Dossier d’œuvre architecture IA29131775 | Réalisé par
Le Gall-Sanquer Andrée (Rédacteur)
Le Gall-Sanquer Andrée

Présidente de Lin & Chanvre en Bretagne

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  • enquête thématique régionale, patrimoine linier et chanvrier de Bretagne
La Société Linière du Finistère
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Archives municipales de Landerneau

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne - Landerneau
  • Hydrographies Elorn (l')
  • Commune Landerneau
  • Lieu-dit Traon Elorn
  • Adresse
  • Cadastre

Dès 1820, les négociants François Heuzé, Jean-Isidore Radiguet, Homon, Joseph Goury, Guillaume Le Roux sont à la tête de la « manufacture du Léon » et créent une première Société de commerce. Ils veulent organiser, rationaliser, moderniser le travail de transformation du lin et de production des toiles. Pour ce faire, cinq ateliers ruraux sont construits à Commana, Ploudiry, Sizun, Saint-Sauveur et Landivisiau pour regrouper les tisserands et former les jeunes filles au tissage. Le groupe de négociants met en commun ces ateliers, comme partie de leur apport, dans la Société linière du Finistère qu’ils fondent le 22 août 1845 (cf. statuts en annexe). Ils y ajoutent les blanchisseries du Leck, de Landivisiau, de Pont Pol. René Poisson rejoint la société, puis plus tard les fils Charles Goury, Gustave Heuzé et Albert Le Roux.

La Société linière du Finistère est implantée à l’entrée est de la ville, sur les bords de l’Elorn, afin de profiter de la force motrice de l’eau, nécessaire au fonctionnement des machines. Les plans et devis sont établis par Jeune Frimot, architecte voyer de Landerneau, et Eastwood, directeur des travaux qui a déjà une expérience des filatures. La construction des bâtiments débute en 1845 et s’achève en 1847. Les machines sont achetées pour la plupart en Irlande. Le personnel est recruté sur place mais la Société Linière attire également des ouvriers d'autres communes finistériennes (Plounéour-Ménez, Commana...). Afin de former et d'encadrer les ouvriers bretons, les négociants font venir des contremaîtres et des ouvriers spécialisés d’Écosse. Ceux-ci forment alors une véritable communauté, avec leur pasteur et leur école, dans le « quartier des Écossais ». Les bâtiments d'habitation des contremaîtres sont toujours visibles près de la voie ferrée.

Le principal client de la société est la Marine Royale qui passe commande pour des toiles à voile, vareuses, chemises, pantalons et manches à eau, et l’administration de la Guerre pour laquelle elle fabrique des toiles « à tentes de soldats et d’officiers » et des sacs de campement. Le lin n’est pas acheté sur pied, l'ensemble des essais de rouissage industriel ayant échoué, la société achète le lin roui qu’elle stocke dans l’ancien couvent des Capucins. C’est également là que se font l'emballage et l’empaquetage des fils et toiles, le marquage, la couture, activités pour lesquelles la société emploie une soixantaine d’ouvriers.

L'arrivée des bateaux à vapeur entraîne la perte du marché de la Marine à laquelle s’ajoute la difficulté d'un approvisionnement homogène. La Société Linière du Finistère ferme en 1891. Le mémoire établi lors de la liquidation des biens de l’entreprise, en date du 25 janvier 1892, nous en donne une description précise. Le site conserve plusieurs bâtiments (peignerie, scotcher, filature de jute, magasins de lin et de fils, bureaux, blanchisserie) dont les descriptifs et dimensions sont indiqués en annexe, dans la transcription du document conservé aux Archives départementales du Finistère. D’autres bâtiments ont disparu, comme les filatures et les ateliers de tissage disposés autour de la cour, à l’ouest et au nord. Après la liquidation de la Société linière du Finistère en 1896, les bâtiments sont réinvestis par la Grande Briqueterie. Les vestiges actuels témoignent donc des aménagements de ces deux entreprises qui se sont succédé. Depuis 2019, le site fait l'objet d'une mise en valeur à travers une exposition permanente en accès libre et une consolidation des ruines.

