Des fonctions multiples pour la réparation navale. Le bunker K3 a successivement abrité des sous-marins du Troisième Reich puis des sous-marins de la Marine française. Il comprend sept alvéoles dotées de sept bassins en eau profonde pour une capacité totale de treize sous-marins, des ateliers, des magasins et des casernements sur plusieurs niveaux. Il est doté de deux grandes extensions : la première au nord-est contre le mur arrière, la seconde au nord-ouest contre le mur latéral. Les angles nord, est, sud et ouest et les portes principales nord-ouest et sud-est sont dotées de casemates pour mitrailleuse.
La vraie surface cumulée : 28 800 m2. La surface du bunker K3 avec ses deux extensions atteint 2,88 hectares de superficie (28 800 m2) soit quatre terrains de foot. Le bunker mesure 168 m de longueur sur 142 m pour environ 18 m de hauteur.
Le volume de béton estimé : 450 000 m3. Si le volume de béton nécessaire à sa construction initiale est de 320 000 mètres cubes de béton (c’est le double du volume de béton employé pour le bunker K1), les estimations du volume final de béton approche les 450 000 m3 de béton (cela représente 64 285 camions-toupies de 7 m3).
La dalle de couverture : a minima 6,35 m d’épaisseur. Initialement de 3,8 m d'épaisseur, la dalle de béton armé située au-dessus des alvéoles est renforcée par une deuxième dalle de 2 m d’épaisseur sur des poutres en béton précontraint du système Hoyer avec fils d’acier, elle-même couverte par une couche de béton non renforcée de 0,75 m d'épaisseur voire 1,77 m par endroit. Au total, la dalle de couverture mesure au minimum 6,35 m d’épaisseur au-dessus des alvéoles A et B et 7,57 m au-dessus des autres alvéoles.
Au-dessus de la dalle de béton armé devait s’ajouter une structure bétonnée complexe faisant chambre d’éclatement (système "Fangrost", signifiant grille de retenue ou caillebottis). C’est la réponse architecturale à l’utilisation de bombes alliées de plus en plus puissantes (les dernières, baptisées Tallboy pèsent plus de 5 tonnes : elles pénètrent dans le sol avant d’exploser).
Des équipements hors normes : des portes blindées de 95 t. Les portes blindées hautes des alvéoles A (K24) et B (K23) sont suspendues au plafond depuis 1943 : elles pèsent chacune 95 t avec leur système de mouvement. Elles n’ont pas été entretenues depuis 1997.
Un chantier extrêmement rapide : entreprises et main d’œuvre sont bien rémunérées. Le chantier, terrassement compris - le bunker K3 est fondé sur pilotis - s’est étalé d’octobre 1941 à janvier 1943 (gros œuvre). Il se poursuit avec la pose des équipements (pompes, ponts-roulants de 5 et 30 t par exemple) et à l’extérieur avec l’épaississement progressif de la dalle de couverture, la construction des cuves pour canons antiaériens (1943) et les agrandissements nord-est et nord-ouest (milieu 1943). Les travaux de couverture se poursuivent jusqu’au 15 juin 1944 en dépit des problèmes d’approvisionnement du chantier.
Chargé d'études d'Inventaire du patrimoine à la Région Bretagne.