteur de 0,8 m environ. Tous les 10 m environ se voient des joints verticaux de construction en chicane pour éviter le cisaillement du mur. Le ferraillage - observable en divers points grâce aux dégradations - se compose d’un treillis métallique superficiel de forme carré (maillage de 30 cm x 30 cm à 6 cm de la paroi externe du mur).
Du fait de l’érosion marine, des sections de mur d’inégales longueurs sont couchées sur la grève du côté de la mer. En certains points, ces sections se sont disloquées en éléments plus petits.
La dégradation maximum est obtenue au fond de l’anse : au nord, au milieu et au sud.
Au sud de la grève, le mur apparaît sapé, ne reposant que sur quelques appuis.
Au nord de la grève est implanté un bunker-casemate de type 505 pour canon antichar. Privé de ses plaques de blindage et de ses équipements, ce bunker conserve des peintures murales : couleurs ocre jaune, blanche et ocre rouge et des inscriptions : "St. [flèche]" signalant le couloir d’accès, inscription "Bum" au-dessus de la porte). L’inscription abrégée "St." pour "Standig" indiquait aux soldats que la construction était permanente, c’est-à-dire résistante à un bombardement et étanche en cas d’attaque aux gaz de combats.
-
Murs
- béton béton armé
-
Toitsbéton en couverture
-
État de conservationvestiges, mauvais état, inégal suivant les parties
-
Mesures
- l : 472 m (mesure à partir de l'orthophotographie de 1948)
- h : 4,5 m (hauteur moyenne)
- la : 2,7 m (largeur au pied de l'ouvrage)
- la : 2,3 (largeur au niveau de la partie sommitale)
-
Statut de la propriétépropriété de l'Etat, Domaine public maritime
-
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre, à signaler
-
Éléments remarquablesmur défensif
- (c) Service historique de la Défense
- (c) Institut national de l'information géographique et forestière
- (c) Institut national de l'information géographique et forestière
- (c) Institut national de l'information géographique et forestière
- (c) Institut national de l'information géographique et forestière
- (c) Institut national de l'information géographique et forestière
- (c) Institut national de l'information géographique et forestière
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
Documents d'archives
-
Bundesarchiv-Militärarchiv, Freiburg im Breisgau : RH 20-7/347
Tätigkeitsbericht von : A. Pi. Fü [Armee Pionier Führer] zum Kriegstagebuch der Führungsabteilung AOK 7 für die Zeit vom 1.10-31.12.43. Der Tätigkeitsbericht wurde geführt von Hptm. Hänsel. RH 20-7 Armeeoberkommando 7, 13 Armee-Pionierfürhrer (A.Pi,Fü.), Tätigkeitsbericht.
https://invenio.bundesarchiv.de/invenio/direktlink/522ba43e-9e48-40b4-a178-7f8839cdf94e
-
Bundesarchiv-Militärarchiv, Freiburg im Breisgau : N 194/5
Denkschrift über den Atlantikwall, die Abwehr in der Bretagne und der Normandie und den Kampf um die Atlantikfestungen 1942-1945, von Whilhelm Fahrmbacher (Traduction : Mémoire sur le Mur de l'Atlantique, les défenses en Bretagne et en Normandie, et la bataille des forteresses de l'Atlantique, 1942-1945, par Wilhelmm Fahrmbacher).
https://invenio.bundesarchiv.de/invenio/direktlink/8dfb8537-d008-46cb-9d19-4ddd8591a332
-
Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMV MV 2DOC 3
Rapport Pinczon du Sel sur les installations du Mur de l'Atlantique (1946-1949). "Le Mur de l´Atlantique. Livre IV : du Mont Saint-Michel à la Laïta" (collection : Service Historique de la Défense du Château de Vincennes). Texte en liasse ; plans et photographies.
https://www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr/arts-sciences-militaires/batiments-militaires/rapport-pinczon-du-sel-sur-les-installations-du-mur-de-latlantique
Bibliographie
-
CENTRE D’ÉTUDES ET D'EXPERTISE SUR LES RISQUES, L'ENVIRONNEMENT, LA MOBILITÉ ET L'AMÉNAGEMENT, DIRECTION TERRITORIALE OUEST, DÉPARTEMENT LABORATOIRE DE SAINT-BRIEUC - RISQUES NATURELS GÉOPHYSIQUES, LE MAITRE, Anne-Marie. Le Courégant - Diagnostic de l'ouvrage. Saint-Brieuc, Affaire C 17 OB 0458, novembre 2018, 56 p.
-
CENTRE D’ÉTUDES ET D'EXPERTISE SUR LES RISQUES, L'ENVIRONNEMENT, LA MOBILITÉ ET L'AMÉNAGEMENT, DIRECTION TERRITORIALE OUEST, DÉPARTEMENT LABORATOIRE DE SAINT-BRIEUC - RISQUES NATURELS GÉOPHYSIQUES, LE MAITRE, Anne-Marie. Le Courégant - Diagnostic de l'ouvrage. Annexe n° 2 : photos aériennes. Saint-Brieuc, Affaire C 17 OB 0458, novembre 2018, 23 p.
Documents multimédia
-
Remonter le temps - Institut national de l'information géographique et forestière.
https://remonterletemps.ign.fr/
-
RELIKTE. Remains of european fortifications 1935-1945. Atlantikwall (cartographie).
https://www.relikte.info/atlantikwall.html
Lien web
- Extrait du rapport Pinczon du Sel (plan n° 10/V)
- Stabilité du mur de l'Atlantique : une étude du Cerema, 11 novembre 2018
- Anse du Courégant - Ploemeur (56). Vols drone et modélisation 3D
- "À Ploemeur, le Mur de l’Atlantique tombe en morceaux", journal Le Télégramme, 17 mars 2021
Annexes
-
[SYNTHÈSE] Les barrages antichars (Panzersperren)
-
Le Courégant - Diagnostic de l'ouvrage (2018) par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA)
-
Le Courégant - Diagnostic de l'ouvrage. Annexe n° 2 : photos aériennes (2018) par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA)
Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.
Batterie d'artillerie antiaérienne lourde Rossitten (Lo 302), Le Cosquéric (Ploemeur)
Lieu-dit : Le Cosquéric
Adresse : rue de l'Aérogare
Fossé antichar, Dunes de Keremma (Tréflez, Plounévez-Lochrist)
Lieu-dit : Dunes de Keremma
Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.