La Société Linière du Finistère s'étend à l’origine sur environ 16 hectares à la sortie est de la ville. Le site comprend des bâtiments et un étang de retenue d’environ 6 hectares. Trois ensembles de bâtiments sont encore visibles actuellement sur le site, chacun étant dans un état plus ou moins bien préservé. Ils sont édifiés en pierre et en brique.

La Peignerie et le scotcher

La Peignerie est un long bâtiment à étage, construit au bord de l’Elorn. La mise en œuvre de ses murs est en moellon de schiste et son toit à croupe est couvert en fibrociment. Une grande porte charretière est ouverte sur le pignon ouest. A l’extrémité sud-est de la peignerie, se trouve le « scotcher », de l'anglais scutching-machine (teilleuse), également appelé "moulin irlandais". L’annexe qui abrite cette machine est construite contre la peignerie, en moellon équarri de schiste, avec un angle coupé pour le passage des véhicules. L’ensemble général des bâtiments est délabré, partiellement envahi par la végétation. Côté nord, des latrines en brique et un escalier donnent directement sur la rivière. Les vestiges d’une passerelle au-dessus l’Elorn sont encore visibles. 

Le moulin à chanvre

Deux "roues" ou "meules à chanvre" retrouvées sur le site, dans une propriété privée, témoignent de l’ancien moulin à chanvre, autrefois situé en face de la peignerie, de l’autre côté de l’Elorn. Les tiges de chanvre, plus ligneuses que celles du lin, sont préalablement broyées dans ce moulin avant de pouvoir passer dans les machines. Les deux meules sont en granite, elles mesurent 2 mètres de diamètre pour 50 centimètres d'épaisseur, et pèsent environ 4 tonnes. Disposées verticalement, sur la tranche, elles tournent sur un axe horizontal. 

Les magasins au lin et aux fils, les bureaux, la filature de jute

Les bâtiments des magasins de stockage, des bureaux et de la filature de jute sont construits autour d’une cour, au nord du site. Ils forment un ensemble concerté, complété à l’ouest et au nord par des ateliers de tissage et de filature, aujourd’hui disparus. Ces trois grands corps de bâtiment présentent un plan allongé, à étage, dont les murs en moellon de schiste sont couverts d’un enduit. Les façades symétriques sont rythmées par de nombreuses travées de baies. Le lin et le fil sont emmagasinés au rez-de-chaussée du bâtiment d’angle situé rue des Ecossais. Les bureaux de la Société linière sont édifiés dans le prolongement, au nord. L’édifice est traversé par le passage d’entrée dans la cour, seul élément qui le distingue des autres. La filature de jute est édifiée au sud, en retour d’équerre des magasins de lin et de fils.

La blanchisserie

La blanchisserie est édifiée à l’est du site, au bord de l’Élorn, aujourd’hui à l’état de vestiges. Au rez-de-chaussée du bâtiment se trouve la blanchisserie proprement dite, à l’étage le séchoir à l’air libre. La façade ouest à trois pignons correspond aux trois vaisseaux qui structurent le bâtiment. Les murs gouttereaux nord et sud sont chacun scandés par huit gros piliers maçonnés qui permette de ménager des baies libres à l’étage pour la ventilation du séchoir.

  • Murs
    • schiste moellon enduit
  • Toits
    ardoise, ciment amiante en couverture
  • Étages
    1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • croupe
  • État de conservation
    désaffecté, vestiges

Annexes

  • Transcription des statuts de la Société linière
  • Transcription du catalogue du matériel et des immeubles des usines de la Société Linière du Finistère
Date(s) d'enquête : 2015; Date(s) de rédaction : 2015
(c) Lin et Chanvre en Bretagne
(c) Région Bretagne
Le Gall-Sanquer Andrée
Le Gall-Sanquer Andrée

Présidente de Lin & Chanvre en Bretagne

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